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Au pays des sables…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Lundi 21 octobre 2019, trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. Vous le savez, vous qui suivez assidument les rla-galerie-des-portraitsebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de faire œuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce 21 octobre,  évoquons ensemble la vie et l’œuvre de Isabelle Eberhardt.

Elle est née « illégitime » en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants isabelle-droiteAlexandre Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle. Philosophe, érudit, polyglotte, on présume qu’il a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe. Celui-ci est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc.

A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion, l’islam qui vont l’imprégner isabelle-G-excessivement. Elle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du Nord, se faisant passer pour un homme sous l’identité de Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l’Islam (personne n’est parfait) et rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière marocaine. Il y a sans conteste un côté écrits sur le sableAlexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa maison, à Aïn-Sefra, en Algérie est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans. Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’Anarchiste publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur, Écrits intimes, lettres aux trois hommes les plus aimés chez Payot… Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995.

Allez, c’est sympa d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Avec les pompon, avec les pompiers…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 octobre 2019, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Triste anniversaire que ce 17 Octobre mais la montée nauséabonde du sentiment raciste et les percées électorales des divers populismes nous obligent à y revenir. 17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour réclamer l’indépendance de leur pays. Selon Réné Rémond, notre siècle manif-FLN-G1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.

Aujourd’hui, les sbires de Castaner cognent sur tout ce qui bouge. Les derniers à avoir tâté de la matraque se sont les pompiers. Résultats, les bonnes âmes s’émeuvent. En France, cher pays de mon enfance, on est comme cela; vous pouvez gazer des gilets jaunes, molester des écolos, zemmouréborgner des zadistes mais jamais, ô grand jamais, bousculer des pompiers. Non, à l’approche des échéances électorales, la hargne doit se focaliser sur le grand Satan musulman qui menace nos filles et nos compagnes; sur ces mamans qui accompagnent les petits en sortie scolaire sans même ôter leur fichu de dessus la tête. Voila qui fait recette, d’ailleurs CNews ne s’est pas trompé et la nouvelle émission de Eric Zemmour vient de tripler son audience. En vérité, madame Michu, il se fait dans ce pays un bruit de bottes et de casque à pointe nimbé de gaz lacrymogène; une certaine émanation d’un fascisme rampant qui ne dit pas son nom mais qui me fout la gerbe.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien (néanmoins) et à bientôt peut-être.