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Les lendemains qui (dé)chantent…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour!

Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le lundi 23 avril, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France….

Ah l’aubépine, outre le fait qu’elle vient souvent au secours du contrepèteur de base, c’est une fleur qui illumine nos talus de la plus belle façon. Que n’a t-on raconté sur cet arbuste si décoratif…Son bois était parait-il le mieux adapté pour fabriquer les pieux qui convenaient pour se débarrasser des vampires. Sa facilité d’hybridation fait qu’on en recense plus de 1200 espèces. D’ailleurs, un jardinier espagnol, Miguel Sulcudor, de la ville de Vigo, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. il greffait de l’aubépine rose, du poirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se  couvrent de fleurs roses et blanches (aubépine et poirier) et qui dès août produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l’on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre.

Voilà pour la petite histoire de l’aubépine qui a séduit Marcel Proust lui même dans «  A la recherche du temps perdu »: « je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’oeuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder … ». Et puis, si le coeur vous en dit, vous pouvez vous lancez dans la culture de l’aubépine bonsaï, c’est très zen !

Nous voici donc ce lundi 23 avril au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle et, je vous fais copie de mon bulletin de vote, emprunté à Frédéric LORDON, sociologue, chercheur au CNRS.

Demandez-vous, Messieurs, pour qui vous gouvernez,
À qui le politique a-t-il à s’adresser ?
Est-ce à des créanciers ou à ses citoyens ?
Où sont ses vrais devoirs, à qui doit-il le bien ?

J’ai peur à vous entendre que sens dessus dessous,
Vos esprits, vos idées, désormais se dévouent
À ignorer le peuple et servir la finance
Et du contrat social à faire déchéance.

(Frédéric Lordon)

C‘est assez pour aujourd’hui, chacun a eu son compte d’émotion. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.