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Une île…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition celtique et de la vieille (le poisson) au four réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 novembre 2017 et on annonce les premiers flocons. Comme le disait mon aïeule, toujours généreuse en termes de dictons: « Neiges de Saint André voient le cénobite se les geler ! ».

Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn… Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher ile_tristan_en_vue_aerienneun autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux alentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez, Tutuarn enez, l’île de Tutuarn. Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. D’ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

L’île Tristan est connue par ailleurs pour avoir hébergé le tristement célèbre bandit de grands chemins Guy Eder de la Fontenelle. En 1595, il s’installe sur l’île où il loge sa garnison (entre 700 exJean_Richepin_-_La_Chanson_des_gueux.jpg.pagespeed.ic.-IomDdyINOt 800 hommes). Continuant ses pillages, La Fontenelle entasse son trésor sur l’île Tristan des années durant. Capturé puis exécuté au début des années 1600, le pirate laisse derrière lui son trésor et son île. Personne, à l’heure actuelle, n’a pu faire main basse sur ces richesses. Enfin, une autre version de la légende raconte que La Fontenelle aurait, pour tromper ses adversaires, enfouit son trésor dans le vallon du Ris, et que l’on retrouverait encore des petites parcelles d’or dans le ruisseau qui coule jusqu’à la plage. C’est aussi sur cette île que résida le poète Jean Richepin auteur de La chanson des gueux qui lui valut moult déboires et qui débute ainsi:

Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins…
…Je suis du pays dont vous êtes:
Le poète est le Roi des Gueux.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A st Jean, au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juin 2016 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean Feux mobilisait tantadtout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si puissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à danses nocturnesJean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour petit journalpréserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

le cercle des poètes disparus…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du Rythm and Blues et du maquereau vin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 13 Juin 2016, 25è jour de Prairial dédié à la tanche, il n’est donc pas trop tard pour s’en payer une…

Vous connaissez dorénavant mon goût immodéré pour le saxo et ceux qui en jouent. Voici un salut tout particulier à l’un d’entre eux qui fût sans doute le premier à enregistrer un disque de Rock et dont le titre est resté dans l’histoire: « We’re gonna rock, We’re gonna roll ». Il juke boxs’agit de WILD BILL MOORE, né à Houston au Texas en 1918, c’était un 13 juin. Il est décédé en 1983 à Los angeles. Son tout premier disque, il l’a enregistré avec Christine Chapman qui n’était autre que la femme de Memphis Slim. On lui doit aussi d’avoir collaboré au désormais mythique « What’s Going on » de Marvin GAYE. Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955. Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. Et bien, « We’re gonna rock » date lui de 1949… Sur 33t.

En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété. Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port, à Douarnenez (29), il y avaitdouarenez-029 surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose… Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passait Georges Perros à peine débarqué de son invraisemblable moto et on se rapprochait de lui comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait à cinq mètres de là, au café restaurant de la rade, chez « Micheline ».

Bon allez, c’est pas tout, j’ai mon lait qu’est su’l’feu… Portez vous bien et à demain peut-être.

En avant la musique…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la métaphore et du Sèvre et Maine réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 09 août 2013, autant dire que les jours DownloadedFileraccourcissent, celui ci correspond au 22 de thermidor et était dédié au câprier. C‘est cet arbuste méditerranéen dont les boutons floraux, confits dans le vinaigre, donnent les fameuses câpres. En Crête, les feuilles du câprier commun sont utilisées en salade. Par ailleurs, les racines et l’écorce trouvent leur utilité dans la pharmacopée naturelle. On dit que ses grandes et belles fleurs très odorantes ne vivent qu’une seule journée. Avant de préparer votre tartare soyez vigilant, les vraies câpres sont vendues sous l’appellation « câpres surfines » sinon, il s’agit souvent de boutons de capucine préparés de la même façon mais beaucoup moins chers évidemment.

Tout à fait autre chose.

