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Les girondines II…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le samedi 21 mars 2015 et pour le calendrier républicain, c’était le premier jour de Germinal encore nommé: jour de la primevère… Les calendriers de cette calendriersépoque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétablit le 1er janvier 1806.

Bel enchaînement pour vous rappeler que tous les 21 mars, les aficionados du nanar célèbrent la naissance de Russel Albion Meyer, dit Russ Meyer, le créateur des super vixens qui n’avait rien de révolutionnaire mais les aimait girondes lui aussi…. Réalisateur et photographe, il a fait ses classes en accompagnant les super vixenstroupes américaines lors du débarquement. Il mis les pieds en Europe à Omaha beach le 6 juin 44 et il entrera à Paris avec la 2ème DB de Leclerc le 25 août. Certaines de ses prises de vue seront utilisées 25 ans plus tard dans le film Patton de Franklin J. Schaffner. Après la libération de la capitale française, il fonce vers l’Est avec l’armée de Patton, participe à la bataille des Ardennes, pénètre en Allemagne en février 1945 où il photographie les camps de concentration avant d’atteindre la Tchécoslovaquie.

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Une fois démobilisé, il va très vite se spécialiser dans l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. A la fin des années 70 il va produire toute une série depuis Super Vixens jusqu’à Ultra Vixens en passant par Méga Vixens. Il est mort à Hollywood en 250px-MotorpsychoPoster-193x3002004 en laissant le souvenir impérissable d’un roi de la série B. Les films de Russ Meyer se distinguent des films pornographiques traditionnels par une volonté subversive. Dans une Amérique puritaine, il se plaît à provoquer la censure et à pourfendre les valeurs morales chrétiennes, au premier rang desquelles la famille et le mariage, en faisant l’apologie des perversions sexuelles et de l’homosexualité ainsi qu’en montrant crûment des scènes de violence. Il concourt à « l’insurrection artistique » qui aboutira à l’abrogation du code Hays en 1966 qui soumettait l’industrie du cinéma aux exigences de la morale judéo-chrétienne.

Voilà qui nous change de nos sérieux et graves militants anarcho-syndicalistes mais, comme le disait mon aïeule, il faut de tout pour faire un monde et, ajouterais-je… Pour faire un blogue ! Sur ces considérations qui nous éloignent un peu de cette actualité déprimante, je vous laisse vaquer à vos occupations. Merci mille fois d’avoir pris un peu de temps pour visiter « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.

C’était un p’tit gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 26 janvier 2015, 7è jour de pluviôse briquetdédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. J’en possédais un mais c’était surtout pour jouer le personnage du vieux breizhou…

Le 26 janvier 1924, naissance de Dante Sauveur Armand GATTI (dit Armand GATTI), à Monaco. Écrivain, cinéaste et dramaturge libertaire, auteur de plus de 40 pièces de théâtre.
Fils d’Augusto Gatti (1893-1939) balayeur anarchiste et d’une franciscaine. Armand fait des études au petit séminaire à gatti_armand_ecCannes, puis au lycée de Monaco d’où il se fait renvoyer. Il prépare son baccalauréat en effectuant des petits boulots parmi lesquels « sous-diacre » et crée sa première troupe de théâtre. En 1942, Armand s’engage dans la résistance et part dans le maquis en Corrèze. Arrêté en 1943, il est condamné à mort à Limoges, mais il est finalement déporté dans un camp de travail en Allemagne, à Lindemann, près de Hambourg, d’où il s’évadera. Il rejoint l’Angleterre, où il s’engage dans un régiment de parachutistes puis participe à la Libération d’Arnheim (Pays-Bas).

En 1945, il entre d’abord comme journaliste au « Parisien Libéré ». Devenu grand reporter, il effectue de nombreux voyages à travers le monde qui l’amènent à rencontrer : Fidel Castro, Ernesto Guevara, où encore Mao Tsé-Toung. Il reçoit le prix « Albert Londres »en 1954, avant de se consacrer au théâtre avec les encouragements de Jean Vilar, et au cinéma. En 1960, il réalise le film « L’Enclos ». En 1962, sa pièce « La vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. » est montée au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. En 1963 son film « El otro Cristobal » marker_gatti_vierny_tournage_lettre_de_siberie-cdrreprésente Cuba au festival de Cannes et obtient le prix de la critique. Une partie de son œuvre a pour thème la résistance et la déportation. Sa pièce « La passion du général Franco », écrite en 1965, sera interdite en France en 1968, sous la pression de l’Espagne Franquiste. Ici on le voit en compagnie de Chris Marker à l’occasion de son film Lettre de Sibérie.

