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Les martyrs de Prairial…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis des calendes grecques et du far breton (pléonasme) réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 20 mai 2012 qui correspond au premier jour de Prairial du calendrier républicain. Bon, force est de constater que les dames du calendrier républicain sont plus « gironde » que celles du calendrier Pirelli. En vérité, ce premier Prairial de l’an III restera une date de triste mémoire comme tant d’autres durant cette période agitée. Oyez l’histoire de ceux là que l’histoire désignera comme les derniers Montagnards

Exacerbée par la crise sociale, la famine et le chômage, exaltée par la répression et la persécution menées contre les militants sectionnaires à la suite des journées de germinal an III, une foule de femmes et d’hommes envahit la salle de la Convention le 1er prairial an III (20 mai 1795) et réclame « du pain et la Constitution de l’an I (1793) » jamais appliquée.

Quelques députés de la « Crête », la minorité montagnarde, appuient et organisent les revendications des insurgés. Mais Boissy d’Anglas alors président de la Convention résiste passivement aux injonctions et refuse de signer les décrets que les députés montagnards lui présentent. Finalement, la Convention est délivrée dans la nuit par la garde nationale, et les insurgés se retirent sur des promesses qui ne seront jamais tenues. Quelques jours plus tard la répression judiciaire se met en place, et six des députés montagnards ayant participé à l’insurrection sont arrêtés, expédiés au château du Taureau en baie de Morlaix (photo de gauche) et finalement condamnés à mort. Ces derniers se poignardent au sortir du tribunal : Romme, Goujon et Duquesnoy tombent morts, Bourbotte, Duroy et Soubrany seront achevés par la guillotine. Ce sont les « martyrs de prairial » ici représentés par Ronot presque un siècle plus tard (1882). Alors, le mois prochain, au moment de choisir vos députés, rappelez vous de ce mois de prairial de l’an III.

En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.