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La mala reputacion…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 20 novembre 2013, 30è et dernier jour de brumaire dédié au rouleau, sorte de herse rotative encore nommée « brise-motte ». L’envie m’est venue de souhaiter un bon anniversaire à un chanteur que j’apprécie particulièrement, autant pour son talent que pour son engagement. Paco IBAÑEZ né à Valence le 20 novembre 1934.

Son père, originaire de Valencia, était ébéniste et sympathisant anarchiste (bon sang ne saurait mentir comme disait mon aïeule qui l’avait assez vif). Paco passa sa petite enfance à Barcelone, puis la famille fut obligée de fuir vers la France à la fin de la Guerre d’Espagne,. Mais en 1940, son père est arrêté par la police de Vichy et incarcéré dans le 70251563_pcamp de concentration d’Argelès-sur-Mer comme de nombreux républicains espagnols. En 1948, la famille passe clandestinement la frontière pour retrouver le père. En 1958, une amie de Paco et de Pierre Pascal fit écouter à Salvador Dalí une maquette du disque de Paco contenant quelques chansons de Lorca et de Góngora. Après l’écoute, Dalí demanda à voir le « muchacho » qui avait enregistré ces chansons. Lorsque les deux artistes firent connaissance, ils eurent l’idée d’illustrer la pochette avec un dessin réalisé par le peintre. Ce fut ainsi que Paco initia une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques. Le voici interprétant la mauvaise réputation de Brassens.

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C’est en 1964 qu’il enregistra son premier disque mais le succès viendra un peu plus tard. À cette époque, la maison des Ibañez à Paris était un lieu de passage et d’accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels 70251641_pespagnols qui passaient par la capitale française, allaient et venaient d’exil ou faisaient de simples escapades pour respirer « un air frais ». En mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présenta son disque ainsi que le peintre Ortega qui avait réalisé les illustrations de la pochette. Dans cette émission, il chanta « La poésie est une arme chargée de futur », de Gabriel Celaya et « Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade » de Rafael Alberti. Un an plus tard, pour fêter les événements il se produisit dans la cour de la Sorbonne et devint un des symboles de la lutte des étudiants.

Après la mort de Franco il retourna vivre en Espagne, et il réside à Barcelone depuis 1994. Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la médaille des Arts et des Lettres proposée par leCapture d’écran 2013-11-19 à 10.08.18 ministre-de-la-culture-à-vie Jack Lang. Il n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des poèmes, des grands poètes espagnols ou latino-américains : Rafael Alberti, Pablo Neruda, Louis Cernuda, Antonio Machado… En décembre 2006, Paco Ibanez et Lucien Gourong (ici en photo à droite), conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont lié d’amitié en 1975, ont réalisé une grande soirée à l’Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l’Atlantique et à l’édification des bases de sous-marins dont celle de Lorient. (merci WIKI)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Mourir pour des idées…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! brumaireNous sommes le mardi 22 octobre 2013, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur.

Il est né en 1921 à Sète qui autrefois se nommait Cette, ceci pour la petite histoire. En 1940, agé de 19 ans, il monte à Paris et trouve asile chez Jeanne Le Bonniec que l’on retrouvera dans ses chansons plus tard. « La jeanne » et « la cane de Jeanne », c’est pour son mari qu’il va écrire « chanson pour l’auvergnat ». En 1943 il est envoyé en Allemagne via le STO, service du travail obligatoire. Lors d’une permission, il s’évade et trouve refuge chez Jeanne où il se cache jusqu’à la fin de la guerre. Adhérent à la fédération anarchiste, il écrira de nombreux articles pour « Le libertaire »

En 47, il rencontre celle qui sera la compagne de toute une vie, Joha Heiman, d’origine estonienne, qu’il surnommait Püppchen, la petite poupée. Bien que ne vivant pas ensemble, ils resteront amants jusqu’à la fin. C’est pour elle qu’il écrivit « La non demande en mariage ». C’est brassensPatachou qui va le faire découvrir au public et en 52, c’est le premier 33t. A la fin des années soixante, le fameux duo qu’il composait avec Pierre Nicolas à la contrebasse, s’enrichit d’un jeune guitariste de talent Joël Favreau. Une de ses chansons, les Deux Oncles, (tonton Nestor, vous eûtes tort, je vous le dis tout net…) où il renvoie dos à dos les deux camps opposés de la Seconde Guerre mondiale, lui vaut des inimitiés. Il en fera état dans une chanson ultérieure, Mourir pour des idées, ici en vidéo.

