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Cornegidouille…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la pataphysique et du boudin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le 1er novembre 2012, encore nommé jour de la Toussaint alors que nos amis républicains avaient dédié ce 11è jour de Brumaire au salsifis…

Ha setu breman: Miz du (e Brezhoneg evel just). Voici venir novembre qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on boit beaucoup,
on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse-vinaigre » de la papauté ( Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysantèmes ridicules. Notons au passage, qu’en ce sens nous commettons une grossière erreur car la fête des morts elle, ce n’est que le lendemain. A Carnoët, quand tous les saints seront bien installés dans leur vallée, c’est par camion qu’on va voir débarquer les chrysantèmes, à tous les coups, ils vont remporter la palme des villages fleuris.

Et puis tiens, une pensée pour un maître en absurdie: Alfred JARRY. Il est décédé un 1er novembre en 1907. Il a fréquenté le lycée de Saint-Brieuc jusqu’en 1888 avant d’émigrer pour Rennes. Il va s’inspirer de son professeur de physique, M. Hébert, pour créer le personnage de UBU, interprété récemment par Eric Cantona (?). La vie ne lui a guère laissé le temps de produire davantage, il est mort à 37 ans non sans nous avoir légué la pataphysique…

 

 

Chez vous, je ne sais pas, mais ici, il fait un temps à ne pas mettre un saint dehors. Un temps de chien quoi. Pluie, vent… Pour un peu on se croirait à la Toussaint. Un temps à faire du feu dans la cheminée (je reviens demain) un temps qui sent le Kig-ha-farz, la veillée, un temps à relire l’oeuvre complète de Pêr Jakez Hélias; un temps qui fait l’humilité comme disait Jacques Brel. En attendant, ici, il fait plutot l’humidité comme en témoigne cette vue sur les jardins de l’ermitage.

Allez, couvrez vous, portez vous bien et, à demain peut-être.

 

LE 6 AVRIL…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’anarchisme tonitruant et du café-cognac sans café réunis, bonjour !

Aujourd’hui, 6 avril, est le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivain quasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la réédition de son roman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Lucien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge.

Le 16 mars 1881, devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès.

Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de son roman Le Voleur, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité.

En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010).

Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et profits…On peut lire aussi, L’ennemi du peuple, réédité par les ed. l’âge d’homme en 2009. Voici ce qu’il disait dans La belle France: « Je n’aime pas les pauvres. Leur existence, qu’ils acceptent, qu’ils chérissent, me déplaît ; leur résignation me dégoûte. A tel point que c’est, je crois, l’antipathie, la répugnance qu’ils m’inspirent, qui m’a fait devenir révolutionnaire. Je voudrais voir l’abolition de la souffrance humaine afin de n’être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu’elle présente.
Je ferais beaucoup pour cela. Je ne sais pas si j’irais jusqu’à sacrifier ma peau ; mais je sacrifierais sans hésitation celles d’un grand nombre de mes contemporains. Qu’on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement.« 

Allez, gardez le sourire, portez vous bien et à demain peut-être.