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Saint-Rivoal, dix minutes d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pataphysique et du riz créole réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 juillet 2020 qui correspond au 27è jour de messidor dédié à l’ail. Plante pour le moins miraculeuse qui faisait dire à mon aïeule: Qui a de l’ail dans son jardiSaintRivoaln, n’a point besoin de médecin !
Par ici, nous fêtons les Riwal, prénom masculin qui remonte au 5ème siècle et l’arrivée des tous premiers émigrants de Bretagne insulaire. Considéré comme étant roi de Domnonée, parent de Brieg et deTudal, on dit de Riwal qu’il mit en déroute les danois près de Carantec et demeure à ce jour le saint patron de Saint-Rivoal dans le Finistère (29). Voici ce qu’en disait Frédéric le Guyader en 1901 dans  « Le Pater de Saint-Rivoal », chapitre de la « Chanson du cidre»:

« Saint-Rivoal et Botmeur, perdus dans la montagne,
sont bien les bourgs les plus tristes de Bretagne
Quelques taudis épars, autour d’un clocher gris.
Point d’arbres. Si ce n’est trois vieux ifs rabougris,
Qui se meurent, le long des murs du cimetière.
Çà et là, de grands blocs, couchés dans la bruyère.
Des blés noirs tout petits. Des seigles avortons.
Un sol pierreux, où des centaines de moutons
Broutent dans le silence, et dans la solitude.
Un pays tout entier, plongé dans l’hébétude,
Figé, mort, loin du bruit, loin de toute rumeur. »

Cela ne donne pas franchement envie d’y passer ses vacances quand bien même les ingénieurs zèlés essaient d’en finir avec le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis, située à deux pas  Lankou-210x300et débuté en 1985. (cela donne une vision pour Fessenheim…). Et plus le chantier dure, plus il coûte cher. Le premier devis de 2001 était de 254 millions d’euros, il est passé à 377 millions en 2007, selon la Cour des comptes. Le coût total du démantèlement est désormais estimé à 482 millions d’euros ! Quand à la fin des travaux, «on» avance la date de 2040, peut-être. Il est vrai que nous sommes à proximité du Yeun-Ellez, les portes des ténèbres. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier dans les marais du Yeun.

Allez, gardez le sourire sous le masque et à bientôt peut-être.

Si Davos m’était conté…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 janvier 2017, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar).

L’édition 2017 du Forum économique mondial s’ouvre ce mardi à Davos, dans les Alpes suisses. Cette semaine a commencé avec des propos très déstabilisants de Donald Trump exposant à deux journaux des-policiers-deployes-le-19-janvier-2016-a-davos_5499883-300x199européens son dédain de l’OTAN, de l’Union européenne et de la chancelière allemande. Le même homme sera, à la fin de la semaine, sacré 45e président des Etats-Unis. D’ici là, la première ministre britannique, Theresa May, aura expliqué, comment elle entend organiser la sortie de leur pays de l’UE. Deux jours plus tard, jeudi, elle viendra à Davos tester les réactions d’une audience internationale aux modalités de son plan, sans précédent.

Ayant compris assez tôt qu’il y aurait cette année une sorte de vacance du pouvoir à Davos, entre deux administrations américaines, les Chinois ont décidé de combler le vide massivement : non seulement le Forum accueille la plus grosse délégation chinoise de son histoire, mais celle-ci est emmenée par le président Xi Jinping lui-même.
Fossé entre patrons et grand public. C’est la première fois qu’un président chinois fait le déplacement à Davos. Loin de Xi Jinpingl’abandonner, pourtant, ces élites aujourd’hui si contestées y viennent encore plus nombreuses : quelque 3 000 participants, dont 1 200 patrons et une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement se pencheront cette semaine sur le thème du « leadership réactif et responsable ». Ce thème est d’autant plus opportun qu’une étude PWC publiée à l’ouverture du Forum révèle un fossé béant entre les perceptions qu’ont les patrons et le grand public des effets de la mondialisation : 60 % des patrons les jugent positifs, tandis que ce chiffre n’atteint que 38 % dans la population. (d’après un article du Monde)

Et voila, pendant que les grands de ce monde se goinfreront de petits fours, chez nous c’est reparti ! Tous les ans, à l’approche de l’hiver, ils nous refont le coup de la panne. Enfin, celle qui devrait immanquablement se produire vu que la Bretagne est largement déficitaire en électricité. Le lobby nucléo-électrique ne désarme pas. Ils mettent tout en œuvre pour nous refiler une de leurs foutues centrales du 1er, 2ème, ou 3ème type. Nous pensions, pauvres de nous, qu’ils brennilisavaient compris la leçon après avoir du plier bagage dans le cap-sizun (Plogoff). Que nenni ! En attendant, la centrale de Brennilis, fermée en 1985, n’en fini pas de finir et n’est toujours pas démantelée. La faute à ICEDA qui disent… le petit nom de ce qui doit être une « installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de moyenne et longue activité ». Autrement dit : l’entreprise pouvait démanteler le réacteur, mais ne serait pas en mesure de stocker ces déchets, susceptibles de rester dangereux pendant des milliers d’années. En construction à la centrale du Bugey, dans l’Ain, Iceda doit être opérationnelle un de ces jours mais elle est pour le moins controversée. Surtout, elle s’implante sur un site qui fait déjà l’objet d’une plainte, déposée en mars par la ville et le canton de Genève (Suisse) pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux ». Dans le paysage des monts d’Arrée, ce cadavre est encombrant. Mais son cercueil, en construction à l’autre bout de la France, l’est, semble-t-il, tout autant.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les chiens de la mort…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le nivoseLundi 21 décembre 2015, si l’on en croit le calendrier républicain, ce jour, premier de Nivôse, est dédié à la tourbe. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples et qui regardent en se bidonnant nos acquis sociaux se réduire à peau de chagrin. Ma doué benniget !

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppe la tourbesans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ». Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ».

Depuis trente ans que l’on tente le démantèlement de la centrale deLankou-210x300 Brennilis… Elles sont peut-être là, les puissances invisibles. « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.