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Un canard centenaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’humanisme enjoué et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 5 juillet 2016, autant dire le 17 de messidor qui canard-enchaana-lhumanita-10-septembre-1915était traditionnellement consacré à la groseille. C’est aussi, comment ne pas le citer, le centenaire du « Canard Enchaîné », ce qui en fait le doyen de nos périodiques. Ce titre est une référence à « l’homme libre » créé par Clémenceau et qui dut subir la censure, à la suite de quoi, ce canard là devint « l’homme enchainé ». Par parodie, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent de nommer leur journal: Le canard enchainé.

Tout à fait autre chose.

Le 5 juillet 1940, mort de Carl EINSTEIN, à Betharram (Pyrénées carl_einsteinAtlantiques). Poète, écrivain, historien d’art et combattant anarchiste. Juif allemand, il naît le 26 avril 1885 à Neuwied (Allemagne). En 1918, il prend part à la révolution spartakiste. Passionné par l’art, il fréquente les milieux artistiques et devient un représentant du mouvement expressionniste en Allemagne, où il fait découvrir Picasso, le cubisme, mais aussi l’art africain. Au début des années 20 il était très proche d’Elsa Triolet. Son oeuvre « L’Art du 20e siècle » publiée en 1926, révolutionne la façon d’aborder la peinture et les Arts Plastiques.

En 1928, il s’installe en France et fonde avec Georges Bataille et Michel Leiris la revue « Documents ». Epris de liberté et profondément révolté, en 1936, il part en Espagne, avec d’autres compatriotes comme Helmut Rudiger combattre dans les rangs de la C.N.T. anarchiste. Il s’intègre au Durrutisein du Groupe international de la Colonne Durruti, mais il est blessé durant les combats. Il est à Barcelone, le 22 novembre 1936, pour prononcer l’oraison funèbre de Durruti. La guerre terminée, il passe les Pyrénées et se retrouve interné dans les camps du sud de la France avec les combattants antifascistes et la population espagnole fuyant les exactions des troupes franquistes. En 1940, sans illusions sur ce qui l’attend s’il tombe aux mains des nazis, il se donne la mort en se jetant dans le Gave de Pau. Une stèle dans le cimetière de Boel-Bezing (Pyrénées Atlantiques) rappelle son combat pour la liberté. Sources:Très belle biographie écrite par Liliane MEFFRE en 2002 « Itinéraire d’une pensée moderne ».

Bon allez, l’anarchie, tout ça, c’est bien beau mais j’ai ma pelouse qui m’attend. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’homme du jour est une femme…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 14 janvier 2016, 25è jour de Nivôse dédié au Chat; ce qui Geluckravira Geluck et Siné et, malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… Profitant du jour anniversaire de sa disparition, voici le portrait rapide d’une militante que nous allons accrocher aux cimaises de notre galerie. Le 14 janvier 1994, mort de Federica MONTSENY, à Toulouse. C’est une des grandes figures de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme espagnol (elle fut l’amie de Durruti), et qui fut un temps ministre de la Santé pendant la guerre civile.

Elle est née le 12 février 1905 à Madrid. Fille des anarchistes Catalans Joan Montseny (Federico Urales)  et Teresa Mané (Soledad Gustavo) , fondateurs de la « Revista Blanca » (en 1898), Federica milite très jeune à la C.N.T. . Avec son père, elle fait reparaître à partir de 1923 « La Revista Blanca », puis une nouvelle publication qui deviendra montsenymensuelle « La Novela Ideal » (Le roman idéal) : romans de propagande libertaire, parlant d’antimilitarisme, d’entraide, d’amour libre, etc.). En 1930, elle se lie au compagnon Germinal Esgleas (ça ne s’invente pas). En 1936, elle est au comité régional de la C.N.T., et au comité péninsulaire de la F.A.I.. Elle participera au nouveau gouvernement républicain avec trois autres membres de la C.N.T (cette participation d’anarchistes au gouvernement sera largement controversée). En tant que Ministre de la santé, elle fera voter une loi légalisant l’avortement.

