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Hé, Ho, c’est l’été !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la démocratie référendaire et du poulet basquaise réuni, bonjour ! Nous sommes le Mardi 28 juin 2016, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !

L’homme du jour se nomme Gaston Couté, il est né à Beaugency, Loiret, le 23 septembre 1880. Ses parents étaient meuniers au vieux moulin des Murs. On appelait son père  « Couté des Murs », pour ne pas le confondre avec un autre Couté habitant la région. Avant le baccalauréat, il quitte l’école, qu’il détestait. Il est employé comme commis auxiliaire à la Recette générale des impôts d’Orléans, puis travaille pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Il commence àGaston-Couté-265x300 publier ses poèmes, dont certains sont composés en patois beauceron, dans des feuilles locales. Il a l’occasion de les faire entendre à une troupe d’artistes parisiens en tournée. Ayant reçu quelques encouragements, il se décide, en 1898, à monter à Paris. Il a dix-huit ans. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  « La Guerre Sociale » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre:  Il avait an tire-bouchon. Elle pouvait se chanter sur l’air de: Elle avait une jambe en bois.

 Il avait un tir’ bouchon
 Dans la poch’ de son veston
 On s’ demande où s’arrêt’ra
 L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose, l’absinthe, la privation… Il meurt vingt-quatre heures après avoir été conduit à l’hôpital Lariboisière. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la coute_recueil-191x300chanson  Pour faire plaisir au Colon. Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort ! ». Il est venu à la grand’ville, avec cent francs en poche et le reste en pur talent, y faire montre de son art. La bohème est sœur de misère et Couté débute une vie d’errance « sous la neige et sous la pluie, sans chaussures et sans presque de vêtements.  » A son arrivée, il n’a comme salaire qu’un café-crème pour réciter ses poèmes. C’est parti pour treize ans de vaches maigres même si, étrange paradoxe, il devient populaire, hantant de sa voix et de ses mots les cabarets à la mode, à Montmartre, aussi sûrement qu’il l’est à Belleville, à y déclamer ses vers aux ouvriers. Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré.

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

La butte rouge…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du calembour d’origine et du camembert de Normandie réunis, bonjour ! Voici donc le dernier jour de la dernière semaine du dernier mois de cette année 2015 qui n’en finit pas de disparaître… Dans notre calendrier républicain, c’est le 11è jour de nivôse, dédié au granit. Sauf pour les pataphysiciens pour qui le 31 Décembre 2015 est en réalité le Mardi 3 Décervelage 143 – Astu.

Je voulais terminer cette année en citant un chansonnier disparu de nombreuses mémoires. Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Non ! Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »… Ah, vous voyez. Montéhus est un chansonnier de la belle époque (il n’aurait pas tenu longtemps à France-Val-Inter), on lui MONTEHUS1doit notamment gloire au 17ème la butte rouge – Montéhus est né peu après la Commune un 9 juillet 1872 (aîné d’une fratrie de 22 enfants), il est mort en décembre 1952. Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme. A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre.

Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation pf_montehus_on_est_en_republique_02_jfpcapitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. ». C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905. Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera la butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume  en Champagne (et non la Butte Montmartre comme peut le laisser croire le premier couplet) , théâtre de violents combats sur le front de la Somme. Il est mort en 1952, oublié de tous.

Allez, portez vous bien, Je vous adresse tous mes vœux et à l’année prochaine… Peut-être.

Ce sont de drôles de types…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour  Nous sommes le samedi 01 Août 2015, 14è jour de Thermidor dédié au basilic… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers amateurs, La Bellevilloise, et fut la-muse-rougedès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc.. Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes. Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine. En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil.