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En 1966, il fait la mise en scène de « Chant public devant deux chaises électriques » (Sacco-Vanzetti). En 1969, il s’installe à Berlin où il monte « L’interdiction de la passion du général Franco » qui sera suivie par de nombreuses autres pièces. En 1975, il est de retour en France où il poursuit sa création théâtrale. En 1980, sortie des premières versions de « La Parole errante » confrontation des trajets de tous les Gatti ayant existé, avec l’histoire, l’utopie et l’écriture. En 1983, à armand_gattiToulouse, il prend (pour trois ans) la direction de « L’Atelier de création populaire, l’Archéoptéryx ». En 1986, au Théâtre du Monument National à Montréal (Canada), il réalise la mise en scène de son texte « Opéra avec titre long », puis il dirige l’écriture de « Ulrike Meinhof » à Vienne (Autriche). En 1987, il installe, avec sa compagne Hélène Chatelain, « La Parole Errante » à Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui devient un centre international de création. A noter qu’Hélène Chatelain qui est aussi cinéaste, comédienne, écrivaine et traductrice a réalisé un film sur Makhno en Ukraine « Nestor Makhno, un paysan d’Ukraine » (1995). Gatti joue son propre rôle dans le film d’Agnès Varda: Salut les cubains. extrait vidéo ci-dessus.
Armand Gatti a reçu de nombreux prix et distinctions pour son œuvre impressionnante. Une bibliothèque de théâtre porte son nom à La Seyne-sur-Mer. Sources:

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Mort d’un honnête homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 06 janvier 2015 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, dans le breton merl, maerl qui a donné par emprunt merl, puis maërl, maërle. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner ! Et puis merde, je viens d’apprendre la disparition de ce vieux René et cela me fait de la peine…

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Auteur d’un des films les plus importants sur la guerre d’Algérie, Avoir vingt ans dans les Aurès, prix de la critique internationale au Festival de Cannes en 1972, le cinéaste René Vautier est mort, dimanche 4 janvier, à l’âge de 86 ans en ReneVautierBretagne. René Vautier est né le 15 Janvier 1928 à Camaret-sur-Mer dans le Finistère. Il s’engage dans le maquis à l’âge de 16 ans puis intègre l’IDHEC à la libération sous l’impulsion de ses camarades de combat. A 21 ans, il est engagé par la Ligue de l’enseignement pour montrer la vie en Afrique Occidentale française.

Scandalisé par la violence coloniale, il entre en conflit avec les officiels français et décide de montrer ce qu’il voit. Ce qu’il arrivera à sauver du résultat de ses tournages s’intitulera Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anti-colonial français. Cet anticolonialisme ne le quittera jamais et, en 1957, il part en Algérie filmer la guerre 2012_afrique50_posterd’indépendance du côté des algériens, installé dans le maquis du FLN. En 1972, il tourne Avoir 20 ans dans les Aurès, l’un de ses films les plus connus et fiction autour d’un groupe de pacifistes mobilisés en Algérie toujours et confrontés à l’horreur de la guerre coloniale. Brest, 1950. Sur les chantiers de la reconstruction, les ouvriers sont en grève. Face à l’intransigeance patronale, les manifestations s’intensifient, jusqu’à ce que le 17 avril, la police tire sur la foule, tuant un homme. René Vautier, cinéaste, filme alors la colère de ses camarades, leur soif de justice et leur solidarité. Kris et Davodeau en ont fait une BD.
Beaucoup de ses films ont disparu, comme la plupart des témoignages d’algériens reconnaissant formellement le lieutenant Le Pen comme leur tortionnaire, qu’il rendra publics en 1988, dans A propos de l’autre détail. Quelques temps plus tard, René Vautier retrouvera ses archives détruites à la hache… Il ne cessera de s’engager, caméra au poing, aux côtés des opprimés de la terre entière et ne manquera pas en tant que cinéaste-témoin, les premières heures d’aucune des grandes luttes de la seconde moitié du 20ème siècle : anti-coloniales, anti-apartheid, féministes, sociales, écologiques…