 

 

Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du brel,brassensPy, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer. Voici la photo culte qui immortalise la rencontre des trois monstres sacrés de la chanson française, Brel, Ferré, Brassens. C’était le 6 janvier 1969 à l’initiative du journaliste de « Rock’n Folk » François-René Christiani, la photo est de Jean-Pierre Leloir. Cela s’est passé dans un petit appartement de la rue Saint Placide à Paris.

Georges Brassens a vendu environ 20 millions d’albums de son vivant, de 1953 à 1981, ce qui constitue un record pour quelqu’un ayant commencé à vendre de la musique dans les années 50 et dont le style était largement (et volontairement) hors mode en 1970. Avec Moustache et d’autres de ses amis, Brassens fit néanmoins une petite incursion dans le jazz avec Elégie pour un rat de cave, créé en hommage à sa compagne. Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, mon père me faisait écouter Gare au gorille et ma mère ne trouvait pas ça drôle du tout, il ne m’a jamais quitté depuis. Je vais trouver une place tout en haut de ma galerie de portraits.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Haute solitude…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 04 mars 2013, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée. L’homme du jour est un immense poète que j’apprécie particulièrement ce qui justifierait que j’en ai déjà parlé.

Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry.

Etudiant, il hésite entre la littérature, la musique et la peinture. Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa70354809_p première œuvre : Tancrède. Il traîne avec la bohème de Montmartre dans l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard.

Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel, avec qui il formera la fameuse bande des « Apaches d’Auteuil ». Il ne publie presque rien durant cette période, cependant il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française. En 1909, il rencontre Valery Larbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît Poèmes son second livre, fondateur par son utilisation des mots et de la langue, qui fera des émules et qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain Fournier à Proust.

Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce avec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, trés prolixe, la chronique journalistique, qui donnera des essais sur des sujets très divers, de la critique littéraire 70354853_pà des thèmes beaucoup plus légers comme les aléas de la mode, mais où l’art, la poésie et l’homme sont omniprésents. Voici un extrait de « haute solitude » « Oui mon âme, tout cela que tu vois, c’est la vie, tout ce que tu examines en soupirant, c’est la vie. Restons nous deux, cent ans et plus, restons les bras sur la balustrade, le corps appuyé au bastingage, la prudence bien affûtée, restons et résignons-nous. Ne descendons pas dans cette mélopée, ne nous confondons pas à ce bruit d’âmes fausses, de coeurs mangés aux vers, d’esprits vénéneux ».

Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse. En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’oeuvre poétique. En 1943, au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pas moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris. Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. »

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Il meurt à 71 ans, le 24 novembre 1947, chez lui à Paris. Il est enterré au cimetière du70354869_p Montparnasse cher à Brassens.                                    On lui doit cette fameuse pensée: Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue. comment ne pas être d’accord ! Faudra que j’en parle à Parisot…

 

Allez, voila pour aujourd’hui, merci encore une fois d’avoir fait le détour par ici portez vous bien et à demain peut-être.

 

Etonnez moi Benoit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la République espagnole et de la paella réunies, bonjour !

Ce jeudi 14 février 2013 correspond au 26è jour de pluviôse dédié à la guède, cultivée autrefois dans la région du Sud-Ouest pour ses propriétés 61812469_ptinctoriales d’où son nom de Pastel des teinturiers. On y extrayait une teinture bleue à partir de ses feuilles. Sa culture a déclinée avec l’arrivée de l’indigo au XVII è siècle. La médecine traditionnelle chinoise continue de l’utiliser dans le traitement de l’hépatite infectieuse. Bon, ben, on aura appris un truc aujourd’hui…

Ainsi donc, Benoit le seizième, tout chagrin de découvrir que la fille mariage_tintinaînée de son église autorisait tout un chacun à épouser tout un autre, a décidé de jeter sa mitre par dessus les moulins et d’aller tailler ses roses dans les jardins de l’évêché; et non pas dans l’évêché au fond du jardin comme disait Giscard, comique auvergnat. Dans cette affaire je me garderai bien de donner un quelconque conseil, je préfère laisser Boris Vian s’en charger par la voix de Michèle Arnaud: Avant cela, jetez donc un oeil sur ce dessin de Stravog; je vais encore avoir des démêlés avec les ayants droits (de mon temps le participe présent s’accordait en genre et en nombre. Mais ça, c’était avant.)