En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du groupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était chansonnierscontrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du P.C. Son œuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son œuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille. Plusieurs de ces chansons avaient été publiées dans les revues Nos Chansons et La Muse Rouge (Paris, 25 fascicules de 1922 à 1934). Extrait :

PAPIERS A CUL

« Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore la-vache-enragéesur les planches à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. (à qui j’avais consacré un billet dans ces mêmes colonnes) A sa mort, le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 04 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources: Ephémérides anarchistes. Dictionnaire international des militants anarchistes

 

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A Montmartre, le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson libertaire et du kougloff réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 07 janvier 2014, 18è jour de Nivôse dédié à la pierre à chaux. Oyez chers lecteurs la belle histoire d’un gars pas ordinaire. A la demande générale, j’m'en va vous r’kaoser d’un p’tit gars de la Butte. Le 7 janvier 1887, naissance d’Henri CHASSIN à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d’un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l’uniforme militaire chez les « Zouaves », il est 60578957_penvoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte, mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s’en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il est finalement libéré après la fin de la guerre et rentre comme cheminot à la Compagnie des Chemins du fer du Nord. En 1920, il prend une part active à la grande grève du Chemin de fer, mais cela lui vaudra d’être condamné puis révoqué.

Il reprend alors des études et obtient une licence de droit, qui lui permettra de retrouver en 1923 un emploi au service du contentieux chez Dunlop. Emploi qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 1952. Mais Henri Chassin menait en parallèle une 60579055_pcarrière de chansonnier, il était auteur de poésies et de chansons engagées qu’il chantait dans les cabarets montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d’Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge ». On voit ici une reproduction d’un numéro de 1921 de « La vache enragée ». Il habitait Montmartre et était l’auteur de nombreux poèmes sur le Paris populaire et plus particulièrement les quartiers de Belleville et de Montmartre qu’il interprétait dans les cabarets de la butte et en particulier au Grenier de Grégoire. Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre il était le créateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des matinées du « Tire Bouchon ». Il était également le président des Sauvagistes et des amis de Gaston Couté. Tiens, écoutez Bernard Lavilliers:

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On retrouve son nom dans l’annuaire de la confrérie des chevaliers du taste-fesses: Membre fondateur, doyen 60579097_pd’âge,conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre, triumvir du club des hydropathes et de l’aquadémie de Montmartre. Il est vrai qu’il est en bonne compagnie puisque on y trouve aussi, Boris Vian, Léo Campion, Jean Rigaux, et tant d’autres joyeux drilles.En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie. Il est mort en 1964.

Sacré bonhomme, on va lui faire une place dans notre galerie de portraits. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’antistrophe et des huitres de Prat-ar-Coum réunies, bonjour!

Nous sommes le jeudi 03 janvier 2013, et oui, va falloir s’habituer. C’est le 14è jour de nivôse dédié au grès. Demain c’est le jour anniversaire de la naissance de Maurice MAC-NAB à Vierzon (1856).

Poète, chanteur, interprète, il fait ses débuts au cabaret des « Hydropathes » puis au « Chat noir ». Il meurt subitement à l’âge de 33 ans (tuberculose).

Il est l’auteur du fameux Métingue du Métropolitain, œuvre parodique qui deviendra pourtant un des classiques de la contestation. On trouve encore quelques vieux militants qui sont capables de l’entonner dans les noces et banquets. En voici une version interprétée par Stéphane Branger.

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Puisque nous sommes encore en période de fêtes, voici un cadeau rien que pour vous. C’est un des nombreux contes de maurice Mac-Nab.

 

« Grande, raide, sèche, jaune, édentée, parcheminée et coiffée d’un chapeau extraordinaire, l’Anglaise entra dans un bureau de poste les pieds en avant.

Elle tourna à demi la tête et dit avec une voix de brouette mal graissée :

 » Come on, Clara!  »

Clara est petite, mince, plate, rousse ; elle a des dents très longues et suit sa maîtresse les pieds en avant.

L’Anglaise demande soixante timbres-poste pour affranchir soixante lettres adressées à soixante personnes différentes.

Elle allonge cinq doigts osseux, saisit les timbres et répète :

 » Come on, Clara!  »

Clara fait demi-tour avec la grâce d’une locomotive.