René Vautier représente l’archétype du cinéaste engagé, l’exemple héroïque de son courage intellectuel et physique a kris et davinspiré nombre de réalisateurs et techniciens. La nature militante de son cinéma s’appuie d’une part sur une rigueur plastique, capable de faire au présent immédiat l’hommage de sa grandeur épique, et de l’autre sur une constante inventivité formelle, qui l’ont aidé à surmonter en toutes circonstances les difficultés pratiques liées à son œuvre « d’intervention sociale ». Son slogan pourrait être, selon ses propres termes : « écrire l’histoire en images, tout de suite ! » Nicole Brenez
« Parmi les jeunes diplômés de l’IDHEC, le Breton René Vautier tranche à la fois par son allure et ses convictions, il pense visiblement que lorqu’un mur se dresse sur la route de ce qu’il veut montrer, la seule solution consiste à foncer dans le mur, caméra au poing et tête en avant. Une tête de Breton, les murs n’ont qu’à bien se tenir. »
Georges Sadoul, 1951. Lire aussi l’excellent billet que Rem* lui avait consacré il y a un an.

Allez, merci à vous de passer par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Une grande voix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 17 décembre 2014, c’est le 27è jour chêne liègede frimaire dédié au Liège. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, la tempête Salazar s’était calmée elle aussi; les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…
Cette année là, on découvrait une grande dame qui jouait Ubu à l’opéra d’après Jarry au festival d’Avignon, dans une mise en scène de Georges Wilson. Elle s’appelait Anna Prucnal. Anna Prucnal est née le 17 décembre 1940 à Varsovie, Pologne. C’est une actrice et chanteuse française d’origine polonaise. Son père, chirurgien d’origine paysanne, juif et tzigane, fut assassiné par les nazis. Sa mère, de grande noblesse, Prucnaldescendante de Stanislas Leszczyński, élève donc seule ses deux filles. Après des études de piano et de chant lyrique, Anna Prucnal commence sa carrière d’actrice au Théâtre Satirique Étudiant (STS), foyer de contestation intellectuelle à Varsovie. À vingt-deux ans elle débute au cinéma, et devient tout de suite populaire. Arrivée en France à trente ans par amour pour Jean Mailland et enceinte de son fils Pierre, elle entame une seconde carrière essentiellement théâtrale dont beaucoup de pièces de Bertolt Brecht. « …Alors, elle se met en route. Et depuis, elle joue, écrit, chante, vibre en cinq continents. Avide, assoiffée, insatiable, elle explore, recherche… Anna rit. Anna pleure. Vivre. Survivre. Passionnément. Et puis, il y aura Jean. Et puis, il y aura Piotr. Anna Amoureuse, Anna Mère. Mais par dessus tout, Anna Femme. Infiniment… Elle nous offre ses blessures, ses cris, ses joies, son étoile à mille branches, avec une générosité grande comme ce monde qu’elle arpente, gourmande. Elle, l’épouse d’un instant. »

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À chaque rencontre avec le public, c’est le prodige: elle se livre, se délivre, se donne, entière, comme si c’était la pour première et pour la dernière fois. Anna Aujourd’hui. Plus que jamais. Anna La Vie. Elle travaille avec des metteurs en scène importants comme : Jorge Lavelli, Georges Wilson, Roger Planchon, Jean-Louis Barrault, Marc’O, Petrika Ionesco, Lucian Pintilie, Jacques Lassalle… Elle tourne aussi dans plusieurs films dont « Sweet Movie » de Dušan Makavejev, film qui la cité 2provoquera son interdiction en Pologne pendant quinze ans.
En 1978 elle commence une nouvelle carrière en tant que chanteuse, son récital Rêve d’Ouest-Rêve d’Est la fait connaître du grand public, d’abord à Paris au théâtre de la Ville puis en Belgique au théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, où elle est accompagnée aux pianos par Oswald et Nicole d’Andrea, dans une direction artistique du belge Marc Lerchs.
À l’Olympia de Paris, elle reçoit alors le « Premier Prix à la Vocation Artistique » décerné par le Club des Onze, une association créée par Bruno Coquatrix et composée de personnalités du monde artistique dont Jean Wiener et Georges Auric. Elle tourne dans La Cité des Femmes de Federico Fellini en 1980. Ses spectacles font le tour du monde, et elle pourra enfin retourner à Varsovie en 1989… pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. En 2002, elle a écrit un livre de souvenirs Moi qui suis née à Varsovie. En 2014, elle est Chevalier des Arts et des Lettres.Sources:ICI et ICI

