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A galopar…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la médecine douce et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 25 juin 2015, septième jour de Messidor concombre 2dédié au concombre. Attention, il ne s’agit pas de celui de Mandryka dont la philosophie à peine masquée me fait toujours autant rigoler; mais bien de la plante potagère herbacée et néanmoins rampante de la famille des cucurbitacées…

Bon, c’est pas pour me vanter mais, il fait beau sur Brest !
Tout à fait autre chose.

Si tout se passe bien, dans quelques jours je vous abandonne pour un périple en Catalogne. Mais, n’allez pas imaginer le cénobite en tongs et bob Ricard sur les plages de la Costa-Brava. Non, je pars sur les traces de George Orwell et son combat contre le franquisme et le stalinisme.
Le 25 juin 1903, naissance de George ORWELL (de son véritable nom Eric BLAIR) à Motihari au Bengale, Inde. Journaliste et écrivain politique anglais, combattant orwell_george1antifranquiste. George Orwell n’est pas vraiment un anarchiste, sinon un « anarchist tory (conservateur) ». S’il figure ici, c’est pour son magnifique livre, Hommage à la Catalogne libre (fruit de son expérience espagnole), mais aussi pour ses dénonciations des dangers du totalitarisme : La ferme des animaux et 1984. Après une éducation anglaise, il s’engage en 1922 comme officier de police en Birmanie (colonie anglaise), mais il en démissionne en 1928 pour se consacrer à l’écriture. Sans argent il vit Dans la dèche à Paris et à Londres, où il exerce divers petits boulots.

Juillet 1936, la révolution espagnole éclate, il se rend alors à Barcelone et dans l’enthousiasme révolutionnaire s’engage dans les milices du POUM. Il prend part aux événements de mai 1937, puis retour sur le front de Huesca où, le 20 mai, CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612une balle lui traverse la gorge. Blessé et dégoûté des trahisons staliniennes, il rentre en Angleterre où il se remet à l’écriture. La guerre voit son engagement dans la garde nationale anglaise, puis il devient speaker à la BBC. En 1943, il est directeur de rédaction du journal « The Tribune » et ensuite envoyé spécial de « The Observer ». Atteint de tuberculose il meurt le 21 janvier 1950.
« On était en décembre 1936.(…) J’étais venu en Espagne dans l’intention d’écrire quelques articles pour les journaux, mais à peine arrivé je m’engageais dans les milices, car à cette date, et dans cette atmosphère, il paraissait inconcevable de pouvoir agir autrement. Les anarchistes avaient toujours effectivement la haute main sur la Catalogne et la révolution battait encore son plein.(…) C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. » in: Hommage à la Catalogne. Sources

Allez merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Mignonne, allons voir si la rose…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 21 avril 2015 et, par les chaussettes de Rigolus, que les dieux m’tripotent si j’mens, nous serions le  deuxième jour de Floréal dédié au chêne. J’ai pourtant rencontré un fieffé pataphysicien qui m’a affirmé sans honte qu’en vérité nous étions le Lundi 2 Palotin 141 Fête des Écluses. Et quand je vous aurais dit que mes voisins fêtent ce jour la saint Hamon, dont la légende nous dit qu’il s’agit d’un 274161chevalier qui revint de Palestine porteur de la lèpre et que les paroissiens laissèrent sans soins; (Mal leur en pris car les pis des vaches se tarirent aussi sec -si j’ose dire-), enfin si vous consultez le calendrier du facteur vous verrez que c’est la St Anselme et, vous serez en mesure de vous faire une petite idée de la diversité calendaire de notre joyeuse humanité, poil au nez. Tiens, à propos de poésie, saviez vous que Pierre de Ronsard, clerc et aumônier ordinaire du roi François 1er, avait 20 ans quand il rencontra, le 21 avril 1545, à Blois, lors d’un bal, la fille du banquier italien  Salviatti. La belle a 14 ans et se prénomme Cassandre. Le jeune homme se prend d’amour pour elle mais ne peut rien en attendre car il est déjà tonsuré et ne peut se marier. Il lui dédiera le recueil Les Amours de Cassandre (paru en 1552, il en existe une réédition illustrée par Dali) et son ode célèbre :
«Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil
»

