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Ferrer, Freinet, Roorda, et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi sept novembre 2015, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

Le 7 novembre 1925, mort volontaire d’Henri ROORDA Van EYSINGA, à Lausanne. Pédagogue libertaire, écrivain, publiciste et grand humoriste. Issu d’une famille hollandaise de libres-penseurs, il naît le 30 novembre 1870 à Bruxelles. Il n’a que deux ans lorsque la famille vient s’établir en Suisse. Son père Sicco Ernst Willem Roorda qui est l’auteur d’un roorda_henripamphlet anticolonial « Malédiction » se liera avec F.D. Nieuwenhuis, Pierre Kropotkine et Elisée Reclus, ce dernier étant leur voisin à Clarens. Henri subira à son tour son influence et indique « j’ai été élevé sur les genoux d’Elisée Reclus »; celui-ci guidera ses pas en anarchie. A 16 ans, il se lie avec le fils de Ferdinand Domela Nieuwenhuis venu étudier à Lausanne. En septembre 1892, Henri est nommé professeur de mathématiques et commence à enseigner à l’Ecole supérieure de jeunes filles de Villamont. En 1896, il écrit un article dans « Les Temps Nouveaux » de Jean Grave et collabore ensuite à « l’Humanité nouvelle » puis à la « Revue Blanche ». Son champ d’action restera sa vie durant la pédagogie libertaire, il donnera à partir de 1903, à ce sujet, de nombreuses conférences. Il écrit dans le « Bulletin de l’Ecole moderne » de Francisco Ferrer plusieurs articles comme: « L’Ecole et le savoir inutile », « L’écolier est un prévenu ». Il sera le représentant en Suisse de « La Ligue Internationale pour l’Education rationnelle de l’Enfance ».
A partir de 1910, il s’engagera auprès de « l’Ecole Ferrer de Lausanne » créée par le docteur Jean Wintsch pour laquelle il rédigera la « Déclaration de principes. A partir de 1917 il va travailler pour divers journaux comme « La Tribune de Lausanne » puis « La Gazette de Haeschlieman-Roorda-340x358Lausanne » où il signera du pseudonyme Baltasar des chroniques satiriques et désopilantes. La même année est publié par Les Cahiers Vaudois son ouvrage au titre volontairement provocateur: « Le Pédagogue n’aime pas les enfants » où il dresse un réquisitoire contre l’école autoritaire. Certaines de ses chroniques journalistiques seront publiées en recueils : « A prendre ou à laisser »(1919), « Le Roseau pensotant »(1923), « Le débourrage des crânes est-il possible » (1924), etc. De 1922 à 1925 il publiera quatre drolatiques « Almanachs Baltasar ».

En 1925 paraît encore l’ouvrage « Avant la grande réforme de l’an 2000″, mais le 7 novembre, désabusé et endetté, celui qui professait Henri-Roorda« un pessimisme joyeux » met fin à ses jours en se tirant une balle dans le cœur. Un an plus tard paraîtra de façon posthume « Mon suicide ».
« On oblige trop tôt l’écolier à parler la langue des adultes; on lui enseigne trop tôt la science et la sagesse des adultes; et on lui impose beaucoup trop souvent l’immobilité des vieillards. » Sources. Si le bonhomme vous intéresse, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent billet que lui avait consacré notre ami Paul sur son site La feuille charbinoise autrement plus complet que celui-ci.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La victoire de Victorine…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis des sciences naturelles et du chinchard poëlé réunis, bonjour !

Aujourd’hui c’est mardi, 04 septembre 2012, qui correspond au 18 de Fructidor dans notre calendrier républicain. A l’allure où les ultralibéraux ont décidé de dépecer nos acquis et l’énergie poussive que mettent les sociaux-démocrates à les défendre, c’est bientôt tout ce qu’il nous restera de notre République…  Le 18 de fructidor était généralement dédié au Nerprun qui comme chacun le sait est un arbuste qui accueille volontiers les chenilles de papillons et notamment celle du phalène du marronnier et du Jason à deux queues.

