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Il est timbré ton papier…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, HUMEUR

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Amis de la zénitude et des vins de Rioja réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 13 octobre 2014, 22è jour de vendémiaire dédié à la pêche, alors, haut les cœurs ! Par chez nous, c’est la saint Hernin ou Harn, en breton dans le texte; moine du VIè siècle qui a laissé son nom aux communes de Locarn et Saint-Hernin. Cette dernière commune est connue pour des faits liés à la révolte des bonnets rouges (l’originale hein, pas les gesticulations de Troadec et de la FDSEA). Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt bonnets rougesparoisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés.

La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Selon la police, l’intervention de Sébastien Le Balp se SEL-ArBalpmanifeste d’ailleurs en toute cette affaire et il exerce dit-on la plus grande influence sur toute la région. C’est sur ses ordres que le matin du jeudi 11 juillet, le tocsin sonne à Saint-Hernin, à Kergloff et dans toutes les paroisses voisines. Michel Le Guichoux, notaire royal de Châteauneuf, déclare que le matin du 12 des bandes armées venant de Plouyé, Loqueffret et Landeleau, le forcèrent « de marcher avecq eux vers le château du Kergoët, suivant l’ordre qu’ils disoient avoir eu du Balq de s’y trouver ou en deffaulx qu’il viendroit avecq ses troupes fondre sur les paroisses ».

Oui, en automne, souvent en divine compagnie, il me plaît de batifoler par bois et forêts à la recherche de ce cadeau de la nature que sont les champignons. Rien à voir avec la pêche cepcomme vous pouvez le constater ni avec les bonnets rouges, quoique…. Rien de tel qu’une ballade en forêt pour vous réconcilier avec la vie. Trois fougères, une branche de houx pour un bouquet de saison; quelques cèpes deux ou trois girolles un fond de panier de pieds de mouton et, si le sort est avec vous, quelques trompettes. Voilà de quoi vous tenir à l’écart de celles (les trompettes) de l’actualité. Des pipolades de Trierweiler, des roucoulades des pigeons à l’Elysée, des jérémiades de Fillon, des rodomontades de Coppé, des bravades de Sarko, des escapades de DSK, des incartades de Thévenoud, des brandades de morue, des dérobades du gouvernement, des rebuffades de Montebourg, des brigades de Valls, des reculades de Hollande, des galéjades de Guérini, des gasconnades de Bayrou, des djihad de quelques décérébrés, des… Mais, cessons là cette foucade, profitez en pour visiter le site de Serge, c’est magique, rien que de la bonne (musique). C’est pas obligatoire mais vous pouvez vous laisser tenter par un Lagavulin de seize ans d’âge, un Monte-Cristo N°5 et vous voila proche de la zénitude.
C‘est alors que vous méditez sur la chute des feuilles, que vous vous souvenez que vous venez de recevoir la votre, à l’en tête de l’administration fiscale. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Tu trembles carcasse, mais…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 décembre 2013 (Aie, aie, aie…), 23è jour de Frimaire dédié au roseau.  » L’homme images8n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal – Pensées – (1660)

Tout à fait autre chose.

Dans la nuit de mercredi à jeudi un tremblement de terre a secoué le vieux massif armoricain. Peu avant minuit alors que les bras de Morphée commençaient à se faire des plus accueillants, même si ses pieds étaient glacés, nous fûmeschaunu_1 (c’est du Belge) violemment secoué par un petit séisme bien de chez nous. Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ? me suis-je dis in petto et en breton en me souvenant de la chanson de Nougaro. Trois heures plus tard, rebelote, les experts de l’expertise appellent ça une réplique. C’est la troisième fois en quelques semaines et ça, madame Michu, ça sent le coup fourré à plein nez. Avec toutes leurs expériences atomiques à l’île Longue (rade de Brest pour les ignares) les ceusses qui nous gouvernent, y-z’ont bien réussi à bloquer la circulation des plaques tectoniques histoire d’envoyer un message subliminal aux bonnets rouges qui font rien qu’à les embêter.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le ballet des dindons…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la comédia del arte et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 05 novembre 2013, quinzième jour de Brumaire dédié au dindon. La manif des bonnets rouges qui s’est déroulée à Quimper samedi dernier et qui rassemblait dans une grande confusion les maîtres et leurs valets, me fait irrésistiblement penser aux dindons de la farce. Si j’en crois Claude Duneton, « il exista à Paris, pendant la longue période d’un siècle, une forme de divertissement forain que l’on appelait « le ballet des dindons ». L’argument du spectacle était le suivant : on plaçait quelques-uns de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher imagesmétallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s’agiter, à danser sur la tôle d’un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l’action. Il suffisait alors qu’un vielleux se prît à suivre le rythme des pauvres bêtes, qui s’accélérait tandis qu’on activait le feu sous leurs pattes, pour donner l’illusion d’un ballet endiablé soutenu par la musique. De quoi faire hurler de rire l’assistance, qui se tenait les côtes !… Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu’étaient interdits les combats d’animaux tellement goûtés par le public, dont les derniers se déroulaient à la Barrière du Combat, précisément. »

