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A propos d’Augustin Souchy.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 souchyaprès des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905. Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.souchy 2
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. 1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal Espagne FAIlongtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes. Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).

Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat Souchy Vorsichtjeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Grand frère et petit père (du peuple)

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Samedi 21 janvier 2017 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Non pas que l’atmosphère nécessite un quelconque rafraichissement, le mercure est toujours en dessous du zéro fatidique…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommeLenine-haranguant-189x300s ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Destins croisés…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Jeudi 21 janvier 2016 correspond au 2è jour de pluviôse dans sant-erwann-680x680notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Pourquoi pas une Sant Erwann tiens; c’est une bière de haute fermentation produite par la Brasserie de Bretagne. C’est une bière de caractère, assez alcoolisée, composée de sept céréales : orge, blé, avoine, blé noir, épeautre, millet et seigle (cela est souligné par le slogan sur l’étiquette : 7 siècles, 7 céréales, 7 degrés).

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommes ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, Lenine haranguanttous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme, plus le second s’en éloignait. C’est ainsi qu’après la chute du Tsar et l’avènement d’une République, Lénine profite de la faiblesse de cette dernière pour prendre le pouvoir et, le 6 novembre 1917 (25 octobre selon l’ancien calendrier julien), ses partisans dirigés par Trotski s’emparent sans coup férir du Palais d’Hiver, le siège du gouvernement. Cette «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Boursier dans les pensionnats de l’élite anglaise, il éprouve l’amertume du déclassement. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le Communisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. S’étant engagé en Espagne aux côtés des George_Orwell_press_photocommunistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» en lequel chacun reconnaît Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’homme du jour est une femme…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 14 janvier 2016, 25è jour de Nivôse dédié au Chat; ce qui Geluckravira Geluck et Siné et, malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… Profitant du jour anniversaire de sa disparition, voici le portrait rapide d’une militante que nous allons accrocher aux cimaises de notre galerie. Le 14 janvier 1994, mort de Federica MONTSENY, à Toulouse. C’est une des grandes figures de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme espagnol (elle fut l’amie de Durruti), et qui fut un temps ministre de la Santé pendant la guerre civile.

Elle est née le 12 février 1905 à Madrid. Fille des anarchistes Catalans Joan Montseny (Federico Urales)  et Teresa Mané (Soledad Gustavo) , fondateurs de la « Revista Blanca » (en 1898), Federica milite très jeune à la C.N.T. . Avec son père, elle fait reparaître à partir de 1923 « La Revista Blanca », puis une nouvelle publication qui deviendra montsenymensuelle « La Novela Ideal » (Le roman idéal) : romans de propagande libertaire, parlant d’antimilitarisme, d’entraide, d’amour libre, etc.). En 1930, elle se lie au compagnon Germinal Esgleas (ça ne s’invente pas). En 1936, elle est au comité régional de la C.N.T., et au comité péninsulaire de la F.A.I.. Elle participera au nouveau gouvernement républicain avec trois autres membres de la C.N.T (cette participation d’anarchistes au gouvernement sera largement controversée). En tant que Ministre de la santé, elle fera voter une loi légalisant l’avortement.

Federica Montseny est donc la première femme ministre d’Europe Occidentale. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu. A la fin de la guerre, elle est contrainte à l’exil en France, et connaîtra les prisons novela_librefrançaises avec son compagnon Germinal. En effet, comme des milliers d’autres espagnol(e)s, elle doit fuir en France à la fin de la guerre, où elle est persécutée par la police nazie et franquiste qui réclament son extradition, refusée par les autorités françaises. Elle vit en liberté surveillée jusqu’à la libération. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de 15 livres politiques et 50 non-politiques) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie. On ne dira jamais assez le rôle joué par les anarchistes dans la lutte contre la dictature Franquiste et, il ne faut pas compter sur Pernaud ou Pujadas pour nous rappeler ce genre d’anniversaire.

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

La femme est l’avenir de l’homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 06 janvier 2016 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, mais aussi dans le breton merl, qui a donné par emprunt merl, puis maërl. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également Merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner !

Le 6 janvier 2014, mort à Paris de Marina GINESTÀ à l’âge de 94 ans. Beaucoup connaissent cette photo d’une magnifique jeune femme à l’allure altière, prise sur le balcon de l’hôtel Colon à Barcelone. Cette photo passera à la postérité car elle va illustrer nombre d’ouvrage sur la guerre d’Espagne. marina_ginesta2 sur le balconC’est cette jeune militante antifasciste française, née à Toulouse le 29 janvier 1919, âgée de seulement 17 ans, qui deviendra une des icônes de la Guerre d’Espagne, grâce à la photo que Juan Guzmán (Hans Gutmann Guster) prendra d’elle portant son fusil, le 21 juillet 1936, sur la terrasse de l’Hôtel Colón à Barcelone. Elle vivait à Barcelone depuis que ses parents s’y étaient installés quand elle n’avait que onze ans. Adolescente, elle rejoint le Parti socialiste unifié de Catalogne.

Au début de la guerre d’Espagne, elle devient reporter et traductrice dans les Brigades internationales auprès de Mikhail Koltsov, correspondant du journal soviétique la « Pravda ». Elle l’accompagnera d’ailleurs à Bujalaroz pour un entretien avec l’anarchiste Buenaventura Durruti. Blessée avant la fin du 1936 Bujalaroz. Marina ginesta y su hermanoconflit, Marina Ginestà est évacuée en France à Montpellier. Après l’instauration du régime de Vichy et l’occupation de l’armée allemande, elle choisira l’exil au Mexique, rejoignant ainsi un certain nombre de combattants antifascistes espagnols qui réussirent à s’installer dans ce pays d’accueil après la défaite du camp républicain en 1939. Elle part ensuite en République Dominicaine où elle se marie. Mais en 1946 elle est contrainte de quitter le pays à cause des persécutions de la dictature de Rafael Trujillo. Elle devient également très critique à l’égard de Staline. Sa lecture de l’ouvrage de George Orwell « Hommage à la Catalogne » pendant les années 1960 fera pencher ses sympathies vers la CNT et le POUM. En 1960, elle épouse un diplomate belge et regagne Barcelone puis s’installe définitivement à Paris au début des années 1970.

En 2008, un documentaliste de l’Agence espagnole EFE réussit à l’identifier et lui fait découvrir ce cliché qu’elle ne connaissait pas. Lors d’un entretien marina ginestaaccordé à l’Agence, elle raconte : « C’est une bonne photo, elle exprime bien ce que nous ressentions à l’époque. Le socialisme était arrivé, les clients de l’hôtel avaient fui. Il y avait de l’euphorie. [...] On me dit que j’ai un regard orgueilleux. C’est possible. Nous nagions alors dans la mystique de la révolution prolétarienne et les images de Hollywood de Greta Garbo et de Gary Cooper ». Son portrait fait encore la couverture, en 2014, de la réédition de l’ouvrage de Burnett Bolloten sur « La Guerre d’Espagne » (Ed. Agone). Sources.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans le ventre des espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 13 décembre 2014, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un Pascalroseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal, Pensées, (1660)

C’est sans doute pour cela que: «Dans le ventre des espagnols il ya des armes…»

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saornil_luciaLe 13 décembre 1895, naissance de Lucia SANCHEZ SAORNIL, à Madrid. Poétesse, artiste peintre et militante anarchiste féminine espagnole.
Née dans une famille modeste, elle obtient en 1916 un emploi à la compagnie de téléphone, mais poursuit des études à l’académie des Beaux-Arts. En 1918, passionnée par la poésie, elle intègre le mouvement littéraire « Ultraïsmo » et publie ses premiers poèmes. Militante anarcho-syndicaliste, elle prend part aux confits sociaux de la « Telefonica ». Mutée à Valence en 1927, elle collabore aux journaux anarchistes « Tierra y Libertad », « Solidaridad Obrera », etc.

