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Aimez moi, les uns les autres…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la transversalité et de la saucisse de Strasbourg réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Février 2016 (bissextile), onzième jour de Ventose (sans accent) dédié au Narcisse. L’histoire la plus détaillée (de Narcisse) est rapportée dans le Livre III des Métamorphoses d’Ovide. C’est cette version qui est la référence de la majorité des écrivains et des artistes par la suite. Dans la mythologie grecque, Narcisse est un chasseur originaire de Thespies en Béotie. Il est le fils de la nymphe Liriope violée par le dieu fleuve Céphise. Le devin Tirésias dit à Liriopé : « Narcisse vivra très vieux à condition qu’il ne voit jamais DALI Narcisseson image. » Et, ce qui devait arriver arriva: un jour, Narcisse vit son reflet dans l’eau claire d’une source, et il tomba amoureux de sa propre image. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider. Comme il se plongeait un poignard dans la poitrine, son sang s’écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge. Et, Salvador Dali peignit la métamorphose de Narcisse en 1937… Narcisse reste jusqu’au XXème siècle un individu à ne pas imiter dont l’amour propre est détestable, mais voilà, qu’en 1911, (en la personne de Sigmund Freud, avec son livre « pour introduire le narcissisme ») on  affirme pour la première fois que… s’aimer soi même est nécessaire pour l’équilibre psychologique ! C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Bien vite, Lou Andreas-Salomé, femme de lettres allemande, relève elle aussi les bons côté de Narcisse et de son narcissisme, suivit plus tard par d’autres penseurs. Et, fin XXème et début XXIème, l’amour propre « à la Narcisse » est couronné notamment par l’apparition (un peu plus tardive) des blogs et de facebook, véritables odes à ce « love myself ».

Vers la fin du XIXè siècle, il y avait du côté de La Roche-Derrien, département des Côtes du nord, un certain Narcisse Quellien à qui l’on doit une œuvre considérable en matière de collecte des textes bretons. Poète et ethnographe, il recueillait surtout les chansons populaires. Il est moins célèbre que françois-Marie Luzel dont il fut l’ami, ou De La Villemarqué (Barzaz Breiz) il nous a laissé un livre surprenant sur lela-roche-derrien-quellien-portrait-258x300 langage argotique des chiffonniers et couvreurs de La Roche-Derrien et des environs, le « Tunodo »,c’était en 1885. Le pauvre homme perdit la vie à Paris au mois de mars 1902, renversé par une voiture automobile. C’est-y pas pitié ! Le corps du Barde, inhumé provisoirement à Paris, fut ensuite, selon son vœu, transféré à La Roche-Derrien. C’est dans le petit cimetière de sa paroisse natale que, le 8 septembre 1912, on inaugura, sur la tombe du Barde trégorrois, un monument dû à la collaboration de deux artistes bretons, MM. Paul Le Goff et Yves Hernot. Des discours et des poèmes, en breton et en français, furent prononcés ou lus par MM. Charles Le Goffic, Anatole Le Braz, Théodore Botrel, François Jaffrennou, directeur d’Ar Bobl, Léon Durocher, directeur du Fureteur Breton, Yves Berthou, Eugène Le Mouël, Jahan, etc. »  Notre barde avait fait savoir qu’il souhaitait qu’un if fut planté près de sa tombe. Un siècle plus tard, l’if a été arraché, la stèle a été déplacée, sa maison a été détruite, mais…
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues…

Merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

La mala reputacion…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 20 novembre 2013, 30è et dernier jour de brumaire dédié au rouleau, sorte de herse rotative encore nommée « brise-motte ». L’envie m’est venue de souhaiter un bon anniversaire à un chanteur que j’apprécie particulièrement, autant pour son talent que pour son engagement. Paco IBAÑEZ né à Valence le 20 novembre 1934.

Son père, originaire de Valencia, était ébéniste et sympathisant anarchiste (bon sang ne saurait mentir comme disait mon aïeule qui l’avait assez vif). Paco passa sa petite enfance à Barcelone, puis la famille fut obligée de fuir vers la France à la fin de la Guerre d’Espagne,. Mais en 1940, son père est arrêté par la police de Vichy et incarcéré dans le 70251563_pcamp de concentration d’Argelès-sur-Mer comme de nombreux républicains espagnols. En 1948, la famille passe clandestinement la frontière pour retrouver le père. En 1958, une amie de Paco et de Pierre Pascal fit écouter à Salvador Dalí une maquette du disque de Paco contenant quelques chansons de Lorca et de Góngora. Après l’écoute, Dalí demanda à voir le « muchacho » qui avait enregistré ces chansons. Lorsque les deux artistes firent connaissance, ils eurent l’idée d’illustrer la pochette avec un dessin réalisé par le peintre. Ce fut ainsi que Paco initia une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques. Le voici interprétant la mauvaise réputation de Brassens.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