Federica Montseny est donc la première femme ministre d’Europe Occidentale. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu. A la fin de la guerre, elle est contrainte à l’exil en France, et connaîtra les prisons novela_librefrançaises avec son compagnon Germinal. En effet, comme des milliers d’autres espagnol(e)s, elle doit fuir en France à la fin de la guerre, où elle est persécutée par la police nazie et franquiste qui réclament son extradition, refusée par les autorités françaises. Elle vit en liberté surveillée jusqu’à la libération. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de 15 livres politiques et 50 non-politiques) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie. On ne dira jamais assez le rôle joué par les anarchistes dans la lutte contre la dictature Franquiste et, il ne faut pas compter sur Pernaud ou Pujadas pour nous rappeler ce genre d’anniversaire.

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

La femme est l’avenir de l’homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 06 janvier 2016 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, mais aussi dans le breton merl, qui a donné par emprunt merl, puis maërl. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également Merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner !

Le 6 janvier 2014, mort à Paris de Marina GINESTÀ à l’âge de 94 ans. Beaucoup connaissent cette photo d’une magnifique jeune femme à l’allure altière, prise sur le balcon de l’hôtel Colon à Barcelone. Cette photo passera à la postérité car elle va illustrer nombre d’ouvrage sur la guerre d’Espagne. marina_ginesta2 sur le balconC’est cette jeune militante antifasciste française, née à Toulouse le 29 janvier 1919, âgée de seulement 17 ans, qui deviendra une des icônes de la Guerre d’Espagne, grâce à la photo que Juan Guzmán (Hans Gutmann Guster) prendra d’elle portant son fusil, le 21 juillet 1936, sur la terrasse de l’Hôtel Colón à Barcelone. Elle vivait à Barcelone depuis que ses parents s’y étaient installés quand elle n’avait que onze ans. Adolescente, elle rejoint le Parti socialiste unifié de Catalogne.

Au début de la guerre d’Espagne, elle devient reporter et traductrice dans les Brigades internationales auprès de Mikhail Koltsov, correspondant du journal soviétique la « Pravda ». Elle l’accompagnera d’ailleurs à Bujalaroz pour un entretien avec l’anarchiste Buenaventura Durruti. Blessée avant la fin du 1936 Bujalaroz. Marina ginesta y su hermanoconflit, Marina Ginestà est évacuée en France à Montpellier. Après l’instauration du régime de Vichy et l’occupation de l’armée allemande, elle choisira l’exil au Mexique, rejoignant ainsi un certain nombre de combattants antifascistes espagnols qui réussirent à s’installer dans ce pays d’accueil après la défaite du camp républicain en 1939. Elle part ensuite en République Dominicaine où elle se marie. Mais en 1946 elle est contrainte de quitter le pays à cause des persécutions de la dictature de Rafael Trujillo. Elle devient également très critique à l’égard de Staline. Sa lecture de l’ouvrage de George Orwell « Hommage à la Catalogne » pendant les années 1960 fera pencher ses sympathies vers la CNT et le POUM. En 1960, elle épouse un diplomate belge et regagne Barcelone puis s’installe définitivement à Paris au début des années 1970.

En 2008, un documentaliste de l’Agence espagnole EFE réussit à l’identifier et lui fait découvrir ce cliché qu’elle ne connaissait pas. Lors d’un entretien marina ginestaaccordé à l’Agence, elle raconte : « C’est une bonne photo, elle exprime bien ce que nous ressentions à l’époque. Le socialisme était arrivé, les clients de l’hôtel avaient fui. Il y avait de l’euphorie. [...] On me dit que j’ai un regard orgueilleux. C’est possible. Nous nagions alors dans la mystique de la révolution prolétarienne et les images de Hollywood de Greta Garbo et de Gary Cooper ». Son portrait fait encore la couverture, en 2014, de la réédition de l’ouvrage de Burnett Bolloten sur « La Guerre d’Espagne » (Ed. Agone). Sources.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Liberté contre sécurité…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 novembre 2015, trentième et dernier jour de brumaire dédié au rouleau, encore nommé brise-motte, et qui est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Le 20 novembre 1936, mort de Buenaventura DURRUTI DUMANGE, à Madrid. Militant et activiste anarchiste et anarcho-syndicaliste espagnol, combattant antifranquiste, figure emblématique de l’anarchisme espagnol. A noter que c’est aussi un 20 novembre, en 1975, que s’éteignit (enfin)  à 83 ans, Francisco Franco y Bahamonde après un mois d’agonie et quarante ans de dictature.

