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On dirait l’Espagne livide…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis des mystères de l’Ouest et du crabe mayo réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 26 avril 2018, 7è jour de Floréal dédié au pelayoMuguet. Hier on se souvenait avec émotion d’un certain 25 avril au Portugal. Aujourd’hui ayons une pensée pour ce 26 avril 1937 au pays Basque Espagnol, plus précisément à Guernica. Je pense aussi aux copains asturiens. Les asturiens ont construit leur nation à peu de chose près en même temps que les bretons armoricains essayaient de faire quelque chose de leur péninsule. Quelques décennies avant que Nominoë ne rassemble la Bretagne, en Asturies c’est Pelayo qui devenait le premier roi. D’où la célèbre expression qui a depuis fait le tour du monde: « Ah, te voila toi, Pelayo ! »

Le bombardement de Guernica, le lundi 26 avril 1937, fut un événement majeur de la guerre d’Espagne, qui contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la Guernica-1scène. Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement. Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de bombardement expérimental (composée de Heinkel et de Dornier ), escortées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) et des avions de chasse allemands (Messerschmitt), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. Après avoir lâché avions-nazisquelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l’aide des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations. Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique des nazis de la légion Condor commandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec mon pote asturo-espagnol, nous sommes tombé d’accord sur le fait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prêts à ressortir les griffes.

Toujours les crises ont servi de révélateurs aux forces de l’extrême-droite. Chez nous aujourd’hui, ce sont les débats, dits sociétaux, qui les voient s’afficher de plus en plus ouvertement aux côtés des droites traditionnelles. Regardez le résultat des dernières élections en Autriche; regardez ces nostalgiques du Maréchal se pavaner au col de l’Echelle pour protéger la France des invasions barbares. Oui, décidément, il est encore fécond le ventre d’où a surgi la bête immonde… Allez, haut les cœurs, portez vous bien et à demain peut-être.

Femmes en lutte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la pensée libre et des tagliatelles carbonara réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 04 Juillet 2016,16ème jour de messidor consacré au tabac alors, avec votre permission, je vais m’en bourrer une petite.

Vous ai-je déjà parlé de Leda Rafanelli ? Cette Toscane, on l’appelait « la gitane anarchiste », a marqué de son empreinte le mouvement libertaire. Elle fut même l’amie de Mussolini à l’époque où celui-ci sLédae réclamait encore du socialisme révolutionnaire. Les gens l’ont oublié, mais notre cher Bénito n’a pas toujours été un dictateur fasciste mais bon, parlons de la belle Léda. Elle est née un 4 juillet en 1880 à Pistoia en Italie. Militante et propagandiste anarchiste individualiste, féministe, antimilitariste, et aussi écrivaine. Elle s’intéresse très jeune à la question sociale. En 1903, elle est à Alexandrie, en Egypte. Se passionnant pour l’islam, elle se convertie et apprend l’arabe. Elle y fait la connaissance d’un jeune anarchiste toscan Luigi Polli qu’elle épousera.

De retour en Italie, elle créée à Florence, avec Luigi, une maison d’édition et collabore à : « La Blouse » (1906-1910); « La Donna Libertaria » (Parme, 1912-1913). En 1907, elle rencontre le typographe anarchiste individualiste Giuseppe Monanni avec qui elle va désormais LENA-Gvivre à Milan. En 1908, elle fait partie avec Ettore Molinari et Nella Giacomelli du comité de rédaction de « La Protesta umana » (1906-1909), et poursuit sa collaboration aux publications libertaires : « Il Pensiero » de Pietro Gori et Luigi Fabbri; « Il Libertario »; « Grido della folla »; « Volontà »; etc. Elle crée ensuite, avec son compagnon, une revue de littérature anarchiste individualiste « Vir » puis « La Sciarpa nera », et s’investit dans la création d’une nouvelle maison d’édition. En 1910, elle donne naissance à un fils, Marsilio. Durant la guerre, fidèle à l’antimilitarisme, elle s’oppose aux interventionnistes. Laissons les « Mondines » (repiqueuses de riz) lui dédier Bella ciao.

Parallèlement à son action de propagandiste, elle construit une œuvre d’écrivaine et de poète. Mais avec l’arrivée de Mussolini, toute propagande anarchiste et travail éditorial devient très difficile. Le 7 février 1923, sa maison d’édition est perquisitionnée et la revue « Pagine Libertarie » est supprimée. Leda est arrêtée avec Monanni et d’autres compagnons comme Carlo Molaschi, Fioravante Meniconi, etc. La maison d’édition « Casa Editrice Monanni » s’arrêtera en 1933. Vers ob_43a1a1_rafanelli-leda02-300x228la fin de sa vie, Leda donne des cours d’arabe et collabore à « Umanità Nova ». Elle est l’auteure, sous divers pseudonymes, de nombreux romans : « L’eroe della folla »(1910); « Seme nuvo » (fresque historique relatant les luttes sociales); « Donne e femmine » (24 nouvelles relatives à des vies de femmes); « Verso la Siberia »; « L’Oasi » (qui critique l’exploitation coloniale); etc. Intéressante contradiction que cet amour de l’Islam et de l’Anarchie, on dit qu’à la fin de sa vie elle pratiquait beaucoup la cartomancie… Sources: Les travaux de Christiane Guidoni. Elle est morte à Gênes, le 13 septembre 1971. Etrange parcours n’est-ce pas !

Voici donc une « lutteuse » de plus qui va rejoindre notre galerie de portraits. En attendant les prochains, portez vous bien et à demain peut-être.