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TOULOUSE, TOUT BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 26 février 2013, autrement dit le 8è jour de Ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que cette fleur symbolise la imagestimidité, la modestie et la pudeur. Mais une autre interprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir.Tous les cruciverbistes le savent, dans la mythologie, la nymphe Io, fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

Parlons peu, parlons Blues.

Si vous aimez le Blues, vous aimez forcément BUKKA WHITE. C’est aujourd’hui le jour anniversaire de sa disparition le 26 février 1977 à Memphis, Tennessee.

 

Il est 6001f5cc86e980b8f80ea0316f5métayer et musicien à ses heures. Son style de guitare est particulièrement original, le situant entre Charlie Patton, la Country Music des années 1900-1920 et la façon hawaiienne de jouer de la guitare, souvent à plat sur les genoux en faisant glisser un tube de métal sur les cordes en accord ouvert. Ses classiques se distinguent non seulement par sa voix puissante, son jeu de guitare si particulier, mais aussi par les paroles autobiographiques pleines d’un humour dévastateur ou de sensibilité contenue. La légende veut qu’il ait donné sa première guitare à son petit cousin qui deviendra le fameux B.B. King. Une autre légende prétend que ce dernier ait acheté sa première guitare à l’âge de douze ans pour quinze dollars. A droite en photo, le jeune B.B. King.

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Alors qu’il est emprisonné à « Parchman’s Farm« , en 1939, Bukka White images-1enregistre quelques morceaux pour Alan Lomax qui travaillait alors sur le recueil de la tradition orale pour la bibliothèque du Congrès. Après sa libération, en 1940, Bukka White se rend à Chicago et enregistre douze morceaux d’une grande violence expressive, sur les thèmes de la prison, de l’isolation et de la solitude. Installé à Memphis, c’est à cette époque qu’il jouera occasionnellement avec son jeune cousin, B.B. King. Le morceau qu’on entend  dans la vidéo s’intitule justement » Parchman’s Farm Blues », enregistré en 1940.

Allez, merci d’être passé par ici; vous revenez quand vous voulez. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Je voudrais sans la nommer…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de la mélancolie au lit et du munster au cumin réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 11 novembre 2012, 21è jour de
Brumaire dédié à la Bacchante; ces nymphes qui célébraient les mystères de Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’e
lles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

Alors que beaucoup (trop) entretiennent la flamme des boucheries passées, les anarchistes ont une pensée pour leurs compagnons sacrifiés sur l’autel du capitalisme. C’est en effet, le 11 novembre 1887, à Chicago, à 11h 30 dans la cour de la prison que sont exécuté par pendaison les anarchistes August SPIES, Albert PARSONS, Adolph FISCHER, et George ENGEL. Samuel FIELDEN et Michael Schwab sont envoyés au bagne à perpétuité. Quand à Louis LINGG, il s’est suicidé la veille dans sa cellule. Avant de vous conter leur histoire, écoutons Moustaki.

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Tout a débuté le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.

Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.

Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. 

Allez, c’est pas tout, faut pas rater la commémo (humour). Portez vous bien et à demain peut-être.

Une tisane et…Au lit.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de l’aposiopèse* et de l’huile de foie de morue réunies, bonjour !

*L’aposiopèse est une brusque interruption du récit qui se signale par une typographie et une ponctuation spécifique (comme l’usage trop fréquent des points de suspension dont votre serviteur se rend volontiers coupable).

Nous sommes le vendredi 20 juillet, deuxième jour de thermidor dédié au bouillon-blanc. Une des plus anciennes plantes médicinales connues des apothicaires, herboristes et autres phytothérapeutes.

Les fleurs séchées de molène (rien à voir avec notre île du Ponant), c’est le nom de l’espèce, entrent dans la composition de la célèbre tisane des « quatre fleurs » utilisée de longue date et de nos jours encore en cas de refroidissement et de toux. Cette tisane n’a en fait des « quatre fleurs » que le nom car en réalité, elle en comprend 7 mélangées à parts égales : mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot, violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?

Le 20 juillet c’est aussi l’anniversaire de mon ainé qui le fêtera là bas de l’autre côté de la Méditerranée et à qui j’adresse tous mes voeux evel just…Il est né le même jour que Bonny B. célèbre joueur d’harmonica et chanteur de blues. Il a vu le jour en 1974 sous un arbre sacrée le Bagnan. Il passe ses premières années sous le régime de Pol Pot.