En Bretagne, le 9 août on fête les Herlé, nom d’un petit saint de seconde catégorie qui a laissé son nom à la commune de Ploaré (plo Erlé) dans le Finistère. C’est d’ailleurs, à ma connaissance, la seuleimages trace que l’on trouve de ce saint. Il semble bien que son culte n’ait jamais dépassé les frontières de cette commune. A tel point qu’il est tout à fait possible que l’origine du nom soit Ploelré, mentionné dès le XIVè. Il existe une terre d’Alré dans le Devonshire et Alré en Somerset et de plus, Auray en breton se dit Alré. Quimperlé par exemple n’a rien à y voir et vient de Kemper (confluent) et Ellé, une des rivières qui traversent la ville. La commune de Ploaré est considérée comme le berceau rural de Douarnenez. C’est ici que s’est éteint l’illustre médecin René-Hyacinthe Laënnec, en son manoir de Kerlouarnec, en août 1826. Les deux paroisses ne forment plus qu’une seule et même commune depuis l’après guerre. Herlé est représenté en diacre portant la dalmatique dans l’église paroissiale, un livre dans une main et la palme du martyre dans l’autre.

Mais, Herlé évoque pour moi l’harmonie municipale qui portait son nom, on disait « la Cipale ». C’est elle qui ouvrait le défilé le jour de la fête des écoles (laïques évidemment). Elle était dirigée par François 67202787_pCuadrat puis par son fils Fernando, famille de réfugiés républicains espagnols qui trouvèrent asile en terre bretonne. J’en ai retrouvé une photo amusante où l’on voit sous le porche de l’église de Ploaré, les retrouvailles d’un républicain espagnol et d’un représentant de la sainte église. Alleluhia !!! Aujourd’hui, la fanfare de Douarnenez  s’est beaucoup délurée et elle se nomme « à bout de souffle »: On la voit ici filmée aux Fanfaronnades de Trentemoult (en Rezé).

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Bon, je vous l’ai déjà dit, l’été je paresse un peu alors que durant le reste de l’année, je fainéante beaucoup. Du coup je m’autorise à remettre en ligne des billets déjà parus et quelque peu modifiés, c’est le cas de celui-ci. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La vie en reuz…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la fiesta, de la nouba, de la noce et de la java réunies, bonjour !

Nous voici le jeudi 28 mars 2013, 8è jour de germinal dédié à la jonquille.

Voici donc la nouvelle affiche de La vie en reuz 2013. Pour les non-initiés je conçois que le jeu de mots ne soit pas évident mais, pour qui a traîné un tant soit peu ses guêtres du côté du Rosmeur (à Douarnenez – 29) le terme de reuz est très familier. 392890_10151362560098807_1828419345_nExplication de texte par Gérard Alle: « A Douarnenez, on aime faire la fête. La réputation de la cité sardinière n’est plus à faire… elle est FÊTE ! Et si la sardine fait la tête, se fait plus discrète, si les bateaux de pêche se font plus rares, si c’est le boulot qui trinque, plutôt que se morfondre, le Douarneniste préfèrera toujours lever le coude que baisser les bras… ».

Or donc, faire du reuz, cela revient à faire du bruit, à en parler exagérement; aujourd’hui on dirait peut-être faire du buzz. Suite au concours qui mettait en lice douze candidats, c’est le travail de Kevin Kergoat qui a été retenu. Il recevra en récompense l’équivalent de son poids en boîtes de sardines : « On aurait peut-être dû choisir l’artiste le plus léger… », s’interrogeaient avec humour les membres du collectif. Kevin Kergoat, infographiste de métier, a proposé un travail très stylisé avec des couleurs franches. Un travail qui n’est pas sans rappeler le style de Juan Miro. Et c’est justement sur le thème de Miro que seront travaillés les décors de la fête lors des ateliers. De même, le visuel de l’affiche sera repris sur les boîtes de thon millésimées 2013 « grâce à la complicité de Chancerelle-Cobreco et de la Franpac ». A retenir donc les dates des 17, 18, 19 mai 2013 pour ce rendez vous avec une quinzaine de fanfares, batucadas et arts de rue. Je vous recommande particulièrement La fanfare Toto: Des mélodies foraines, cinématographiques, du vieux jazz,des trads, des vieux airs et des compositions…

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La vie en reuz donc, est une sorte de réplique à la déprime généralisée façon DownloadedFiledouarneniste: Dans les années 1980, à chaque printemps, «Les arrivées d’airs chauds» déferlaient joyeusement sur Douarnenez. Dans les années 2000, tous les étés, ce furent «Les arts dînent à l’huile». Des rencontres de musique et d’arts de la rue qui ont fait émerger une vie associative et un beau savoir-faire. Pour combler le manque, faire un pied de nez à la morosité ambiante, une quinzaine d’associations se sont fédérées en un collectif pour que naisse un nouveau rendez-vous. Les trente ans de la fanfare locale, À bout de souffle, ont été le détonateur. Il fallait fêter cela dignement. Tous les détails sur leur site.

