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De la soumission…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 20 décembre 2015, dernier jour de frimaire dédié à la pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée absurde qui voudrait que ce jour corresponde au 18 juin… Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

C’est un 20 décembre, en 1984, qu’est décédé à New York d’une crise cardiaque, à l’âge de 51ans, Stanley Milgram. Chacun à entendu parler de l’expérience de Stanley MILGRAM à l’université de Yale dans les années soixante et qui était destinée à évaluer la capacité de l’homme à se soumettre à une autorité légitime. (L’expérimentateur (E) amène le sujet (S) à infliger des chocs électriques à un autre participant, milgraml’apprenant (A), qui est en fait un acteur. La majorité des participants continuent à infliger les chocs jusqu’au maximum prévu (450V) en dépit des plaintes de l’acteur). Peut-être avez vous vu le film de Henri Verneuil « I comme Icare » sorti en 1979 avec Yves Montand dans le rôle d’un procureur chargé d’élucider le meurtre d’un chef d’Etat ? On y voit se dérouler l’expérience de Milgram dans le but d’expliquer le comportement du tueur. Tout cela ne date donc pas d’hier. Pourquoi un plombier zingueur Bavarois se transforme t-il en bourreau nazi ? Pourquoi un candidat à un jeu télévisé accepte t-il n’importe quelle débilité ? Pourquoi monsieur et/ou madame un(e) tel(le) ne trouve pas en lui (elle) la force de dire non ?

Il faut bien l’admettre, notre éducation à tendance à faire de nous de bons petits soldats peu aptes à se rebeller. Il faut se plier aux règles, il faut accepter la loi du chef, du patron, du curé, du père, du mari, du flic, du président…Sous peine d’être isolé, marginalisé, stigmatisé, il faut se soumettre. Or l’être humain ne craint rien davantage que la obedience-to-authoritysolitude; il est grégaire par nature. Son comportement doit donc être compatible avec celui de la meute, de la troupe, de la secte, de la communauté, de la famille, de la nation… Les résultats de ces expériences peuvent paraître stupéfiants, grosso modo 80% des gens sont dans la soumission à l’ordre établi qu’il soit représenté par la Faculté en blouse blanche, l’Autorité en uniforme ou, et c’est sans doute cela le phénomène nouveau, la télé. Voilà pourquoi je m’efforce ici de raviver la mémoire de tous ceux qui se sont battus pour une éducation active, non-directive, Célestin Freinet, Francisco Ferrer, Montessori, Le Bohec, Alexander Sutherland Neill, Freire, Steiner. Une éducation qui consiste à développer le sens critique, la curiosité, la capacité à transgresser, et en définitive, cette aptitude à être minoritaire.

Voilà, voilà, à bon entendeur, salut et, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ferrer, Freinet, Roorda, et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi sept novembre 2015, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

