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Allez dire à la ville…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand Nord et des lichouseries réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 décembre 2014, 21è jour de frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des années Xavier Grall</p><br /><br /><p>Crédit photo Bernard Grall1970, il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

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Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes et militants, les filles de Xavier Gpaysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque? Et puis encore ces quelques mots: « Ah quand je mourrai, enterrez moi à Ouessant avec mes épagneuls et mes goélands. Ah quand je mourrai, mettez moi en ce jardin de gravier. »
Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

La muse et le blogueur…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la félicité et des nuits de Chine réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 17 juin 2014, et malgré mes recommandations, vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est le 29è jour de prairial dédié à la pivoine, plante magique s’il en est (comme celle-ci à droite, réalisée par Yun Xhouping – XVIIè). Son nom vient du grec Paiôn qui était un dieu guérisseur. On lui doit le prompt rétablissement de Hadès et Arèspivoine de leurs blessures de guerre. Hyppocrate la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes « Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire. ». Et Théophraste d’ajouter:  « Cette plante, doit être arrachée la nuit car si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus ». Une procidence de l’anus ! Non mais, vous imaginez cela, madame Michu ? C’est le genre de truc qu’il ne faut souhaiter à personne même à son pire ennemi. Quoique…

Il y a des jours comme ceux là où les muses qui inspirent les blogueurs s’en retournent dans les montagnes de l’Hélicon laissant ceux-ci aussi désemparés qu’une poule devant une clé à molette… Rien à glander today au club des métaphores disait Léo Ferré. Polymnie ou Clio, Euterpe ou Thalie; elles ont déserté les jardins de Keramoal musesincommodées par un Noroit agressif qui balaye la région. Je ne suis pas certain qu’elles aient fait le bon choix. La Grèce, par les temps qui courent, ne me parait pas être précisément l’Eden auquel elles sont en droit d’aspirer. Vous allez me dire qu’elles auraient pu opter pour la Costa-Brava mais là encore elles eussent été confrontées à la désespérance. Il leur restait le choix entre le camping des flots bleus à Palavas et un mobilhome à Carantec équipé de la wi-fi pour  assister les cénobites tranquilles dans leurs aventures blogosphériques… Du coup, je me suis mis à rêver d’une muse détachée des contingences de l’Olympe et rejoignant mon modeste ermitage… A bicyclette. Et si point ne vient l’inspiration, alors,Dieu me damne !

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Si la Grèce avait ses dieux guérisseurs, la Bretagne avait ses Saints, à l’instar de Hervé, Houarneau en breton, que l’on fête aujourd’hui. Il est le patron des bardes bretons (espèce en voie de disparition) et à laissé Houarneauson nom à la commune de Lanhouarneau dans le Finistère. Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. En Bretagne, saint Hervé a aussi la réputation de faire cesser les coassements des grenouilles. Sauf celles dites de bénitier qui vont le pas pressé porter l’andouille à leur curé comme chantait Glenmor, barde s’il en fut.  En revanche, je n’ai rien trouvé concernant la procidence de l’anus…

Allez, je vais m’arrêter là, vous pouvez éteindre votre ordinateur et vous consacrer à une activité normale. Portez vous bien et à demain peut-être.

Kan bale Nevenoë…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la bretonnitude et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 novembre 2013, deuxième jour de Frimaire dédié au navet.

Skoulmet mat eo hirie chadenn ar goskoret                                      kousket noz kousket de kalon ar vretoned.

« Aujourd’hui bien nouée, la chaîne des esclaves endort nuit et jour le cœur des Bretons. » J’emprunte à Glenmor ces quelques vers de « La marche de Nominoë » pour commémorer la victoire de ses troupes bretonnes sur celles (franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 nominoe2novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante. Pour autant, il n’était pas roi mais Duc. C’est son fils Erispoë qui prendra le titre de roi, ce fut le premier et sans doute le dernier; par la suite, les souverains bretons porteront à nouveau et définitivement le titre de Duc. Vous me connaissez, je déteste les commémo., je hais toutes les guerres, j’exècre les nationalismes, je conchie les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Je ne veux en aucun cas rivaliser de ridicule avec George Sand qui écrivait en 1866 dans Promenades autour d’un village: « Le Tribut de Nomenoe (du Barzaz Breiz) est un poème de 140 vers, plus grand que l’Iliade, plus beau, plus parfait qu’aucun chef-d’œuvre sorti de l’esprit humain.
{…} En vérité, aucun de ceux qui tiennent une plume ne devrait rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau. » Considérons donc qu’il s’agit ici d’un coup d’œil dans le rétro de l’histoire.