Droite, les talons joints et les bras pendants, elle lève les yeux au ciel, entrouvre la bouche et tire la langue!

Alors l’Anglaise, grande, raide, sèche et jaune passe successivement les soixante timbres-poste sur la langue de Clara, petite, mince, plate et rousse, et les applique un par un d’un coup sec sur les soixante lettres adressées à soixante personnes différentes.

Puis elle se dirige vers la porte en disant encore une fois :

 » Come on, Clara!  »

Toutes deux disparaissent comme des ombres, les pieds en avant.

Dernièrement, j’ai rencontré la pauvre Clara, toujours petite, mince, plate et rousse, mais elle avait les lèvres collées et ne pouvait plus ouvrir la bouche. » Étonnant, non ?

On lui doit aussi la « thèse pour le doctorat du mal aux cheveux et de la gueule de bois », très utile en ces lendemains de ripaille. Bref, le genre de gars avec qui on ne devait pas s’ennuyer. Il appartenait à une famille d’origine écossaise. Son arrière-grand-père, Édouard Mac Nab, s’installa en France et est à l’origine de la branche française ; il fut garde du corps de LOUIS XV; il échappa de peu à la guillotine sous la Terreur et devint conseiller général du Cher sous l’Empire.

Son grand-père, Alexandre, fut sous-préfet de Sancerre et épousa en 1810 Marie-Rose
de Francières, originaire de Vierzon, où sa famille possédait le château de Fay, à l’ouest de la ville. Son père, Édouard (1811-1885), fut maire de Vierzon-Villages. A gauche, son portrait par Fernand FAU.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’antistrophe et des huitres de Prat-ar-Coum réunies, bonjour!

Nous sommes le 03 janvier, 14è jour de nivôse dédié au grès.

 

Demain c’est le jour anniversaire de la naissance de Maurice MAC-NAB à Vierzon (1856).
Poète, chanteur, interprète, il fait ses débuts au cabaret des « Hydropathes » puis au « Chat noir ». Il meurt subitement à l’âge de 33 ans (tuberculose).


Il est l’auteur du fameux
Métingue du Métropolitain, œuvre parodique qui deviendra pourtant un des classiques de la contestation. On trouve encore quelques vieux militants qui sont capables de l’entonner dans les noces et banquets. En voici une version interprétée par Marc Ogeret.

 

 

Puisque nous sommes encore en période de fêtes, voici un cadeau rien que pour vous. C’est un des nombreux contes de maurice Mac-Nab.

 

Grande, raide, sèche, jaune, édentée, parcheminée et coiffée d’un chapeau extraordinaire, l’Anglaise entra dans un bureau de poste les pieds en avant.
Elle tourna à demi la tête et dit avec une voix de brouette mal graissée :
 » Come on, Clara! « 

 

Clara est petite, mince, plate, rousse ; elle a des dents très longues et suit sa maîtresse les pieds en avant.
L’Anglaise demande soixante timbres-poste pour affranchir soixante lettres adressées à soixante personnes différentes.
Elle allonge cinq doigts osseux, saisit les timbres et répète :
 » Come on, Clara! « 
Clara fait demi-tour avec la grâce d’une locomotive.
Droite, les talons joints et les bras pendants, elle lève les yeux au ciel, entrouvre la bouche et tire la langue!
Alors l’Anglaise, grande, raide, sèche et jaune passe successivement les soixante timbres-poste sur la langue de Clara, petite, mince, plate et rousse, et les applique un par un d’un coup sec sur les soixante lettres adressées à soixante personnes différentes.
Puis elle se dirige vers la porte en disant encore une fois :
 » Come on, Clara! « 
Toutes deux disparaissent comme des ombres, les pieds en avant.

 

Dernièrement, j’ai rencontré la pauvre Clara, toujours petite, mince, plate et rousse, mais elle avait les lèvres collées et ne pouvait plus ouvrir la bouche.


