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DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 30 avril 2014, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 141 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 1807è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 55 ans, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre; mais il me fallait trouver une intro…

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Docteur SaxMassachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’«il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en Kerouacbanque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour !

 

C‘est donc en ce 30 avril de l’an de grâce 2011 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 600è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 

Il y a 52 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre.

 

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent.
Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.


Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez
le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Bon allez, c’est promis, pour le 1000è billet, la rédaction organisera un apéro géant dans les jardins de Keramoal (c’est une idée de ma fiancée qui assumera l’organisation) en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.