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Nominoë, grand soldat et fin stratège, réussi à négocier le départ des guerriers venus du Nord après avoir pourtant subi trois défaites consécutives. Il mourut en 851 près de DownloadedFile-21Vendôme non sans avoir conquis le Maine et l’Anjou. On peut donc raisonnablement penser qu’il exista une « Bretagne » entre 845 et 1532 date du traité d’union avec la France. Était-ce un État, un royaume, une Nation ? Appartient elle aujourd’hui à cette liste de nations invisibles, nations fossiles et sans État comme disent certains historiens. Kurdes, Basques, Corses, Tsiganes, Amérindiens, Aborigènes, Catalans, Berbères, Bretons, Palestiniens, Touaregs, Bonis, Québécois, Tibétains, Ouighours etc… La question vaut d’être posée et débattue.

Bon allez, c’est pas tout, Il tonne sur Keramoal, il pleut bergère,  en tous cas, pas un temps à mettre un historien  dehors fut-il cénobite. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Lez-Breizh est mort…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tragédie grecque et du savon de Marseille réunis, bonjour ! Nous images-3sommes le vendredi 26 juillet 2013, huitième jour de Thermidor, dédié à la Carthame. Cette plante que l’on appelle aussi le safran des teinturiers est utilisée depuis fort longtemps, on en aurait retrouvé dans la tombe de Toutânkhamon. A partir des graines on confectionne de l’huile de massage. Les jeunes feuilles de carthame peuvent se manger crues, en salade. Ce sont les pistils qui sont utilisés en teinturerie ou comme mauvais substitut au safran.

Le 26 juillet 1488 marque le début de la bataille de Saint Aubin du Cormier considérée par les nationalistes bretons comme le début de la fin. Après avoir été défait par les troupes royales, François II, Duc de Bretagne, doit accepter le traité du verger signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de 66824063_pFrance ; il ne marierait pas ses filles sans consulter le roi de France ; St Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis avec Louis XII résultent de ce traité. A droite un dessin de Jeanne Malivel -1922-

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La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont capturés. Alain d’Albret et le sire des Rieux réussissent à s’échapper et jouent par la suite un rôle important dans le conflit qui a lieu en Bretagne. En effet, malgré cette 66824720_pvictoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Cette bataille est considérée par les nationalistes bretons comme le moment où la Bretagne perd son indépendance, malgré les trois années de campagne qui suivent ; elle est donc considérée comme un moment fort de l’histoire de la Bretagne. Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin LAINÉ (triste sire peu fréquentable, créateur du Bezenn Perrot, milice bretonne de collaboration) , ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille. Je hais tous les nationalismes. Excellent travail de recherche à propos de Lez-Breizh. Allez, merci d’être passé pendant les vacances; portez vous bien et à demain peut-être.

Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

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A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

DIEU ME DAMNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour !

En ce 25 juin je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.

« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »

C‘est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec – Retraites paysannes- et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté. Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix.

Et c’est encore au mois de juin, il y a quinze ans, qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. A gauche on nous traitait de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et les milices du même nom, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.

Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur.

Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse. En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner…

Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde de petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’émile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A droite, le manoir du Poul en Mellionnec où il vécut avec Katell.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.

QUI A PEUR DU LOUP…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tautologie et de la « Marie Rose » réunies, bonjour !

Nous sommes le 17 juin 2011 et malgré mes recommandations, vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est le 29è jour de prairial dédié à la pivoine, plante magique s’il en est. Son nom vient du grec Paiôn qui était un dieu guérisseur. On lui doit le prompt rétablissement de Hadès et Arès de leurs blessures de guerre. Hyppocrate la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes « Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire.« . C’est vous qui voyez…

Allez tiens, je sais que vous adoré cela alors, une histoire de saint. Aujourd’hui on célèbre (ou pas) la saint Hervé, Houarneau en breton.

