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Vivre ma vie: Emma Goldman.

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la marine à voiles et de la fondue de poireaux réunies, bonjour ! Le Mardi 04 décembre 2018 correspond au 14è jour de frimaire que nos amis républicains avaient dédié au sapin. Bon d’accord, sur ce coup là, ils ne se sont pas donné beaucoup de mal. C’est aussi la sainte Barbe. Figurez vous que mon arrière grand-mère maternelle portait le doux prénom de Barbe, patronne des pompiers (oubliez pas le calendrier). Alors, en son honneur, le dicton du jour: Pour la Ste Barbe, le cénobite se fait la barbe !

Si vous cherchez une idée cadeau pour les fêtes, ne cherchez plus; les éditions de l’Echappée publient enfin une traduction intégrale de Living my Life, les mémoires d’Emma Goldmann (1869-1940). “Vivre ma vie : une anarchiste au temps des révolutions”, est le titre de cette somme incomparable dans laquelle l’anarchiste Emma Goldman mêle le souvenir de ses actions militantes à son ressenti. La traduction intégrale desVivre ma vie mémoires de cette immigrée russe qui, arrivée aux États-Unis à l’adolescence, fut une éternelle apatride est un événement sans précédent pour toutes celles et ceux qui souhaitent s’initier à l’histoire du mouvement anarchiste. Les deux traductrices, Laure Batier et Jacqueline Reuss, n’ont modifié dans le texte original que les erreurs historiques pour cette nouvelle version. Car réduire la vie d’Emma Goldman au parcours singulier d’une femme serait mensonger. S’il est exceptionnel, c’est aussi car elle traverse une histoire qui l’englobe : celle des luttes sociales aux Etats-Unis, dont peu de documents témoignent en France – à l’exception notable d’Une Histoire populaire des Etats-Unis (éd. Agone), d’Howard Zinn, adapté en documentaire par Daniel Mermet en 2015.

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à seize ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. goldmanElle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec living my lifecourage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation. Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et la vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

Bon d’accord, c’est un pavé de trente euros mais on en a pour son argent, 1000 pages. Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A propos d’Augustin Souchy.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 souchyaprès des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905. Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.souchy 2
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. 1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal Espagne FAIlongtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes. Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).

Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat Souchy Vorsichtjeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

En suivant Emma…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la méditation transcendantale et du pain perdu réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 août 2015, jour de la St Barthélémy et septième jour de Fructidor dédié au sucrion. C’est une des aberrations du calendrier républicain car le quatrième jour de Fructidor est lui, dédié à l’escourgeon qui sont en fait la même plante… Difficile pour « les cénobites » de ne pas saluer le jour anniversaire de la naissance du grand Léo: voici un texte un peu méconnu.

Non, aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler de Howard Zinn. Il est né le 24 août 1922 à Brooklyn (New York) et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica (Californie). C’est à la fois un historien qui a marqué son temps et un homme résolument engagé à l’extrême gauche. La vie personnelle de ce savant est inextricablement liée à son œuvre. Avec le linguiste Noam Chomsky, il est l’incarnation de ces Howard Zinnintellectuels américains que les Européens aiment à aimer et à citer. La vie d’Howard Zinn (1922-2010) fut pleine de contrastes : après s’être engagé comme bombardier pour combattre le fascisme, il devint un pacifiste convaincu; né d’une famille pauvre, il obtint un doctorat en histoire à l’université Columbia; professeur blanc, il enseigna dans un collège pour jeunes filles noires à Atlanta; érudit, il restera dans les mémoires comme l’auteur d’Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours. Non seulement Howard Zinn a-t-il bouleversé notre façon d’aborder l’histoire, mais il en a été lui-même un acteur à part entière.