Dans un autre registre, le 21 avril 1841, voit la naissance d’Anselmo LORENZO ASPERILLA, à Tolède (Espagne). Surnommé « Le Grand-père de l’anarchisme », il était né dans une famille modeste, et fut envoyé à onze ans à Madrid, pour travailler chez un oncle fabriquant de cire, activité qu’il quittera pour apprendre le métier de typographe. Sa curiosité intellectuelle le pousse à la découverte des nouvelles idées, en particulier celles de Fourier et de Proudhon. L’autodidacte11a2-anselmolorenzo Anselmo a 27 ans en 1868, quand Giuseppe Fanelli arrive à Madrid, envoyé par Bakounine pour créer une section de l’Internationale en Espagne. (ici à droite, en compagnie de Ferrer) Le 15 janvier 1870, il fait paraître à Madrid le premier numéro du journal « La Solidaridad » qui va populariser les idées anarchistes. Il prend une part importante dans l’organisation, à Barcelone, en juin 1870, du Congrès constitutif de la « Fédération Régionale Espagnole » (F.R.E) des sociétés de résistance ouvrières, où il est délégué de la section de Madrid. En 1871, il se rend à Lisbonne pour assister à la fondation de la section portugaise. à Londres, il constate  les divergences de vues entre marxistes et bakouninistes. Il est reçu chez Marx (qui tentera de le convertir puis de le manipuler).

Rentré en Espagne, Anselmo Lorenzo accueillera en retour l’envoyé de Marx, Paul Lafargue, qu’il introduira dans le milieu ouvrier. Il sera arrêté à plusieurs reprises et le FRE deviendra clandestin. En 1873, il séjourne en France puis se fixe à Barcelone où il intègre la section des typographes de la « F.R.E ». En 1883, il devient membre d’une loge maçonnique et participera à partir de 1885 à la revue « Acratia » puis, de 1887 lorenzo_portrait gaucheà 1893, au journal El Productor. En 1895, il crée la revue « Ciencia Social ». Mais dans la nuit du 28 au 29 juillet 1896 il est arrêté suite à l’attentat de Cambios-Nuevos et emprisonné (avec de nombreux compagnons qui seront torturés puis condamnés à mort) dans la forteresse de Monjuich. Libéré après sept mois d’enfer, banni, il s’exile en France, où il fait la connaissance de Malato, Grave, Faure, et Ferrer. Il rentre en Espagne après l’amnistie et commence une oeuvre d’écrivain et de traducteur, notamment pour les publications de « l’Ecole Moderne ». En 1901 le premier tome de son ouvrage majeur « El proletariado militante » voit le jour, il est dédié à son ami Tárrida del Mármol. Cette même année, il prend part à la fondation de « La Huelga General », mais en 1902 il est emprisonné plusieurs mois suite à la grève des métallurgistes.  En 1906, il traduit le premier tome de « L’Homme et la Terre » de Reclus.
Après le « Semaine tragique » de 1909, il est de nouveau arrêté puis déporté à Teruel malgré son âge et une maladie respiratoire. Il reprend ensuite la direction de »L’Ecole Moderne » et aura la satisfaction de voir la naissance de la CNT, mais de plus en plus malade, il s’éteint à Barcelone le 30 novembre 1914. Sources: Ephéméride anarchiste.

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, c’est un peu long, j’aurai pu en faire deux billets mais bon, abondance de biens ne nuit pas, disait qui vous savez; en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

En colonne par mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 novembre 2014, trentième jour de brumaire dédié au rouleau encore nommé brise-motte, est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Il y a 78 ans, Barcelone enterrait Buenaventura DURRUTI. Le 22 novembre 1936, ses funérailles à Barcelone furent le théâtre d’une immense émotion populaire. Plus de enterrement durruti500 000 personnes se pressèrent à l’enterrement de celui qui incarnait si bien la révolution libertaire espagnole, l’espérance d’un monde nouveau devenue possible. Ce fut l’une des manifestations ouvrière les plus importantes de l’histoire du prolétariat. Le spectacle de son enterrement fut inoubliable : sa mort « avait frappé Barcelone au cœur »; des milliers d’habitants et toutes les organisations politiques et syndicales, sans distinction, accompagnèrent Durruti jusqu’au cimetière, seul lieu qui sut arrêter la violence de ce pur libertaire.
Lorsque Buenaventura Durruti naît le 14 juillet 1896, la situation en Espagne est très tendue (affrontements entre les forces de l’ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens ou les ouvriers basques ou catalans). En 1903, le père de Buenaventura est arrêté comme gréviste. À 14 ans, Durruti est apprenti mécanicien et en 1912 adhère à l’Union BuenaventuraDurrutides Métallurgistes. En 1914, alors qu’il transporte une machine dans la région des Asturies et du Leon, il se solidarise avec les mineurs et gagne une certaine popularité. C’est le grand essor de l’industrialisation en Espagne qui n’a alors plus rien d’un Empire Colonial, mais dont la nouvelle bourgeoisie prospère très vite. Les syndicats CNT (anarchiste) et UGT (socialiste) signent un accord annonçant la grève générale. Durruti est licencié. Il se rend en France et découvre l’anarchisme puis retourne en Espagne où il adhère à la CNT. De nouveau arrêté, il revient un temps en France où il travaille chez Renault. En 1920, l’agitation sociale s’accroît en Espagne. C’est la montée en force du syndicalisme et sa répression systématique par les groupes armés du patronat. Se forme le groupe anarchiste « Los Justicieros » avec la participation de Durruti qui projette un attentat contre le roi Alphonse XIII dont les préparatifs seront découverts.