L’existence même de saint Hervé est incertaine, même si sa vie est racontée dans le manuscrit connu sous le nom de « Légendaire de Tréguer ».

Fils de Hyvarnion ou « Harvian », barde venu d’outre Manche et de Rivanone, Hervé est aveugle de naissance. Rivanone confie son éducation à un moine, le futur saint Urfol. Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par l’un d’entre eux, Guiharan, il conduit sa communauté à Plouider qui deviendra lanhouarneau (lan pour ermitage et houarneau pour Hervé) pour y fonder une église. Il fonde aussi deux monastères dans le Léon. Inhumé à Lanhouarneau, ses reliques sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes en 1002 mais elles disparaissent de la cathédrale pendant la révolution française, c’est du propre…

Une légende rapporte qu’un loup dévora l’âne de son mentor avec lequel Hervé labourait, mais il s’agenouilla pour prier et sur son injonction le loup vint s’atteler lui-même à la charrette. Aussi est-il souvent représenté en compagnie d’un loup domestiqué. On le voit ainsi représenté dans le magnifique retable de l’église de Guimiliau.

Saint Hervé est le patron des bardes bretons (espèce en voie de disparition). Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux. En Bretagne, saint Hervé a aussi la réputation de faire cesser les coassements des grenouilles. Sauf celles dites de bénitier qui vont le pas pressé porter l’andouille à leur curé comme disait Glenmor, barde s’il en fut.

Je vais m’arrêter là, vous pouvez éteindre votre ordinateur et vous consacrer à une activité normale. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’HYMNE A LA JOIE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’inflation et du boudin blanc réunis, bonjour !

Tiens, il est encore temps pour les cadeaux, voici un petit livre des plus réjouissants. On ne le trouve pas en librairie, rendez vous sur le site de arrêt sur image:

 

Crise au
Sarkozistan

Préface
de Daniel Schneidermann

Une nomenklatura qui
jouit de nombreux passe-droits, une Justice aux ordres, une police
secrète paranoïaque, et évidemment des médias silencieux :
bienvenue au Sarkozistan, étrange et fascinant Etat voyou. Certains
de vos proches refusent encore sûrement de croire que nous sommes
désormais au Sarkozistan. Plutôt que de vous épuiser à les
convaincre dans les repas de fin d’année, offrez-leur Crise au
Sarkozistan. Vous les verrez partagés entre le rire et l’effarement.

Pas
de bol
pour les rois-mages cette année, ils sont tombé sur un mur. Pour les voisins il semblerait qu’un bon Palestinien soit un Palestinien enfermé dans cette prison à ciel ouvert, empêché de circuler, bref de vivre. Qu’il soit Musulman ou Chrétien n’a guère d’importance…
Voici quelques réflexions glanées auprès du site « Info-Palestine ». Pendant les fêtes, l’occupation continue…

A
bien des égards
, Bethléhem est devenue la ville emblématique
palestinienne sous occupation : sa population est confrontée à
des violences quotidiennes, sa géographie historique et son paysage
sont abîmés par l’expansion des colonies illégales, le Mur
israélien de séparation enfonce profondément ses méandres dans
son cœur et la coupe de ses liens ancestraux, politiques, sociaux,
économiques et religieux avec Jérusalem et le reste de la
Cisjordanie, et ses perspectives économiques sont de plus en plus
sombres, année après année. Pour les Palestiniens qui vivent à
Bethléhem et dans ses environs, chaque Noël devient moins une
raison de se réjouir qu’une raison de réfléchir sur l’immense
tragédie qui s’est abattue sur la ville sainte où vit l’une des
plus anciennes communautés chrétiennes de la Terre.
l’occupation
israélienne a radicalement limité la liberté de culte des
Palestiniens et leur accès aux églises en Terre sainte. Depuis que
le mur d’Israël est terminé dans la partie nord de la cité,
Bethléhem et Jérusalem sont désormais complètement coupées l’une
de l’autre.
 