Aujourd’hui on feint d’ignorer les dictatures, surtout quand elles produisent du gaz et du pétrole ou des produits manufacturés à moindre coût. Or, « Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons surveillancecontre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table.” C’est le juge Trevidic qui le dit. Tous les regards sont tournés vers les sbires de l’Etat Islamiste; marionnettes sinistres créées par ces mêmes producteurs d’or noir et néanmoins wahhabites et, tout se passe comme si, petit à petit, les pions se mettaient en place sur l’immense échiquier international. D’un côté, les blancs, les croisés occidentaux (Russes y compris) porteur du fanion de la démocratie et des droits de l’homme, plus connu sous le nom de coalition et de l’autre les noirs, les barbares, reconnaissables à leur système pileux hyper développé et à leur férocité aveugle. Titre original de cette super production: «The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order.» d’après un scénario de Samuel Huntington; les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell.

Et voici que le piège se referme inexorablement sur ceux qui croyaient que les filles naissaient dans les roses, les gars dans les choux et les démocraties dans les urnes… Contrôle d’internet, lois d’exception, état securite-plus-libertesd’urgence, retour aux frontières, surveillance de masse, renforcement des moyens policiers, montée de l’extrême droite, bref, un «patriot-act» en béret basque. Les épiciers qui nous gouvernent sont, semble t-il, disposés à nous échanger deux paquets de liberté contre un de sécurité. Ont-ils oublié les paroles de ce vieux Franc-maçon de Benjamin Franklin: « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux

Voilà, je voulais poser ça là avant de partir faire mon marché. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et vive la République.

A la saint Michel, célèbre les Berthe…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la quadrature du cercle et du carré Hermès réunis, bonjour ! Nous voici donc le mardi 29 septembre 2015 et, en ce huitième jour de Vendémiaire, nous célébrons l’Amaranthe (non, ce n’est pas N. Morano, la marrante…) belle plante dont le nom vient du Grec « a maranthos », qui ne fane pas. Pendant longtemps cette plante a été cultivée pour st mich braspartl’alimentation, notamment en Amérique Latine. Les graines étaient grillées et les feuilles consommées comme légumes verts ( tout à fait comme des épinards). Après la conquête espagnole la culture fut interdite car la plante était utilisée par les Aztèques lors de cérémonies rituelles. C’est la St-Michel, qui marquait la date à laquelle les fermiers  et les métayers  payaient leurs redevances après la récolte et échéance traditionnelle d’expiration des baux ruraux. Mais, comme disait mon aïeule, à qui on ne la faisait pas: même si  l’amour est dans le pré, n’allez pas croire que tous les baux ruraux soient de jolis campagnards… Amusant, non ! A gauche la chapelle Saint-Michel de Brasparts qui domine les Monts d’Arrée et qui émerge des brumes du Yeun-Ellez.

