Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Bran”

Page 1 de 1

Un korbac des corbeaux…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de la tragédie grecque et du savon de Marseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 novembre 2015, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être Cormier chateau de Martreilplusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Subodorant votre esprit suspicieux, j’imagine que vous n’allez pas me croire, et pourtant, c’est vrai. C’est aujourd’hui « La journée internationale des toilettes publiques », décidée en 2001 à Singapour. Il y en a des tonnes comme cela, la plupart sous l’égide de l’ONU; ce « machin » comme disait de Gaulle. Journée de la femme, de l’eau, de la poésie, de la gentillesse, du suicide, du sommeil. Certaines nous interpellent davantage. Tenez, le 29 novembre par exemple, c’est la journée internationale de solidarité avec le peuple Palestinien; on croit rêver…

Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire. Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi neiz vranlesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. (la photo ci-dessus est « empruntée » au site la tribu d’Anaximandre)

Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter !

Je vote pour l’instauration d’une journée internationale du corbeau. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La légende de Bran…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

, , , ,

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 19 novembre 2012, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur la couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire.

Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. 

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter ! 

C‘est la même légende qui est attachée à la présence des fameux corbeaux de la tour de Londres. Six corbeaux entretenus par le gouvernement. La légende des corbeaux de la Tour fut mise en place, principalement, par le chroniqueur médiéval Geoffrey de Monmouth, qui relata de nombreux mythes et légendes gallois. En 1136 Geoffrey de Monmouth écrivit Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne). Dans ce livre, il mentionne un ancien roi britannique, Bran Hen de Bryneich (né vers 485), tué à la bataille, et qui avait demandé à ce que sa tête soit enterrée, comme talisman contre les invasions, à Gwynfryn (la Butte Blanche), lieu où la Tour de Londres se tient aujourd’hui. Un Yeoman Warder (nom des gardes de la Tour) tient le rôle particulier de ‘Maître-corbeau’ et s’occupe de les nourrir et de les soigner. Lorsque John Flamsteed, l’astronome, se plaignit au roi du fait que les corbeaux gênaient ses observations, Charles II fit déplacer l’observatoire jusqu’à Grennwich plutôt que de toucher aux corbeaux… Etonnant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.