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Un discret décret…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour! Nous sommes le vendredi 10 janvier 2014, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse, longtemps exploité à Montmartre et dont les carrières accueillirent les suppliciés de la Commune.

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Tout à fait autre chose.

Un décret, publié au Journal officiel le 31 décembre, éclaire ce que la « simplification » vantée par François Hollande peut signifier. Ce texte permet aux éleveurs de porcs de créer ou d’agrandir plus facilement leurs installations. Jusqu’à présent, les élevages de moins de 450 bêtes devaient simplement s’enregistrer, mais toute ouverture ou extension au-dessus de 450 animaux nécessitait une autorisation assortie d’une imageslongue enquête administrative afin de vérifier l’impact environnemental. Cette demande d’autorisation disparaît ! C’est Marc Le Fur (député du 22 et bonnet rouge) qui est content… Désormais, les élevages de 450 à 2 000 porcs (ou inférieurs à 750 truies) n’auront qu’à s’enregistrer. La mesure ravit le lobby porcin, très actif en Bretagne, mais va augmenter les rejets nitratés alors que la Cour de justice européenne a constaté en juin le manquement de la France à ses obligations en matière de lutte contre cette pollution. «C’est un très mauvais coup porté à la protection de l’environnement» et cette mesure va «favoriser la concentration des élevages et aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa-agrrr-808x1024amplifier les pertes d’emplois dans l’agriculture», alors que la Bretagne, «qui produit 58 % de la production nationale de porcs, a déjà perdu le quart de ses exploitations porcines entre 2000 et 2010», souligne Eaux et rivières de Bretagne.
Selon l’association de défense de l’environnement, «ce décret ajoute un nouveau recul réglementaire après la diminution des surfaces exigées pour l’épandage du lisier et la suppression de l’interdiction d’extension dans les zones d’excédent structurel de lisier».Les rejets nitratés issus des élevages sont considérés comme une cause majeure de pollution des eaux et de prolifération des algues vertes sur le littoral.(illustration piquée sur Dilhadsul) La Cour de justice européenne a de son côté constaté en juin le manquement de la France à ses obligations en matière de lutte contre la pollution aux nitrates sans toutefois lui infliger de sanctions pécuniaires à ce stade.

Pendant ce temps là, le cours de la quenelle ne cesse de grimper, les sénateurs séniles refusent la levée de l’immunité de Dassault, Hollande est toujours de droite, le stade brestois s’est fait lessiver par le PSG et il me reste 122 plants d’hortensia à tailler.  En attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être

Par tous les saints…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et du kig ha farz réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 17 décembre 2013, 27è jour de Frimaire dédié au liège. D’autres calendriers que le républicain indiquent ce jour comme celui de la saint Briac. Il s’agit là d’un des éponymes les plus répandus de Bretagne. En premier lieu la commune de Bourbriac située dans les Côtes d’Armor (22) au sein de laquelle, en son église plus précisément, se trouve le tombeau (vide) de ce disciple de Tugdual et venu d’outre-manche au 6ème siècle. Mais aussi, St-Briac en Ille-et-Vilaine ainsi que Lanbriac dans le Finistère.

Originaire d’Ulster, Briac vient en Galles suivre l’enseignement de Tudwal dans son monastère. Deux ans plus tard, il suit son maître en Armorique, avec Rivelin, Laouenan et Kireg entre 214autres. La légende raconte qu’ils furent environ soixante dix. D’un certain côté on comprend qu’il fallait remplir le car pour diminuer les frais… Le groupe accoste à Kermorvan, près du Conquet (29), où Tudwal fonde le monastère de Lambabu, l’actuel Trébabu (29), puis se dirige vers le Trégor. Là, Briag reçoit les terres de Deroc, prince de la Domnonée . Avec son accord, il bâtit un monastère non loin du château, aujourd’hui la vieille motte de Coz-Castel en Bourbriac (22). Son territoire monastique portera le nom de Minihy Briac, qui correspond à l’actuel Bourbriac. Puis il se retire dans un ermitage à Penity-Briac, avant de partir pour Rome.