S’étant trouvé au cœur des événements marquants de l’histoire contemporaine des États-Unis – de la Seconde Guerre mondiale aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, en passant par le maccarthysme, les luttes pour les droits civiques et celles contre la guerre du Vietnam. Il pourrait être le héros d’un roman historique autant que le catalyseur d’une réflexion sur la tâche de l’historien. J’avais lu avec appétit « Une en suivant Emmahistoire populaire des Etats Unis ». Un livre magnifique et tellement peu américain. Les indiens face aux Européens, les femmes face au patriarcat, les noirs face au racisme, les droits civiques… Une vision des États unis comme on aimerait en voir beaucoup. Je crois que c’est Stéphanie, blogueuse émérite, qui me l’avait conseillé. Essayez de trouver aussi:  En suivant Emma, pièce historique sur Emma Goldman, anarchiste et féministe américaine, éditions Agone. Partisane de l’amour libre, oratrice réputée autant que redoutée, Emma Goldman est l’une des figures libertaires les plus attachantes. Activiste bouillonnante de vie, elle a marqué de son empreinte l’histoire du mouvement ouvrier américain. Il n’est guère surprenant que Zinn s’en soit épris au point de lui consacrer une pièce de théâtre, menée tambour battant.

Allez, merci de votre visite. Les vacances d’été s’achèvent, vous pouvez reprendre une activité normale. Portez vous bien et à demain peut-être.

Sacré Hippolyte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chronique locale et du Baekoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 mars 2015, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins avaient l’habitude d’en manger cochléairepour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades. Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. J’ai « emprunté » l’illustration sur le site Les taxinomes, photo prise sur les dunes de Plouarzel.
 
Le 13 mars 1950, mort d’Hippolyte HAVEL (né le 13 août 1871 (?) à Thabor (Autriche) anarchiste militant. En 1894, à Vienne,Havel il est condamné à 18 mois de prison pour « trouble à l’ordre public ». Très érudit, il fréquente Emma Goldman (avec laquelle il se rend à Paris), avant de partir pour les Etats-Unis. Il participe à la rédaction du journal « Mother Earth » dès 1906, collabore à l’Ecole Moderne de New York (1910), et rédige également des biographies d’anarchistes tellles que celles de Emma Goldman, Voltairine de Cleyre dont j’ai dressé le portrait ici même, etc., et publie diverses revues et brochures. Avec sa compagne Polly, anarchiste comme lui, il ouvre, juste avant la 1er guerre mondiale, un restaurant à Greenwich village qui deviendra un haut lieu de rencontre pour les artistes et intellectuels (photo ci-dessous).

En 1920, il part vivre dans la colonie libertaire de Stelton. Puis il se clochardise quelque peu, abusant de la boisson. Homme original et « dandy anarchiste », il n’hésitait pas à invectiver les greenwichpassants et les provoquer par des actions d’éclats. C’est lui qui accueillera Bérénice Abott, amie de Man Ray, au village et lui permit de faire la carrière que l’on sait dans la photographie et ses fameux « noir & blanc. Mais sa folie simulée ne tardera pas à devenir réelle, et il mourra dans un hôpital psychiatrique du New Jersey.
Si ce n’est pas de l’éclectisme ça, je ne m’y connais guère. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Elle s’appelait Rose, elle était belle…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour!
Nous sommes le samedi 06 décembre 2014, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc…

Le 6 décembre 1965, mort de Rose PESOTTA, née Rakhel (Rachelle) PEISOTY, à Miami, USA. Militante anarcho-syndicaliste, anarchiste et féministe américaine.
Elle est née le 20 novembre 1896 à Derazhnia (Ukraine), dans une famille de marchand de grain. Très jeune elle est influencé par les révolutionnaire de « Narodnaïa Volia » (Volonté du Peuple) anti-tsaristes et rejoint les anarchistes. A 17 ans (en 1913), elle émigre à New York pour échapper à un mariage pesotta_rosearrangé, et commence à travailler comme couturière, puis adhère au syndicat ILGWU « International Ladies Garment Workers Union » (Union internationale des travailleuses du vêtement). Amie d’Emma Goldman, elles voyagent ensemble en Europe et notamment en Angleterre. Pour être liée aux anarchistes et avoir milité contre la première guerre mondiale elle sera arrêtée en 1919, lors d’un « Palmer raid ». Menacée d’expulsion comme subversive vers l’Union soviétique, elle évite finalement l’expulsion en réussissant à établir sa nationalité (ce qui ne sera pas le cas d’Emma Goldman, ni de son fiancé qu’elle ne reverra plus).
En 1922, après avoir rencontré Sacco et Vanzetti en prison, elle prend la parole dans les meetings pour leur défense et collabore au journal anarchiste « Road to Freedom » activisme qui lui vaudra d’être à nouveau arrêtée en 1927. Elue vice-présidente de l’ILGWU en 1934, elle engage une lutte d’une dizaine d’années pour l’organisation des travailleurs, se heurtant à l’opposition de la fraction communiste ainsi qu’à la hiérarchie machiste (elle en démissionnera en 1944, pour protester du fait qu’elle soit la seule femme à siéger au conseil exécutif du syndicat alors que les 85 % des membres sont des femmes). La chanson n’a rien à voir (quoique) mais je trouvais cela marrant.