C’est en 1964 qu’il enregistra son premier disque mais le succès viendra un peu plus tard. À cette époque, la maison des Ibañez à Paris était un lieu de passage et d’accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels 70251641_pespagnols qui passaient par la capitale française, allaient et venaient d’exil ou faisaient de simples escapades pour respirer « un air frais ». En mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présenta son disque ainsi que le peintre Ortega qui avait réalisé les illustrations de la pochette. Dans cette émission, il chanta « La poésie est une arme chargée de futur », de Gabriel Celaya et « Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade » de Rafael Alberti. Un an plus tard, pour fêter les événements il se produisit dans la cour de la Sorbonne et devint un des symboles de la lutte des étudiants.

Après la mort de Franco il retourna vivre en Espagne, et il réside à Barcelone depuis 1994. Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la médaille des Arts et des Lettres proposée par leCapture d’écran 2013-11-19 à 10.08.18 ministre-de-la-culture-à-vie Jack Lang. Il n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des poèmes, des grands poètes espagnols ou latino-américains : Rafael Alberti, Pablo Neruda, Louis Cernuda, Antonio Machado… En décembre 2006, Paco Ibanez et Lucien Gourong (ici en photo à droite), conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont lié d’amitié en 1975, ont réalisé une grande soirée à l’Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l’Atlantique et à l’édification des bases de sous-marins dont celle de Lorient. (merci WIKI)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Ceci n’est pas un billet…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du surréalisme et des penne all’arrabbiata réunis bonjour !

Ce lundi 28 janvier 2013 nous prouve qu’irrémédiablement, on se rapproche de la fin du mois… Nous sommes le 9è jour de pluviôse, généralement dédié au Peuplier.

Comment ne pas avoir une pensée pour (et de) Pierre Dac puisque aujourd’hui nous parlons surréalisme: Un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je l’attribue à Pierre Dac mais très franchement je ne saurai l’attester. C’est peut-être bien le facteur Cheval ou le douanier Rousseau ou le sapeur Camembert ou encore, la femme du boulanger, la cane de jeanne, la famille Duraton ou le soldat inconnu. Il en va des citations comme des objets trouvés, au bout de un an et un jour vous pouvez vous les approprier.

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En tous cas, elle n’est pas de moi et, à la vérité je m’en réjouis, car elle n’est pas franchement terrible. Vous avez évidemment remarqué, DownloadedFileperspicaces lecteurs, qu’à chaque fois que j’utilise ce style amphigourique c’est que précisément, je n’ai rien à dire de particulier. S’il est un poète qui use et abuse de ce style c’est bien Michele Angelo Murgia. Voici comment il se présente lui même sur le site  atramenta « Gramsciste convaincu, j’ai exercé de nombreux métiers, y compris durant mes études: manoeuvre, garçon de ferme, serveur, encodeur, maçon, animateur, secrétaire et traducteur. Touche-à-tout, lecteur assidu, insatiable, ouvert à toutes les cultures et civilisations, obsédé par le temps qui passe, avide de tout ce qui peut nous structurer en tant qu’êtres humains, revenant toujours à mes premières amours, la philosophie, mais ouvert à toutes les sciences, ennemi-juré des superstitions de tout acabit, aimant la poésie, les jeux de mots, les contrepèteries et les oxymores… » En voici un exemple:

C’était un jour pluvieux aussi sec  qu’à Gobi

L’air était si glacé, et le soleil torride

J’avais mis mon manteau et dessus mon obi

Je transpirais de froid sur la lave sans ride

Je marchais en courant, lentement engourdi

Par le poids si léger d’un amour insipide

J’avançais, défaisant ce que j’avais ourdi

La nuit, tout en veillant, d’un sommeil impavide…

Etonnant, non ?

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 juin et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire un mot car, en vérité, ce billet a déjà deux ans…

Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN CHIEN ANDALOU…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du cinématographe et des carottes vichy réunis, bonjour!
Nous sommes le mercredi 22 février, quatrième jour de ventôse dédié au troêne.

Luis Buñuel est né dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher».En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon…Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure Vicomtesse de Noailles , les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme.Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel).Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait, (plus haut à droite), où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie.Buñuel se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement.  Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet du 16 février) adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

…………………………….

