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La grève des électeurs…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, Cyclamen_hederifolium._Locatie,_Tuinreservaat_Jonker_vallei_03bonjour ! Nous sommes le Mardi 16 février 2016, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment Pan porcino (pain de cochon) à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules et, Ô miracle, Ô apothéose divine, on croit rêver… Il ne pleut pas aujourd’hui sur Brest.

Si l’on en croit Wikipédia, Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français, et à priori, il n’y a pas de raison de ne pas les croire. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février ! Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et Mirbeauartistiques, ce qui n’est pas commun. Souvenez vous de l’interprétation somptueuse de Jeanne Moreau en Célestine dans  Le journal d’une femme de chambre  mis en scène par Bunuel.Un roman qui n’a pas pris une ride et qui pourtant date, pour sa première parution en feuilleton, de 1892… Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un auteur novateur, qui a contribué à l’évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde. Mais, après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire.

Il était visiblement trop dérangeant pour l’establishment, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également femme de chambrepolitiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarnait une figure d’intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. «Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau.

La grève des électeurs, tiens, quelle drôle d’idée… Quoique ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 juin et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire un mot car, en vérité, ce billet a déjà deux ans…

Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

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À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN CHIEN ANDALOU…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du cinématographe et des carottes vichy réunis, bonjour!
Nous sommes le mercredi 22 février, quatrième jour de ventôse dédié au troêne.

Luis Buñuel est né dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher».En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon…Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure Vicomtesse de Noailles , les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme.Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel).Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait, (plus haut à droite), où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie.Buñuel se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement.  Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet du 16 février) adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

…………………………….

Et bien voila pour ce mercredi avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscon, hermétique, surréaliste et subjugant tout à la fois. Allez, à vos cassettes…Portez vous bien et à demain peut-être.

LE BLOG D’UNE FEMME DE CHAMBRE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour !

Nous sommes le 16 février 2012, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen…Les italiens l’appellent Pan porcino à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules.

 

 

LE BLOG D’UNE FEMME DE CHAMBRE…

Si l’on en croit Wiquipédia, Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français, et à priori, il n’y a pas de raison de ne pas les croire. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février ! Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n’est pas commun. Souvenez vous de l’interprétation somptueuse de Jeanne Moreau en Célestine dans « Le journal d’une femme de chambre » mis en scène par Bunuel.Un roman qui n’a pas pris une ride et qui pourtant date, pour sa première parution en feuilleton, de 1892…

Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un auteur novateur, qui a contribué à l’évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde. Mais, après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire. Il était visiblement trop dérangeant pour l’establishment, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarnait une figure d’intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales.

«Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeursd’Octave Mirbeau.

La grève des électeurs, tiens, quelle drôle d’idée…Quoique ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca. Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde.Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des études de sciences, mais les abandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue La Colère.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour !

Nous sommes le 6 août soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane. Magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs, l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…Savez vous, bande de veinards, que vous êtes en train de lire le 700è billet des « cénobites tranquilles » sans vous souvenir de celui qui disait que la retraite était un long fleuve tranquille…Eu égard à votre fidélité, je vous pardonne et je m ’en vais vous conter une autre histoire.

 

Tout à fait autre chose.

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca.
Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde.
Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des études de sciences, mais les abandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue
La Colère.

A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques. Vas-y Leo.

Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en 1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ».
En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’
État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita MONRAS.

Voilà pourquoi, en écho à l’excellent billet de Marco sur son site Alter-Oueb, des hommes et des femmes du temps présent continuent à se dire de gauche et à croire que la justice sociale n’est pas une utopie.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

QUAND IL EST NE LE POETE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! J’avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en dire un mot.



Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent de la musique et du folklore gitans, plus particulièrement du flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…


Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.


La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L‘influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des membres de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher… Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

 

Hopala, Chapalain ! Attention à ne pas te prendre au sérieux…Ici c’est un blog, juste un petit blog, histoire de se faire plaisir et de se souvenir que dans la vie il n’y a pas que le CAC 40, et les amours de Carla…

Allez,merci de votre visite, si vous repassez par « les cénobites tranquilles », venez avec un ami, portez vous bien et à demain peut-être.

LUIS BUNUEL…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Luis Buñuel est né dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher».En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon…Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure Vicomtesse de Noailles , les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme.Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel).Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait ici à gauche, où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie. Buñuel se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement.  Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet du 16 février) adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

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Et bien voila pour débuter la semaine avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscon, hermétique, surréaliste et subjugant tout à la fois. Allez, à vos cassettes…Portez vous bien et à demain peut-être.