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Tel Aviv sur Seine…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la libération sexuelle et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour !  Petit à petit, on se rapproche de la mi-août, la preuve on est le mercredi 12 2015, 25è jour de thermidor dédié à la loutre. Fabre d’Églantine, en élaborant son calendrier républicain, ne se doutait pas que deux siècles plus tard la loutre aurait pratiquement disparue de nos contrées. Heureusement il en reste quelques unes, notamment en Alsace et en Bretagne où elles sont bien protégée.

Savez vous planter les choux chantait mon aïeule… Et les échalotes aurait-elle pu ajouter ! Pourquoi les échalotes vous entend-je balbutier? Et bien parce que c’est un 12 août en 1099, peu après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon).les-johnnies
De cette ville, les croisés ramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon (60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille.

Tiens justement, à propos d’Israël, le premier ministre israélien a annoncé la construction de nouveaux logements en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Bref, la colonisation continue et s’intensifie. Par colonisation, on entend la construction d’habitations civiles dans les territoires occupés ou annexés par Israël depuis 1967. C’est l’une des principales logementspierres d’achoppement dans les négociations de paix israélo-palestiniennes, au point mort depuis 2014. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a rappelé que « les colonies étaient illégales au regard du droit international et étaient un obstacle à la paix ». Ces décisions « sont contraires à l’intention affichée par le gouvernement israélien de rechercher une solution à deux États », a-t-il ajouté, en exhortant Israël « à revenir sur sa décision dans l’intérêt de la paix et d’une solution juste » au conflit israélo-palestinien. Même ton à l’Union européenne où l’on constate que ces mesures « mettent en question l’engagement du gouvernement de négocier une solution à deux États dans le processus de paix au Moyen-Orient ». Le partisan de la colonisation, Naftali Bennett, par ailleurs ministre de Paris plagel’Éducation, lui-même ancien leader des colons de Cisjordanie, s’est félicité de l’annonce des nouveaux logements dans les colonies. « Cette décision est une réponse sioniste. C’est de cette manière que nous allons construire notre pays », a-t-il déclaré dans un communiqué. Comme d’habitude la communauté internationale joue les indignées mais surtout, on ne touche à rien et, au passage, on invite l’Etat Hébreu à se mettre en maillot de bain à Paris-plage… En effet,  l’opération « Tel-Aviv sur Seine », organisée le 13 août dans le cadre de Paris Plages aura bien lieu malgré les protestations.
Mais, nom d’un petit bonhomme, dans quel monde vivons nous… Allez essayez de bien vous porter et, à demain peut-être.

Les ogres de barbarie…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’oxymoron et du pudding aux carottes réunis, bonjour! Nous sommes le samedi 29 novembre 2014, 9è jour de frimaire dédié au genièvre. Cette boisson à base d’alcool de grain était très consommée au siècle dernier notamment dans 220px-La_maison_du_peketle Nord de la France. Au Québec cette boisson est appelée gros gin…d’où l’expression gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole! C’est l’effet du genièvre. Nos amis belges eux, disent Peket: Le mot peket signifie « piquant » en vieux wallon. Il provient sans doute du mot wallon « pèke » qui, dans certaines régions de Wallonie, signifie baies de genévrier. Il s’agit en fait d’un alcool fabriqué à base d’eau-de-vie de grains (orge maltée, blé, seigle, parfois avoine) aromatisée à l’aide de baies de genévrier. Il existe d’ailleurs à Liège, une maison du Peket.

Je méditais dernièrement sur le qualificatif de « barbare » régulièrement employé pour qualifier les actes du soit disant Etat Islamique au Levant (DAESH) ou encore des représentants en boucherie de Boko-Haram. Il y a quelques décennies, les barbares étaient d’un autre camp. Tenez, par exemple, il y a exactement 150 ans, de l’autre côté de l’Atlantique. Le massacre de Sand Creek est un évènement des guerres SandCreek_Posterindiennes aux États-Unis qui s’est produit le 29 novembre 1864, lorsque la milice du territoire du Colorado a attaqué un village de Cheyennes et d’Arapahos installé sur les plaines orientales (à l’est des montagnes Rocheuses). Le colonel John Chivington et ses 700 cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. Au terme des combats, près de 150 Amérindiens furent massacrés. Selon les termes du traité de Fort Laramie de 1851, conclu entre les États-Unis et sept tribus amérindiennes dont les Cheyennes et les Arapahos, le gouvernement des États-Unis reconnaissait à ces dernières la propriété d’un vaste territoire englobant les terres comprises entre les rivières North Platte et Arkansas et s’étendant depuis l’est des montagnes Rocheuses jusqu’à l’ouest du Kansas. Cette région incluait ce qui forme aujourd’hui la partie sud-est du Wyoming, le sud-ouest du Nebraska, la plupart de la région sud-est du Colorado, et l’extrême ouest du Kansas. Cependant, la découverte d’or en novembre 1858 dans les Montagnes Rocheuses du Colorado, conduisit à la ruée vers l’or de Pikes Peak. Les autorités territoriales du Colorado firent pression sur les autorités fédérales afin que soient redéfinies les limites des terres indiennes.