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Durant la grève de 1937, elle est victime d’une agression par des hommes de main, son visage est lacéré avec un rasoir et elle subira une perte permanente d’audition. Durant la seconde guerre mondiale, ébranlée par le massacre des juifs, elle s’engage plus avant dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme et l’aide aux survivants. En 1944, elle publie son autobiographie « Bread upon the waters » et retourne, en 1946, travailler dans le rang des couturières. Encore une sacrée bonne femme que l’histoire se dépêche d’oublier… Sources: Je m’aperçois que l’an passé, Paul, sur son site, la légendaire Feuille charbinoise, lui avait consacré un billet (bien plus étoffé que celui-ci).

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Portrait: May Picqueray

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 08 juillet 2014, 20è jour de Messidor, dédié au parc…

Née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure), morte le 3 novembre 1983 à Paris. Marie-Jeanne Picqueray passa son enfance avec ses frères et sa sœur en Bretagne et fréquenta une école privée que dirigeaient des sœurs. Son père était convoyeur postal ; sa mère, couturière en picqueray_maychambre, qui avait failli mourir en la mettant au monde, la détestait et l’éleva très durement. L’enfant travaillait assidûment à l’école et fut reçue à dix ans et demi au Certificat d’études avec mention Très bien. Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s’occuper d’un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l’enfant de la maison, Marie-Jeanne partit avec ses employeurs et leurs deux fils pour le Canada. Deux ans plus tard, le petit épileptique mourut et Marie-Jeanne fréquenta alors le lycée de Montréal. Mais ce fut la guerre. Son  » maître  » regagna la France et fut tué, sa femme mourut et un oncle recueillit le fils restant. Quant à May Picqueray, elle fut rapatriée.
Elle travailla alors comme interprète puis dactylo bilingue. Mariée une première fois, elle quitta son mari qui se droguait.
Venue à Paris en 1918, elle se lia à Dragui, étudiant en médecine qui Mayl’initia aux doctrines anarchistes auxquelles elle adhéra. Elle participa aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnons, elle connut Sébastien Faure, Lecoin… Mais Dragui partit pour l’Allemagne, son frère aîné s’opposant à ses fréquentations.
May Picqueray devint en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux. Elle assista au premier congrès de la CGTU, tenu à Saint-Étienne en juin-juillet 1922, et fut déléguée pour accompagner Louis Chevalier, secrétaire fédéral, au IIe congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou en novembre 1922.
Elle profita de son séjour pour demander une entrevue à Trotsky au cours de laquelle elle obtint la libération de deux jeunes anarchistes russo-américains, Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky.
Bloquée à Moscou par défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers remis par les autorités russes ; arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux. Elle fut également, pendant trois ans (jusqu’en juillet 1926), la secrétaire particulière d’Emma Goldman qui résidait alors à Saint-Tropez. Elle revint à Paris pendant la guerre d’Espagne et travailla pour diverses œuvres de bienfaisance. C’est ainsi qu’elle collabora, pour le compte de Quakers américains, à l’évacuation des enfants espagnols.
A partir de juin 1940, à Toulouse, toujours pour le compte de Quakers, elle s’occupa des camps de concentration français de la zone libre, en picqueraiparticulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa alors plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n’en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer de faux papiers pour des évadés ou des résistants de divers groupements.
A la disparition de Libre Soir Express, journal qui l’employait, May Picqueray et l’une de ses camarades décidèrent de citer la direction du journal devant les autorités prud’homales, ce qui ne s’était jamais fait, afin d’obtenir un mois d’indemnité de licenciement. A l’étonnement général, satisfaction leur fut donnée et le jugement fit jurisprudence.
May Picqueray fonda les Amis de Louis Lecoin pour continuer sa propagande et apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. Elle fit paraître le mensuel des Amis, Le Réfractaire (premier numéro le 1er avril 1974) jusqu’à son décès en 1983. Voila ce qu’en dit le Maitron.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Y’EN A PAS UN SUR CENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour !

Nous sommes le 17 octobre, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Tout à fait autre chose.

Il est assez rare que l’on parle des anarchistes chinois, pourtant, il en est qui ont marqué l’histoire de leur empreinte.

Après plusieurs années d’une interminable agonie – l’euthanasie lui fut toujours refusée – l’écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre 2005, à l’âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu’on sait moins, c’est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l’anarchisme en Chine, notamment en traduisant les œuvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d’ailleurs un hommage à Kropotkine.

Né en 1904 à Chengdu, la capitale du Sichuan, dans une grande famille bourgeoise, la jeunesse de celui qui s’appelle encore Li Feigan est marquée par les convulsions révolutionnaires qui agitent l’empire du Milieu. En 1912, l’empereur est déchu et la république proclamée. En 1919, en pleine vague de grèves et d’agitation sociale, l’adolescent s’engage au sein du groupe anarchiste de Chengdu. Il est alors ébloui par la pensée de Pierre Kropotkine et les articles de l’Américaine Emma Goldmann, avec qui il entretiendra une correspondance. Il part étudier à Nankin puis à Shanghai, et apprend le français, le russe, l’anglais et l’esperanto. Shanghai est alors l’épicentre des luttes révolutionnaires en Chine, qui vont culminer avec la tentative ratée d’insurrection communiste en 1927. Le mouvement anarchiste chinois, pris en étau entre les nationalistes et les communistes, décline. Li Feigan part en 1927 faire des études à Paris « pour aller vers l’Occident à la recherche de la vérité », comme de nombreux jeunes Chinois progressistes.

En France, il milite au sein du mouvement anarchiste et s’engage dans la campagne internationale pour la libération de Sacco et Vanzetti. Ce séjour à Paris est également l’occasion de publier son premier roman : Destruction, pour la première fois sous le nom de Pa Kin. L’œuvre littéraire de Pa Kin aura donc deux versants : la traduction d’une part, le roman d’autre pa

Revenu en Chine en 1929, il devient un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste, en publiant divers romans où s’affrontent la Chine féodale et révolutionnaire, dont son chef-d’œuvre quasi autobiographique, Famille (1931), portrait au vitriol du système familial, féodal et patriarcal.

Les années 1930 sont, en Chine, celles de l’invasion japonaise, qui va sceller l’alliance entre communistes et nationalistes pour la libération nationale. Lui s’enthousiasme pour la Révolution espagnole qui, à l’autre bout du monde, porte les espoirs d’une société libre, socialiste et libertaire. Mais il est en Chine, et la nécessité politique prime.

La guerre terminée, en 1945, il s’attaque à la traduction des œuvres complètes de Kropotkine, et publie l’un de ses derniers romans, très pessimiste, Nuit glacée (1946). Le mouvement anarchiste est alors disloqué dans son pays, mais Pa Kin reste le principal correspondant en Chine de la Commission des relations internationales anarchistes (CRIA), bureau de liaison du mouvement anarchiste.

Les communistes s’emparent définitivement du pouvoir en octobre 1949 et il va devenir impossible, pour un écrivain de la stature de Pa Kin, de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il rejoint donc l’Association des écrivains chinois, et devient député à l’Assemblée nationale populaire. Glorifiés, ses romans sont portés à la scène et à l’écran.