De retour à Madrid en 1929, elle devient secrétaire de rédaction au journal « C.N.T ». Militante féminine convaincue, elle reste persuadée que les revendications des femmes requièrent une organisation spécifique. En 1936, avec les compagnes Mercedes Comaposada, Amparo Poch y Gascon, elle fonde le mouvement d’émancipation « Mujeres Libres » (Femmes Libres) qui édite, à partir de mai 1936, la revue du luciamême nom. Lire ce petit texte de 1937 ICI. Lorsque éclate la révolution, elle se démène sans compter, présente sur le front comme à « Radio Madrid ». De retour à Valence, en 1937, elle devient la principale rédactrice de l’hebdomadaire anarchiste « Umbral »; elle y rencontrera sa compagne saphique América Barroso. En mai 1938, Lucia est nommée secrétaire générale de S.I.A « Solidarité Internationale Antifasciste », chargée d’organiser l’aide internationale.
La révolution écrasée, elle se réfugie en France début 1939, et tente de secourir les réfugiés. En 1942, pour éviter être déportée dans les camps nazis, elle retourne à Madrid, puis à Valence, vivant jusqu’en 1954 dans une totale clandestinité. Elle est morte à Valence, le 2 juin 1970.
« Soñar, soñar siempre (…) Porque un nuevo entusiasmo nos transporta a otro ensueño entrevisto en lontananza y en la vida, el soñar, es lo que importa. »
(Rêver, toujours rêver (…) Pour qu’un nouvel enthousiasme nous transporte dans un autre rêve entrevu dans le futur et dans la vie, le rêve, c’est ce qui importe.) Sources
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A QUI LE TOUR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la République espagnole
et de la paella réunies, bonjour !

Ce lundi 14 février correspond
au 26è jour de pluviôse dédié à la guède, cultivée
autrefois dans la région du Sud-Ouest pour ses propriétés
tinctoriales d’où son nom de Pastel des teinturiers. On y extrayait
une teinture bleue à partir de ses feuilles. Sa culture a déclinée
avec l’arrivée de l’indigo au XVII è siècle. La médecine
traditionnelle chinoise continue de l’utiliser dans le traitement de
l’hépatite infectieuse. Bon, ben, on aura appris un truc aujourd’hui…

Mais, débutons cette semaine par
un portrait de militante.

C‘est à Quimper, il y a 20 ans,
le 14 février 1991, que s’est éteinte Emilienne MORIN.

Fille d’Etienne Morin, un
militant anarcho-syndicaliste du Bâtiment, Émilienne Morin
fréquenta très jeune les milieux révolutionnaires. Dès 1916 elle
travailla comme secrétaire pour le journal pacifiste Ce Qu’il
faut dire
. Elle milita dans le groupe du XVe arr. de Paris des
Jeunesses syndicalistes de la Seine. En 1924 elle se maria à Yerres
(Essonne) avec le militant anarchiste italien Mario Cascari dont elle
divorça au bout de deux ou trois ans. C’est le 14 juillet 1927
qu’elle fit la connaissance de Buenaventura Durruti Domange
à la Librairie internationale anarchiste de la rue des Prairies,
Paris (XXe arr.) et devint sa compagne.  En juillet 1927, Durruti
ayant été expulsé en Belgique, Emilienne abandonna son emploi de
sténodactylo et partit le rejoindre à Bruxelles où résidaient
alors de nombreux anarchistes espagnols qui y vivaient dans une
semi-clandestinité. Lola Iturbe, elle-même militante anarchiste et
compagne de Juan Manuel Molina,  la décrit ainsi : « Émilienne
était alors une jeune femme très agréable, au teint clair et aux
yeux bleus, avec les cheveux coupés à la garçonne. Son caractère
énergique, ses convictions idéologiques et ses dons oratoires se
manifestaient dans les controverses publiques — spécialement avec
les communistes — qui se déroulaient à la Maison du Peuple, à
Bruxelles
. »

Le jeune couple mena une vie
difficile de proscrit jusqu’en 1931, date à laquelle ils se
rendirent en Espagne où la République venait d’être proclamée
et où ils poursuivirent leur activité militante. Le 4 décembre
1931, elle mit au monde à Barcelone une fille, Colette, qu’elle
allait devoir élever seule, son compagnon étant pratiquement
toujours pourchassé ou emprisonné. Les compagnons parvinrent à lui
trouver un travail d’ouvreuse au théâtre Goya et c’est Teresa
Margaleff qui s’occupa souvent de la petite Colette, y compris en
l’allaitant, lorsque sa mère était au travail.