On lui doit aussi la « thèse pour le doctorat du mal aux cheveux et de la gueule de bois », très utile en ces lendemains de ripaille. Bref, le genre de gars avec qui on ne devait pas s’ennuyer. Il appartenait à une famille d’origine écossaise. Son arrière-grand-père, Édouard Mac Nab, s’installa en France et est à l’origine de la branche française ; il fut garde du corps de LOUIS XV; il échappa de peu à la guillotine sous la Terreur et devint conseiller général du Cher sous l’Empire.

Son grand-père, Alexandre, fut sous-préfet de Sancerre et épousa en 1810 Marie-Rose de Francières, originaire de Vierzon, où sa famille possédait le château de Fay, à l’ouest de la ville. Son père, Édouard (1811-1885), fut maire de Vierzon-Villages. A droite, son portrait par Fernand FAU.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

« PAPIERS A CUL Un jour souffrant et tout pâleD’une colique autoritaire,Je me suis servi de mon livret militaire.N’allez pas m’accuser iciDe façon trop peu délicate,Ils usent à peu près ainsiDe leurs traités, les diplomates. » (…)

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour !

Nous sommes le 31 octobre, 10è jour de brumaire dédié à la charrue…

C‘est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

 

Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers amateurs, La Bellevilloise, et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc..

Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes.

Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine.

En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du groupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du PC. A droite sur la photo, on reconnait: Henri Poulaille,Léon Gerbe,Maurive Fombeure,Guignard,Aubry,T. Rémy. J’ai récupéré cette photo inédite sur le site d’Olivier Mathieu, dit Robert Pioche, candidat à l’académie française, j’espère qu’il ne m’en voudra pas de cet emprunt non-autorisé.

Son oeuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son oeuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille. Plusieurs de ces chansons avaient été publiées dans les revues Nos Chansons et La Muse Rouge (Paris, 25 fascicules de 1922 à 1934). Extrait :

« PAPIERS A CUL

Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 4 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources : Dictionnaire international des militants anarchistes. Ephémérides anarchistes.

Bon, et bien voila pour ce début de semaine, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

« Je suis le vieux   Père Lapurge,Pharmacien de l’Humanité;Contre sa bile je m’insurgeAvec ma fille Egalité.J’ai ce qu’il faut dans ma boutiqueSans le tonnerre et les éclairsPour bien purger toute la cliqueDes affameurs de L’Univers… »

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la pédagogie active et du coco Boer réunis, bonjour !

Nous voici donc le vendredi 5 août et vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est aujourd’hui le 18è jour de thermidor dédié à l’amande. Le gouvernement dans sa grande générosité en a profité pour augmenter les PV de 50%. (amande-PV, oui bon d’accord, elle est pas terrible.) Si je vous dis que l’amande est incontournable dans la fabrication des coucougnettes, je vois déjà votre sourire en demi teinte, et pourtant. Une coucougnette est une confiserie faite avec des amandes, de la pâte d’amande et du chocolat. La coucougnette est fabriquée à base d’amandes fraîches broyées au sucre de canne, mélangée à des amandes grillées caramélisées avec quelques gouttes d’eau-de-vie de gingembre et une rasade d’armagnac. Le cœur de la coucougnette est une amande douce entière grillée et enrobée de chocolat noir grand cru. Elle est roulée à la main et trempée dans du jus de framboise pour lui donner cette couleur rosée. Les plus célèbres sont sans doute « les coucougnettes du vert galant » que les mauvais esprits se sont empressé de traduire par « les roubignoles d’Henri IV ».

 

Tout à fait autre chose.

