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Morgan de toi…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’école émancipée et du veau jardinière réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 08 octobre 2014, 17è jour de vendémiaire dédié à la citrouille. Pour les pataphysiciens Glamorgan_map470x260convaincus, nous sommes en réalité le Mardi 3 Haha 142 St Gibus, franc-maçon; tandis que par chez nous, on célèbre les Morgan joli prénom issu du Gallois et formé de mor (en breton: meur), « grand », et gann adouci de kann, « brillant, pur » ; la traduction « né de la mer » est erronée si l’on en croit Albert Deshayes. Au pays de Galles, le petit-fils de Meurig ap Twedrig a donné son nom au comté du Morgannwg ou Glamorgan, dont la capitale est Cardiff.
 
Le 8 octobre 1966 voit la mort d’un grand pédagogue, pacifiste, syndicaliste et libertaire, je veux parler de Célestin FREINET. Il était né 70 ans plus tôt dans les Alpes-Maritimes et s’était très vite dirigé vers l’enseignement. En 1912, il entre Freinetà l’école normale d’instituteurs de Nice. Il est mobilisé en 1915 et gravement blessé en octobre 1917. Dès 1924, il introduit une imprimerie dans sa petite classe rurale et collabore à des journaux comme « l’école émancipée » qui rendent compte de ses travaux. Il met au point une pédagogie populaire fondée sur le respect des enfants (expression libre notamment). En 27, il crée avec un petit groupe d’enseignants, la coopérative de l’enseignement laïc. C’est ce groupe qui va produire le film de Yves Allégret  la pomme de terre avec les frères Prévert comme figurants, il y expose les mécanismes du capitalisme en suivant le parcours d’une pomme de terre, du producteur au consommateur. (voir un extrait ci dessous mais, je ne sais pas où est passé le son…)

Pris pour cible par l’extrême-droite, il sera poussé à la démission en 34. C‘est à Vence qu’il va ouvrir « l’école Freinet » avec sa compagne Elise. L’arrivée du front populaire va lui permettre de poursuivre ses recherches et l’école accueillera en 37 de jeunes espagnols victimes de la guerre. Arrêté en 40 il est interné dans divers camps du sud de la France avant d’être assigné à résidence. Il rejoint le maquis FTP de Briançon et animera le comité départemental de libération de Gap. C’est le film de Chanois, « l’école buissonnière » qui va populariser le mouvement Freinet mais il faudra attendre 1964 pour qu’il soit Paul Le Bohecreconnu par les autorités. Après sa mort, sa compagne Elise poursuivra la gestion de l’école jusqu’en 1981 puis, leur fille Madeleine reprendra le flambeau jusqu’en 91, date où l’école rejoindra le giron de l’éducation nationale. J’ai eu le bonheur de côtoyer Paul le Bohec (ici en photo à gauche) compagnon historique de Célestin et Elise Freinet; il a su me faire partager sa passion pour une éducation libre, émancipatrice et respectueuse de l’enfant. Quand on assiste aux coups qui sont portés aujourd’hui au service public de l’éducation, on mesure tout le travail de ces grands anciens. Moult débats portent aujourd’hui sur la nécessité d’augmenter (pour les uns) où de diminuer (pour les autres) le nombre de fonctionnaires de l’Education Nationale mais je n’entends guère de propositions relatives à une pédagogie ouverte, active, offrant à l’enfant toutes les possibilités d’exprimer sa personnalité.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Au bon temps des rois fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’analyse concrète d’une situation concrète et du Fernet-Branca réunis, bonjour !

Cela devait finir par arriver, nous sommes le 16 août, 29è jour du mois de thermidor habituellement consacré au coton. Tiens, par ici on fête les Armel dont les traces sont nombreuses par chez nous (Bretagne). Par exemple Ploermel, ou encore Plouarzel mais aussi, Ergué-Armel. En voila un qui va rapidement trouver sa place dans la vallée des saints à Carnoët (avouez qu’il y a longtemps que je n’en avais pas parlé.)

Or donc, Armel ou Arzel, comme vous voulez, fait partie de ces moines qui débarquèrent en Armorique en provenance du pays de Galles en voyage organisé entre le 4è et le 6è siècle à bord de la Brittany ferries, bien décidés à conquérir l’âme de ces pauvres indigènes que les Romains et les Vikings avaient laissé dans un état de dénuement spirituel catastrophique. Il serait né vers 482 dans le Glamorgan au Sud du pays de Galles. En vérité, cette région doit son nom au roi Morgan ap Owain et non à son ancêtre le souverain Morgan Mwynfawr ap Arthrwys qui lui a du vider quelques hanaps avec Armel.

Pour sa part, notre ami Armel, ayant oui dire que du bien des fêtes maritimes de Brest, décida de débarquer au fond de l’aber Ildut, pas très loin de l’ermitage de Keramoal. A peine arrivé il créa sa petite entreprise qu’il dénomma modestement « abbaye de Plouarzel ». Le roi des Francs, Childebert 1er, ayant remarqué son zèle le fit appeler à ses côtés. Il s’empressa de guérir aveugles et boiteux et sa majesté le renvoya en Bretagne où il fonda la marque « produit en Bretagne ». Sur le chemin du retour, qui, faut-il le rappeler, était très long, au temps, au bon temps, des rois fainéants, il s’arrêta près de Corps-nuds en Ille et Vilaine, débarrassa le coin d’un vilain dragon qui faisait peur aux petites filles et en profita pour créer une succursale qu’il baptisa « monastère de Saint-Armel ». Bref, une réussite de tous les diables !

Et puisque l’on parle de l’aber Ildut, savez vous que son granite  bénéficiait d’une grande renommée en raison de sa résistance à l’érosion, de ses propriétés à refléter les rayons du soleil, mais également de sa facilité de transport par la voie maritime. Durant des millénaires, ce matériau servit à l’édification de multiples constructions humaines, comme les phares par exemple (celui de la pointe Saint-Matthieu, en particulier), mais aussi des ouvrages d’art (le viaduc de Daoulas dont je reproduit la photographie). C’est toutefois la fourniture du matériau du socle de l’obélisque de Louxor, un énorme bloc de 100 tonnes, qui donna, en 1835, une reconnaissance nationale au granite de l’Aber-Ildut. Aujourd’hui on en fait des statues de saints pour la vallée du même nom; mais bon, je commence à radoter…

Bon, il faut reconnaître qu’ils ont aussi de très bonnes huîtres. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.