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Atmosphère, atmosphère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Nous sommes donc le mercredi 06 novembre 2013, c’est vous dire comme les choses vont bon train. Hier encore, oui bon, n’en parlons plus. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Aujourd’hui donc, une pensée pour Henri JEANSON, journaliste, pamphlétaire, dialoguiste de cinéma et pacifiste libertaire. Faut-il rappeler qu’il était satrape du collège de pataphysique. C’est à lui que l’on doit le fameux dialogue entre Louis Jouvet et Arletty : « Atmosphère… atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça vas-y tout seul à La Varenne… » Il est mort le 6 novembre 1970, à Équemauville, près de Honfleur (Calvados), France.
69789115_pFils d’un professeur, il naît le 6 mars 1900, à Paris. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné » etc.
Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937, « L’Entrée des artistes » et « Hôtel du Nord » en 1938, etc.


Antimilitariste, ses articles publiés dans le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et sa signature du tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate », lui vaudront d’être arrêté le 6 novembre 1939, à Meaux (où il avait pourtant répondu à l’ordre de mobilisation). Le 20 décembre 1939, il est condamné par un tribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu69789139_p par diverses personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. Durant l’occupation, il tente de faire sortir un journal indépendant « Aujourd’hui », mais début 1941, il est arrêté et emprisonné par les Allemands. Libéré, il restera dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste (au « Crapouillot », au « Canard enchainé », à « Combat », à « l’Aurore ») et de dialoguiste pour le cinéma « Boule de suif »(1945), etc. On lui doit aussi cette maxime, oh combien d’actualité:  » en ces temps où tout augmente, seule la liberté diminue. » Sources. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Un homme est mort…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 17 avril 2013. Le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un événement qui n’est, somme toute, pas si lointain. 

En 2010, à l’occasion du soixantième anniversaire de cet événement, 71677225_pj’avais commis ce billet mais, considérant le nombre de nouveaux lecteurs qui ont rejoint ce blog, je vous le repropose aujourd’hui. Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche. 

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A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier (à droite) qui venait de terminer Afrique 5O un brûlot dénonçant la politique coloniale, est71677271_p appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la
89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau - Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense                                                          Que ses bras ouverts à la vie                                                                                 Un homme est mort qui n’avait d’autre route                                                           Que celle où l’on hait les fusils                                                                                Un homme est mort qui continue la lutte                                                             Contre la mort contre l’oubli.

Les Goristes, groupe de chanteurs brestois en on fait une chanson. Aujourd’hui, 60 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent 51944730_penfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien,(à droite) figure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe. Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales… Aujourd’hui, banksters et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patres, on va le faire bosser jusqu’à ses 70 balais.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Orphelins d’Emmanuelle…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du septième art et du pop-corn réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 20 octobre 2012, 29è jour de Vendémiaire dédié à l’orge. Je reprogramme un billet déjà paru ici même pour marquer la disparition d’une actrice néerlandaise au souvenir impérissable. A soixante balais, Emmanuelle nous a quitté…

C‘est en 1974 que paraît le film EMMANUELLE de Just Jaeckin (c’est Just son prénom !) qui va propulser Sylvia Kristel au rang de star internationale. J’en parle aujourd’hui car elle vient de nous quitter à l’issue d’une longue maladie comme on dit quand on ne veut pas prononcer le mot de cancer. C’était une petite fille très intelligente, il paraît qu’elle avait un QI de 165, ce qui lui a permis de sauter (déjà) plusieurs classes. Nous étions quelques années après 68, la libération des moeurs avait fait son chemin, l’érotisme cherchait le sien, et moi le mien dans le socio-cul! C’était avant que Canal+ n’installe le porno sur ses écrans le samedi à minuit…

 

Elle parle couramment le néerlandais, le français, l’italien et l’anglais ce qui l’aide à débuter sa carrière de mannequin à 17 ans et de devenir Miss TV Europe… Quand bien même, ce rôle va lui coller à la peau toute sa vie, elle va aussi tourner dans des films de Mocky Un cercueil n’a pas de poches, de Chabrol Alice ou la dernière fugue, de Roger Vadim Une femme fidèle et même dans René la canne de Francis Girod.