Lors de la guerre civile et de la
révolution espagnole, Émilienne Morin rejoignit la colonne Durruti
sur le front d’Aragon et travailla comme secrétaire au quartier
général où elle fut responsable du département de presse. Mais
les soins que nécessitait sa petite fille l’obligèrent bientôt à
quitter le front tandis que son compagnon partait à Madrid, avec une
partie de sa colonne, pour participer à la défense de la capitale
où il devait trouver la mort le 20 novembre 1936. Après avoir
travaillé un moment au conseil de défense, Émilienne rentra en
France en 1938 et mena campagne, par la plume et par la parole, en
faveur des révolutionnaires espagnols.(ici à gauche, Emilienne Morin et Colette Durruti.)

  • Sources: Dictionnaire international
    des militants anarchistes
    .

  • Voilà
    donc pour ce début de semaine en attendant que d’autres velléités
    républicaines se fassent entendre au Maroc, en Algérie, au Yémen,
    en Jordanie, en Syrie et partout ailleurs où les bruits de bottes
    se font encore assourdissants. D’ici là, portez vous bien, à
    demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !
  • A GALOPAR…

    Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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    Amis de la femme libérée et
    de la bouillie d’avoine réunies, bonjour !

    Nous sommes le 11 février et vous
    êtes encore devant votre ordinateur. Ce jour est le 23è de
    pluviôse et est dédié au chiendent, plante envahissante s’il en
    est.
    Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre.
    Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys
    vers le 11è siècle. C’était un disciple de St Félix. Dans
    Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le
    chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à
    Bourvil.

    Aujourd’hui, parlons d’une
    militante anarchiste espagnole, Mercedes Comaposada.

    Fille de l’écrivain et militant
    socialiste José Comaposada et compagne depuis 1933 du sculpteur
    libertaire Baltasar Lobo, Mercedes Camaposada avait commencé à
    travailler très jeune comme monteuse dans l’industrie du cinéma
    et avait adhéré au syndicat CNT des spectacles publics. Puis elle
    avait poursuivi des études à Madrid où elle allait rencontrer V.
    Orobon et surtout Lucia Sanchez Saornil avec laquelle elle se lançait
    très vite dans une campagne pour la libération de la femme. Et puis tiens, avant de poursuivre, pour le plaisir, quelques notes entonnées par Paco Ibanez.
    « A galopar« , merveilleux poème de Rafael Alberti qui devint l’hymne des républicains espagnols. Las tierras, las tierras, las tierras de Espana…


    Après ce petit intermède, continuons.

    Pendant les années de la
    République elle collaborait à de nombreux titres de la presse
    libertaire (dont
    Ruta,
    Tiempos Nuvos, Umbral, Tierra y Libertad
    )
    et en avril 1936, de sa rencontre avec Lucia Sanchez Saornil naît
    l’idée de créer un groupe de femmes spécifique, au sein du
    mouvement libertaire. Le groupe « Mujeres Libres » (MM.LL)
    est créé en avril 1936;
     mouvement
    qui a compté plus de 20 000 membres
    ,
    ainsi que la revue du même nom dont elle allait être rédactrice en
    chef pendant la guerre. Elle est illustrée par le sculpteur Baltasar
    LOBO (compagnon de Mercedes). Lorsque éclate la révolution, en
    juillet 1936, elle se rend à Barcelone et y rejoint un autre groupe
    de femmes, avec lequel elle travaille à la création d’une
    fédération nationale.
     

    Exilée en France après la
    guerre civile, elle parvenait avec son compagnon à s’installer à
    Paris avec l’aide de Pablo Picasso dont elle allait devenir la
    secrétaire. Dans les années 1960-1970 elle participait aux
    activités du groupe Mujeres Libres en exil.

    Mercedes Comaposada est morte à
    Paris le 11 février 1994.

    Et voila pour ce vendredi, allez, portez vous bien et à demain peut-être.