Ni
le gouvernorat de Bethléhem
ni la cité n’ont échappé aux
conséquences dévastatrices de l’occupation et de la colonisation
implacables de la terre palestinienne par Israël. Créant « des
réalités sur le terrain » qui rendent une solution à deux
Etats impossible, Israël continue de mettre en œuvre une série de
politiques qui combinent les éléments de l’occupation, de la
colonisation et de l’apartheid pour, délibérément, étouffer et
morceler Bethléhem et ses environs. Ceci comprend notamment la
confiscation continue de la terre palestinienne pour la construction
des colonies et du Mur israéliens en violation du droit
international, de même que l’application forcée de restrictions
physiques et administratives à la liberté de mouvements pour les
Palestiniens, tant par un réseau toujours plus important de
check-points et de barrages routiers que par un régime
d’autorisations extrêmement sévère qui limite les lieux où les
Palestiniens peuvent vivre, circuler et travailler.

Vous qui me suivez depuis un moment, vous savez que je n’ai avec toutes ces religions et leurs églises respectives, aucune sorte d’affinités. Mais ce qui se passe à deux heures d’avion de chez nous, sous le regard complice et le silence assourdissant de la communauté internationale me révolte profondément. Celle-là même qui se mobilise et se dit prête à utiliser la force pour ramener Laurent Gbagbo à la raison, détourne ostensiblement les yeux dès qu’il s’agit d’Israël.

Fort heureusement, il nous reste la poésie et, j’entends encore la voix de Glenmor dans ce merveilleux texte:

ll naquit à Bethléem
en terre de Judée
sur ses lèvres d’enfant
le sourire des fleurs


douce joie et gaieté
tout au fond de son coeur
Et les bergers beaux misérables
agenouillés en son étable
ont appris à chanter…

Il mourut à Jérusalem
fille de Sion
sur son front blessé
par l’épine fleurie
les enfants humiliés
et les vierges flétries
ont lu le plus beau des messages
un mot d’amour pour tous les âges
aimez joies et gaietés.


Allez, c’est assez pour aujourd’hui, à l’allure où ça va, c’est pas demain que les Gazaouis connaîtront la joie et la gaieté. Nedeleg laouenn, bloavez mat ha yec’hed mat d’an holl, bonne année, bonne santé, salut et fraternité, vive la sociale et à bas la calotte…  Portez vous bien et à demain peut-être. je me répète mais, comme le dit Lewis Carrol:« What I tell you three times is true ».


KAN BALE NEVENOE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Skoulmet mat eo hirie

chadenn ar goskoret

kousket noz kousket de

kalon ar vretoned. « Aujourd’hui bien nouée, la chaîne des esclaves endort nuit et jour le coeur des Bretons. » J’emprunte à Glenmor ces quelques vers de « La marche de Nominoë » pour célébrer cet anniversaire de la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grace 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante. Pour autant, il n’était pas roi mais Duc. C’est son fils Erispoë qui prendra le titre de roi, ce fut le premier et sans doute le dernier; par la suite, les souverains bretons porteront le titre de Duc. Nominoë, grand guerrier et fin stratège, réussi à négocier le départ des vikings après avoir pourtant subi trois défaites consécutives. Il mourut en 851 près de Vendômes non sans avoir conquis le Maine et l’Anjou, d’où la célèbre chanson: » Tan-tan, tir-o-tan…Gwin ar C’hallaoued zo mad » (ça c’est une interprétation toute personnelle, mais je pense qu’elle peut se vérifier, la Bretagne ne produisant pas de vin, il était normal d’aller le chercher en Anjou…). On peut donc raisonnablement penser qu’il exista une « Bretagne » entre 845 et 1532 date du traité d’union avec la France. Etait-ce un Etat, un royaume, une Nation ? La question vaut d’être posée et débattue, mais cela fera l’objet d’un autre billet.

Il tonne sur Keramoal, il pleut bergère, comme je le disais hier à propos de Fabre d’Eglantine, en tous cas, pas un temps à mettre un paroissien dehors. Va pourtant falloir y aller. Un p’tit tour dans le bourg le dimanche matin, ça tient quasiment du rituel. Allez, portez vous bien et à demain, peut-être.