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A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 08 novembre 2019, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci : » Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, Tremeur-300x200des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts d’Arrée, eurent autant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué,et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hableur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont menhirretrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ici à gauche. Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avant Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton. Bon c’est vrai, Conomor c’était pas vraiment un marrant, il assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils.Lorsque Trifin donna naissance à Tréveur, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Tréveur aurait pris sa tête entre ses mains et ses jambes à son cou et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère. Il a, depuis, bien entendu trouver sa place dans la vallée des saints de Carnoët (la photo est de Bruno le Lay que vous pouvez retrouver sur son blog). Quand à la maman, elle a laissé son nom à la charmante commune de Sainte-Tréphine, commune proche de St Nicolas-du-Pelem (22). Etonnant, non !

Allez savoir pourquoi, ce matin je me suis éveillé avec une envie irrépressible d’écouter Jacques Bertin. Je vous fais partager cet indicible plaisir de la poésie portée par cette magnifique voix.

Merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.