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Catalogne, quand l’histoire bégaie…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 29 octobre 2017, ce jour, 8è de brumaire, est dédié à la scorsonère, dite salsifis noir dont la racine est censée guérir de la morsure des vipères (scorzone en italien).

En Catalogne, la motion de déclaration d’indépendance de cette semaine n’est pas une première dans l’histoire. Le 6 octobre 1934, le président du gouvernement autonome de Catalogne, Lluis Companys, proclamait un « État catalan dans le cadre d’une République fédérale d’Espagne ». Dix heures et des dizaines de morts plus tard, il se rendait. Quand il lance sa proclamation, les partis de gauche ont déclenché une « grève générale dirigeants catalansrévolutionnaire ». « Catalans ! s’écrie-t-il depuis le balcon de la Generalitat, le siège du gouvernement catalan, […] En cette heure solennelle, au nom du peuple et du Parlement, le gouvernement que je préside assume tous les pouvoirs en Catalogne, proclame l’État Catalan de la République fédérale espagnole, et pour établir et renforcer les relations avec les dirigeants de la protestation générale contre le fascisme, les invite à établir en Catalogne le gouvernement provisoire de la République ». Companys n’avait apparemment pas consulté les chefs de la grève générale et la IIe République n’était pas fédérale. Mais déjà une première fois, sans attendre l’adoption de la Constitution en décembre 1931, la Catalogne, autoproclamée République, avait tenté de se doter d’un statut d’autonomie qui n’était compatible qu’avec un modèle d’État fédéral. Il avait fallu au gouvernement de Madrid des négociations ardues pour ramener ses compétences à des proportions acceptables pour le nouvel État unitaire.

 

La réponse du gouvernement ne se fait pas attendre. Le commandant militaire en Catalogne, le général Domingo Batet, refuse de se mettre sous les ordres de la Generalitat et après avoir consulté le chef du gouvernement à Madrid, proclame l’État de guerre. Un fantassin tombe sous les balles d’unil-y-tout-juste-83-ans-un-ephemere-etat-de-catalogne-mate-dans-le-sang milicien, l’armée répond au canon. Les affrontements dans la nuit feront entre 46 et 80 morts, selon les historiens. A 6 heures du matin le 7 octobre, 10 heures après la proclamation, Companys annonce sa reddition au général Batet. Il est arrêté avec son gouvernement et plusieurs députés. Leur photo derrière les barreaux fera le tour du monde. Le 14 décembre, une loi suspend indéfiniment l’autonomie de la Catalogne. Réfugié en France après la guerre civile (1936-1939), Companys fut arrêté par les Allemands en 1940 et livré au dictateur Francisco Franco. Il fut fusillé le 15 octobre à Montjuic, forteresse qui surplombe Barcelone. Il est devenu un héros des indépendantistes catalans. Le gouvernement espagnol suspendit l’autonomie de la Catalogne et retira les compétences en matière de sécurité, éducation et justice. Le parlement catalan du parc de la Ciutadella, ferma et fut converti en une caserne militaire.

Et voila comment l’histoire, parfois, se plait à bégayer. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Barcelone…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pensée libertaire et de la tisane réunies, bonjour ! Après une courte interruption pour cause de vacances ibériques et de flemmingite aigüe, ce blog reprend force et vigueur. Nous voici le lundi 20 juillet 2015 c’est à dire le 2 de Bouillon_blanc-225x300thermidor qui est comme chacun le sait le jour du bouillon-blanc. C’est une plante appelée Molène (rien à voir avec notre ile du ponant). La molène est sans doute l’une des plus anciennes plantes médicinales au monde. Ses fleurs entrent dans la composition de la célèbre tisane des quatre fleurs utilisée de longue date et de nos jours encore. En fait on devrait dire des sept fleurs: mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot,violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? A noter que les espagnols la nomment Gordolobo, mot à mot gros loup, en fait déformation du latin populaire coda lupi « queue de loup ».

