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La bourrache et paturache…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la météorologie et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes en cette période que de joviaux jardiniers avaient baptisé Les saintes glaces, et qui, allez savoir pourquoi, est, subito, devenue; les saints de glace. Mamert, 290px-Borage-overv-hrPancrace et Servais qui sont censés annoncer l’ultime retour du froid avant les beaux jours. Ils donnent lieu à tous les dictons que vous connaissez, mais, en Bretagne, c’est saint Yves qui est considéré comme le dernier saint de glace. Cela donnait l’occasion à mon aïeule, qui ne pouvait jamais faire comme tout une chacune, de nous en servir un, de dicton, des plus croquignolets: craignez le petit Yvonnet, c’est le pire de tous quand il s’y met ! Vous voilà prévenus…

Quand je vous aurai dit que ce Samedi 12 Mai 2018 est le 23è jour de Floréal dédié à la bourrache, vous saurez presque tout. Sauf à rajouter qu’au Moyen-âge, la bourrache, était considérée comme une plante magique et aphrodisiaque et qu’elle donnait de l’assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie, permet au séducteur de remporter le succès auprès d’une femme. Ceci permettait à mon aïeule, jamais en manque d’un mauvais calembour, de rajouter: la bourrache et paturache sont les deux mamelles de la Franche. Étonnant, non ? Elle n’avait 31-05-FestDeiz-web-Nono-300x200pourtant rien d’auvergnat étant bretonne élevée au leurre salé (non, non, y’a pas de coquille) et maîtrisait l’art de la bourrée autant que celui du jabadao. La bourrée et le jabadao étant, comme vous le savez, deux danses populaires et néanmoins régionales qui se pratiquent encore dans les veillées des uns et les festou-noz des autres. A tel point que devant une telle richesse, l’UNESCO, canal historique de la culture Onusienne, a décidé d’inscrire le fest-noz au patrimoine immatériel de l’humanité. Je n’ai rien contre l’accordéon mais, c’est pas demain qu’on verra la bourrée auvergnate faire l’objet de tant d’attentions de la part de l’UNESCO. J’ai bien connu une auvergnate chez qui la bourrée était devenue une seconde nature; surtout en fin de semaine, mais ça, c’était avant.

Allez, cela suffira pour un samedi matin, il faut que je prépare ma pâte à crêpes. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être

Dans Plinn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 18 juillet 2014 c’est à dire le 30è et dernier jour de Messidor et c’est le jour de la chalemie. La chalemie est un instrument à Jossic chalemievent et anche double, de la famille de la bombarde et du hautbois, très répandu au Moyen-Âge et à la Renaissance, originaire de l’Espagne musulmane et cousin des Mizmars, Zurna, Rajtas et autre Ghaitas. C’est un instrument à tonalité haute, que l’on utilisait le plus souvent en plein-air, parfois accompagné d’une cornemuse, à l’image d’un couple bombarde et biniou. Au XVIe siècle, on commence à l’utiliser en consort (ensemble de plusieurs tailles du même instrument), mais aussi avec des saqueboutes ou des bassons. Aujourd’hui, cet instrument ne reste utilisé que par des instrumentistes abordant le répertoire spécifique du Moyen Âge et de la Renaissance; comme sur cette photo, le petit père Jossic des tri Yann.

Et puis tiens, à propos de biniouseries, heu pardon, de culture bretonne; ils ont fini par les couler dans le bronze… Qui ça ? Les sœurs Goadec pardi. Les voici statufiées en place publique dans la bonne ville statuede Carhaix, fief du marquis au bonnet rouge Troadec et des vieilles charrues réunies. Les statues à l’effigie de Maryvonne, Anastasie et Eugénie Goadec,  originaires de Treffrin (22), sont l’œuvre figurative de l’artiste rennaise Annick Leroy. J’ai maintes fois dansé le Plinn et le Fisel au rythme de leur fameux Kan ha diskan.

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C‘est leur père, chanteur réputé, qui va transmettre naturellement sa passion à ses treize enfants. Aujourd’hui, c’est la fille d’Eugénie, Louise EBREL, qui perpétue la tradition (en vidéo avec Ifig Flatrès). En 1973, les soeurselles se produisent à Bobino, mythique temple du music-hall de Paris Montparnasse, pour un récital exceptionnel, Elles se produisent trois soirs de suite dans une salle plus habituée à recevoir Georges Brassens que Glenmor, et le succès est au rendez-vous, malgré le scepticisme de certains. Pour ma part, j’étais assez d’accord avec René Abjean qui, dans un article paru dans la revue Autrement en 1979, déclarait: « cette mis en spectacle du fest-noz touche à l’absurde et qu’en faisant venir à Paris « les trois vieilles paysannes de Carhaix [...] le folk est redevenu folklore ». Le temps a passé et nous, nous sommes passé dans le temps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.