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Par tous les saints…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et du kig ha farz réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 17 décembre 2013, 27è jour de Frimaire dédié au liège. D’autres calendriers que le républicain indiquent ce jour comme celui de la saint Briac. Il s’agit là d’un des éponymes les plus répandus de Bretagne. En premier lieu la commune de Bourbriac située dans les Côtes d’Armor (22) au sein de laquelle, en son église plus précisément, se trouve le tombeau (vide) de ce disciple de Tugdual et venu d’outre-manche au 6ème siècle. Mais aussi, St-Briac en Ille-et-Vilaine ainsi que Lanbriac dans le Finistère.

Originaire d’Ulster, Briac vient en Galles suivre l’enseignement de Tudwal dans son monastère. Deux ans plus tard, il suit son maître en Armorique, avec Rivelin, Laouenan et Kireg entre 214autres. La légende raconte qu’ils furent environ soixante dix. D’un certain côté on comprend qu’il fallait remplir le car pour diminuer les frais… Le groupe accoste à Kermorvan, près du Conquet (29), où Tudwal fonde le monastère de Lambabu, l’actuel Trébabu (29), puis se dirige vers le Trégor. Là, Briag reçoit les terres de Deroc, prince de la Domnonée . Avec son accord, il bâtit un monastère non loin du château, aujourd’hui la vieille motte de Coz-Castel en Bourbriac (22). Son territoire monastique portera le nom de Minihy Briac, qui correspond à l’actuel Bourbriac. Puis il se retire dans un ermitage à Penity-Briac, avant de partir pour Rome.

Il meurt en son monastère en 627 non sans avoir délivré de leur folie de nombreux pèlerins qui se pressaient devant son tombeau ; ceux-ci séjournaient dans une cellule proche, aux fenêtres barrées, et suivaient la messe. Son monastère aurait été brûlé par les Normands en 878, mais son tombeau et ses reliques furent préservés. Le saint est représenté, dans l’église paroissiale de Bourbriac en abbé, portant un long vêtement avec cagoule, recouvert d’un surplis ; à ses pieds gît un chien. Oyez plutôt ce qu’en dit Albert Le Grand dans Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert le Grand (1636): « Briac, ayant tombeau-de-saint-briac-bourbriacreceu l’habit, commença à mener une vie si exemplaire & religieuse, que les autres Novices le regardoient comme un modele d’un parfait Religieux. Il cherissoit surtout l’humilité, laquelle paroissoit en toutes ses actions ; ses habits estoient pauvres & de viles estoffes ; il se plaisoit aux offices les plus humbles, à balayer le Monastere & en oster les immondices ; il ne mangeoit que du pain sec avec du sel, beuvoit de l’eau froide, que rarement il trempoit d’un peu de vin, pour la colorer seulement ; il jeusnoit estroitement les jeûnes de la Regle, dormoit sur la dure, employant la meilleure part de la nuit à la priere & aux études des saintes Lettres. L’an revolu, il fit Profession, &, peu aprés, fut envoyé vers l’Evesque Diocesain, duquel il receut les Ordres jusqu’à la Prestrisce inclusivement, non sans repugnance de son costé, son humilité luy faisant 006croire qu’il estoit indigne de cette dignité. Neanmoins, il fit joug à l’obëissance & se laissa ordonner Prestre, chanta sa Messe avec une singuliere devotion & consolation de son Ame. » (…) » L’an 1591 la ville de Guengamp (qui n’est qu’à deux lieuës de Boul-Briac) ayant esté blocquée par l’armée royale, conduite par le prince de Dombes, la Vigile de l’Ascension, on obmit, cette anée-là, à faire la Procession accoûtumée & porter les Reliques du Saint, à cause des compagnies de soldats qui tenoient la campagne ; neanmoins, il se trouva un bon Prestre, lequel, la Vesprée du même jour, alla, par devotion, tout seul faire la Procession ; &, bien qu’il rencontrast des bandes de soldats, jamais aucun ne luy fit mal, même ne luy demanderent pas Qui vive &, ce qui est plus admirable, il trouva les fossez rompus & les champs ouverts, battus & frayez, comme si la Procession y eust esté à son ordinaire, ce qu’ayant recité aux autres Prestres, ils y allerent & virent la mesme chose ; & cecy m’a esté attesté par personnes dignes de foy l’an 1631 au mois de may, que je fus à Boul-Briac rechercher cette histoire, lesquels m’asseurerent qu’il y avoit encore plus de quarante personnes vivantes en la Paroisse qui avoient esté témoins oculaire de cette merveille. »

Voilà pour notre rubrique « y’a pas que des anars en Bretagne ». Allez, portez vous bien et à demain peut-être.