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J‘ai vraiment un faible pour les années 70, du point de vue cinématographique. Imaginez: Tristana de Bunuel en 70 – Duel de Spielberg en 71 – en 72: L’attentat de Boisset, Cabaret de Bob Fosse, Fellini’s Roma. 73: Mean streets de Scorcese, Etat de siège de Costa-Gavras, Les noces rouges de Chabrol. 74: Dupont-Lajoie, Les valseuses. 76: Un après midi de chien de Lumet. 79: Apocalypse now de Coppola… Et je pourrai rallonger la liste tant cette décennie fut féconde en chefs- d’oeuvre. J’ajouterais, autres magnifiques créations, que mes deux gars sont nés dans les années 70 et ça, c’était pas du cinéma…

Pour en revenir à notre Emmanuelle, après une vie compliquée où elle sera confrontée à la maladie, l’alcool, la drogue et la tromperie de son deuxième mari qui va la dépouiller entièrement, elle se consacre  à la peinture aux Pays-Bas et connaît semble t-il, un certain succès. En 2006 elle a publié son autobiographie sous le titre de Nue dans lequel elle raconte son calvaire. Photo de gauche, l’inoubliable et exceptionnel Alain Cuny qui lui donne la réplique dans Emmanuelle. Si vous avez l’occasion, ne ratez pas Le maître et la Marguerite d’après le roman de Boulgakov mis en scène par Petrovic. Peut-être dans une salle art et essai si il en reste..

 

Merci d’être passé par ici, je me dépêche car le samedi c’est champignons, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Ordo ab Chaos…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la France qui manifeste et du roti de porc au lait réunis, bonjour !

Ce lundi 15 octobre correspond au 24 de Vendémiaire qui est le jour de l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro Rennais dans lequel nous avons éclusé quelques chopines…

 

L‘économie est en crise, le trou de la sécu est abyssal, les caisses de retraites sont vides, bref, c’est la chienlit. Combien de fois faudra t-il vous le répéter: IL N’Y A PAS D’ARGENT… Enfin, pas pour vous.

Si vous en avez l’occasion, allez voir KHAOS film documentaire de Ana Dumitrescu. Fil conducteur de ce documentaire, Panagiotis Grigoriou, historien, anthropologue et blogueur de guerre économique, nous accompagne et partage sa perception des événements et de la situation.
Dimitris pense peut-être à partir si un jour il y est forcé alors que Demosthène discute sur la politique française. Marcy, elle, a organisé un mode de fonctionnement de crise alors que les agriculteurs ne savent pas encore s’ils pourront continuer à semer. Katherina a vu son salaire se réduire de moitié et Giorgos a vu éclater les acquis sociaux tués par le mémorandum.
A travers ces visages, vous allez découvrir une Grèce loin des clichés véhiculés, loin de l’image qu’on s’en imagine.
Du marin pêcheur au tagueur politique, au rythme du jazz et du rap, sur les routes de Trikala en passant par Athènes et l’île de Kea, c’est un voyage à travers l’âme d’un pays qui vous emmène dans une réflexion sur la situation critique de la crise actuelle. La réalisatrice n’a pas voulu de scénario préalable. Elle a procédé par immersion, voyageant dans la Grèce d’Athènes, de la province et des îles, en compagnie d’un blogueur et ethnologue francophone, Panagiotis Grigoriou. Elle a multiplié les rencontres et les interviews dans tous les milieux sociaux et dans tous les métiers : assez pour penser donner véritablement la parole au peuple grec. (visible jusqu’àu mardi 16 au St Hélier à Rennes)

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les belles dames du temps jadis…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour !

Nous voici le 18 septembre et pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétablit le 1er janvier 1806.

 

Bel enchaînement pour vous rappeler que tous les 18 septembre, les afficionados du nanar célèbrent la disparition de Russ Meyer, le créateur des super vixens qui n’avait rien de révolutionnaire mais les aimait girondes….