Allez, à bientôt sur le port, en attendant portez vous bien et à demain peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, PORTRAIT

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Amis de la Commune et du velouté de potimarron réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 06 novembre 2012, c’est vous dire comme les choses vont bon train. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son oeuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur et entre-autres, les paroles de l‘Internationale.

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Révolutionnaire, il participe à la commune de Paris en 1871 et d’ailleurs, en fera le thème de magnifiques chansons. Marc OGERET en a fait un disque tout à fait sublime. On célèbre aujourd’hui l’anniversaire de sa disparition. Condamné à mort par contumace, il choisit l’exil et s’en va aux Etats Unis. Humaniste et Franc-maçon il nous lègue un héritage qui mériterait d’être largement diffusé. Jean Ferrat évoque Pottier dans sa chanson La Commune. Ses chansons sont reprises après sa mort, que ce soit par des artistes d’inspiration socialiste, anarchiste ou libertaire comme Pierre Degeyter. En 2010, Sébastien Ducret a mis en musique plus d’une vingtaine de textes d’Eugène Pottier. Le premier disque entièrement consacré à Eugène Pottier est sorti en décembre 2011, il s’intitule Quel est le fou ?. Eugène Pottier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un faux air de faussaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la culture partagée et du chinchard grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 24 août, 7è jour de fructidor dédié au sucrion dans le calendrier républicain. Je soupçonne Fabre d’Eglantine d’avoir un peu abusé de boissons fortement fermentées car le 4 de fructidor était lui dédié à l’escourgeon qui est à peu près la même espèce d’orge.

La semaine dernière, Gueveur m’invitait à me rendre à Douarnenez pour suivre l’intervention de Lucio Urtubia dans le cadre du festival de cinéma qui s’y tient. Hélas je n’ai pu faire le déplacement. Fort heureusement, le site Dilhad sul ( dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais) y a dépêché un envoyé spécial, Gérard Alle à qui l’on doit le compte-rendu ci après. Je vous le propose in extenso sans l’aimable autorisation de l’auteur. La prochaine fois que je passe à Douarn, je lui paye une bière…

« S’il fallait recommencer, je recommencerais ». Sans regret, ni hésitation, Lucio raconte ses luttes, ses engagements. Né en 1931 dans le village de Cascante, en Navarre, Lucio se réfugie en France en 1954. Maçon, anarchiste, déserteur, faux-monnayeur, ce personnage rocambolesque est d’abord militant. Un militant de l’honnêteté, du devoir de créativité, de la responsabilité. Rencontre.

« Véritable légende vivante, Lucio Urtubia Jiménez était à Douarnenez pour le Festival de cinéma. Il est considéré comme le dernier specimen des « bandidos buenos » (les bons bandits). Né dans une famille pauvre, il déserte l’armée sous Franco, après avoir créé un réseau de vol de denrées et de vêtements militaires, et s’exile en France. Traqué par Interpol et la PJ, il braque des banques, puis fabrique de la fausse monnaie et des faux papiers, le tout au bénéfice de quantité d’organisations révolutionnaires à travers le monde. Il rencontre Che Guevarra et lui propose de fabriquer à Cuba des millions de faux dollars pour faire plonger l’économie américaine. Mais l’entrevue se passe mal et le projet est rejeté.

Le jour, Lucio travaille sur les chantiers comme maçon et carreleur ; la nuit, il travaille clandestinement, chez un imprimeur anarchiste. Et il fera ça pendant la majeure partie de sa vie.

Son plus haut fait d’armes date des années 80, avec la fabrication massive de travellers chèques de la Citibank, la plus grande banque du monde, pour une valeur de 20 millions de dollars. Arrêté et défendu par Roland Dumas, il refuse la proposition de la Citibank (5 ans de prison, restitution des plaques d’impression et d’une partie de l’argent). Au directeur de la banque, écœuré de devoir négocier avec un simple maçon, il dit : « C’est vous, qui êtes les bandits, pas moi. Alors, je n’irai pas en prison. Et c’est vous qui me donnerez l’argent, en échange des plaques ». Pendant ce temps, les faux travellers sont toujours fabriqués par des complices et envahissent un nombre croissant de pays. Acculé, le banquier doit se soumettre au maçon. Et l’argent ira aux mouvements politiques. De la Bande à Baader aux Tupamaros, on ne compte plus les bénéficiaires. Convaincu que jamais la jeunesse n’a été aussi libertaire dans le monde, Lucio, 81 ans, est résolument optimiste : la révolution mondiale est en marche. Et il encourage les jeunes à désobéir. Il vit au dessus le l’Espace Louise Michel qu’il a créé, à Paris, et sa porte est ouverte pour quiconque veut discuter avec lui.