Connaissez vous le père Lapurge ? Le 5 août 1910, il y a un siècle quoi,  mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ».
Communard, militant et chansonnier anarchiste.
Il est né le 27 août 1838, à Ste-Houvrince (Calvados). Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera blessé durant les combats au fort de Vanves. Blessure qui l’aurait contraint par la suite à se faire cordonnier   (profession semble-t-il propice au développement des idées libertaires,allez savoir pourquoi). Auteur-compositeur de chansons révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite », « le Père Lapurge » (à laquelle il devra son surnom) et « La Muse Rouge »; ce chant de révolte donnera son nom à   partir de 1901 à un célèbre groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires à qui l’on doit nombre de chansons faisant partie de notre patrimoine.  

Propagandiste actif, Constant Marie participe à de multiples fêtes de groupes anarchistes où il réjouit   l’auditoire, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera plusieurs semaines à la prison de Mazas. Tiens, écoutons les 4 barbus, ça mange pas de pain…

« Je suis le vieux   Père Lapurge,
Pharmacien de l’Humanité;
Contre sa bile je m’insurge
Avec ma fille Egalité.
J’ai ce qu’il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de L’Univers… »

On ne s’ennuyait pas à cette époque là. Les chansonniers jouaient leur rôle et philippe Val,lui, ne jouait pas encore des ciseaux d’Anasthasie. On brocardait allègrement les puissants, les curés, les gendarmes sans risquer d’être déchu de sa nationalité. Bon d’accord, c’était souvent la prison ou la relégation mais les idées des lumières faisaient leur chemin et on pouvait rêver à des lendemains qui chantent.

Aujourd’hui, c’est le règne du père fouettard et vous vous retrouvez en caleçon pour avoir chanté du Brassens devant des représentants de la maréchaussée. Triste époque madame Michu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

ON CONNAIT LA CHANSON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’amour libre et de la soupe de pois cassés réunis, bonjour !

 

Le 28 février, 10è jour de ventôse était généralement dédié à la bêche, y’a pas de quoi crâner.

 

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers montmartrois, Paul Ambroise PAILLETTE. Il nait à Paris le 16 avril 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions anarchistes dès 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises.

 

Quand nous en serons au temps d’anarchie,
Nature sera paradis d’amour.
Femme souveraine !
Esclave aujourd’hui, demain notre reine,
Nous rechercherons tes « ordres du jour ».
Quand nous en serons au temps d’anarchie,
Nature sera paradis d’amour.

 

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant parisien qui devient alors un lieu de rencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Tout le bonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités), ainsi qu’à La Bataille et à CQFD. Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920.
(D’après L’Ephéméride anarchiste.)

 

Paul Paillette fait partie de ses illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

A propos de galerie de portraits, voici donc le nouveau gouvernement en ordre de marche pour les présidentielles. Et, ça se droitise encore un peu plus avec l’arrivée de Gérard Longuet qui fut avec ses accolytes Madelin et Devedjian, animateur du mouvement d’extrème droite « Occident ». Il seront d’ailleurs condamnés en 1967 pour  complicité de « violence et voies de fait avec armes et préméditation». Il traine tellement de casseroles que ses « amis » l’appellent la quincaillerie lorraine. Pour le reste, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Guéant qui était déjà le « vrai » ministre de tout devient tout à fait ministre. MAM  va patienter quelques semaines avant de connaître le lot de consolation qu’on lui a réservé.

Allez, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.


Le 5 août 1910,   mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ».     Communard, militant et chansonnier anarchiste.     Il est né le 27 août 1838, à Ste-Houvrince   (Calvados). Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera   blessé durant les combats au fort de Vanves. Blessure qui   l’aurait contraint par la suite à se faire cordonnier   (profession semble-t-il propice au développement des   idées libertaires,allez savoir pourquoi). Auteur-compositeur de chansons   révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite »,   « le Père Lapurge »(à laquelle il devra son surnom) et   « La Muse Rouge »; ce chant de révolte donnera son nom à   partir de 1901 à un célèbre groupe de   poètes et chansonniers révolutionnaires à qui   l’on doit nombre de chansons faisant partie de notre patrimoine.   Propagandiste actif, Constant Marie participe à de multiples   fêtes de groupes anarchistes où il réjouit   l’auditoire, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la   police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son   domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses   chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé   « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera plusieurs semaines à la prison de Mazas.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la ribouldinguerie et de la franche rigolade réunies, bonjour !