Réalisateur et photographe, il a fait ses classes en accompagnant les troupes américaines lors du débarquement. Il mis les pieds en Europe à Omaha beach le 6 juin 44 et il entrera à Paris avec la 2ème DB de Leclerc le 25 août. Certaines de ses prises de vue seront utilisées 25 ans plus tard dans le film Patton de Franklin J. Schaffner. Après la libération de la capitale française, il fonce vers l’Est avec l’armée de Patton, participe à la bataille des Ardennes, pénètre en Allemagne en février 1945 où il photographie les camps de concentration avant d’atteindre la Tchécoslovaquie.

Une fois démobilisé, il va très vite se spécialiser dans l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. A la fin des années 70 il va produire toute une série depuis Super Vixens jusqu’à Ultra Vixens en passant par Méga Vixens. Il est mort à Hollywood en 2004 en laissant le souvenir impérissable d’un roi de la série B.

Les films de Russ Meyer se distinguent des films pornographiques traditionnels par une volonté subversive. Dans une Amérique puritaine, il se plaît à provoquer la censure et à pourfendre les valeurs morales chrétiennes, au premier rang desquelles la famille et le mariage, en faisant l’apologie des perversions sexuelles et de l’homosexualité ainsi qu’en montrant crûment des scènes de violence. Il concourt à « l’insurrection artistique » qui aboutira à l’abrogation du code Hays en 1966 qui soumettait l’industrie du cinéma aux exigences de la morale judéo-chrétienne

Voilà qui nous change de nos sérieux et graves militants anarcho-syndicalistes mais, comme le disait mon aïeule, il faut de tout pour faire un monde et, ajouterais-je…Pour faire un blogue !

Sur ces considérations qui nous éloignent un peu de cette actualité déprimante, je vous laisse vaquer à vos occupations. Merci mille fois d’avoir pris un peu de temps pour visiter « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.

 

Zéro de conduite…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la méditation transcendentale et du coq au vin réunis, bonjour!

Nous sommes le mardi 24 avril, cinquième jour de Floréal dédié au Rossignol.

Aujourd’hui, une pensée émue, et néanmoins cinéphile, pour Jean VIGO disparu trop jeune pour avoir pu donner toute la mesure de son talent..

L24 avril 1905, naissance de Jean VIGO à Paris. Cinéaste libertaire, (fils de l’anarchiste Eugène VIGO dit Miguel ALMEREYDA). Son enfance, misérable, est durement marquée par les activités de son père et ses fréquents séjours en prison. A la mort « mystérieuse » de celui-ci dans sa cellule, en 1917, (et le scandale politique qui s’en suit), Jean n’a que 12 ans, et est déjà atteint de tuberculose. C’est grâce à sa rencontre avec Lydou, fille d’un industriel polonais, qu’il peut entamer sa courte vie de cinéaste engagé.
En 1930 son premier film voit le jour : « A propos de Nice ». Il s’agit d’une virulente satyre sociale. En 1933, il tourne « Zéro de conduite ». Ce film est immédiatement interdit par la censure pour « Eloge de l’indiscipline et atteinte au prestige du corps enseignant ».

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Un autre film « Evadé du bagne », censé retracé la vie d’Eugène Dieudonné, restera en projet, et ne pourra être tourné, et c’est « L’Atalante », tournée début 1934, qui voit le jour. Jean VIGO est déjà très malade. Mais, sous des prétextes commerciaux et par peur de la censure, le film ne sortira pas dans sa version intégrale. Ah, le géantissime Michel SIMON ! La Gaumont ira même jusqu’à remplacer la musique du film que l’on devait à Maurice Jaubert par une chanson à succès de Lys Gauty « le chaland qui passe ». C’est Henri Langlois de la Cinémathèque Française qui, dans les années 50 tentera de restaurer ce qu’il restait du film.

Jean VIGO est membre de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires à partir de 1932, il continua à fréquenter les libertaires (et notamment Jeanne Humbert qui était sa « marraine laïque »).
Sa carrière de cinéaste sera stoppée par la maladie, il meurt le 5 octobre 1934, âgé seulement de 29 ans. sources:Ephéméride Anarchiste.

Voila pour ce mardi de l’entre-deux tours où chacun va chercher sa chacune. Hollande à 30%, il en manque encore 20,01 pour être élu… Mon « zéro de conduite » à moi, s’adresse aux millions de franchouillards qui ont voté Le Pen, nous rappelant une fois encore que 20% de l’électorat ne rechigne pas à se vautrer dans les vomissures extrême-droitistes que la médiacratie à largement contribué à dédiaboliser…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.