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Armstrong, je ne suis pas Noir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 octobre 2016, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et rafle-62les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961 (à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour protester contre le couvre feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord.), mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et autres candidats aux primaires, ainsi que l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous interdisent d’oublier.

Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico, les athlètes Etats-Uniens Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, montent sur le podium à la 1ère et à la 3ème place. Au moment où retentit l’hymne américain et s’élève la bannière étoilée, ils baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir. Par ce geste qui leur coûtera la fin de leur carrière, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers. L’australien Peter Norman, sur la deuxième marche du podium, tommie JO 68manifeste son soutien avec un badge du mouvement de protestation des droits civiques. Exclu des Jeux suivants, il sera porté en terre par ses deux amis afro-américains à sa mort en 2006. Aux États-Unis, la lutte contre la ségrégation raciale prend un tour de plus en plus violent dont témoigne l’assassinat, la même année, du pasteur Martin Luther King. Cinquante ans et un Président noir plus tard, les choses ont-elles évoluées ? On est en droit de s’interroger au vu des affrontements entre la communauté noire (de plus en plus précarisée) et les forces de l’ordre (de plus en plus militarisée) du côté de Ferguson (Missouri). «Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie, citant William Faulkner.
Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

DEJA 1000 EMEUTES EN 2011…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’antilogie* et de l’apple pudding réunis, bonjour!

*exemple d’antilogie:Mon Dieu, mon Dieu, délivrez nous de toutes les religions!

Nous sommes le 14 août, il pleut sur Brest Barbara, et pour corsé le tout, c’est le 27 de thermidor, jour du colza…Drôle de plante à la vérité qui doit son existence au croisement d’un chou et d’une navette et dont le nom provient du néerlandais koolzaad (graine de chou), en breton kaol. Mon aïeule que rien n’arrêtait lorsqu’il s’agissait de qualifier un malfaisant, le traitait de pav kaol skornet; ce qui pourrait se traduire par: pied de chou gelé…

Profitant du mois d’août, les capucheux londoniens s’adonnent à une activité des plus récréatives et qui égayent les nuits de la capitale. Ils pillent, ils incendient, ils caillassent les bobbys…On voudrait nous faire croire que tout cela n’a rien de politique, que ce sont des voyous désoeuvrés, des jeunes sans conscience, sans foi ni loi, soit, mais cela n’empêche nullement d’avoir une lecture politique de ces évènements. Que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grèce ou en Grande-Bretagne, une part de plus en plus importante de la jeunesse, ghettoïsée, communautarisée, se trouve sans emploi, sans logement, sans avenir. Les repères ont disparu, les différentes sortes d’autorité se sont effilochées, les organisations sociales défaites, ne restent que les signes ostentatoires d’une vaine existence sociale: Les baskets de marque, la dernière console, l’Ipad, le portable, si possible Blackberry, et leurs corollaires, le trafic, l’économie underground, le système D. Mais qui sont-ils ces « bandits » que Cameron veut ramener à la raison. A bien y regarder ce ne sont pas les mêmes qui fréquentent Eton ou Cambridge. Leurs parents viennent de l’Afrique sub-saharienne, du Penjab, du Bangladesh et du Sri-Lanka. De ces pays que Cameron et ses accolytes ont rendu exangues à force d’exploitation, obligeant leurs enfants à choisir la voie de l’émigration. Le système capitaliste représenté par la City londonienne récolte aujourd’hui ce qu’il a semé…

La situation est comparable à une cocotte minute qui peut exploser à tout moment. Les raisons structurelles existent depuis plusieurs années déjà : soumission des Etats aux logiques financières et aux agences de notation, aggravation considérable des inégalités, politique ultra-sécuritaire…
Avec tous ces ingrédients, on ne peut pas être surpris par ces événements. Ce qui est toujours étonnant, en revanche, est l’alchimie collective qui les déclenche. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Alain Bertho, anthropologue à l’université Paris 8, qui ajoute: Ces jeunes cassent pour s’imposer dans un système qui ne veut pas d’eux. Si on applique à ces événements une seule lecture policière, on rate l’essentiel.

En tout état de cause, ces émeutiers là n’ont pas grand chose à voir avec nos jacqueries du temps jadis quand « la populace » décidait de s’en prendre aux entrepôts du fermier général. Mais demain, qu’en sera t-il?

Allez, bonnes vacances, portez vous bien et à demain peut-être.