 
Le 29 septembre 1895, naissance de Berthe FABER-GUILLOT près d’Esbly (Seine et Marne); je ne me souviens pas avoir déjà évoqué cette figure du mouvement libertaire. Militante anarchiste française. Au début des années vingt, elle rencontre l’anarchiste Séverin Férandel qui devient un temps son compagnon. A partir de 1924 elle assurera avec lui la gérance de la « Librairie sociale Internationale » et ce jusqu’en 1928, elle milite également dans le groupe des Jeunesses Syndicalistes. En 1926-27, elle visite à plusieurs reprises (avec son amie Emilienne Fabert_berta_et_antonio_en_1943Morin) les anarchistes espagnols Buenaventura Durruti et Francisco Ascaso emprisonnés pour un complot en vue d’assassiner le roi d’Espagne, après leur périple en Amérique Latine. Une grande amitié s’établit avec eux et, à leur sortie de prison, Berthe se lie avec Ascaso (et Emilienne avec Durruti). Mais Ascaso (comme Durruti) est rapidement expulsé vers la Belgique, il retourne clandestinement en France, Paris, Joigny et Lyon où Berthe ira vivre avec lui. Elle apparaît alors comme responsable de publication d’un journal anarchiste espagnol « Accíon » publié en décembre 1927. Elle rejoindra Ascaso en Belgique où elle résidera jusqu’à leur départ pour l’Espagne, après la proclamation de la République, en avril 1931. (photo de droite – 1943)
Elle partage avec Francisco Ascaso l’intense militantisme et l’agitation sociale qui précèdent le 19 juillet 1936, et subit les absences de Francisco pour cause d’emprisonnements ou de déportation. Le 20 juillet 1936, Francisco meurt lors de l’assaut de la caserne Atarazanas à Barcelone, alors que les anarchistes sont victorieux des fascistes à Barcelone et en Catalogne et commencent à organiser la société de façon libertaire. Après la mort de Francisco Ascaso, Berthe Faber reste Fabert_berta_et_antonio_en_aout_1960à Barcelone et se lie avec un insoumis français, Eugène Guillot, ayant fui les persécutions et qui vivait en Espagne sous le nom d’emprunt de Jacques Sallès (photo de gauche – 1960 ). Elle partage alors avec lui les durs mois de privations précédant la chute du camp républicain. Au début de 1939, elle quitte l’Espagne avec son compagnon lors de la « Retirada ». De retour dans la région parisienne, elle est contrôlée par la police, le 15 mars 1939, lors d’une perquisition au siège de SIA (Solidarité Internationale Antifasciste). Durant la guerre, recherchés par la police, elle vit dans la clandestinité avec son compagnon. Après la Libération, ils poursuivront leur militantisme et animeront en particulier le « Groupe des Amis de Sébastien Faure ». Berthe travaillera comme concierge. Lorsque les autorités cesseront de persécuter Eugène, arrivé à l’âge de la retraite, ils se marieront. Eugène décèdera en 1978. Berthe, quant à elle, finira sa vie dans une maison de retraite, où elle mourra en 1983. Sources et Sources

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

En colonne par mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 novembre 2014, trentième jour de brumaire dédié au rouleau encore nommé brise-motte, est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Il y a 78 ans, Barcelone enterrait Buenaventura DURRUTI. Le 22 novembre 1936, ses funérailles à Barcelone furent le théâtre d’une immense émotion populaire. Plus de enterrement durruti500 000 personnes se pressèrent à l’enterrement de celui qui incarnait si bien la révolution libertaire espagnole, l’espérance d’un monde nouveau devenue possible. Ce fut l’une des manifestations ouvrière les plus importantes de l’histoire du prolétariat. Le spectacle de son enterrement fut inoubliable : sa mort « avait frappé Barcelone au cœur »; des milliers d’habitants et toutes les organisations politiques et syndicales, sans distinction, accompagnèrent Durruti jusqu’au cimetière, seul lieu qui sut arrêter la violence de ce pur libertaire.
Lorsque Buenaventura Durruti naît le 14 juillet 1896, la situation en Espagne est très tendue (affrontements entre les forces de l’ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens ou les ouvriers basques ou catalans). En 1903, le père de Buenaventura est arrêté comme gréviste. À 14 ans, Durruti est apprenti mécanicien et en 1912 adhère à l’Union BuenaventuraDurrutides Métallurgistes. En 1914, alors qu’il transporte une machine dans la région des Asturies et du Leon, il se solidarise avec les mineurs et gagne une certaine popularité. C’est le grand essor de l’industrialisation en Espagne qui n’a alors plus rien d’un Empire Colonial, mais dont la nouvelle bourgeoisie prospère très vite. Les syndicats CNT (anarchiste) et UGT (socialiste) signent un accord annonçant la grève générale. Durruti est licencié. Il se rend en France et découvre l’anarchisme puis retourne en Espagne où il adhère à la CNT. De nouveau arrêté, il revient un temps en France où il travaille chez Renault. En 1920, l’agitation sociale s’accroît en Espagne. C’est la montée en force du syndicalisme et sa répression systématique par les groupes armés du patronat. Se forme le groupe anarchiste « Los Justicieros » avec la participation de Durruti qui projette un attentat contre le roi Alphonse XIII dont les préparatifs seront découverts.

