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C’est pas la croix pas la bannière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Jeudi 14 mai 2020, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier; alors que les postiers mettent en avant les Matthias.

Vous vous souvenez de Gribouille chantant Matthias…
 
Marie-France GAITE (tel est son nom)   apprend  le piano très tôt.  Placée dans un foyer, les éducateurs découvrent son talent, sa voix, sa façon de chanter. Gribouille, qui tient ce pseudonyme d’une éducatrice, gribouille-G-sera placée dans d’autres centres où elle ne se plaira guère; mais qui pouvait se plaire dans ce type d’institution ? Aussi elle fugue et se réfugie dans une grande villa de la banlieue lyonnaise où elle rejoint une bande de copains. Pourtant elle s’ennuie et pour fuir sa solitude va hanter les salles de cinéma. Prise de passion pour le 7° art, elle peut voir cinq ou six films dans une journée. Mais elle n’abandonne pas pour autant son amour de la chanson. Un jour, alors qu’elle n’a que seize ans Gribouille chante  à Lyon dans une petite boîte où une  salle est réservée pour ces jeunes sans le sous. Sa renommée locale  arrive aux oreilles des journalistes qui commencent à parler de la jeune femme.

Mais seul Paris peut la consacrer croit-elle et elle décide de rejoindre la capitale en auto-stop. La légende veut que ce soit dans un corbillard qu’elle arrive Place du Châtelet, en pleine nuit avec en poche juste quinze Francs. Elle fréquente Saint-Germain-des-Prés où elle dessine à la craie sur les trottoirs. L’argent recueilli lui permet de manger, et la Gribouille-D-nuit elle dort le long des quais de la Seine ou dans les cages d’escalier. On raconte qu’elle rencontrera Jean Cocteau qui, la croisant dans la rue où elle dessine sur un trottoir, se méprend sur cette jolie fille pleine de musique qui ressemblait parfois à un joli garçon et l’aborde. Il la présentera au Bœuf sur le toit, premier maillon pour se lancer dans la chanson. Il dessinera aussi son portrait que, en souvenir de sa méprise, il dédicacera « À mon ami Gribouille ». Elle gardera précieusement ce dessin en ajoutant pudiquement un « e » au mot ami. Bien plus tard, mon pote Glenmor lui consacrera une chanson. Son apparence androgyne et sa voix grave ainsi que ses chansons personnelles et ambiguës lui gagnent le public lesbien. Le 18 janvier 1968, celle qui chantait Mourir demain meurt d’un excès de barbituriques et d’alcool à son domicile de la rue Crozatier, à Paris.

Voila pour aujourd’hui, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Un korbac des corbeaux…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tragédie grecque et du savon de Marseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 novembre 2015, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être Cormier chateau de Martreilplusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Subodorant votre esprit suspicieux, j’imagine que vous n’allez pas me croire, et pourtant, c’est vrai. C’est aujourd’hui « La journée internationale des toilettes publiques », décidée en 2001 à Singapour. Il y en a des tonnes comme cela, la plupart sous l’égide de l’ONU; ce « machin » comme disait de Gaulle. Journée de la femme, de l’eau, de la poésie, de la gentillesse, du suicide, du sommeil. Certaines nous interpellent davantage. Tenez, le 29 novembre par exemple, c’est la journée internationale de solidarité avec le peuple Palestinien; on croit rêver…

Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire. Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi neiz vranlesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. (la photo ci-dessus est « empruntée » au site la tribu d’Anaximandre)

Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter !

Je vote pour l’instauration d’une journée internationale du corbeau. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

JEHAN JONAS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la libération sexuelle et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour !

Que celui qui a connu Jehan Jonas lève le doigt. Mon premier souvenir « live » remonte à 1970, c’était au bateau-lavoir à Nantes.

Cet auteur-compositeur-interprète était né le 12 août 1944 et est décédé, beaucoup trop tôt, en 1980. Après son certif’, il entre à la SNCF et chante en terrasse puis fait les cabarets où il côtoie Brassens, Chelon, Jean-Marie Vivier qui reprendra ses textes, Gribouille et tant d’autres.

Un regard sans concession, une plûme acérée, des chansons qui veulent dire quelque chose bref, un chanteur qui n’aurait aucune chance à la « star’ac ». Je me souviens aussi d’un petit cabaret à Rennes, cela s’appelait « Chez Françoise » et Jean-Marie Vivier chantait alors des textes de Jonas. Voici ce qu’il disait à l’époque:

« Je suis un déclassé de la cinglomanie
Dernier pont sur la mer jeté vers les nuages
ça devient si courant que les radio se taisent
Et divergent en rêvant à des frics mélomanes
Je m’en irai bientôt sapé de moissons fortes
Un sillage indécent, ça m’ira comme un gant ».

Des comme ça, on n’en fait plus et c’est fort dommage… Je ne suis pas certain que l’on trouve encore ses disques, il faut essayer you tube ou les bouquinistes.

Allez, tenez moi au courant de vos recherches, je garde sous le coude quelques perles encore pour avoir le plaisir de vous les présenter. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.