Il meurt en son monastère en 627 non sans avoir délivré de leur folie de nombreux pèlerins qui se pressaient devant son tombeau ; ceux-ci séjournaient dans une cellule proche, aux fenêtres barrées, et suivaient la messe. Son monastère aurait été brûlé par les Normands en 878, mais son tombeau et ses reliques furent préservés. Le saint est représenté, dans l’église paroissiale de Bourbriac en abbé, portant un long vêtement avec cagoule, recouvert d’un surplis ; à ses pieds gît un chien. Oyez plutôt ce qu’en dit Albert Le Grand dans Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert le Grand (1636): « Briac, ayant tombeau-de-saint-briac-bourbriacreceu l’habit, commença à mener une vie si exemplaire & religieuse, que les autres Novices le regardoient comme un modele d’un parfait Religieux. Il cherissoit surtout l’humilité, laquelle paroissoit en toutes ses actions ; ses habits estoient pauvres & de viles estoffes ; il se plaisoit aux offices les plus humbles, à balayer le Monastere & en oster les immondices ; il ne mangeoit que du pain sec avec du sel, beuvoit de l’eau froide, que rarement il trempoit d’un peu de vin, pour la colorer seulement ; il jeusnoit estroitement les jeûnes de la Regle, dormoit sur la dure, employant la meilleure part de la nuit à la priere & aux études des saintes Lettres. L’an revolu, il fit Profession, &, peu aprés, fut envoyé vers l’Evesque Diocesain, duquel il receut les Ordres jusqu’à la Prestrisce inclusivement, non sans repugnance de son costé, son humilité luy faisant 006croire qu’il estoit indigne de cette dignité. Neanmoins, il fit joug à l’obëissance & se laissa ordonner Prestre, chanta sa Messe avec une singuliere devotion & consolation de son Ame. » (…) » L’an 1591 la ville de Guengamp (qui n’est qu’à deux lieuës de Boul-Briac) ayant esté blocquée par l’armée royale, conduite par le prince de Dombes, la Vigile de l’Ascension, on obmit, cette anée-là, à faire la Procession accoûtumée & porter les Reliques du Saint, à cause des compagnies de soldats qui tenoient la campagne ; neanmoins, il se trouva un bon Prestre, lequel, la Vesprée du même jour, alla, par devotion, tout seul faire la Procession ; &, bien qu’il rencontrast des bandes de soldats, jamais aucun ne luy fit mal, même ne luy demanderent pas Qui vive &, ce qui est plus admirable, il trouva les fossez rompus & les champs ouverts, battus & frayez, comme si la Procession y eust esté à son ordinaire, ce qu’ayant recité aux autres Prestres, ils y allerent & virent la mesme chose ; & cecy m’a esté attesté par personnes dignes de foy l’an 1631 au mois de may, que je fus à Boul-Briac rechercher cette histoire, lesquels m’asseurerent qu’il y avoit encore plus de quarante personnes vivantes en la Paroisse qui avoient esté témoins oculaire de cette merveille. »

Voilà pour notre rubrique « y’a pas que des anars en Bretagne ». Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Tu trembles carcasse, mais…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 décembre 2013 (Aie, aie, aie…), 23è jour de Frimaire dédié au roseau.  » L’homme images8n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal – Pensées – (1660)

Tout à fait autre chose.

Dans la nuit de mercredi à jeudi un tremblement de terre a secoué le vieux massif armoricain. Peu avant minuit alors que les bras de Morphée commençaient à se faire des plus accueillants, même si ses pieds étaient glacés, nous fûmeschaunu_1 (c’est du Belge) violemment secoué par un petit séisme bien de chez nous. Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ? me suis-je dis in petto et en breton en me souvenant de la chanson de Nougaro. Trois heures plus tard, rebelote, les experts de l’expertise appellent ça une réplique. C’est la troisième fois en quelques semaines et ça, madame Michu, ça sent le coup fourré à plein nez. Avec toutes leurs expériences atomiques à l’île Longue (rade de Brest pour les ignares) les ceusses qui nous gouvernent, y-z’ont bien réussi à bloquer la circulation des plaques tectoniques histoire d’envoyer un message subliminal aux bonnets rouges qui font rien qu’à les embêter.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Kan bale Nevenoë…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la bretonnitude et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 novembre 2013, deuxième jour de Frimaire dédié au navet.

Skoulmet mat eo hirie chadenn ar goskoret                                      kousket noz kousket de kalon ar vretoned.

« Aujourd’hui bien nouée, la chaîne des esclaves endort nuit et jour le cœur des Bretons. » J’emprunte à Glenmor ces quelques vers de « La marche de Nominoë » pour commémorer la victoire de ses troupes bretonnes sur celles (franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 nominoe2novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante. Pour autant, il n’était pas roi mais Duc. C’est son fils Erispoë qui prendra le titre de roi, ce fut le premier et sans doute le dernier; par la suite, les souverains bretons porteront à nouveau et définitivement le titre de Duc. Vous me connaissez, je déteste les commémo., je hais toutes les guerres, j’exècre les nationalismes, je conchie les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Je ne veux en aucun cas rivaliser de ridicule avec George Sand qui écrivait en 1866 dans Promenades autour d’un village: « Le Tribut de Nomenoe (du Barzaz Breiz) est un poème de 140 vers, plus grand que l’Iliade, plus beau, plus parfait qu’aucun chef-d’œuvre sorti de l’esprit humain.
{…} En vérité, aucun de ceux qui tiennent une plume ne devrait rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau. » Considérons donc qu’il s’agit ici d’un coup d’œil dans le rétro de l’histoire.

