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Catherine Sauvage…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 29 mai 2018, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous dirons que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 145 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Coup de chapeau à Catherine SAUVAGE.

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. C. SauvageEn 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai. Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Bœuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ». Elle rencontre Léo FERRE, qu’elle contribue à faire connaître en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  »

Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Elle a toujours accordé sa préférence à la poésie mise en musique. Léo Ferré et Gilles Vigneault l’ont considérée comme leur meilleure interprète. « Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Toi-qui-disais-Le-siecle-d-orcarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au bobino 1968Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.Elle chante et popularise, notamment, Léo Ferré, Prévert, Gainsbourg, Bertolt Brecht. Elle reçoit le prix de l’académie du Disque Charles Cros. Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994.Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht.Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 ». Elle meurt en mai 1998.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai une tondeuse qui me tend les bras. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ah, les beaux jeudis…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la flute à bec et du sauté de mouton réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 20 avril 2015, premier jour de Floréal dédié à la rose.

C‘est la rançon de l’âge, il arrive un moment où vous avez toujours, surgissant du fond de la mémoire, une madeleine qui vous renvoie un tas d’années en arrière. Alors que je préparais ce petit billet sur Francis Lemarque, je me suis revu, enfant, collectionnant les « bons points » dans les tablettes de poulainchocolat. Lorsque le compte y était, on renvoyait tout cela à monsieur Poulain ou madame Suchard et, quelques semaines plus tard on recevait une jolie boite en fer blanc qui servait plus tard à ranger le sucre. Dans cette boite, outre le chocolat, il y avait toujours un album de chansons françaises qui permettait d’y coller les photos que l’on trouvait dans les fameuses tablettes. Et voilà ma madeleine, dans chaque album il y avait immanquablement une ou plusieurs chansons de Francis Lemarque. Marjolaine, le p’tit cordonnier, à Paris

S‘il est bien un chanteur français qui symbolise la ville de Paris, c’est certainement Francis Lemarque. Au cours d’une carrière longue et discrète, il a écrit près de quatre cents chansons, dont A Paris, devenue un standard international reprise par des dizaines d’interprètes à travers le monde entier. Et pour commencer, Quand un soldat:

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Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, naît le 25 novembre 1917 dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois lemarque gauchecolonnes. Sa mère, Rose, est originaire de Lituanie, tandis que son père, Joseph, tailleur pour dames, est polonais. L’enfant grandit avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel, dans le quartier de la Bastille, bercé par les bals musettes de la rue de Lappe. Avec son frère il connaît une enfance délurée et joyeuse avant de quitter l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine. Il gardera tout au long de sa vie un véritable amour pour ce quartier et il fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent après une rencontre en 1934 avec Sylvain Itkine en 1934 le groupe Mars que ce dernier a créé dans l’esprit du Groupe Octobre, affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, « Les frères Marc » qui profitera des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert, et Joseph Kosma qui est un temps leur pianiste.

En 1940 il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon. Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit lemarque droitepour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Il fait sa connaissance par l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal…Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque lui écrira près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967. Lemarque a été censuré dans les années 1950 avec sa chanson Quand un soldat. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française. Il s’éteint brutalement le 20 avril 2002 (il est alors dans sa quatre-vingt cinquième année) dans sa maison de la Varenne Saint Hilaire et il repose à côté d’Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Allez, c’est pas tout mais j’ai mon lait qu’est su’l'feu… Portez vous bien et à demain peut-être.

Vous chantiez ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des seventies et de la soupe aux choux réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 18 janvier 2014 et ce 29è jour du mois de nivôse est dédié au mercure, peut-être est-ce pour cela que l’alchimie des états d’âme m’entraîne vers la nostalgie et me conduit à ressusciter quelques fantômes du passé…

J‘aime de temps en temps ressortir de l’oubli où la médiacratie les a relégué, des artistes qui m’ont ému. Tenez, voici Catherine RIBEIRO ! Je pense que les plus jeunes d’entre vous 60909607_pn’en ont jamais entendu parler. Les plus anciens se souviendront avec nostalgie de ses disques avec le groupe Alpes.  Voici ce qu’en disait Etienne Blondet en 1975 dans un numéro de la revue « Extra »: «Sa carrière étonnante, (…) c’est d’abord celle d’une voix énorme: voix d’espoir et de désespoir, voix de naissance et d’agonie, voix de haine et d’amour, voix du coeur et du sexe, voix du râle et du cri, voix magique par delà les mots qu’elle profère, voix des entrailles qui va droit aux entrailles de ceux qui l’écoutent…» Oyez maintenant Âmes debout.