Le 7 novembre 1925, mort volontaire d’Henri ROORDA Van EYSINGA, à Lausanne. Pédagogue libertaire, écrivain, publiciste et grand humoriste. Issu d’une famille hollandaise de libres-penseurs, il naît le 30 novembre 1870 à Bruxelles. Il n’a que deux ans lorsque la famille vient s’établir en Suisse. Son père Sicco Ernst Willem Roorda qui est l’auteur d’un roorda_henripamphlet anticolonial « Malédiction » se liera avec F.D. Nieuwenhuis, Pierre Kropotkine et Elisée Reclus, ce dernier étant leur voisin à Clarens. Henri subira à son tour son influence et indique « j’ai été élevé sur les genoux d’Elisée Reclus »; celui-ci guidera ses pas en anarchie. A 16 ans, il se lie avec le fils de Ferdinand Domela Nieuwenhuis venu étudier à Lausanne. En septembre 1892, Henri est nommé professeur de mathématiques et commence à enseigner à l’Ecole supérieure de jeunes filles de Villamont. En 1896, il écrit un article dans « Les Temps Nouveaux » de Jean Grave et collabore ensuite à « l’Humanité nouvelle » puis à la « Revue Blanche ». Son champ d’action restera sa vie durant la pédagogie libertaire, il donnera à partir de 1903, à ce sujet, de nombreuses conférences. Il écrit dans le « Bulletin de l’Ecole moderne » de Francisco Ferrer plusieurs articles comme: « L’Ecole et le savoir inutile », « L’écolier est un prévenu ». Il sera le représentant en Suisse de « La Ligue Internationale pour l’Education rationnelle de l’Enfance ».
A partir de 1910, il s’engagera auprès de « l’Ecole Ferrer de Lausanne » créée par le docteur Jean Wintsch pour laquelle il rédigera la « Déclaration de principes. A partir de 1917 il va travailler pour divers journaux comme « La Tribune de Lausanne » puis « La Gazette de Haeschlieman-Roorda-340x358Lausanne » où il signera du pseudonyme Baltasar des chroniques satiriques et désopilantes. La même année est publié par Les Cahiers Vaudois son ouvrage au titre volontairement provocateur: « Le Pédagogue n’aime pas les enfants » où il dresse un réquisitoire contre l’école autoritaire. Certaines de ses chroniques journalistiques seront publiées en recueils : « A prendre ou à laisser »(1919), « Le Roseau pensotant »(1923), « Le débourrage des crânes est-il possible » (1924), etc. De 1922 à 1925 il publiera quatre drolatiques « Almanachs Baltasar ».

En 1925 paraît encore l’ouvrage « Avant la grande réforme de l’an 2000″, mais le 7 novembre, désabusé et endetté, celui qui professait Henri-Roorda« un pessimisme joyeux » met fin à ses jours en se tirant une balle dans le cœur. Un an plus tard paraîtra de façon posthume « Mon suicide ».
« On oblige trop tôt l’écolier à parler la langue des adultes; on lui enseigne trop tôt la science et la sagesse des adultes; et on lui impose beaucoup trop souvent l’immobilité des vieillards. » Sources. Si le bonhomme vous intéresse, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent billet que lui avait consacré notre ami Paul sur son site La feuille charbinoise autrement plus complet que celui-ci.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Mignonne, allons voir si la rose…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 21 avril 2015 et, par les chaussettes de Rigolus, que les dieux m’tripotent si j’mens, nous serions le  deuxième jour de Floréal dédié au chêne. J’ai pourtant rencontré un fieffé pataphysicien qui m’a affirmé sans honte qu’en vérité nous étions le Lundi 2 Palotin 141 Fête des Écluses. Et quand je vous aurais dit que mes voisins fêtent ce jour la saint Hamon, dont la légende nous dit qu’il s’agit d’un 274161chevalier qui revint de Palestine porteur de la lèpre et que les paroissiens laissèrent sans soins; (Mal leur en pris car les pis des vaches se tarirent aussi sec -si j’ose dire-), enfin si vous consultez le calendrier du facteur vous verrez que c’est la St Anselme et, vous serez en mesure de vous faire une petite idée de la diversité calendaire de notre joyeuse humanité, poil au nez. Tiens, à propos de poésie, saviez vous que Pierre de Ronsard, clerc et aumônier ordinaire du roi François 1er, avait 20 ans quand il rencontra, le 21 avril 1545, à Blois, lors d’un bal, la fille du banquier italien  Salviatti. La belle a 14 ans et se prénomme Cassandre. Le jeune homme se prend d’amour pour elle mais ne peut rien en attendre car il est déjà tonsuré et ne peut se marier. Il lui dédiera le recueil Les Amours de Cassandre (paru en 1552, il en existe une réédition illustrée par Dali) et son ode célèbre :
«Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil
»