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Nominoë, grand soldat et fin stratège, réussi à négocier le départ des guerriers venus du Nord après avoir pourtant subi trois défaites consécutives. Il mourut en 851 près de DownloadedFile-21Vendôme non sans avoir conquis le Maine et l’Anjou. On peut donc raisonnablement penser qu’il exista une « Bretagne » entre 845 et 1532 date du traité d’union avec la France. Était-ce un État, un royaume, une Nation ? Appartient elle aujourd’hui à cette liste de nations invisibles, nations fossiles et sans État comme disent certains historiens. Kurdes, Basques, Corses, Tsiganes, Amérindiens, Aborigènes, Catalans, Berbères, Bretons, Palestiniens, Touaregs, Bonis, Québécois, Tibétains, Ouighours etc… La question vaut d’être posée et débattue.

Bon allez, c’est pas tout, Il tonne sur Keramoal, il pleut bergère,  en tous cas, pas un temps à mettre un historien  dehors fut-il cénobite. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le ballet des dindons…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la comédia del arte et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 05 novembre 2013, quinzième jour de Brumaire dédié au dindon. La manif des bonnets rouges qui s’est déroulée à Quimper samedi dernier et qui rassemblait dans une grande confusion les maîtres et leurs valets, me fait irrésistiblement penser aux dindons de la farce. Si j’en crois Claude Duneton, « il exista à Paris, pendant la longue période d’un siècle, une forme de divertissement forain que l’on appelait « le ballet des dindons ». L’argument du spectacle était le suivant : on plaçait quelques-uns de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher imagesmétallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s’agiter, à danser sur la tôle d’un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l’action. Il suffisait alors qu’un vielleux se prît à suivre le rythme des pauvres bêtes, qui s’accélérait tandis qu’on activait le feu sous leurs pattes, pour donner l’illusion d’un ballet endiablé soutenu par la musique. De quoi faire hurler de rire l’assistance, qui se tenait les côtes !… Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu’étaient interdits les combats d’animaux tellement goûtés par le public, dont les derniers se déroulaient à la Barrière du Combat, précisément. »

Je crains fort que les salariés de l’agro-alimentaire breton n’aient guère retenu les leçons de La Boétie et qu’incessamment ils se retrouvent gros-jean comme devant en images-1train de danser sur les braises de leurs ex-activités. Leurs bons maîtres ayant déjà traité avec la Pologne ou le Brésil. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets, demain découpés sous des cieux plus cléments de l’agro bizness. Il se trouvera dès lors à n’en point douter quelques Cassandre pour les inviter à se retourner vers une agriculture moins intensive, plus raisonnée, utilisant les circuits courts et une production de qualité. Mais, les dés seront sans doute jetés ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Kanaouenn an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 02 novembre 2013, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée châtaigne d’eau, on dit que les69687375_p chinois en sont friands… En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Cette antique curiosité des Celtes pour les problèmes de la mort s’était conservée jusqu’au siècle dernier en Bretagne où l’on a vu apparaître de somptueux monuments funéraires avec des ossuaires souvent plus beaux que les églises, agrémentés de motifs sculpturaux parmi lesquels figure en bonne place le valet de la mort, l’Ankou. Alors qu’on s’efforçait kathryn-jacobi-14ailleurs, par mesure d’hygiène, d’éloigner des villages les cimetières, en Bretagne, cela était regardé comme des profanations et ceux-ci occupent en général le centre de la bourgade, au milieu des vivants.
Ce qui brouille la perception de cette filiation, c’est la grande prédication, intensifiée à la suite de la révolte « du Papier timbré » en 1675 (les fameux bonnets rouges), en vue d’arrêter la révolte et de prêcher la soumission à Dieu et au roi, à un pays peu ou mal christianisé. Elle fut menée à bien par des Jésuites, principalement le Père Maunoir et Michel le Nobletz , dans la moitié des paroisses et vit l’introduction de nouvelles pratiques: grandes processions, cantiques, culte de nouveaux saints et de la Sainte Famille avec Sainte Anne, qui ont continué de marquer la Bretagne. 