A voir absolument : Lucio, le superbe documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, à nouveau projeté le samedi 25, à la MJC de Douarnenez. »

Gérard Alle.  voir son site

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Santez Anna ar Palud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour !

Voici venu le 26 juillet, 8ème jour de thermidor consacré au Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées dans l’élaboration des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Bon, maintenant, je dis ça…

Tiens, c’est la sainte Anne !

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay. Anatole Le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l’ange l’amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, la petite Marie qui s’est bien dégourdie épouse Joseph un gaillard du coin, charpentier de son état. Tout allait bien dans le ménage jusqu’à l’apparition d’un certain Gabriel et, vous connaissez la suite.  Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribuer ses biens aux pauvres.  Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l’endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l’antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d’août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d’Armorique comme disent les dépliants touristiques. J’ai dans l’idée qu’il s’agit là d’une résurgence de l’ancien culte Celte dédié à Dana la déesse-mère des Tuatha de Danann. Les publicistes évangélistes de l’époque ne reculaient devant rien pour convaincre le petit peuple. Alors, expliquer aux Bas-bretons que la grand-mère du Christ est née dans le pays Glazik… Même Séguéla il oserait pas un truc pareil.

Lpardon de Sainte Anne, pour nous autres jeunes douarnenistes, faisait partie de ces rites initiatiques qui ouvraient les portes entre l’enfance et la jeunesse. On s’y rendait en bande en suivant le littoral entre la plage du Ris et celle de Ste Anne. C’était en quelque sorte le festival des vieilles charrues de l’époque. On couchait à même les dunes et on buvait en trois jours plus de bière et de cidre qu’un moine en six mois… C’était aussi bien souvent l’occasion de connaître ses premiers émois sous le regard complice de Mamm Goz ar vretoned. Car bien évidemment c’est l’aspect profane qui déplaçait les foules, quand bien même chacun faisait mine de croire que c’était la dévotion ; y compris les parents qui nous donnaient la permission de découcher puisque c’était pour la « bonne cause ». Aujourd’hui tout cela est loin et l’évènement se limite à une sortie pour les pensionnaires des maisons de retraite…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Et voici thermidor…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour !

Nous sommes bien le jeudi 19 juillet 2012 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre. Comme disait mon aïeule, qui connaissait l’évangile de Matthieu sur le bout des doigts de pieds: regarde l’épeautre dans ton oeil avant la paille dans le mojito de ton voisin…

Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. Encore deux verres d’absinthe et il l’aurait baptisé Therminador…

La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre…Et si ma tante, oui bon. En tous cas, vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard…

Justement tiens, aujourd’hui c’est le départ de la flottille de vieux gréements de Brest, cap sur Douarnenez pour « Temps fêtes ». Je me suis déguisé en Kersauzon histoire de me glisser incognito à bord d’une chaloupe sardinière. Je vous tiendrais au courant de ce retour de noces finistérien en diable. Je triche un petit peu, la photo date déjà de quatre ans lors du passage des « Tas de pois ». Cette année il y aura encore plus de soleil. Si si !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

T’es rock coco ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du Rythm and Blues et du maquereau vin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 13 juin, 25è jour de Prairial dédié à la Tanche (c’est le moment de s’en payer une…)

Vous connaissez dorénavant ma tendresse particulière pour le saxo et ceux qui en jouent. Voici un salut tout particulier à l’un d’entre eux qui fût sans doute le premier à enregistrer un disque de Rock et dont le titre est resté dans l’histoire: « We’re gonna rock, We’re gonna roll ».

Il s’agit de WILD BILL MOORE, né à Houston au Texas en 1918, c’était un 13 juin. Il est décédé en 1983 à Los angeles.

Son tout premier disque, il l’a enregistré avec Christine Chapman qui n’était autre que la femme de Memphis Slim. On lui doit aussi d’avoir collaboré au désormais mythique « What’s Going on » de Marvin GAYE.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955. Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. Et bien, « We’re gonna rock » date lui de 1949… Sur 33t.

En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété.

Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port, à Douarnenez, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose… Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passaient Georges Perros, à peine débarqué de son invraisemblable moto, ou Yan Balinec et on se rapprochait d’eux comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait tard dans la nuit.

M…., v’la le cénobite nostalgique. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.