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À Saragosse, Durruti rencontre Francisco Ascaso, fraîchement sorti de prison. Ils décident de constituer « Los Solidarios » dans le but de faire face à la violence patronale. Durruti est en prison à Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 contre le gouverneur Regueral à Saint Sébastien et le cardinal Soldevila à Saragosse, attentats en réponse aux assassinats de Salvador Ségui et Francisco Comas. À partir de là, Durruti et Ascaso vont former une paire à l’action durruti_timbreincessante. Ils s’enfuient en France, puis partent pour Cuba, le Mexique, le Chili, l’Argentine sous le nom de « Los Errantes ». Ils se réfugient en Uruguay après un hold-up dans une banque et regagnent la France où ils sont arrêtés avec Jover alors qu’Alphonse XIII visite la France. Ils sont extradés en Belgique après que Durruti a rencontré Nestor Makhno. La police belge les refoule en France. En Allemagne, ils rencontrent Rudolf Rocker puis reviennent en Belgique où ils retrouvent leurs compagnes Berthe et Emilienne. En 1931, c’est la chute de la dictature et la République est proclamée. Durruti rentre à Barcelone. Mais la situation des travailleurs ne s’améliore pas et les grèves éclatent. La CNT passe de 800 000 à 1 200 000 adhérents. Le groupe « Nosotros » avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le côté le plus dynamique de la CNT et de la FAI. La droite remporte les élections en novembre 1933. Le gouvernement durcit sa ligne antisyndicale. En 1935, il y a plus de 30 000 prisonniers halito_durrutipolitiques dans tout le pays. Le Front Populaire arrive au pouvoir en 1936 et les militaires du général Franco se soulèvent. Le 18 juillet, le peuple s’arme et défait les putschistes à Barcelone et en plusieurs endroits d’Espagne. Ascaso est tué le 20 juillet. La Colonne Durruti est créée et part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Saragosse luttant contre les fascistes et aidant les collectivités anarchistes à s’installer. Buenaventura Durruti est tué le 20 novembre à Madrid. Ici à droite, monument intitulé Halito Durruti à Léon en Espagne. Sources.

A cette époque, les anars du monde entiers, ouvriers et intellectuels, rejoignaient ces colonnes pour combattre pour la liberté. Aujourd’hui des analphabètes décérébrés de France et de Navarre rejoignent les colonnes barbares de l’obscurantisme. Drôle d’époque madame Michu ! Allez, merci de vous être arrêté un instant, portez vous bien et à demain peut-être.

Maria, c’est Juste son prénom…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’art universel et de la matelote d’anguille réunis, bonjour ! Nous voici le lundi 16 décembre 2013, si tout se passe comme prévu, c’est bientôt Noël… Ce jour correspond au 26 de frimaire consacré au pignon produit par le pin parasol. Tiens, puisque aujourd’hui, on parle de l’Espagne, il faudra que je vous trouve la recette des épinards à la Catalane qui se préparent précisément avec des pignons, c’est excellent. En attendant donc, voici quelques mots sur une artiste peintre anarchiste, surréaliste, espagnole…Tout pour me plaire. Allez tiens, à propos de Pignon: cadeau.

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Maria de los Remedios Varo y Uranga est née le 16 décembre 1908 à Anglés, un petit village de la province de Gérone en59940288_p Espagne. Son père, Rodrigo Varo y Cejalbo, était ingénieur-hydraulicien. En 1913 commence le vagabondage de Remedios : la famille suit le père dans ses déplacements à travers l’Espagne et l’Afrique du Nord.  Après deux ans d’études à l’École des Arts et Métiers de Madrid, elle suit les cours à l’Academia de San Fernand, un apprentissage artistique strict et académique. Mais Remedios, qui s’intéressait depuis toujours au surnaturel, est fortement attirée par le projet surréaliste. 

