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Mais d’où vient Thudon ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Mardi 17 mai 2016, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des Boraginaceae ce qui, vous l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du buglosse-300x256calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

Bon, il parait que c’est la saint Thudon. Thudon était le père de  Gouesnou qui a laissé son nom à une commune non loin de mon ermitage. Or donc, à la même époque que saint Thénénan, aux alentours de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudona. Il croix de st thudonaccosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez  à deux km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao; et on désigna le lieu-dit sous le nom de St-Thudon tout cela est en Finistère evel just… Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu à St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face. Selon l’abbé Castel, cette croix est située sur un itinéraire ancien qui remontait depuis le Passage, au Relecq-Kerhuon. Selon la chronique, Thudon mourut en 665, à l’âge de 85 ans.

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vielle et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, saint Thudon fit construire lavoir-guipavasun oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine n’en continua pas moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29); c’est un toponyme qui désigne le « bois de Thudon ».

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.