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Il faut le fer…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis des bars-à-vins et du coquelet en sauce réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 12 janvier 2016, 23è jour de nivôse dédié au fer Villonquand bien même, pour la pataphysique, le 12 Janvier 2016 est en réalité le Dimanche 15 Décervelage 143 Conscience d’UBU et hier nous apprenions la mort de David Bowie. Comme n’aurait pas manqué de le faire remarquer Bourvil: il fallait le faire… Bowie qui s’en va en laissant Johnny Hallyday célébrer les attentats de Charlie ! C’est à n’y pas croire, on marche sur la tête… Alors que je poursuis ma paisible retraite dans mon modeste ermitage et que les bruits du monde me parviennent assourdis par l’étrange lucarne; il m’est venu à l’esprit de relire Villon… Je vous ai mis de côté cette strophe qui ne saurait vous déplaire:

Sur mol duvet assis , ung gras chanoine ,
Lez ung erasier , en chambre bien nattée,
A son costé gysant dame Sidoine ,
Blanche , tendre , polie et attintée ,
Boire ypocras , à jour et à nuytée ,
Rire , jouer , mignonner et baiser ,
Et nu à nu , pour mieux des corps s’aiser.
FRANÇOIS VILLON …

Voila bien la philosophie qui sied à un cénobite. D’ailleurs, je vais de ce pas m’en resservir un p’tit qui devrait avoir un effet immédiat sur cette flemmingite aigüe qui, associée à cet hiver qui ne dit pas son nom, le suroit force 7 à 8 et la pluie ininterrompue, limite grandement mes envies de jardinage. Juste pour vous faire baver, il s’agit d’un Single Malt en provenance de Isle of Jura, un Signatory vintage millésimé 1997, bouteille N° 311 mais, ne vous inquiétez pas, j’ai une ordonnance.

Allez, merci d’être encore là, portez vous bien et à demain peut-être.

LA MAMAN DES POISSONS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la contrepèterie et du poisson au citron réunis, bonjour !

Nous sommes le 29 juin, c’est vous dire si le départ du Tour de France est pour bientôt ! Ce jour correspond au 11 de messidor généralement dédié à la coriandre. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un magicien des mots dont je m’aperçois que je ne lui ai pas encore accordé la place qui lui revient dans ma galerie de portraits. Je veux parler de Boby Lapointe.

Robert, Jean-François, Joseph, Pascal Lapointe, dit Boby est né le 16 avril 1922 à Pézenas (Hérault) et décédé dans cette ville le 29 juin 1972, chanteur français, surtout connu pour ses textes parsemés de calembours, de contrepèteries et d’à-peu-près.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Son génie technique le conduit à inventer un système d’embrayage automatique pour automobile, que les constructeurs exploiteront avec succès bien plus tard. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de Mathématique, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche. Il créa par la suite un mode calcul basé sur le binaire, appelé la numérotation Bibi.

Mais à l’âge de 20 ans, il doit abandonner ses études et est envoyé à Linz, en Autriche, en 1943 au titre du STO. Éternel insoumis, il s’évade la même année et rejoint, en mai 1944, sa région natale après sept mois d’errance sous différents noms d’emprunt. Une anecdote veut que parmi eux, il ait utilisé le nom de Robert Foulcan… Sa grande stature et sa force physique lui permettent de devenir scaphandrier au port de La Ciotat, essentiellement pour échapper aux recherches dont il est l’objet par les Allemands et la milice locale.

Son amour des mots et son envie d’écrire le poussent à partir de ce moment à composer des chansons dont le style est très marginal, tout en calembours, jeux de mots et contrepèteries, trop intellectuel pour qu’on lui donne facilement sa chance. Il rédige également un recueil de poésie et un traité sur les calembours. C’est en 1956 qu’il débute officiellement sa carrière musicale : Bourvil et Gilles Grangier choisissent une de ses chansons (Aragon et Castille) pour un passage musical où Bourvil chante, dans le film Poisson d’avril. Bien que le film comme la chanson ne connaissent pas de succès, Lapointe est enfin introduit dans le milieu parisien. Il fait ses grands débuts en tant que chanteur dans un cabaret parisien, le Cheval d’Or.

Dans les années 1960, Lapointe et Brassens enchaînent les tournées et les récitals. Mais son côté fantasque lui fait commettre des erreurs. Quand il ouvre un café concert, « Le Cadran Bleu », la faillite survient rapidement. Brassens le dépanne en épongeant une partie des dettes et l’aide à trouver des petits boulots pour vivre. Il reprend donc une carrière plus cinématographique, en jouant pour le réalisateur Claude Sautet : il est ainsi le demeuré brutal de Max et les ferrailleurs ou le chauffeur de bétaillère dans Les Choses de la vie. En 1968, aux frontières de la cornichonnerie et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font, Gérard Verroust, Philippe et Claudine Marenco. Atteint d’un cancer, il meurt à cinquante ans à Pézenas entouré des siens le 29 juin 1972. Il n’aura enregistré qu’une cinquantaine de chansons, mais leur diffusion continue car il n’a pas été remplacé dans son registre indémodable.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.