En 1928, Remedio Varo se marie avec le peintre et anarchiste Gerardo Lizárraga, puis le couple monte sur Paris.
De retour en Espagne, ils se séparent en 1932. Varo s’installe à Barcelone et partage un studio avec le peintre surréaliste 59940317_pEsteban Francés. Elle fréquente le groupe « Logicophobiste » et elle rencontre le poète Benjamin Péret qui était venu en Espagne en tant que volontaire républicain et qui était engagé dans la colonne « Durruti ». En 1936, le soulèvement militaire conduit par Franco contre le gouvernement de Front Populaire de la jeune République espagnole provoque la guerre civile qui va ravager l’Espagne. En 1937, Remedios Varo et Péret partent ensemble à Paris, fuyant les horreurs de la guerre. Elle se trouve immergée dans le cercle intime des surréalistes et fait connaissance avec Miró, Max Ernst, Victor Braumer, Wolfgang Paalen, André Breton et Leonora Carrington.

En 1940, le couple fuit vers Marseille en attendant leur visa pour le Mexique qui offre l’asile aux réfugiés espagnols et aux membres des brigades internationales. Varo et Péret se séparent en 1947 et Péret retourne vivre à Paris. C’est à ce 59940349_pmoment-là, en se libérant de l’influence trop contraignante des surréalistes que Varo trouve sa propre voie. En 1949, Remedios Varo se marie avec Walter Gruen. Gruen, un exilé autrichien qui avait été incarcéré dans les camps des concentrations en Allemagne et en France, était venu au Mexique en 1942 et était devenu un homme d’affaires prospère. Ils se connaissaient depuis 1940, mais c’est seulement après la mort de la première femme de Gruen, le départ de Péret et la séparation de Varo et Jean Nicolle qu’ils formèrent un couple. Il l’encourage à reprendre la peinture et c’est grâce à sa bonne situation qu’elle peut enfin se consacrer à la peinture. En 1955, Remedios Varo expose pour la première fois au Mexique. En 1956, est organisée sa première exposition individuelle.Ses toiles suscitent un vif enthousiasme, aussi bien du public que de la critique.

Remedios Varo était de nature anxieuse. Elle disait régulièrement que vers ses soixante ans, elle aimerait se retirer de la vie publique, et finir ses jours dans un cloître Carmélite près de Cordoba fondé par un de ses ancêtres (quasiment cénobite, quoi !). On ne  saura jamais si elle l’aurait fait, le 8 octobre 1963, alors que personne ne s’y attendait, elle meurt d’un infarctus à 54 ans. C’est sûr, c’est plus proche de Dali que de Mathurin Meheust… Allez, je vous abandonne pour vaquer à quelques occupations domestiques. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans le ventre des espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la criticature et de la vanille-fraise réunies, bonjour !

Nous sommes le samedi 15 septembre 2012, 29è jour de Fructidor dédié au marron. Le marron c’est un peu comme la madeleine de Proust; il suffit de l’évoquer pour percevoir cette odeur particulière qui nous titillait les narines.

Je me souviens très bien du père Hernandez qui vendait ses marrons grillés dès les premiers frimas. Il installait son brasero au coin de la place du marché en criant: Chauds, chauds les marrons…

En été il faisait de la glace et se déplaçait dans une magnifique carriole tirée par un vieux cheval. Il faisait partie de ces réfugiés espagnols qui avaient fini par s’implanter pour de vrai quand bien même, au fond du regard du vieil homme on y voyait encore l’ombre de la nostalgie et:

                                                                                                                          « Des pavés de flamenco aux gestes anarchiques                                                               Les rythmes du jazz-band pour les paralytiques                                                           Les tam-tams de l’Afrique à portée de guitare                                                                    De l’eau fraîche et de l’ombre à jurer pour y croire                                                              Une rue de Madrid avec des fleurs fanées                                                                        Un fusil de trente-six qui revient s’y mêler… »                                                                     Léo Ferré – L’espoir.                                                                  

Tiens, à propos de jazz-band, je vous ai souvent parlé du saxophoniste Bill Evans. Savez vous qu’il a un homonyme qui s’est fait un nom en jouant du piano. Il était né dans le New Jersey et est décédé un 15 septembre en 1980 à New york. Né d’un père Gallois et d’une mère Russe, tous les deux mélomanes, il était formaté pour devenir musicien. Il fait partie des « sideman » ceux là que l’on nomme quelquefois péjorativement les musiciens de studio. Cela lui aura permis d’accompagner les plus grands, Chet Baker, Miles Davis… Mais il se fera connaître plus tard par ses fameux trios avec contrebassiste et batteur, notamment Scott Lafaro et Paul Mottian. Il est mort alors qu’il n’avait que 51 ans usé par une forte addiction à la drogue.