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J‘aurai pu choisir « la non demande en mariage » de notre ami Georges Brassens , comme ici en 1967 à Bobino:

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Deux petites chansons valent mieux qu’un long billet, non ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

29 octobre

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la raison pure et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour !

Nous sommes donc le lundi 29 octobre 2012. En ce huitième jour de brumaire nous célébrons la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien scorzonera, de scorzone, serpent venimeux, dont la scorsonère était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais.

Le 29 octobre 1981 voit la disparition du grand Georges Brassens. « Les cénobites tranquilles » dédie cette chanson merveilleuse à toutes ses lectrices…

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Et puisque c’est aujourd’hui la St Narcisse, on a le droit de se faire plaisir. Je me suis donc concocté un programme en deux temps: D’abord, petit détour par la forêt d’Ambroise pour une séquence cueillette, puis, au retour, une halte au plan d’eau du Drennec pour un tête à tête avec un brochet de ma connaissance. C’est pas beautiful ça, c’est pas fantastique mes bodys boys ? Allez, faut qu’j'y aille, portez vous bien et, à demain…Peut-être.

 

La chasse aux papillons…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des saintes écritures et du crabe mayo réunis, bonjour !

Cette fois ci on y est, jeudi 6 septembre, autant dire le 20 de fructidor et c’est le jour de la hotte; ne me demandez pas pourquoi. Il vous reste 116 jours pour préparer le réveillon du nouvel-an. Aujourd’hui, si le coeur vous en dit, vous pouvez fêter les Onésiphore; mais bon, c’est pas une obligation non plus; d’autant que des Onésiphore, y’en a pas beaucoup par ici. J’ai bien connu un Marcel, au nez si fort que tout le monde l’appelait grospif… C’était un pote à Saint Paul (pas Marcel, Onésiphore) qui lui même était grossiste en artichauts du côté d’Ephèse avant de s’installer définitivement en Bretagne d’où la cité légumière qui lui doit son nom: Saint pol de LéonA la saint Onésiphore, mets ton vin en amphore répétait mon aieule qui en connaissait un rayon. Marcel lui, ne laissait jamais à son vin le temps de vieillir; ceci explique peut-être cela ! Voici donc l’heure  de ranger les tongs et le bob Ricard et de se présenter au rapport. Justement, tiens, il y a longtemps que je n’ai pas évoqué Fukushima. j’emprunte donc au site Basta ce billet de Sophie Chapelle:

« Une étude scientifique japonaise met en évidence une augmentation très nette des malformations chez une espèce de papillons bleus de Fukushima. Selon cette étude parue dans le journal Scientific Reports (à lire ici), des papillons adultes ont été capturés en mai 2011 jusqu’à plus de 200 km de distance de la centrale accidentée. (Ailes atrophiées, courbées ou en surnombre. Antennes difformes. Yeux bosselés. Couleur altérée. Eclosions avortées. Infertilité… )

Environ 12 % de ces papillons exposés à la radioactivité à l’état de larves lors de la catastrophe nucléaire ont développé des anomalies, notamment des ailes plus petites et une malformation des yeux. Les chercheurs ont ensuite élevé ces papillons en laboratoire à des fins de reproduction. À la génération suivante, des anomalies similaires ont été relevées sur 18 % d’entre eux. Et, à la troisième génération, sur 33,5 % des lépidoptères.

En septembre 2011, un nouvel échantillon de papillons a été collecté dans la région de Fukushima : leur taux d’anormalité atteignait alors 28 %, soit plus du double que quatre mois auparavant. Avant de grimper à 52 % pour la génération suivante ! Les radiations avaient décru, mais les papillons continuaient de se nourrir de plantes contaminées. »

En guise de récréation et pour oublier un tantinet ce monde de brutes, voici le grand Georges qui poursuit les papillons.

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Portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Tout sur le sept…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’écologie et du point de croix réunis, bonjour !

