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QUI A PEUR DU LOUP…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tautologie et de la « Marie Rose » réunies, bonjour !

Nous sommes le 17 juin 2011 et malgré mes recommandations, vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est le 29è jour de prairial dédié à la pivoine, plante magique s’il en est. Son nom vient du grec Paiôn qui était un dieu guérisseur. On lui doit le prompt rétablissement de Hadès et Arès de leurs blessures de guerre. Hyppocrate la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes « Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire.« . C’est vous qui voyez…

Allez tiens, je sais que vous adoré cela alors, une histoire de saint. Aujourd’hui on célèbre (ou pas) la saint Hervé, Houarneau en breton.

L’existence même de saint Hervé est incertaine, même si sa vie est racontée dans le manuscrit connu sous le nom de « Légendaire de Tréguer ».

Fils de Hyvarnion ou « Harvian », barde venu d’outre Manche et de Rivanone, Hervé est aveugle de naissance. Rivanone confie son éducation à un moine, le futur saint Urfol. Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par l’un d’entre eux, Guiharan, il conduit sa communauté à Plouider qui deviendra lanhouarneau (lan pour ermitage et houarneau pour Hervé) pour y fonder une église. Il fonde aussi deux monastères dans le Léon. Inhumé à Lanhouarneau, ses reliques sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes en 1002 mais elles disparaissent de la cathédrale pendant la révolution française, c’est du propre…

Une légende rapporte qu’un loup dévora l’âne de son mentor avec lequel Hervé labourait, mais il s’agenouilla pour prier et sur son injonction le loup vint s’atteler lui-même à la charrette. Aussi est-il souvent représenté en compagnie d’un loup domestiqué. On le voit ainsi représenté dans le magnifique retable de l’église de Guimiliau.

Saint Hervé est le patron des bardes bretons (espèce en voie de disparition). Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. En Bretagne, saint Hervé a aussi la réputation de faire cesser les coassements des grenouilles. Sauf celles dites de bénitier qui vont le pas pressé porter l’andouille à leur curé comme disait Glenmor, barde s’il en fut.

Je vais m’arrêter là, vous pouvez éteindre votre ordinateur et vous consacrer à une activité normale. Portez vous bien et à demain peut-être.

QUI VEUT GAGNER DES MILIAU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’apathéia* et du ris de veau
aux morilles réunis, bonjour !


En ce 27 octobre ou encore 6è jour de
brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons
l’Héliotrope. Il vous reste 65 jours avant de crier « Bonne
année » à votre voisine de table qui en terminera avec son
troisième éclair au chocolat.

Les bretonnants eux, vont célébrer
Saint Milliau: Roi ou  Comte
de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530.
Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom
dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor(22): Pluméliau, Ploumilliau et son
fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la
magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes
d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années
avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée
couverte… (à droite). Encore un qui ne devrait pas tarder à rejoindre la
vallée des saints à Carnoët.

A cette époque là, les Bretons qui
débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies
indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et
monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au
fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La
Domnonée au Nord de l’Armorique,approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et
« Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs
de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué…

Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut.


En attendant le retour des beaux jours, vous êtes toujours les bienvenus sur « les cénobites tranquilles », comme le temps, ça change tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

*L’apathéia est la tranquillité de l’âme d’après Origène.