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Vous entendez comme ça swingue ? Imaginez un fauteuil qui vous tend les bras, un Highland de 18 ans, une bruyère profonde emplie d’un tabac brun et âcre… Ni les retraites, ni les expulsions, ni les taupes de Keramoal, ni Martine qui prend ses Désirs pour des réalités, ni les réalités qui dépassent souvent la fiction; rien ne saurait troubler un tel instant; tout disparaît. D’ailleurs, tout doit disparaître, je suis pour l’organisation d’une grande braderie, on solde l’humanité à petits prix, la bassesse, la vilénie, l’inéquité, l’injustice, le fait du prince à 1 euro. Sur tous les trottoirs, de Manille à Kergrist-Moelou, le grand déballage. Et un mensonge d’Etat pour trois sous, et une manipulation en cadeau, et une légion d’honneur déshonorée, allez deux euros et vous l’emportez. On fait table rase, on repart à zéro, vive l’an 01 de Gébé, Vive la sociale, à bas la calotte…

Hopala Chapalain, t’as oublié tes pilules ou quoi ?

Allez, ça va se passer, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Y’en a pas un sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 6 août 2012, soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane. Magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs (je me dis qu’il doit se trouver un endroit où il fait vraiment chaud…) l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…Savez vous, bande de veinards, que vous êtes en train de lire le 1066è billet des « cénobites tranquilles » sans vous souvenir de celui qui disait que la retraite était un long fleuve tranquille…Eu égard à votre fidélité, je vous pardonne et je m ’en vais vous conter une autre histoire.

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca.
Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde.
Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des acin_ramonétudes de sciences, mais les abandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue 
La Colère.

A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

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Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en acin_agarrotado1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ».
En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’
État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita MONRAS. Sources: dictionnaire international des militants anarchistesEphémérides anarchistes

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Juste quelqu’un de bien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des blés dorés et de la crèpe de froment réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 27 juillet, 9è jour de Thermidor dédié à la mûre. L’été étant le temps des rediffusions et de la légitime paresse, je vous propose un billet déjà paru.

Le 27 juillet 1949, mort de Jean ROUMILHAC dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français, et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature. En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en créant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ».

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Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser par ici, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

On dirait l’Espagne livide…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, HUMEUR

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Amis de mes amis et du petit salé aux lentilles réunis, bonjour !

Le 22 juillet correspond au 4 thermidor c’est à dire au jour consacré par le calendrier Républicain à l’ivraie.

Séparer le bon grain de l’ivraie… C’est quelque part dans les évangiles mais j’avoue que je ne m’en souviens pas, le nouveau testament peut-être. L’ivraie est une plante très commune de la famille des graminées, utilisée comme fourrage et autrement nommée « Ray-grass ». L’ivraie enivrante, Lolium temulentum, est la seule graminée dont les graines sont toxiques pour l’homme. Consommées en petite quantité, elles induisent des effets comparables à l’ivresse, d’où son nom populaire. Ce qui faisait dire à mon aïeule dès les premières neiges et toujours à l’affût d’un jeu de mots pourri: qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’ivraie (de caisse d’épargne évidemment) …

Tout à fait autre chose.

Dans une forêt de drapeaux multicolores, une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid, pour crier «non» au nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, à la hausse de la TVA, aux coupes budgétaires qui frappent les fonctionnaires et les chômeurs. A gauche, la Puerta del sol envahie par une marée humaine comme on dit au Figaro… Je vous invite à sacrifier quelques minutes de votre précieux temps pour écouter Léo Ferré nous chanter L’espoir en compagnie de l’orchestre symphonique de Milan, le violon de Ivry Gitlis et la voix de Janine de Valeyne.

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Des incidents ont éclaté à l’issue de la manifestation, lorsque la police anti-émeutes a dispersé de petits groupes de jeunes à coups de matraques et en tirant des balles de caoutchouc. «Mains en l’air, c’est un hold-up», hurlait la foule qui s’était rassemblée quelques heures plus tôt, défilant lentement sur les grandes avenues, reprenant le slogan devenu le cri de ralliement des manifestations qui se multiplient depuis l’annonce, le 11 juillet, de ce plan destiné à économiser 65 milliards d’euros.