Je profite de cette rentrée des classes pour esquisser le portrait d’une institutrice. En effet, je voudrais vous dire un mot de Victorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles« .
Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière.
Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.
De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genêve à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de
communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés.
En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va
mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. (ed. La Découverte.) Les Versaillais avaient fait d’elle une pétroleuse type à tel point que durant la semaine sanglante on fusilla sans vérification plusieurs « fausses » Victorine B. Elle a donc choisi ce titre pour rappeler qu’elle avait été officiellement fusillée en 1871.

 

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de laisser dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

 

Bon allez, c’est reparti pour une nouvelle saison des Cénobites tranquilles, votre blog préféré qui a déjà vu passer plus de 65 000 visiteurs et qui reste fidèle à ses engagements: un billet quotidien plein d’humeur et d’humour… En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN PICON SINON RIEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la République républicaine et de l’appenzeller réunis, bonjour !

Oui nous sommes le 6 août et donc, le 19 de thermidor qui est généralement dédié à la gentiane. Magnifique fleur d’un bleu inégalable et dont les racines servent à plusieurs préparations dont le fameux Picon qui lui même entre dans l’alchimie du trop fameux PBC, Picon-Bière-Citron.


Je profite donc de cette date anniversaire pour vous parler d’une grand monsieur qui mérite bien de venir compléter notre galerie de portraits: Jean ZAY.

Né le 6 août 1904 à Orléans,
d’un père lorrain d’origine juive et d’une mère issue d’une famille
protestante orléanaise, il fut un brillant élève au lycée
Pothier, puit il devient journaliste au Progrès du Loiret, le
quotidien radical que dirige son père, avant d’entamer en 1928 une
carrière d’avocat au barreau d’Orléans. Il y traite quelques
difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement
au parti radical, où il relance la section d’Orléans des Jeunesses
laïques et républicaines. Situé à l’aile gauche de son parti,
favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment
Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu
député du Loiret.

Juif, franc-maçon initié à la
loge Etienne Dolet, partisan de l’union des gauches et du soutien à
l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré
en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à
abattre.

Nommé ministre de l’Education
nationale et des Beaux-Arts de juin 36 à septembre 39, il est le
plus jeune membre du gouvernement de Léon Blum . Partisan de l’école
unique et de l’égalité des chances pour tous, il instaure la
scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’harmonisation des
programmes et le rapprochement des filières. L’orientation se fait
selon les goûts des élèves, les effectifs sont réduits,
l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein
air est créée. Par deux circulaires, Jean Zay s’inscrit contre les
propagandes politiques et religieuses à l’école. Son action dans le
domaine culturel et scientifique est tout aussi novatrice : aide à
la création du CNRS,
démocratisation des musées, politique de la
lecture et défense d’un droit d’auteur, projet de statut du cinéma
et d’un festival de Cannes…

Quand il démissionne de son
poste de ministre pour rejoindre l’armée et s’embarquer le 20 juin
1940 avec 27 autres parlementaires pour continuer à servir la France
depuis le Maroc, le régime de Vichy s’empare de l’événement pour
faire de Jean Zay et de ses amis des fuyards et des déserteurs.
Arrêté le 16 août 40 à Rabat, dans un climat terrible d’hostilité
à la République, il est condamné, le 4 octobre, à la déportation
à perpétuité» après un simulacre de procès. Le 20 juin 44, Jean
Zay est assassiné par des miliciens lors d’un transfert de prison.
Il faudra pourtant attendre jusqu’en 1994 pour que la vérité
historique soit clairement établie.

Son assassin lui, sera condamné au bagne à perpétuité. Mardi dernier j’évoquais ici même les relents Vichystes que je pressentais dans la politique actuelle de nos gouvernants…Jean Zay était le type même du bouc émissaire que la vieille droite revancharde voulait accrocher à son tableau de chasse après avoir « rater » Dreyfus. Aujourd’hui, si vous êtes Roms, musulmans,un peu bronzé et sans papiers…Faites attention en traversant la rue.

Allez, passez une bonne fin de semaine, portez vous bien et à demain peut-être.