Sa vie sera désormais ballotée au gré des fluctuations et retournements brutaux propres aux organisations léninistes et staliniennes. Il sera du côté des bourreaux en 1957, à l’époque du « tournant antidroitier », et s’associera à la dénonciation des écrivains accusés de déviance. Ses romans sont censurés puis réédités, tronqués de tout élément proanarchiste. Il n’entreprendra désormais que des traductions, des essais et ses mémoires.

En 1966, à l’occasion de la Révolution culturelle, c’est à son tour de faire partie des victimes. Publiquement humilié, dénoncé comme « traître à la nation », placé sous surveillance, il passe dix ans à faire et refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu’en 1977, après la mort de Mao et l’éviction de la « Bande des quatre ». Ici à gauche, à Shangaï, lors de ses obsèques.

Sources:Alternative Libertaire-Novembre 2005.

Voila pour ce début de semaine qui aurait du être consacré à la désignation de Machin à l’issue de la primaire citoyenne mais, vos gazettes vont déborder de commentaires…Le cénobite n’aime guère les chemins battus. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


JE PENSE A TOI NAFISSATOU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la gent féminine et de la dinde au four réunies, bonjour !

Dans le calendrier républicain, le premier jour de prairial (20 mai) est dédié à la luzerne. Avouez que l’actualité n’a pourtant rien de buccolique. Je pense à cette femme de chambre qui s’est plaint des agissements d’un des hommes les plus puissants de la planète.

Je pense à nos médias franchouillards et à nos pseudos journalistes qui ont mis plusieurs jours à se rendre compte de son existence.

Je pense à cet homonyme malfaisant, Jean-François Kahn, qui considère qu’il n’y a pas eu viol, tout au plus « un troussage de domestique » (lundi matin sur France-culture).

Je pense à ces hommes qui se disent de gauche et qui ne sont que les tristes représentants d’une bourgeoisie arrogante.

Je pense à cette femme africaine, on dit qu’elle est d’origine Peule et à cette chanson de Pierre Perret Lili.

Je pense à André LEO qui, il y a plus d’un siècle se battait déjà pour la cause des femmes.

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice.
Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde.
Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu bourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers 1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ».
Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de
Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentre à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse.
Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.
« Il faudrait cependant raisonner un peu : croit-on pouvoir faire la Révolution sans les femmes ? « 

Je pense à toutes celles là qui doivent espérer que la voix d’une immigrée africaine au pays d’Emma Goldman pèsera autant que celle d’un représentant de l’Empire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

SOLEIL LEVANT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du soleil levant et des sushis de thon réunis, bonjour !

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itö NOE, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté.
Itô Noe est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».
Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine.
Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô NOE avait 28 ans.

VICTOR JARA…

Décidément, l’inomable n’a pas de nationalité. Le 16 septembre 1973 est aussi la date à laquelle les sbires de Pinochet ont assassiné Victor Jara non sans lui avoir au préalable coupé les doigts à la hache.

Auteur compositeur, il fut l’un des principaux soutiens de l’Unité Populaire et du président Allende dont je vous parlais samedi dernier. Arrêté lors du coup d’Etat du 11 septembre, il fut emprisonné au stade national qui se nomme aujourd’hui Estadio Victor Jara. Après avoir été enterré semi-clandestinement, il a eu droit à des obsèques le 5 décembre 2009 dans le cimetière Général de Santiago lors d’une cérémonie à laquelle assistaient sa veuve, ses filles et la présidente du Chili Michelle Bachelet ainsi que plus de 5000 personnes.

Et bien voila, tout cela n’est pas très gai mais nous rappelle combien le chemin vers la liberté, l’égalité et la fraternité est semé d’embûches. Quelques soient l’époque, le pays, les hommes au pouvoir, ou ceux qui le voudraient,les réactionnaires ont toujours usé de la violence la plus ignominieuse pour faire taire les voix discordantes.

Allez, portez vous bien malgré tout et à demain peut-être.