Nous voici le lundi 18 juin 2012, lendemain de vote pour ces législatives censées donner à Fanch les moyens de sa politique.  En vérité, c’est le 30è et dernier jour de Prairial consacré au chariot (avec un seul « r ») cela fait partie des mystères de la langue française… S’il se trouve parmi vous un prof de français, qu’il m’explique pourquoi on met un seul « r » à chariot et deux à carriole, charrette, charrue et carrosse, je suis preneur. Le chariot est le septième arcane majeur du tarot. Il symbolise la réussite, la victoire, le but atteint. Dans la kabbale il est le zain, chiffre sept, et exprime hiéroglyphiquement la flèche. C’est le signe de la main mise de l’homme sur son destin. Le char du Triomphe qui caractérise le hiéroglyphe de cette lame dans le livre de Thoth, indique qu’il échappera aux lois de causalité du destin si le conducteur parvient constamment à dominer les deux sphinx de polarités magnétiques différentes que sont Jakin et Boas. En termes profanes : choisis ton camp camarade… Par chez nous on n’est pas chiche et du coup, en breton, on en met deux à Karrig.

Mon aïeule, dont je vous parle si souvent avec de l’émotion dans le clavier et qui avait le don inné de la pédagogie active avait toujours sous la main une histoire de l’Ankou et de son chariot.. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la  lueur vacillante de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir. Il est vrai qu’à cette époque là, on craignait davantage les manifestations surnaturelles que celles de la nature. Je ne sais si les proches de Thierry Roland ont entendu les sinistres et annonciateurs grincements de karrig an ankou mais ce qui est remarquable c’est que, le temps de monter dans la charrette et ce beauf xénophobe est devenu d’un seul coup un sacré brave type à qui tout le monde veut rendre hommage… Comme le dit si bien Georges Brassens dans « Le temps passé »:                                                                                                         Il est toujours joli, le temps passé
Un’ fois qu’ils ont cassé leur pipe
On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés
Les morts sont tous des braves types.

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Allez, voilà pour ce lundi de juin qui entérine (de lapin) une majorité constituée d’une gôche plan-plan qui ne devrait guère effrayer les banksters. Néanmoins, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Le grand manitou…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du chiasme* et de la compotée de tomates réunis, bonjour !

*Exemple: « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Spectacle)

Déjà le 15è jour de prairial, dédié à la caille, qui n’est jamais en si bonne compagnie qu’avec des raisins de Corinthe…

L‘homme du jour fait partie de ces artistes inclassables dont on continue à fredonner les rengaines en ayant oublié leurs auteurs. Je me souviens du personnage et de son côté Pierrot lunaire. Un peu de Boby Lapointe, un peu de Boris Vian et voici, René-Louis Lafforgue, chanteur, compositeur, interprète et libertaire.

Avec ses parents anarchistes du Pays Basque Sud, il subit la guerre d’Espagne, puis l’exil en France, où son frère trouve la mort en participant à la résistance. Après avoir exercé plusieurs métiers, il devient comédien puis chanteur compositeur. Les années cinquante voient son talent reconnu, après les premières parties des spectacles de Georges Brassens, il passe à l’Olympia. Au théatre, il a joué notamment « l’équarissage pour tous » de Boris Vian. Au cinéma, il a collaboré avec Jean-pierre Mocky sur le film « La cité de l’indicible peur ». Avouez qu’il y a pire comme fréquentations. Il est le 467ème « je me souviens » de Georges Perec.

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Ses chansons comme: « Julie la Rousse » lui assurent la popularité. Avec sa compagne Claudie, il ouvre un cabaret rue Mouffetard « L’Ecole Buissonnière », lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes pour qui il anima de nombreuses fêtes. Ah, la rue Mouffetard, ses cabarets, la Contre-escarpe, le Discophage, le bateau ivre et tous les autres… Ou sont ils aujourd’hui ces lieux qui ont vu s’épanouir tant de talents ? Il est mort le 3 juin 1967 dans le sud de la France (Albi) lors d’un accident de voiture. René-Louis LAFFORGUE qui, selon les souvenirs de témoins oculaires, chantait « Le Grand Manitou » (plus haut en vidéo) en se tenant ostensiblement à l’ordre d’Apprenti, était membre de la Loge parisienne L’Etoile Polaire. L’une de ses chansons rappelle son appartenance maçonnique:

Quand je passerai l’arme à gauche

S’il faut me faire pendre ailleurs,

Pour le pire et pour le meilleur,

Je ne raterai pas le coche.

