Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Eusèbe”

Page 1 de 1

A la sainte Lanwenn, on sort sa p’tite laine…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 octobre 2015, 8è de brumaire, dédié à la scorsonère. Pour les pataphysiciens, Le 29 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 24 Haha 143 St Cl. Terrasse, musicien des Phynances. Alors que dans le calendrier des PTT (aujourd’hui on dit l’almanach du facteur) c’est la St Narcisse… Rien à voir avec le beau jeune homme de la mythologie. Non, celui-ci vint au monde vers la fin du premier siècle et il était presque centenaire quand il devint évêque de Jérusalem. En 195, il présida un concile qui décida que la Pâque serait désormais célébrée obligatoirement un dimanche et non le jour où il était d’usage de la célébrer chez les Juifs (soit le 14 nisan du calendrier juif). Et pour en finir avec mes élucubrations calendaires, sachez qu’en Bretagne on fête les Lanwenn qui n’était autre que l’épouse d’Eusèbe, Roi-gouverneur de Vannes au Vè siècle. En effet, A la chute de l’empire vers 400, Vannes fit partie de la Confédération Armoricaine, et son gouverneur Eusèbe portait en 500 le titre de roi. Vers le même temps elle accepta l’alliance ou plutôt la suprématie des Francs. Le comte breton Waroch II s’en empara en 577, et la transmit à ses successeurs. Malgré le statu quo qui s’ensuit, il en carte-de-bretagne-au-6eme-siecle-lprofite les années suivantes pour mener de nombreuses incursions dans le Rennais et le Nantais francs, notamment à la saison des vendanges; ainsi que le rapporte Grégoire de Tours: « Aussitôt que revenait l’automne, ils (les Bretons) partaient, suivis de chariots et munis d’instruments de guerre et d’agriculture, pour la vendange armée. Les raisins étaient encore sur pied, ils les cueillaient eux-mêmes. Le vin était-il fait, ils l’emportaient. S’ils étaient trop pressés ou surpris par les Francs, ils le buvaient sur place, puis emmenant captifs les vendangeurs, ils regagnaient joyeusement leurs bois et leurs marais« … De là date la fameuse chanson: Gwin ar c’hallaoued zo mad… Quand à Venetis (Vannes), Pépin la reprit en 753, et y mit des comtes francs. Nominoé, en 826, y rétablit l’influence bretonne jusqu’à l’incendie de la ville par les Normands en 919.

Alors, les identitaires, qui peut m’expliquer comment ce vieux chant breton s’est retrouvé dans un pub de Sarrebruck entonné par des italiens de Friburg qui jouent du punk irlandais !!!

Mais, revenons à notre plante du jour:la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit scorsonèrespour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien scorzonera, de scorzone, serpent venimeux, dont la scorsonère était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais. Ils se cuisent aisément à la vapeur ou bien dans une grande casserole d’eau frémissante et salée. La cuisson ne doit pas excéder 15 à 20 mn au risque de les rendre mous et sans aucun intérêt gustatif. La chair doit être tendre une fois cuite, sans plus. Passé à la poêle avec un peu d’huile d’olive et quelques gousses d’ail pilé, vous ne pourrez plus dire que vous n’aimez pas les scorsonères.

Bon appétit, portez vous bien et à demain peut-être.