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À Saragosse, Durruti rencontre Francisco Ascaso, fraîchement sorti de prison. Ils décident de constituer « Los Solidarios » dans le but de faire face à la violence patronale. Durruti est en prison à Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 contre le gouverneur Regueral à Saint Sébastien et le cardinal Soldevila à Saragosse, attentats en réponse aux assassinats de Salvador Ségui et Francisco Comas. À partir de là, Durruti et Ascaso vont former une paire à l’action durruti_timbreincessante. Ils s’enfuient en France, puis partent pour Cuba, le Mexique, le Chili, l’Argentine sous le nom de « Los Errantes ». Ils se réfugient en Uruguay après un hold-up dans une banque et regagnent la France où ils sont arrêtés avec Jover alors qu’Alphonse XIII visite la France. Ils sont extradés en Belgique après que Durruti a rencontré Nestor Makhno. La police belge les refoule en France. En Allemagne, ils rencontrent Rudolf Rocker puis reviennent en Belgique où ils retrouvent leurs compagnes Berthe et Emilienne. En 1931, c’est la chute de la dictature et la République est proclamée. Durruti rentre à Barcelone. Mais la situation des travailleurs ne s’améliore pas et les grèves éclatent. La CNT passe de 800 000 à 1 200 000 adhérents. Le groupe « Nosotros » avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le côté le plus dynamique de la CNT et de la FAI. La droite remporte les élections en novembre 1933. Le gouvernement durcit sa ligne antisyndicale. En 1935, il y a plus de 30 000 prisonniers halito_durrutipolitiques dans tout le pays. Le Front Populaire arrive au pouvoir en 1936 et les militaires du général Franco se soulèvent. Le 18 juillet, le peuple s’arme et défait les putschistes à Barcelone et en plusieurs endroits d’Espagne. Ascaso est tué le 20 juillet. La Colonne Durruti est créée et part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Saragosse luttant contre les fascistes et aidant les collectivités anarchistes à s’installer. Buenaventura Durruti est tué le 20 novembre à Madrid. Ici à droite, monument intitulé Halito Durruti à Léon en Espagne. Sources.

A cette époque, les anars du monde entiers, ouvriers et intellectuels, rejoignaient ces colonnes pour combattre pour la liberté. Aujourd’hui des analphabètes décérébrés de France et de Navarre rejoignent les colonnes barbares de l’obscurantisme. Drôle d’époque madame Michu ! Allez, merci de vous être arrêté un instant, portez vous bien et à demain peut-être.

Ida Mett, militante oubliée…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’utopie libertaire et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous avatar-footersommes le jeudi 27 juin 2013, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie, alias madame dansmacuizine. Non contente d’être quasiment le N°1 des blogs culinaires, elle s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un bon anniversaire.

Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son images2diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des contrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926. Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proche du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.

En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. images-4Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges. Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936. En 1938 éclate la polémique entre Ida Mett et la Révolution prolétarienne qui a pour contexte l’antisémitisme.

 

 

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle DownloadedFile-12devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression de Kronstadt. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Que se vayan todos !

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la péninsule ibérique et du bacalao réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 14 janvier 2013, 25è jour de Nivôse dédié au Chat et, malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur…

Profitant du jour anniversaire de sa disparition, voici le portrait rapide d’une militante que nous allons accrocher aux cimaises de notre galerie. Le 14 janvier 1994, mort de Federica MONTSENY, à Toulouse. C’est une des grandes figures de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme espagnol (elle fut l’amie de Durruti), et qui fut un temps ministre de la Santé pendant la guerre civile.

Elle est née le 12 février 1905 à Madrid. Fille des anarchistes Catalans Joan Montseny images(Federico Urales)  et Teresa Mané (Soledad Gustavo) , fondateurs de la « Revista Blanca » (en 1898), Federica milite très jeune à la C.N.T. . Avec son père, elle fait reparaître à partir de 1923 « La Revista Blanca », puis une nouvelle publication qui deviendra mensuelle « La Novela Ideal » (Le roman idéal) : romans de propagande libertaire, parlant d’antimilitarisme, d’entraide, d’amour libre, etc.). En 1930, elle se lie au compagnon Germinal Esgleas (ça ne s’invente pas).

En 1936, elle est au comité régional de la C.N.T., et au comité péninsulaire de la F.A.I.. Elle participera au nouveau gouvernement républicain avec trois autres membres de la C.N.T (cette participation d’anarchistes au gouvernement sera largement controversée).

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En tant que Ministre de la santé, elle fera voter une loi légalisant l’avortement.Federica Montseny est donc la première femme ministre d’Europe Occidentale. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu.