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers ! (Hubert Juin) illustration de Kathryn Jacobi

Le sort des âmes trépassées est marqué désormais par la terreur de l’enfer, les descriptions sadiques des supplices qu’on y enduraient et dont le « cantique » du P. Maunoir, l’Enfer,  est un saisissant condensé. Sources

Aujourd’hui même, les évêques bretons appellent leurs ouailles à rejoindre les manifestations en compagnie des patrons, des gros paysans de la FNSEA, du MEDEF, des pollueurs, des argousins, des gougnafiers et autres licencieurs de chez GAD, Marine Harvest,Tilly Sabco, Alcatel, Doux et autres marchands de cochonnaille… Allez, merci de cette sympathique visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La reculade des benêts rouges…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie contemporaine et du poulet au vinaigre réunis, bonjour !   Nous sommes le mercredi 30 octobre 2013, 9è jour de Brumaire dédié à l’alisier (pas la fosse, hein!). Vous qui suivez l’actualité de très près, vous n’avez pas été sans remarquer qu’en Bretagne, les bonnets rouges ont repris du service. Or, si en Bretagne on est bien placé pour savoir que dans le cochon tout est bon, il n’a pas fallu longtemps aux paysans de la FDSEA pour s’apercevoir qu’en communication il en va de même. Ainsi, avec le soutien gracieux de l’entreprise Armor-lux, ils ont ressortis les bonnets rouges, symboles d’un mouvement de protestation qui anima nos campagnes au milieu du XVIIè. Nous sommes en 1675, sous le règne de Louis le quatorzième et les caisses sont vides. Il faut faire absolument rentrer des recettes fiscales: papier timbré, taxes sur les francs-fiefs, l’administration royale ne manque pas d’imagination. Derrière Sebastian ar Balp (une sorte de Poujade de l’époque) la paysannerie va s’organiser et commence alors la mise à sac des bureaux de tabac et du papier timbré. Puis va suivre l’attaque des châteaux. Je vous passe les détails mais, la révolte sera réprimée impitoyablement: paysans pendus, églises et chapelles décapitées. Le Duc de Chaulnes chargé de la sinistre besogne s’en réjouit si bien que le gouverneur peut écrire au roi « les arbres commencent à se pencher du poids qu’on leur donne »… Je me souviens d’une soirée chez Armand à Saint-Brieuc au cours de laquelle Serge nous avait proposé cette gwerz.

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Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes – Bonnets rouges, mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Et aujourd’hui, sur les ruines de l’agro-alimentaire breton, la droite réactionnaire, le député Marc le Fur en tête, organise une pseudo union sacrée des paysans, des pêcheurs, des patrons, des distributeurs (manque que les curés, quoique) comme à la « belle » époque du bloc agraire qui structure encore l’organisation de la société bretonne. Et, ce qui devait arriver arriva, le gouvernement des benêts rouges suspend l’application de l’écotaxe. Réfléchit petite scarabée, cette révolte là n’est pas la notre. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

AUDREN OU VONT LES CHOSES…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la généalogie et des enfants de Marie réunis, bonjour !

Ce jeudi 7 février 2013 nous ramène au 19è jour de pluviôse que nos amis républicains avaient eu la bonne idée de dédier à la pulmonaire, alors… Attention les bronches.

Si vous avez dans vos connaissance un prénommé AODREN (Audren), c’est le jour ou imagesjamais de lui faire sa fête. La légende en fait le fils du roi Breton Salaun (Salomon) ce qui est peu probable car ce dernier régna quelques siècles plus tard, j’y reviendrai. Aodren a malgré tout laissé son nom à la charmante petite cité de caractère Châtelaudren ((castell Aodren) bien connu pour avoir abrité pendant des décennies l’imprimerie du non moins fameux Petit Echo de la mode très prisé dans les milieux populaires car à chaque numéro, ont pouvait y découper un patron.