Par la route la plus directe,

Si Dieu n’est pas un chicanier,

J’irai jusqu’au Grand Architecte,

Le jour du jugement dernier.

Bon et bien voilà, pour un dimanche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A tous les enfants…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’antinomie et du chou de Bruxelles réunis, bonjour !

Nous voici le mardi 29 mai, dixième jour de Prairial dédié à la Faux. Nos cousins de la belle province continuent contre vents et marées de défier l’entêtement imbécile d’un pouvoir acculé et condamné à forcir la répression. Cela m’a fait penser à cette admirable artiste qui a beaucoup chanté les poètes québecois: Catherine Sauvage. C’est aujourd’hui l’anniversaire du jour de sa naissance, un 29 mai 1929…

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. En 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai.

Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Boeuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ».

Elle contribue à faire connaître Léo Ferré en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  » Ci-après elle interprète un texte de Boris Vian.

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Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Pas vraiment le genre d’auteurs que l’on retrouve à l’Eurovision…

« Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Aux trois baudets avec Brassenscarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.

Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994. Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht. Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 » (1990) qui donna naissance au mouvement « Ras l’front ». Elle meurt en mai 1998.

Allez, voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

NE ME QUITTE PAS…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la sinécure et du merlan poché réunis, bonjour!

Nous sommes le samedi 21 avril (J-1) et nous sommes le deuxième jour de Floréal dédié au chêne…

Souvenons de cette magnifique interprète qu’était NINA SIMONE

La chanteuse noire américaine est morte un lundi 21 avril en 2003, à Carry-le-Rouet Bouches-du-Rhône, à l’âge de 70 ans. Cette artiste fut l’interprète de standards comme « My Baby Just Cares For Me » ou « Ne me quitte pas ». J’ai retrouvé un article que lui avait consacré Véronique Mortaigne dans « Le Monde » à l’époque, je m’en inspire pour ce billet.Large , grande, magnifique j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis, Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou coiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à l’époque de ses débuts – c’est-à-dire très mal -, Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques Brel, Ne me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ».Derrière Nina la star, il y eut toujours Eunice Waynon, la jeune noire née d’un père barbier et prédicateur méthodiste. Son histoire est celle d’un sacrifice, celui de la jeunesse, passée dans l’étude du piano. Au début des années 1950, Eunice s’enfonce dans le destin obligatoire du musicien noir. Par admiration pour Signoret, elle adopte le nom de Simone. Trois ans plus tard, Nina Simone, avec ses dons hypnotiques, ses drôles d’arrangements au piano et sa voix poignante, enflamme les clubs. I Love’s You Porgy, My Baby Just Cares For Me : les tubes s’enchaînent, Nina a vingt-quatre ans. La jeune et gracieuse jeune fille qu’elle fut avant d’adopter des courbes de madone s’engage dans la bataille pour les droits civiques aux Etats-Unis, avec ses chansons rebelles : Young, Gifted and Black, Mississippi Goddam pour les quatre enfants noirs morts dans un attentat raciste en Alabama en 1963, Why pour l’assassinat de Martin Luther King. « Mes amis -Stokely Carmichael, Malcom X-, tous morts ou en exil.

 

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Nina Simone précisait qu’elle se sentait totalement africaine: » Myriam Makeba, chanteuse sud-africaine, interprète de Pata Pata, exilée aux Etats-Unis et fer de lance de la lutte contre la ségrégation- nina_simone_était dans le secteur. Elle me demande : « Nina, es-tu prête à rentrer à la maison ? » Je lui dis oui. Après avoir réglé quelques affaires, nous sommes parties directement en Afrique. C’est elle qui a choisi le Liberia, car elle y connaissait du monde, de plus, le Liberia était symboliquement important dans l’histoire de l’esclavage », déclarait-elle au Monde en 1991 à la veille d’un des nombreux passages qu’elle fit à l’Olympia.Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec la quelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens  » Il n’y a pas d’amour heureux », évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis partie en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter. »

Allez, demain j’en connais un qui aimerait bien qu’on lui chante « ne me quitte pas »…Et bien c’est râpé mon poulet. Portez vous bien et à demain peut-être.