A la fin de la guerre, elle est contrainte à l’exil en France, et connaîtra les prisons françaises avec son compagnon Germinal. En effet, comme des milliers d’autres espagnol(e)s, elle doit fuir en France à la fin de la guerre, où elle est persécutée par la police nazie et franquiste qui réclament son extradition, refusée par les autorités 60820960_pfrançaises. Elle vit en liberté surveillée jusqu’à la libération. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de 15 livres politiques et 50 non-politiques) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie.

On ne dira jamais assez le rôle joué par les anarchistes dans la lutte contre la dictature Franquiste et, il ne faut pas compter sur Pernaud ou Pujadas pour nous rappeler ce genre d’anniversaire.

 

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Ne jamais dire: Fontaine…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour !

Nous sommes le 18 juillet c’est à dire le 30 de messidor et c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse.

Tiens, justement, en Bretagne c’est la saint Tivizio, qui a laissé son nom à Landivisiau. Si vous passez dans le coin en vous rendant aux Tonnerres de Brest, vous pourrez admirer une très jolie fontaine qui lui est dédié. A 50 m de l’église, la ruelle Saint-Thivisiau, à droite de la place, débouche sur la fontaine de dévotion.
A la tête de la fontaine 10 panneaux sculptés en kersanton de style gothique sont encastrés dans le mur et on peut les admirer de près. Mais ils gardent le secret de leur origine. L’un représente un ange tenant un écusson pour la moitié Tournemine et l’hypothèse que l’on rencontre le plus couramment est celle de fragments provenant du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur et de sa femme Renée de Saint-Amadour et datant du XVIème. Sur les autres on y voit des moines et des nonnes en prière. La source alimente aujourd’hui trois grands bassins servant d’ornement à une place coquette, et un lavoir public.
Les mères recommandaient leurs bébés au saint patron réputé agir contre le rachitisme: ou elles déposaient quelques vêtements de l’enfant ou elles habillaient la statue d’habits neufs. Les jeunes gens venaient consulter saint Thivisiau pour leur mariage: une épingle en bois retirée discrètement du corsage de la jeune fille et jetée dans la fontaine indiquait si la fiancée était vertueuse.

Tout à fait autre chose.

Le 18 juillet 1881, naissance de Jules SELLENET dit Francis BOUDOUX, à St Etienne. Militant anarchiste, antimilitariste et anarcho-syndicaliste français.

En août 1904, il déserte de son régiment et, munis des papiers d’un compagnon, change d’identité. Ouvrier du fer et secrétaire du syndicat de Longwy, il prend part à la grève d’août 1905. Membre de « l’Association Internationale Antimilitariste », il est arrêté en novembre 1905 comme déserteur. Libéré, il regagne l’Est de la France où il sera condamné à plusieurs reprises pour des « délits » liés aux conflits du travail. En 1910, le syndicat des ouvriers métallurgistes d’Auboué, dont il était le secrétaire, le dénonce comme agent provocateur au service d’un maître des forges. Cette accusation ( sans doute calomnieuse) pour le moins étonnante, sera reprise après-guerre par les communistes. Mobilisé durant le conflit de 14-18, il reprend ensuite son militantisme syndical et anarchiste. Le 11 janvier 1924, salle de la Grange-aux-Belles, à Paris, il est blessé lors d’un meeting qui se termine en bagarre entre anarcho-syndicalistes et communistes (deux anarchistes y trouveront la mort, tués par balles).

En 1926, il est aux côtés de Pierre Besnard, le fondateur de la C.G.T- S.R (syndicaliste révolutionnaire) dont il devient secrétaire de la Fédération du bâtiment. En 1936, il se rend en Espagne combattre dans les rangs internationaux de la Colonne Durruti. Il meurt à Argenteuil (Ile de France), le 17 mars 1941. Sources: Ephéméride Anarchistes.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Ida Mett, militante oubliée…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’utopie libertaire et du caramel au beurre salé réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 27 juin 2012, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie alias madame dansmacuizine. Non contente d’être quasiment le N°1 des blogs culinaires, elle s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort ! J’ajoute qu’elle a eu la délicatesse de rejoindre la chaine « la radio des blogueurs » chère à Lolobobo, ce qui dénote une ouverture d’esprit remarquable. Donc, bon anniversaire.

Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des contrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926.

Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proche du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.

En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges.

Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936. En 1938 éclate la polémique entre Ida Mett et la Révolution prolétarienne qui a pour contexte l’antisémitisme.

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp
du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression de Kronstadt. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.