Dans un autre registre, le 21 avril 1841, voit la naissance d’Anselmo LORENZO ASPERILLA, à Tolède (Espagne). Surnommé « Le Grand-père de l’anarchisme », il était né dans une famille modeste, et fut envoyé à onze ans à Madrid, pour travailler chez un oncle fabriquant de cire, activité qu’il quittera pour apprendre le métier de typographe. Sa curiosité intellectuelle le pousse à la découverte des nouvelles idées, en particulier celles de Fourier et de Proudhon. L’autodidacte11a2-anselmolorenzo Anselmo a 27 ans en 1868, quand Giuseppe Fanelli arrive à Madrid, envoyé par Bakounine pour créer une section de l’Internationale en Espagne. (ici à droite, en compagnie de Ferrer) Le 15 janvier 1870, il fait paraître à Madrid le premier numéro du journal « La Solidaridad » qui va populariser les idées anarchistes. Il prend une part importante dans l’organisation, à Barcelone, en juin 1870, du Congrès constitutif de la « Fédération Régionale Espagnole » (F.R.E) des sociétés de résistance ouvrières, où il est délégué de la section de Madrid. En 1871, il se rend à Lisbonne pour assister à la fondation de la section portugaise. à Londres, il constate  les divergences de vues entre marxistes et bakouninistes. Il est reçu chez Marx (qui tentera de le convertir puis de le manipuler).

Rentré en Espagne, Anselmo Lorenzo accueillera en retour l’envoyé de Marx, Paul Lafargue, qu’il introduira dans le milieu ouvrier. Il sera arrêté à plusieurs reprises et le FRE deviendra clandestin. En 1873, il séjourne en France puis se fixe à Barcelone où il intègre la section des typographes de la « F.R.E ». En 1883, il devient membre d’une loge maçonnique et participera à partir de 1885 à la revue « Acratia » puis, de 1887 lorenzo_portrait gaucheà 1893, au journal El Productor. En 1895, il crée la revue « Ciencia Social ». Mais dans la nuit du 28 au 29 juillet 1896 il est arrêté suite à l’attentat de Cambios-Nuevos et emprisonné (avec de nombreux compagnons qui seront torturés puis condamnés à mort) dans la forteresse de Monjuich. Libéré après sept mois d’enfer, banni, il s’exile en France, où il fait la connaissance de Malato, Grave, Faure, et Ferrer. Il rentre en Espagne après l’amnistie et commence une oeuvre d’écrivain et de traducteur, notamment pour les publications de « l’Ecole Moderne ». En 1901 le premier tome de son ouvrage majeur « El proletariado militante » voit le jour, il est dédié à son ami Tárrida del Mármol. Cette même année, il prend part à la fondation de « La Huelga General », mais en 1902 il est emprisonné plusieurs mois suite à la grève des métallurgistes.  En 1906, il traduit le premier tome de « L’Homme et la Terre » de Reclus.
Après le « Semaine tragique » de 1909, il est de nouveau arrêté puis déporté à Teruel malgré son âge et une maladie respiratoire. Il reprend ensuite la direction de »L’Ecole Moderne » et aura la satisfaction de voir la naissance de la CNT, mais de plus en plus malade, il s’éteint à Barcelone le 30 novembre 1914. Sources: Ephéméride anarchiste.

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, c’est un peu long, j’aurai pu en faire deux billets mais bon, abondance de biens ne nuit pas, disait qui vous savez; en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Tant va la ruche à l’eau…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la métaphore et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 09 avril 2014, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche. Bien sur, il se trouvera bien parmi vous un pataphysicien pour m’opposer qu’en réalité nous sommes le Mercredi 18 Clinamen 141 – Les 27 Êtres Issus des Livres Pairs. A moins qu’un breton bretonnant ne s’insurge en m’affirmant que ce jour n’est autre que celui de la saint Meldroc, bien connu dans sa paroisse. Bref, la ruche, cela me fait penser à cette école libertaire créée en 1904 par Sébastien Faure, qui fut séminariste avant d’être libre-penseur, et 290px-La_Ruche,_couture_et_repassagesocialiste du parti ouvrier avant de devenir anarchiste en 1888. C’est lui qui, en 1895, fonde avec Louise Michel Le Libertaire. Lors de l’affaire Dreyfus, il soutient activement celui-ci et crééra Le journal du peuple. La Ruche s’inspire d’autres expériences d’éducation populaire comme l’orphelinat de Cempuis animé par Paul Robin dont j’ai parlé récemment, mais aussi, l’École moderne  fondée en 1901 à Barcelone par Francisco Ferrer. Elle ne cessera de se développer jusqu’à la ruche_farandoleguerre qui la contraindra à fermer en 1917. Entre l’État et l’Église, Sébastien Faure affirme son engagement libertaire dans ses Écrits pédagogiques : « L’école chrétienne, c’est l’école du passé, organisée par l’Église et pour elle ; l’école publique, c’est l’école du présent, organisée par l’État, et pour lui ; La Ruche, c’est l’école de l’avenir, l’école tout court, organisée pour l’enfant afin que, cessant d’être le bien, la chose, la propriété de la religion ou de l’État, il s’appartienne à lui-même et trouve à l’école le pain, le savoir et la tendresse dont ont besoin son corps, son cerveau et son cœur. »