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Cette merveilleuse interprète est à classer pour moi dans la lignée des Janis Joplin, Joan Baez, Nina Hagen, Colette Magny, ou une autre Catherine Ringer… C’est sûr, madame Michu, nous sommes loin de la star’ac et de ses bêlements télévisuels. Léo Ferré disait d’elle: « Elle n’est pas facile parce qu’elle se tient debout…« . Mais laissez vous emporter tumblr_mdbjq3mfrU1ro0gkgo3_500quelques instants par cette voix venue d’ailleurs, « expression d’un trajet qui ne fut pas simple, et pour cause : une enfance pauvre, une mère tyrannique, qui la placera en asile psychiatrique où des électrochocs lui seront infligés dans le but de l’empêcher d’aimer le garçon qu’elle convoitait !… Cela se passait, figurez-vous, dans les années 60 et non dans les années 30… Le travail en usine la rendra plus encore insoumise à toute forme d’autorité. » (extrait du blog de Laurent Galley) Je crois que l’on trouve encore un certain nombre de ses textes en CD, à ma connaissance, le dernier s’intitule Catherine Ribeiro chante Ribeiro (2005) à vérifier.

C‘est étonnant, quand on affiche son amour pour ces artistes de variétés des années passées, on se fait vite ringardiser… Mais s’il s’agit de Mozart ou de Couperin, tout le monde trouve cela normal ! C’est pas une raison pour se précipiter au spectacle « Age tendre », maison de retraite itinérante pour tous les losers de l’époque « Yé-yé ». Comme le disait mon aïeule qui avait fréquenté Georgius et Mistinguette, il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie.

Allez n’hésitez pas à repasser par ici, ne serait-ce que pour me corriger sur mes « phautes d’ortografe », c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

Mourir pour des idées…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! brumaireNous sommes le mardi 22 octobre 2013, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur.

Il est né en 1921 à Sète qui autrefois se nommait Cette, ceci pour la petite histoire. En 1940, agé de 19 ans, il monte à Paris et trouve asile chez Jeanne Le Bonniec que l’on retrouvera dans ses chansons plus tard. « La jeanne » et « la cane de Jeanne », c’est pour son mari qu’il va écrire « chanson pour l’auvergnat ». En 1943 il est envoyé en Allemagne via le STO, service du travail obligatoire. Lors d’une permission, il s’évade et trouve refuge chez Jeanne où il se cache jusqu’à la fin de la guerre. Adhérent à la fédération anarchiste, il écrira de nombreux articles pour « Le libertaire »

En 47, il rencontre celle qui sera la compagne de toute une vie, Joha Heiman, d’origine estonienne, qu’il surnommait Püppchen, la petite poupée. Bien que ne vivant pas ensemble, ils resteront amants jusqu’à la fin. C’est pour elle qu’il écrivit « La non demande en mariage ». C’est brassensPatachou qui va le faire découvrir au public et en 52, c’est le premier 33t. A la fin des années soixante, le fameux duo qu’il composait avec Pierre Nicolas à la contrebasse, s’enrichit d’un jeune guitariste de talent Joël Favreau. Une de ses chansons, les Deux Oncles, (tonton Nestor, vous eûtes tort, je vous le dis tout net…) où il renvoie dos à dos les deux camps opposés de la Seconde Guerre mondiale, lui vaut des inimitiés. Il en fera état dans une chanson ultérieure, Mourir pour des idées, ici en vidéo.

 

 

Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du brel,brassensPy, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer. Voici la photo culte qui immortalise la rencontre des trois monstres sacrés de la chanson française, Brel, Ferré, Brassens. C’était le 6 janvier 1969 à l’initiative du journaliste de « Rock’n Folk » François-René Christiani, la photo est de Jean-Pierre Leloir. Cela s’est passé dans un petit appartement de la rue Saint Placide à Paris.

Georges Brassens a vendu environ 20 millions d’albums de son vivant, de 1953 à 1981, ce qui constitue un record pour quelqu’un ayant commencé à vendre de la musique dans les années 50 et dont le style était largement (et volontairement) hors mode en 1970. Avec Moustache et d’autres de ses amis, Brassens fit néanmoins une petite incursion dans le jazz avec Elégie pour un rat de cave, créé en hommage à sa compagne. Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, mon père me faisait écouter Gare au gorille et ma mère ne trouvait pas ça drôle du tout, il ne m’a jamais quitté depuis. Je vais trouver une place tout en haut de ma galerie de portraits.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.