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Quatre grains d’ellébore…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour ! Nous voici le vendredi 30 janvier de l’an 2015 et nos amis républicains dans leur calendrier avaient dédié ce jour à l’hellébore. A ce propos, ma fiancée a eu la riche idée d’agrémenter les jardins de Keramoal d’une nouvelle plantation, l’helléborus niger, appelé aussi « rose de Noël » qui tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous 250px-Helleborus_foetidus_070406conter ici. Depuis le Moyen-Âge la fleur est placée dans certaines crèches. Elle symbolise la pureté et rappelle la légende à l’origine du nom de rose de Noël : la nuit de la naissance du petit Jésus, Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année.. N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge encore, la plante se nommait aussi Aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie.  L’ellébore porte le nom d’anticyricón , notamment chez  Dioscoride. Dans la Rome antique, le proverbe Mettre le cap sur Antycire signifiait montrer des signes de folie; on retrouve ce proverbe chez Horace. Considérée comme un remède Boronaliuniversel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. C’est un peu le rôle du blogueur des temps modernes que de vouloir assaisonner de son grain de sel l’actualité. Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique: Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile…Mais auparavant, un tour à Montmartre avec Georges Chelon.

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Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la lapin à Gilbutte Montmartre. Sur la photo à droite plus haut, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.