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Le 18 février 1861, six chefs Cheyennes du sud et quatre Arapahos signèrent le traité de Fort Wise avec les États-Unis, par lequel ils cédaient la plupart des terres qui leur avaient été concédées par le traité de Fort Laramie. Les chefs Cheyennes étaient Black Kettle, White Antelope, Lean Bear, Little Wolf, Tall Bear et Left Hand; les Arapahos Little Raven, Storm, Shave-Head, et Big Mouth. La nouvelle réserve, qui représentait moins d’un treizième de celle concédée en 1851, était située dans l’est du Colorado entre les rivières Arkansas River et Sand Creek.  Les Cheyennes opposés au traité  soldat bleuprétendaient qu’il avait été signé par une petite minorité de chefs sans le consentement ni l’approbation des autres tribus, que les signataires n’avaient pas compris ce qu’ils signaient, et qu’ils avaient été corrompus par une large distribution de cadeaux. Après plusieurs années de conflit entre blancs et indiens dans le Colorado, une troupe d’environ 800 Cheyennes et leur chef Black Kettle se rendent à Fort Lyon afin de négocier un accord de paix. En compagnie d’indiens Arapahos commandés par le chef Left HandIls, ils s’installent ensuite dans un campement à Sand Creek.

En novembre 1864, partant de Fort Lyon, le colonel Chivington et 800 hommes mènent un raid sur le campement indien. Dans la nuit du 28 novembre, les soldats et miliciens s’enivrent aux alentours du camp. Le lendemain matin, Chivington ordonne à ses troupes d’attaquer.  Sans égards pour le drapeau des États-Unis flottant sur le camp, ni pour un drapeau blanc qui est brandi peu après les premiers coups de feu. Les soldats de Chivington massacrent la plupart des indiens présents, souvent désarmés.  Les estimations des pertes indiennes sont de 150 à 200 morts, principalement des femmes et des enfants. Bon nombre des cadavres sont chargemutilés, et pour la plupart ce sont des femmes, des enfants et des vieillards. Chivington et ses hommes coiffent leurs armes, leurs chapeaux et leur équipement de scalps et différents morceaux humains, y compris des organes génitaux, avant d’aller afficher publiquement ces trophées de bataille à l’Apollo Theater et au saloon de Denver. Plus tard, Chivington sera condamné pour sa participation à ce massacre, mais il a déjà quitté l’armée, et l’amnistie générale qui succède à la guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui. Toutefois, un juge de l’armée déclare publiquement que Sand Creek est « une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l’indélébile infamie, et de honte et d’indignation le visage de chaque américain. » L’indignation publique est intense face à la brutalité des massacres et la mutilation des cadavres, et aurait peut-être incité le Congrès des États-Unis à rejeter l’idée d’une guerre généralisée contre les Indiens du Midwest. Peut-être avez vous vu le magnifique film de Ralph Nelson Soldat bleu (1971) qui fait explicitement référence à cet épisode.

Voilà, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Vous avez dit: Jules Ferry…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, HUMEUR

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Amis de l’histoire en marche et de l’apple strudel réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 15 mai 2012 et le nouveau président de la République va, aujourd’hui, 26è jour de Floréal dédié au Fusain, rendre hommage à Jules Ferry… Bonne idée ? Je n’en suis pas certain.

 

Nous sommes le 28 juillet 1885. Alors que l’Assemblée Nationale est écrasée par une forte chaleur, Jules Ferry fait son retour à la tribune. Jusqu’en mars dernier, il était président du conseil et ministre des Affaires étrangères. Aujourd’hui, il va donner un discours sur la colonisation… Il explique que la France s’est bien portée des colonisations précédentes, faites un peu par hasard. Il développe par la suite trois arguments en faveur de la poursuite des colonisations.

Le premier est économique. Selon lui, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché. « Les traités de 1860, dit-il, ont transformé et activé la production industrielle en France. L’industrie française ne peut plus se passer d’exportations ; or tandis que les nécessités d’exportations s’imposaient à nous, l’Allemagne s’entourait de barrières, les Etats-Unis se défendaient contre l’immigration des produits d’Europe, partout les traités de commerce devenaient de plus en plus difficiles à négocier et à conclure. » Tiens, tiens…

Le deuxième argument est celui relatif à la liberté des populations concernées. Ses réponses sont stupéfiantes. « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… » « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… » « De nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation. » Les citations sont extraites du compte-rendu des débats paru au journal officiel.

Comme il avait voulu éduquer les enfants français par l’école obligatoire, Jules Ferry voulait éduquer les peuples qu’il considérait comme inférieur par la force. L’opposition faisait remarquer à juste titre que ce que la République proposait, c’était la guerre, la guerre à des gens qui n’avaient rien demandé, et dont on n’était même pas sûrs qu’ils étaient si inférieurs que ça.

Si ce discours de Jules Ferry est resté célèbre, la réponse qui lui fit faite par son ennemi juré Georges Clemenceau deux jours plus tard l’est encore davantage. « Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures… Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie. »

Tout bien pesé, le bilan politique de Jules Ferry est, à mes yeux, plutôt négatif et le culte dont il est l’objet aujourd’hui ne me semble pas justifié. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.