La Ruche est une institution qui accueille gratuitement les enfants : seuls quelques parents qui le peuvent, contribuent à leur entretien. Les tournées de conférences de Sébastien Faure et les spectacles organisés par les enfants assurent les dépenses. L’école comporte des ateliers qui sont autant de centres d’apprentissage. Sur le modèle d’une coopérative, elle s’autofinance en partie : elle produit du miel, des produits 290px-La_Ruche,_départ_pour_les_champslaitiers, des légumes et adhère à la bourse de coopératives de production locale. Son imprimerie réalise des travaux de commande pour des éditions syndicalistes et libertaires. En outre, elle édite des cartes postales vendues lors d’une grande fête annuelle. Une fois par an, les enfants de 10 à 15 ans voyagent en France, ou même en Algérie, en mai 1914. Logés dans des familles, ils donnent spectacles ou concerts payants, qui contribuent aux recettes de la Ruche. Cette expérimentation pédagogique prendra fin en février 1917. L’école est fermée et ses derniers élèves dispersés.               Et bien voilà pour aujourd’hui, comme disait mon aïeule: il ne faut point fâcher une ruche; en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Y’en a pas un sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 6 août 2012, soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane. Magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs (je me dis qu’il doit se trouver un endroit où il fait vraiment chaud…) l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…Savez vous, bande de veinards, que vous êtes en train de lire le 1066è billet des « cénobites tranquilles » sans vous souvenir de celui qui disait que la retraite était un long fleuve tranquille…Eu égard à votre fidélité, je vous pardonne et je m ’en vais vous conter une autre histoire.

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca.
Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde.
Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des acin_ramonétudes de sciences, mais les abandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue 
La Colère.

A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

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Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en acin_agarrotado1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ».
En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’
État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita MONRAS. Sources: dictionnaire international des militants anarchistesEphémérides anarchistes

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Skol al louarn…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’école buissonnière* et du thé au jasmin réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 03 avril, 14è jour de germinal dédié au Hêtre et ce matin c’est un peu frisquet.

J’évoque souvent ici les pédagogues qui ont marqué l’histoire de l’éducation de leur empreinte. Ferrer, Freinet, Sébastien Faure mais aussi, Paul Robin, injustement oublié.

*Skol al louarn en breton

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var).

Pédagogue anarchiste, il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale. Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs. Education physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un métier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école une certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894.

Cette éducation, qui veut donner aux enfants des classes défavorisées le moyen d’accéder à l’éducation, se caractérise, outre son athéisme et son internationalisme, par le souci de développer harmonieusement l’individu dans sa globalité, tant sur le plan physique qu’intellectuel ou moral. Un autre aspect très novateur de l’œuvre que Robin accomplit à Cempuis, est la « co-éducation des sexes » qui éduque filles et garçons côte à côte, comme dans les familles naturelles.
Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912.
Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure. Il disait : « La science officielle de l’éducation ne trouve rien de mieux à faire des jeunes adolescents que de les enfermer : les privilégiés au collège, les vulgaires à l’atelier, les parias en prison ». ici à droite, une vue de la fanfare de l’école de Cempuis.
« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante. »

Sources: L’excellent bouquin de Nathalie Bremant ‘Cempuis une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » – C’est aux editions du Monde Libertaire – Le non moins excellent blog « La feuille Charbinoise » mais aussi l’incontournable Ephéméride anarchiste. On croit rêver! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.