C‘est en effet un Hénaurme hold-hup que réalise te triumvirat de la mort (UE-FMI-BCE) en faisant les poches des peuples européens au bénéfice des banques. Car les centaines de milliards qui se débloquent chaque semaine, le sont au profit des banksters, de leurs affidés, de leurs actionnaires et de leurs valets politiques. Après les mineurs, se sont les fonctionnaires qui descendent dans la rue pour crier leur ras le bol et dire NO à l’austérité de Rajoy et de sa clique. Rassurez vous, la misère est toujours bien partagée et bientôt viendra le tour de la douce France. Ce n’est pas avec une assemblée nationale qui ne compte pas dans ses rangs un seul ouvrier que les intérêts des couches populaires vont être défendus…

Allez, comme dit la pub pour Jean Floch: c’est l’été ! portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 juin et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire un mot car, en vérité, ce billet a déjà deux ans…

Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

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À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

MARINALEDA, UTOPIA…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

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Amis de l’Utopie galopante et du bouillon de poule réunis, bonjour !

Nous sommes le 07 janvier,18è jour de nivose dédié à la pierre à chaux.

Connaissez vous MARINALEDA ? Non ce n’est pas la dernière pipole de la starac’ ni la dernière miss Limousin. Il s’agit d’une communauté espagnole qui s’est mis en tête de vivre son utopie grandeur nature.

 Depuis la fin de l’ère franquiste, Marinaleda fonctionne en démocratie directe. Tous les aspects de la vie sociale, politique et économique de la commune y sont discutés et mis en œuvre collectivement par les citoyens.

Juan Manuel Sánchez Gordillo, maire de Marinaleda, est un militant de la gauche anticapitaliste. Depuis plus de 30 ans , il est régulièrement réélu mais n’est avant tout que le porte-parole de la volonté générale : car, ici, tous les élus sont révocables par simple vote des habitants.

Toutes les questions concernant la communauté (logement, emploi, équipements, impots, etc) sont soumises à la concertation et au vote populaire au cours de la centaine d’assemblées générales qui se tiennent chaque année.

La délinquance étant inexistante, cette municipalité n’a pas de service de police.

L‘ économie locale est principalement d’origine agricole (culture et mise en conserve de divers légumes). La collectivisation des terres, la présence d’une coopérative agricole populaire et d’une usine en sont des atouts majeurs. Les bénéfices produits par la communauté ne sont pas distribués mais réinvestis pour financer la création de nouveaux emplois ainsi que divers services et équipements municipaux (piscine, terrain de sport, etc) que chacun peut utiliser gratuitement.

Les grands propriétaires terriens (notamment un duc ami du roi Juan Carlos !) ont été expropriés et la terre ainsi récupérée a été partagée également entre tous.

Le salaire de tous les travailleurs, quel que soit leur poste, est de 47 euros par jour à raison de six heures et demie de travail quotidien.

Le cout de la vie y est faible, à l’image du prix de location des logements (15 euros/mois) ou de celui de la garderie d’enfant (12 euros/mois cantine comprise). La somme à acquitter pour un logement se monte au final à 15,52 euros par mois. À tout fils ou à toute fille d’habitant qui a besoin d’une maison, la mairie fournit le terrain, le matériel et l’architecte gratuitement a condition que le futur habitant de la dite maison participe à la construction. Les ouvriers qui édifient la structure sont des professionnels de la construction, des maçons sous contrat de la mairie, qui viennent en renfort pour diriger les autoconstructeurs et pallier le manque de savoir-faire des habitants. Les futurs voisins d’un même quartier se mettent à travailler ensemble sur le groupe de maisons à construire. ici à gauche (extrème gauche) le maire Juan Manuel Sanchez Cordillo.

Les habitants de Marinaleda ont du lutter parfois durement pour imposer ce système municipal sans chômeurs ni promoteurs, qui demeure toutefois très critiqué par la droite. Bien des menaces ont été proférées à leur encontre et l’expropriation de quelques grands propriétaires agricoles (aristocrates ou capitalistes) au profit de tous ne s’est pas faite sans de nombreux procès. Le maire lui-même a été victime de deux attentats de la part de l’extrême droite.

On songe à Fourier et son Phalanstère, à Godin et son Familistère, à Le Corbusier et sa cité radieuse… Daniel Mermet (France Inter) leur a consacré une émission en décembre dernier ; on peut l’écouter sur le Net ICI.

Voila pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.