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Portrait de dame…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la théosophie et des moules marinières réunies, bonjour !

Nous sommes le jeudi 20 septembre 2012, 4è sans-culottides, dédié à l’opinion. Bonne occasion pour vous donner la mienne à propos d’une femme qui n’en manquait pas.

Annie Besant (née Wood le 1 er octobre 1847 à Londres, décédée le 20 septembre 1933 à Chennai ) est une théosophe, socialiste, féministe et écrivain britannique qui prit part à la lutte ouvrière avant de devenir membre de la Société Théosophique puis de lutter pour l’indépendance de l’ Inde. Elle fit de nombreuses lectures philosophiques qui développèrent ses questionnements métaphysiques et spirituels. Elle prit aussi conscience à la même époque de la condition ouvrière. Jeune femme de la classe moyenne victorienne, elle n’avait alors pas d’autre avenir que le mariage. En décembre 1867, elle épousa Frank Besant, un pasteur anglican. Le mariage fut malheureux et après avoir eu deux enfants, le couple se sépara en 1873.

Elle s’engagea très tôt dans l’écriture. Elle écrivit des nouvelles, des livres pour enfants et des articles. Mais, en tant que femme mariée, elle ne pouvait disposer de ses revenus. Son mari s’en emparait. La politique les divisait encore plus: elle soutenait les ouvriers en lutte, alors que lui était conservateur. La rupture eut lieu lorsqu’elle refusa de recevoir la communion. Elle le quitta et partit à Londres avec sa fille. S’interrogeant sur sa perte de foi, elle consulta de nombreux ecclésiastiques de l’Église Anglicane. La principale réponse qu’on lui fit est qu’elle avait lu trop de livres. Le divorce n’étant pas pensable pour un ministre du culte, une séparation officielle fut décidée.  Ainsi, Annie s’appela Besant sa vie durant.

Elle publie, avec Charles Bradlaugh, un pamphlet sur la limitation des naissances
(The Fruits of Philosophy, or the Private Companion of Young Married People) qui lui vaut d’être condamnée à la prison après un procès en 1877, au terme duquel une peine d’emprisonnement fut bientôt commuée en une simple amende. Annie continua à rédiger des livres sur l’orthogénie et l’athéisme, et devient présidente de la Ligue malthusienne. Elle adhère à la Fabian Society et elle fut membre du comité directeur. Ici à gauche en compagnie d’ouvrières grévistes d’une manufacture d’allumettes.

En 1889, après avoir lu La Doctrine Secrète de Helena Blavatsky elle devient membre de la Société théosophique. En 1893, elle va vivre en Inde pour développer la Société théosophique et établit son centre à Adyar, près de Chennai, y découvre Krishnamurti en 1909 et prépare activement le pays à l’indépendance. Très influencée par la culture indienne, elle devient présidente de la Société théosophique en 1907, succédant au colonel Henry Steel Olcott. A l’heure où le débat sur la présence de « la morale » à l’école refait surface, il faudrait relire son texte dans lequel elle écrivait:   » que la morale devait être séparée de la religion et ne venir que de la réflexion et l’expérience. mais considérait qu’admirer la grandeur, la beauté et l’ordre du monde était une sorte de prière« . Annie Besant considérait l’athéisme non seulement comme une libération du joug de la religion, mais aussi comme une véritable morale.
Sa contribution à la lutte pour l’indépendance de l’Inde est remarquable : elle fonde la Home Rule League avec le soutien et la coopération de Lokmanya Tilak. En 1915, elle est élue président du Parti du Congrès à Kolkata.

Annie Besant fut l’une des premières initiées de l’Ordre Maçonnique Le Droit Humain, créé par Maria Deraisme, dont elle fonda la fédération britannique et qu’elle répandit à travers l’empire britannique. Elle étudia également au cours de sa vie les enseignements de l’islam et notamment le comportement et la vie de Mahomet. Ici à droite, portant les insignes du 33è degré.

Grande dame injustement oubliée et qui vient rejoindre notre galerie de portraits. Allez, je continue mon périple vers la Lombardie, je vous salue et surtout, portez vous bien et à demain peut-être.