Or donc, vous le savez maintenant, ma fiancée m’a entraîné et trainé, jusqu’en Catalogne au prétexte de mener une étude comparative des sangrias, paellas et autres zarzuellas. Et bien non, la Catalogne ce n’est pas seulement Dali et Gaudi, Costa-Brava et séguedilles ! Si dans la moiteur étouffante d’un après-midi de juillet, au fond d’une ruelle en ruine de Corbera Corbera-de-Ebred’Ebre, vous croisez un chien (Andalou) efflanqué, voyez-y l’âme errante de Durruti, d’Ascaso, de Benito Navarro ou bien encore de Puig Antich à moins que se ne soit celle de Carles Fonserè en compagnie de Lucia Sanchez Saornil… La liste serait trop longue si il fallait citer tous ceux qui ont écrit ici, en lettres de sang, l’histoire de l’anarchisme espagnol. Dans ce village écrasé par les bombes, ne subsistent que 26 lettres construites avec les pierres des anciennes maisons, chacune assortie d’un poème et dont l’ensemble forme l’ Abecedari de la libertad.

Durant l’été 1938, Franco est en passe de réussir à couper le territoire républicain en deux parties. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, l’armée de l’Èbre franchit le fleuve en plusieurs points et s’enfonce rapidement en territoire franquiste. Cette colonneoffensive constitue le dernier espoir de la République. Mais malgré quelques succès la situation va tourner en faveur des troupes de Franco. L’assaut final sera lancé en octobre sur la serra de Cavalls et la bataille s’achèvera en novembre. En arrivant de Tortosa par la route, le décor dramatique et tourmenté des terres longeant l’Èbre permet d’imaginer sans peine la difficulté des combats; on évoque 150 000 morts. Non, madame Michu, la Catalogne ce n’est pas seulement la Sagrada Familia et le palais Güell…

Allez, ravi de vous retrouver, portez vous bien et à demain peut-être.

 

ARCHI TROP BIEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la Libre pensée et du kouign amann réunis, bonjour ! Rejouissez
vous il ne r
este plus que 207 jours avant le réveillon…Nous somme
le 19 de Prairial et c’est le jour du tilleul alors si vos nuits sont
moins belles que vos jours, n’hésitez pas à abuser de la tisane.



Je
voulais profiter de ce 7 juin pour évoquer rapidement la mort
accidentelle (renversé par un tramway le 7 juin 1926) d’un des plus
grands architectes que le monde ait connu: Antoni Gaudi I Cornet plus
communément appe
lé GAUDI. Pour démontrer, s’il le fallait, que les colonnes des « cénobites tranquilles » ne s’ouvrent pas exclusivement aux mécréants, athées, libres penseurs et autres graines d’ananar…

Ce
Catalan, car il était Catalan avant d’être Espagnol, a laissé une
oeuvre monumentale qui a transformé à jamais l’art majeur de
l’architecture. Controversée peut-être mais géniale surement. Il
suffit de se promener dans les rues de Barcelone pour s’en
convaincre.

Depuis le dragon du parc Güell (ici à gauche), emblématique de son
oeuvre, jusqu’à la Sagrada Familia, on ne cesse d’être étonné,
surpris, bouleversé, par une telle générosité de l’artiste.

Après
s’être inspiré des plus grands comme Viollet-Le-duc, finalement, la
trajectoire de Gaudí aboutit à son étape la plus personnelle, avec
un style naturaliste, individuel, organique, qui trouve son
inspiration dans la nature; c’est dans ce style qu’il réalisa ses
œuvres majeures. On lui doit le « Modernissmo », l’art
nouveau Catalan. Il puise son inspiration dans les montagnes, les
grottes, à la recherche de formes « anarchiquement
géométriques ». La voute de la Sagrada familia en est un
parfait exemple (photo de droite).

L‘artiste est plus ou moins tombé dans l’oubli au
début du siècle dernier car il n’a jamais créé d’école, ne s’est
pas consacré à l’enseignement et n’a pratiquement laissé aucun
écrit.

Bon, je n’ai pas la compétence nécessaire pour faire un cours d’architecture alors, si vos pas vous mènent un jour vers Barcelone, prenez le temps de flâner dans les rues, les parcs, vous découvrirez avec ravissement l’oeuvre de ce grand bonhomme, aujourd’hui salué par tous. Et, merci pour la carte postale.

En attendant que la tisane fasse son effet, acceptez mes remerciements pour avoir consacré un peu de votre temps à ce blog d’humeur et d’humour. Portez vous bien et à demain peut-être.