Voici ce que l’on peut lire sur le site dédié de Marikavel: « Cette ville tire son nom du château bâti vers 447 par Audren , fils de Salomon, quatrième roi de Bretagne, fils aîné61542141_p de Salomon 1er. Ce prince monta sur le trône l’an 445. Peu après son couronnement, il fit élever le château de son nom, auprès duquel on construisit des maisons qui formèrent dans la suite une petite ville, qui depuis a toujours porté le nom de Châtelaudren, et fut réunie au comté de Guingamp (22), dont la seigneurie passa dans la maison de Penthièvre, par le mariage de l’héritière de ce comté, qui épousa, en 1034, Étienne de Bretagne, fils du comte Eudon, frère du duc Alain IV, (ça suit derrière ? Je continue.). Après ce mariage, Étienne prit le nom d’Étienne de Penthièvre, et la seigneurie de Châtelaudren devint le chef-lieu du comté de Goelo et de la baronnie d’Avaugour, située dans la paroisse de Plesidy (vous êtes toujours là ?). En 1420, le château de cette ville fut démoli par ordre du duc Jean V, qui fit encore raser plusieurs autres places qui appartenaient aux seigneurs de Penthièvre, pour les punir d’avoir osé attenter à ses jours, l’arrêter et renfermer, le 13 février 1419, dans leur château de Chantoceaux, à cinq lieues de Nantes. Ce fut par cette démolition qu’on apprit qu’Audren, roi de Bretagne, était le fondateur de la ville dont nous parlons. On y trouva plusieurs pierres sur lesquelles ce fait était écrit et énoncé très clairement. Audren mourut semble t-il, l’an 464, dans la soixantième année de son âge et la dix-neuvième de son règne. »

 

Or Salomon, fils de Riwallon fut roi de bretagne de 857 à 874 non sans avoir précédemment assassiné Erispoë qui projetait un rapprochement avec Charles le 61542498_pchauve. La Bretagne est à son maximum historique d’extension territoriale puisqu’elle englobe le Maine, l’Anjou, le Cotentin et les îles anglo-normandes… Aodren pour ce qui le concerne vécut semble t-il au milieu du Vè siècle et se fit remarquer par ses luttes contre les Huns et les Saxons. Son père était sans doute Salomon 1er, un chef de guerre Armoricain mais que l’on ne peut pas considérer comme roi ou Duc, le premier étant Erispoë successeur de Nominoë vers 850. On peut lire le livre de André Chédeville, Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois (Ve-Xe siècle), Editions Ouest-France, Rennes, 2003. ( A gauche, une magnifique céramique de la manufacture de Creil, représentant le couronnement d’Erispoë.)

Voilà pour la petite histoire ce qui ne devrait pas vous empêcher de réserver une  visite à Châtelaudren où l’ancienne imprimerie est aujourd’hui un centre culturel et un musée. Pour les pêcheurs, je signale que le Leff qui y passe est une excellente rivière à truites.

Allez, j’ai dans l’idée que l’hiver n’a pas dit son dernier mot, je m’en vais donc de ce pas faire un peu de bois. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La fin des haricots…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’art lyrique et du gigot d’agneau réunis, bonjour !

Nous sommes (déjà) le mercredi 11 juillet de l’an 2012. Les républicains chargés du calendrier, dans leur immense sagesse et leur infinie ruralité, avait dédié ce jour au Haricot… Alors, sans plus attendre et spécialement pour vous, amis lecteurs, ce chef- d’oeuvre de la littérature française, magistralement interprété par Bourvil:

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Comme vous pouvez le constater, les cénobites ont pris leurs quartiers d’été. Petit billet, pédale douce mais, le rythme reste quotidien histoire de ne pas perdre le fil qui lui, est davantage à la pêche qu’au rasoir (humour dévastateur et néanmoins Vermotien)…

Aujourd’hui par chez nous on célèbre les Judoc. Difficile d’écrire l’histoire de celui-là tant l’orthographe du nom a subi de modifications. On trouve les formes aussi diverses que le vieux breton Iudoc ou Judoce, ou encore la forme francisée de Judosse mais aussi chez nos amis d’outre-Manche, Joder, Josse, Joyce, Joost, Jost, Judganoc… En tous cas, il semble bien qu’il fut l’un des nombreux enfants du roi Judaël, souverain de Domnonée (le Nord de l’Armorique à partir du VIè) et donc frère du futur roi Judikaël et de Winnoc… Je ne les cite pas tous, ils étaient quinze autour de la table familiale.

Le nom de Domnonée vient des Dumnonii, peuple celte brittonique de l’île de Bretagne, habitant le Devon et peut-être les Cornouailles. Le royaume aurait été fondé par Riwal (du comté de Gwent, au Pays de Galles).

La première bande, arrivée sur nos côtes armoricaines vers 465, aurait eu pour chef Fracan, père de  Gwenolé, et elle se serait établie sur les bords du Gouët (à Ploufragan dans les Côtes-d’Armor).

Elle fut suivie de trois autres colonies qui se fixèrent autour de la baie de Saint-Brieuc et qui obéissaient à des chefs nommés Riwal, Conan et Conothée. Ces derniers furent rejoints, vers 480, par  Brieuc, qui fonda un grand monastère, berceau de la ville portant encore son nom.

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.