Et bien voila pour ce mercredi avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscon, hermétique, surréaliste et subjugant tout à la fois. Allez, à vos cassettes…Portez vous bien et à demain peut-être.

LA MAUVAISE REPUTATION…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de

Nous sommes le 20 novembre, 30è jour de brumaire dédié au rouleau, sorte de herse rotative encore nommée « brise-motte ».

L‘envie m’est venue de souhaiter un bon anniversaire à un chanteur que j’apprécie particulièrement, autant pour son talent que pour son engagement. Paco Ibanez né à Valence le 20 novembre 1934.

 

Son père, originaire de Valencia, était ébéniste et sympathisant anarchiste (bon sang ne saurait mentir comme disait mon aïeule qui l’avait assez vif). Paco passa sa petite enfance à Barcelone, puis la famille fut obligée de fuir vers la France à la fin de la Guerre d’Espagne,. Mais en 1940, son père est arrêté par la police de Vichy et incarcéré dans le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer comme de nombreux républicains espagnols.

En 1948, la famille passe clandestinement la frontière pour retrouver le père. En 1958, une amie de Paco et de Pierre Pascal fit écouter à Salvador Dalí une maquette du disque de Paco contenant quelques chansons de Lorca et de Góngora. Après l’écoute, Dalí demanda à voir le « muchacho » qui avait enregistré ces chansons. Lorsque les deux artistes firent connaissance, ils eurent l’idée d’illustrer la pochette avec un dessin réalisé par le peintre. Ce fut ainsi que Paco initia une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques.

C’est en 1964 qu’il enregistra son premier disque mais le succès viendra un peu plus tard. À cette époque, la maison des Ibáñez à Paris était un lieu de passage et d’accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels espagnols qui passaient par la capitale française, allaient et venaient d’exil ou faisaient de simples escapades pour respirer « un air frais ». Le voici interprétant la mauvaise réputation de Brassens.

En mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présenta son disque ainsi que le peintre Ortega qui avait réalisé les illustrations de la pochette. Dans cette émission, il chanta « La poésie est une arme chargée de futur », de Gabriel Celaya et « Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade » de Rafael Alberti. Un an plus tard, pour fêter les événements il se produisit dans la cour de la Sorbonne et devint un des symboles de la lutte des étudiants.

Après la mort de Franco il retourna vivre en Espagne, où il vit à Barcelone depuis 1994.
Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la médaille des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la culture à vie Jack Lang. Il n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des poèmes, des grands poètes espagnols ou latino-américains : Rafael Alberti, Pablo Neruda, Louis Cernuda, Antonio Machado

En décembre 2006, Paco Ibanez et Lucien Gourong, conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont liés d’amitié en 1975, ont réalisé une grande soirée à l’Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l’Atlantique et à l’édification des bases de sous-marins dont celle de Lorient. (merci WIKI)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

DETACHE MAIS PAS INDIFFEREND…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
du surréalisme et de la dure réalité réunis, bonjour !


Si je
vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi
songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je
vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la
croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le
violon d’Ingres.


Man
RAY
donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à
Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre
les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York
avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la
forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada
ne peut pas vivre à New York ».

En
juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente
aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard,
Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne
tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse.
Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser
beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est
en 1925 que ses oeuvres seront présentées lors de la première
exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean
Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu !

Ami
des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son
troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur
villa de Hyères (1929). Il avait tourner auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924).

Pendant
trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940
il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de
Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood
il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la
peinture.

Il va
rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du
collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de
Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché
mais pas indifférend
.

A l’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


QUAND IL EST NE LE POETE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! J’avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en dire un mot.



Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent de la musique et du folklore gitans, plus particulièrement du flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…


Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.


La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L‘influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des membres de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher… Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

 

Hopala, Chapalain ! Attention à ne pas te prendre au sérieux…Ici c’est un blog, juste un petit blog, histoire de se faire plaisir et de se souvenir que dans la vie il n’y a pas que le CAC 40, et les amours de Carla…

Allez,merci de votre visite, si vous repassez par « les cénobites tranquilles », venez avec un ami, portez vous bien et à demain peut-être.

LUIS BUNUEL…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Luis Buñuel est né dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher».En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon…Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure Vicomtesse de Noailles , les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme.Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel).Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait ici à gauche, où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie. Buñuel se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement.  Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet du 16 février) adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

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Et bien voila pour débuter la semaine avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscon, hermétique, surréaliste et subjugant tout à la fois. Allez, à vos cassettes…Portez vous bien et à demain peut-être.