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Mon âme, mon âme, où m’entraines-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 24 décembre 2018, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… Écrire c’est une façon de sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832-300x251parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et laAragon dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour la guerre. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes. Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à aragon-et-ristat-300x225L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En effet, le 2 mars 1974, mort de Salvador PUIG ANTICH, garrotté dans les geôles du sinistre Franco à la prison Modelo de Barcelone, à l’âge de 24 ans. Il était militant et activiste anarchiste du M.I.L.Le M.I.L (Mouvement Ibérique de Libération), né dans les années 70, pratiquait -entre autre- l’expropriation politique, dans une Espagne étouffée sous le joug du franquisme. Ce mouvement libertaire de guérilla urbaine ne fit jamais couler le sang.Salvador Puig Antich est arrêté le 25 septembre 1973, quelques mois après l’auto-dissolution du M.I.L, et grièvement blessé à la tête. Un sous-inspecteur de police est tué dans la confusion (sans doute par un autre policier). Le 7 janvier 1974, la peine de mort est néanmoins requise contre le jeune militant, malgré d’évidents vices de forme. Partout en Europe (et jusqu’en Argentine) on se mobilise pour demander sa libération. A Toulouse, des affrontements ont lieu devant le consulat Espagnol avec la police, à Rennes, il ne se passait pas une semaine sans que nous soyons dans la rue. A cette époque là, les raisons de s’indigner étaient peut-être plus évidentes qu’aujourd’hui; quoique… Puig Antich sera malgré tout garrotté.Je crois que c’est le dernier à avoir été exécuté selon la technique du « garrot vil ».

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Espagne éternelle et de la tortilla réunies, bonjour !

 

Triste anniversaire que ce jour du 2 mars.

En effet, le 2 mars 1974, mort de Salvador PUIG ANTICH, garrotté dans les geôles du sinistre Franco à la prison Modelo de Barcelone, à l’âge de 24 ans.
Il était militant et activiste anarchiste du M.I.L.
Le
M.I.L (Mouvement Ibérique de Libération), né dans les années 70, pratiquait -entre autre- l’expropriation politique, dans une Espagne étouffée sous le joug du franquisme. Ce mouvement libertaire de guérilla urbaine ne fit jamais couler le sang.
Salvador Puig Antich est arrêté le 25 septembre 1973, quelques mois après l’auto-dissolution du M.I.L, et grièvement blessé à la tête. Un sous-inspecteur de police est tué dans la confusion (sans doute par un autre policier). Le 7 janvier 1974, la peine de mort est néanmoins requise contre le jeune militant, malgré d’évidents vices de forme. Partout en Europe (et jusqu’en Argentine) on se mobilise pour demander sa libération. A Toulouse, des affrontements ont lieu devant le consulat Espagnol avec la police, à Rennes, il ne se passait pas une semaine sans que nous soyons dans la rue. A cette époque là, les raisons de s’indigner étaient peut-être plus évidentes qu’aujourd’hui; quoique… Puig Antich sera malgré tout garrotté.Je crois que c’est le dernier à avoir été exécuté selon la technique du « garrot vil ».

Le film « Salvador » de Manuel Huerga, dont on écoute un extrait de la musique, retrace son histoire et celle des tentatives désespérées de sa famille, de ses camarades et avocats pour éviter son exécution.

Le travail de Lluís Llach pour la bande sonore de ‘Salvador (Puig Antich)’ a été nommé pour les Prix de la Musique dans la catégorie de Meilleur Album
de BO Cinématographique.

 

Pour ne pas rester sur une note amère, je pense à Francesca Solleville éblouissante interprète qui a eu la bonne idée de naître un 2 mars. Outre ses reprises des chansons de la Commune, on lui doit l’interprétation des textes de Mac Orlan et Aragon notamment. Toujours engagée, contre le nazisme, le franquisme, la guerre au Viet-Nam elle chante les poèmes d’Apollinaire et de Genet comme ce formidable « condamné à mort » sur une merveilleuse musique d’Hélène Martin, que je ne peux m’empêcher de rapprocher de la fin tragique de Puig Antich.

Absolument magnifique…

Bon et bien dites moi, deux vidéos aujourd’hui…Tout augmente ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.