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Léon-Paul Fargue…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des belles lettres et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 24 novembre 2013, 4è jour de frimaire dédié à la nèfle. Les frimas ont fait leur apparition et les vanneaux sont au rendez-vous. Pour nous réchauffer l’âme ayons une pensée pour un grand poète70354809_p disparu un 24 novembre. Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry. Etudiant, il hésite entre la littérature, la musique et la peinture. Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa première œuvre : Tancrède. Il traîne dans la bohème de Montmartre sous l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard.

Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel, avec qui il formera la fameuse bande des « Apaches d’Auteuil ». Il ne publie presque rien durant cette période, cependant il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française. En 1909, il rencontre Valery 70354853_pLarbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît Poèmes son second livre, fondateur par son utilisation des mots et de la langue, qui fera des émules et qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain-Fournier à Proust. Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce avec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, très prolixe, la chronique journalistique, qui donnera des essais sur des sujets très divers, de la critique littéraire à des thèmes beaucoup plus légers comme les aléas de la mode, mais où l’art, la poésie et l’homme sont omniprésents.

Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse. En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’œuvre poétique. En 1943,70354869_p au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pas moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris. Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. » Il meurt à 71 ans, le 24 novembre 1947, chez lui à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse cher à Brassens. On lui doit cette fameuse pensée: Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Jude, Alphonse, Erik et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’absurdie et du pain au chocolat réunis, bonjour !

Nous voici donc réunis en ce dimanche 28 octobre 2012, 7è jour de Brumaire dédié à la figue, pour célébrer les JUDE (c’est Jude son prénom). « Apprenons de ce saint apôtre Jude à demeurer en repos, non sur l’évidence d’une réponse précise, mais sur l’impénétrable hauteur d’une vérité cachée ». dixit: Bossuet c’est beau comme du Morano… On dit que c’est le patron des causes perdues; dommage qu’elles soient davantage perdues pour les ouvriers que pour les patrons. J’en profite donc pour souhaîter une bonne fête à mon aîné que ses pérégrinations professionnelles ont conduit chez les émirs en lui dédicaçant cette chanson culte.

Et puisque ce billet s’ouvre sous le signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS, décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques » présentés au Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch, généralement considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi, l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa  Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste, il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi. Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »

Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le chat noir, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie. L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais. Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier était de célébrer la littérature et en particulier la poésie : les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.

L‘humour, la dérision, l’absurde, voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA BALLADE DES CIMETIERES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des belles lettres et du canard à l’orange réunis, bonjour !

Nous sommes le 24 novembre, 4è jour de frimaire dédié à la nèfle. Les frimas font leur apparition et les vanneaux sont au rendez-vous. Pour nous réchauffer l’âme ayons une pensée pour un grand poète disparu un 24 novembre.

 

Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry.

Etudiant, il hésite entre la littérature, la musique et la peinture. Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa première œuvre : Tancrède. Il traîne dans la bohème de Montmartre sous l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard.

Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel, avec qui il formera la fameuse bande des « Apaches d’Auteuil ». Il ne publie presque rien durant cette période, cependant il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française. En 1909, il rencontre Valery Larbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît Poèmes son second livre, fondateur par son utilisation des mots et de la langue, qui fera des émules et qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain-Fournier à Proust.

Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce avec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, trés prolixe, la chronique journalistique, qui donnera des essais sur des sujets très divers, de la critique littéraire à des thèmes beaucoup plus légers comme les aléas de la mode, mais où l’art, la poésie et l’homme sont omniprésents. Voici un extrait de « haute solitude » « Oui mon âme, tout cela que tu vois, c’est la vie, tout ce que tu examines en soupirant, c’est la vie. Restons nous deux, cent ans et plus, restons les bras sur la balustrade, le corps appuyé au bastingage, la prudence bien affûtée, restons et résignons-nous. Ne descendons pas dans cette mélopée, ne nous confondons pas à ce bruit d’âmes fausses, de coeurs mangés aux vers, d’esprits vénéneux
Brassens Ballade des cimetières par cathgegout
»

Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse. En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’oeuvre poétique. En 1943, au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pas moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris. Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. »

Il meurt à 71 ans, le24 novembre 1947, chez lui à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse cher à Brassens. On lui doit cette fameuse pensée: Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue.
Source : Léon-Paul Fargue – Citations de Léon-Paul Fargue – Dicocitations ™citation
Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue.
Source : Léon-Paul Fargue – Citations de Léon-Paul Fargue – Dicocitations ™citation

SACRE ALPHONSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’absurdie et du curry (de
Camaret) réunis, bonjour !


Puisque nous sommes le 28 octobre,
célébrons les JUDE comme il se doit. C’est le saint protecteur des
causes désespérées pour les catholiques, à l’instar de Sainte
Rita. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue
quand plus rien ne retient, à part l’espoir et la foi d’aller au
bout de ces espoirs… Nos syndicalistes vont peut-être se retourner
vers lui par les temps qui courent. Permettez moi davoir une pensée
toute particulière et toute paternelle pour un Jude qui se trouve
outre Atlantique dans ce berceau du jazz qu’est Chicago.


Et puisque ce billet s’ouvre sous le
signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici
mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et
des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour
avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS,
décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son
humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit
notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer
Rouge par des cardinaux apoplectiques »
présentés au
Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré
blanc sur fond blanc
de Kasimir Malevitch, généralement
considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi,
l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa
Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme
sourd
, est une page de composition vierge, parce que « les
grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques,
tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste,
il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire
constitué de vers entièrement homophones, où la rime est
constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi,

Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »


Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur
à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le
chat noir
, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie.
L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation
regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais.
Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse
Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier
était de célébrer la littérature et en particulier la poésie :
les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix
devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les
membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au
bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou
Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.


L‘humour, la dérision, l’absurde,
voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes
d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore
pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez
vous bien et à demain peut-être.