En 1978, poursuivi par les Khmers, lui et sa famille se réfugient dans la jungle près de la frontière thaïlandaise. Après trois jours et trois nuits de marche, sans manger, ils se retrouvent enfin en sécurité en Thaïlande. En mai 1998, autre point commun avec mon gars, Bonny décide de partir à Chicago à la quête du blues, « il fallait que je me rende sur place, comme en pélerinage ». Ne parlant pratiquement pas anglais, il ne se laisse pas impressionner pour autant et se retrouve « jammant » avec Louisiana Red, Buddy Guy, Jimmy Johnson, Kenny Neal, John Primer, Mc Kenzy ou Bernard Allison dans les clubs mythiques que sont le Blue Chicago, le Buddy Guy Legend’s ou le Koko Taylor. Ici en vidéo avec Dave Riley dans son club de Fribourg en 2010. Morceau que je dédicace à mon grand.

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Le 28 février 2009, Bonny B. se lance dans un pari: devenir le seul harmoniciste au monde à jouer de l’harmonica pendant 24h non-stop pour le Guinness World Records. Tout cela afin de collecter des fonds pour son école au Cambodge. Bonny B. ouvre son premier Blues Club à Fribourg où il organise des concerts de Blues avec des artistes américains.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

CA VIENT DU BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour !

Nous sommes le 28 décembre, 8è jour de nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi justement le jour de la « saints innocents »… Peut-être parce que Nobody’ innocent !

C‘est aussi la date anniversaire de la disparition d’un bluesman attachant.

Freddie KING, qui s’est vite appelé Freddy, est né et a grandi à Gilmer (Texas) en 1934, où il a appris à jouer de la guitare grace à sa mère et à son oncle. King jouait au départ du blues rural acoustique dans la veine de Lightning Hopkins dont je vous parlerai un jour.

En 1950, à 16 ans, sa famille déménage pour Chicago, où il fréquente les clubs de blues. Il y entend des musiciens tels que Muddy Waters, Jimmy Rogers , Eddy Taylor et bien d’autres. Bientôt le jeune guitariste forme son propre groupe The Every Hour Blues Boys. « C’était un colosse débonnaire, carrure de taureau, écrasant sa guitare entre les doigts noueux qui en tiraient malgré tout des sons d’une extrème pureté. »gérard Herzhaft La grande encyclopédie du blues.

King enregistre son premier 45t en 58. Syd Nathan et Sonny Thompson font signer KING et enregistre son premier simple pour ce label ‘You’ve Got to Love Her with a Feeling’, en Aout 1960. Ce titre devient un petit succès en 1961.Allez, cinq minutes de bonheur.

Le premier album de King ‘Freddy King Sings’ sort en 1961 et est suivi l’année suivante de ‘Let’s Hide Away’ et un album instrumental ‘Dance Away with Freddy King: Strictly Instrumental’. En 1961, il réalise une série d’instrumentaux (dont ‘San-Ho-Zay’, ‘The Stumble’ , et ‘I’m Tore Down’) qui deviennent des classiques du blues.(observez les deux orthographes du prénom sur les pochettes de disques)

King trouve un nouveau contrat avec Shelter Records de Leon Russell au cours de l’année 1970. Il enregistre trois albums au début des années 70 qui se vendent tous bien. Ses concerts marchent bien aussi. En 1976, il tourne aux Etats-Unis, en dépit d’une santé qui commence à décliner. Le 29 décembre 1976, à seulement 45 ans, King meurt d’un problème cardiaque.

Du blues pour terminer l’année, on peut pas trouver mieux. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Tout a débuté le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887(Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule).Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la démocratie directe et des moules frites réunies, bonjour !

 

Sans doute en ai-je déjà parlé dans ces colonnes mais, la pédagogie étant l’art de la répétition, autorisez moi à en remettre une couche. Il importe que les jeunes générations ne s’imaginent pas que le 1er mai est un héritage de Vichy ou des serristes nantais producteurs de muguet.

Tout a débuté le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.
Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.
Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887(Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule).
Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Pour terminer sur un air de fête, voici le dernier couplet de la célèbre chanson de Mac-Nab le grand métingue du Métropolitain:

Peuple français, la Bastille est détruite,
Et y ‘a z’ encore des cachots pour tes fils !
Souviens-toi des géants de quarante-huit,
Qu’étaient plus grands qu’ceuss’ d’au jour d’aujourd’hui !
Car c’est toujours l’pauvre ouvrier qui trinque ;
Même qu’on le fourre au violon pour un rien !
C’était tout d’même un bien chouette métingue
Que le métingue du Métropolitain ! (bis)

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

CA VIENT DE LA, CA VIENT DU BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’anticléricalisme respectueux et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour !

Nous sommes le 30 juillet et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Salicorne. Cela m’évoque la mer et, pour moi la mer, c’est quelque part entre Le Flimiou et la baie des trépassés en passant par Beuzec-conq, Brézellec et la roche jaune…Pour les non-initiés, cela se situe entre Douarnenez et la pointe du Raz. En tous cas, c’est là que nous allions « cueillir » plutôt que pêcher, les fameux pouces-pieds qui aujourd’hui ont quasiment disparus de nos assiettes sauf pour quelques espagnols chanceux et/ou roublards…

Coup de chapeau à BUDDY GUY.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès son plus jeune age il est influencé par John Lee Hooker et donne son premier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous parlerai un de ces jours.

En 1957 il débarque à Chicago la ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. KING (voir la vidéo).

Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon. Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va enregistrer A man and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et surtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la première partie de la tournée des Stones.C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux Etats-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition.

Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Allez voila pour le portrait du jour. C’était le 325ème billet de votre blogue favori et, ça parle pas de s’arrêter ! Portez vous bien et à demain peut-être.


SOUVIENS TOI DE L’AMOCO…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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AMOCO CADIX

 

Pour les plus jeunes, je rappelle que l’Amoco Cadiz est le nom d’un pétrolier « supertanker ». Son naufrage, au large des côtes bretonnes, en mars 1978, provoqua une marée noire considérée, aujourd’hui encore, comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire.

Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, un pétrolier de 234 000 tonnes de port en lourd construit en 1974, immatriculé au Libéria, long de 330 m et affrété par la compagnie américaine Amoco Transport, filiale de la Standard Oil, s’échouait au large des côtes bretonnes, en face du village de Portsall. Je me souviens m’être rendu sur place avec un groupe de jeunes armés de pelles et de seaux. Dérisoire !

Sur les rochers de Portsall, à environ 1,5 km des côtes. 220 000 tonnes de pétrole s’échappèrent de la carcasse du bateau et se répandirent en quelques jours, souillant 400 km du littoral breton (Finistère et Côtes d’Armor). Une panne de gouvernail a été à l’origine de cette catastrophe qui a déclenché la colère et l’indignation.

« De nombreux bénévoles ont participé au nettoyage du port, aidés de l’armée. Beaucoup d’oiseaux ont été mazoutés et parmi eux, rares sont ceux qui ont survécu. En effet, très souvent, ils plongent au milieu de la nappe de pétrole pour pêcher. Ils ne peuvent plus s’envoler et ils meurent d’épuisement. D’autres s’empoisonnent en avalant du pétrole lorsqu’il nettoient leurs plumes. D’autres, enfin, meurent de froid car le pétrole provoque une diminution de l’étanchéité de leur plumage. (récit d’une classe de Portsall) »


L‘Amoco Cadiz appartenait en effet à un gigantesque groupe américain la  » Standard Oil of Indiana  » dont le siège est à Chicago. Cette société a des activités réparties dans 40 pays et son chiffre d’affaires annuel s’élève à plusieurs milliards de dollars.
Pourtant, c’est pour quelques dollars de plus que la Standard Oil a pris le risque d’un accident de l’Amoco Cadiz : ses armateurs n’ont en effet pas jugé utile de l’immobiliser le temps d’effectuer les réparations qui auraient pu éviter la catastrophe.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait… Je crois que c’est à Marc TWAIN que l’on attribue cette maxime.

Une bande de Bretons pugnaces sous la conduite d’Alphonse ARZEL et de Charles JOSSELIN vont décider de défier le géant américain. 14 fois ils se rendront devant le juge Mac Garr à Chicago. Ce n’est que 15 ans plus tard qu’ils obtiendrons enfin les indemnités tant espérées. 40 millions de dollars (320 millions de francs) ont dû être versés par les Etats-Unis. On voit ci-contre une photo de la délégation bretonne au cours de l’un de ses nombreux voyages aux Etats Unis. Cet anniversaire méritait qu’on s’y arrête quelques instants.

Avec votre permission, je m’arrête là pour aujourd’hui. Merci d’être passé et surtout, portez vous bien. Ah oui, à demain peut-être.