Connaissez vous le père Lapurge ?

Le 5 août 1910,
  mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ».
 
  Communard, militant et chansonnier anarchiste.

 
  Il est né le 27 août 1838, à Ste-Houvrince
  (Calvados). Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera
  blessé durant les combats au fort de Vanves.  
  Communard, militant et chansonnier anarchiste.
 
  Il est né le 27 août 1838, à Ste-Houvrince
  (Calvados). Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera
  blessé durant les combats au fort de Vanves. Blessure qui
  l'aurait contraint par la suite à se faire cordonnier
  (profession semble-t-il propice au développement des
  idées libertaires,allez savoir pourquoi). Auteur-compositeur de chansons
  révolutionnaires dont les plus connues sont "Dame Dynamite",
  "le Père Lapurge"(à laquelle il devra son surnom) et
  "La Muse Rouge"; ce chant de révolte donnera son nom à
  partir de 1901 à un célèbre groupe de
  poètes et chansonniers révolutionnaires à qui
  l'on doit nombre de chansons faisant partie de notre patrimoine.
  Propagandiste actif, Constant Marie participe à de multiples
  fêtes de groupes anarchistes où il réjouit
  l'auditoire, mais la virulence de ces propos attire l'attention de la
  police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son
  domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses
  chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé
  "d'affiliation à une association de malfaiteur", il passera
plusieurs semaines à la prison de Mazas.">
Blessure qui
  l’aurait contraint par la suite à se faire cordonnier
  (profession semble-t-il propice au développement des
  idées libertaires,allez savoir pourquoi). Auteur-compositeur de chansons
  révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite »,
  « le Père Lapurge »(à laquelle il devra son surnom) et
  « La Muse Rouge »; ce chant de révolte donnera son nom à
  partir de 1901 à un célèbre groupe de
  poètes et chansonniers révolutionnaires à qui
  l’on doit nombre de chansons faisant partie de notre patrimoine.
  Propagandiste actif, Constant Marie participe à de multiples
  fêtes de groupes anarchistes où il réjouit
  l’auditoire, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la
  police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son
  domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses
  chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé
  « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera
plusieurs semaines à la prison de Mazas.

« Je suis le vieux
  Père Lapurge,
 
  Pharmacien de l’Humanité;
 
  Contre sa bile je m’insurge
 
  Avec ma fille Egalité.
 
  J’ai ce qu’il faut dans ma boutique
 
  Sans le tonnerre et les éclairs
 
  Pour bien purger toute la clique
 
  Des affameurs de L’Univers… »

On ne s’ennuyait pas à cette époque là. Les chansonniers jouaient leur rôle et philippe Val ne jouait pas encore des ciseaux d’Anasthasie. On brocardait allègrement les puissants, les curés, les gendarmes sans risquer d’être déchu de sa nationalité. Bon d’accord, c’était souvent la prison ou la relégation mais les idées des lumières faisaient leur chemin et on pouvait rêver à des lendemains qui chantent.

Aujourd’hui, l’heure est à la reculade, le père fouettard a remplacé le père Lapurge et ce qui nous attend ne me dit rien de bon. Mais bon, parlons d’autre chose. A partir d’aujourd’hui l’ermitage accueille ses invités, enfants, petits enfants, nièces et neveu, frère et tutti quanti. Les lapins de Keramoal vont devoir s’adapter à cet afflux d’humains piétinant leur pelouse…C’est pas gagné !
Le climat ne semblant pas décidé à se prêter au barbecue, il va falloir se creuser pour rassasier tout ce joli monde. C’est promis, je vous raconterai cela. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.