Je crains fort que les salariés de l’agro-alimentaire breton n’aient guère retenu les leçons de La Boétie et qu’incessamment ils se retrouvent gros-jean comme devant en images-1train de danser sur les braises de leurs ex-activités. Leurs bons maîtres ayant déjà traité avec la Pologne ou le Brésil. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets, demain découpés sous des cieux plus cléments de l’agro bizness. Il se trouvera dès lors à n’en point douter quelques Cassandre pour les inviter à se retourner vers une agriculture moins intensive, plus raisonnée, utilisant les circuits courts et une production de qualité. Mais, les dés seront sans doute jetés ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Kanaouenn an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 02 novembre 2013, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée châtaigne d’eau, on dit que les69687375_p chinois en sont friands… En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Cette antique curiosité des Celtes pour les problèmes de la mort s’était conservée jusqu’au siècle dernier en Bretagne où l’on a vu apparaître de somptueux monuments funéraires avec des ossuaires souvent plus beaux que les églises, agrémentés de motifs sculpturaux parmi lesquels figure en bonne place le valet de la mort, l’Ankou. Alors qu’on s’efforçait kathryn-jacobi-14ailleurs, par mesure d’hygiène, d’éloigner des villages les cimetières, en Bretagne, cela était regardé comme des profanations et ceux-ci occupent en général le centre de la bourgade, au milieu des vivants.
Ce qui brouille la perception de cette filiation, c’est la grande prédication, intensifiée à la suite de la révolte « du Papier timbré » en 1675 (les fameux bonnets rouges), en vue d’arrêter la révolte et de prêcher la soumission à Dieu et au roi, à un pays peu ou mal christianisé. Elle fut menée à bien par des Jésuites, principalement le Père Maunoir et Michel le Nobletz , dans la moitié des paroisses et vit l’introduction de nouvelles pratiques: grandes processions, cantiques, culte de nouveaux saints et de la Sainte Famille avec Sainte Anne, qui ont continué de marquer la Bretagne. 

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers ! (Hubert Juin) illustration de Kathryn Jacobi

Le sort des âmes trépassées est marqué désormais par la terreur de l’enfer, les descriptions sadiques des supplices qu’on y enduraient et dont le « cantique » du P. Maunoir, l’Enfer,  est un saisissant condensé. Sources

Aujourd’hui même, les évêques bretons appellent leurs ouailles à rejoindre les manifestations en compagnie des patrons, des gros paysans de la FNSEA, du MEDEF, des pollueurs, des argousins, des gougnafiers et autres licencieurs de chez GAD, Marine Harvest,Tilly Sabco, Alcatel, Doux et autres marchands de cochonnaille… Allez, merci de cette sympathique visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La reculade des benêts rouges…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie contemporaine et du poulet au vinaigre réunis, bonjour !   Nous sommes le mercredi 30 octobre 2013, 9è jour de Brumaire dédié à l’alisier (pas la fosse, hein!). Vous qui suivez l’actualité de très près, vous n’avez pas été sans remarquer qu’en Bretagne, les bonnets rouges ont repris du service. Or, si en Bretagne on est bien placé pour savoir que dans le cochon tout est bon, il n’a pas fallu longtemps aux paysans de la FDSEA pour s’apercevoir qu’en communication il en va de même. Ainsi, avec le soutien gracieux de l’entreprise Armor-lux, ils ont ressortis les bonnets rouges, symboles d’un mouvement de protestation qui anima nos campagnes au milieu du XVIIè. Nous sommes en 1675, sous le règne de Louis le quatorzième et les caisses sont vides. Il faut faire absolument rentrer des recettes fiscales: papier timbré, taxes sur les francs-fiefs, l’administration royale ne manque pas d’imagination. Derrière Sebastian ar Balp (une sorte de Poujade de l’époque) la paysannerie va s’organiser et commence alors la mise à sac des bureaux de tabac et du papier timbré. Puis va suivre l’attaque des châteaux. Je vous passe les détails mais, la révolte sera réprimée impitoyablement: paysans pendus, églises et chapelles décapitées. Le Duc de Chaulnes chargé de la sinistre besogne s’en réjouit si bien que le gouverneur peut écrire au roi « les arbres commencent à se pencher du poids qu’on leur donne »… Je me souviens d’une soirée chez Armand à Saint-Brieuc au cours de laquelle Serge nous avait proposé cette gwerz.

Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes – Bonnets rouges, mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Et aujourd’hui, sur les ruines de l’agro-alimentaire breton, la droite réactionnaire, le député Marc le Fur en tête, organise une pseudo union sacrée des paysans, des pêcheurs, des patrons, des distributeurs (manque que les curés, quoique) comme à la « belle » époque du bloc agraire qui structure encore l’organisation de la société bretonne. Et, ce qui devait arriver arriva, le gouvernement des benêts rouges suspend l’application de l’écotaxe. Réfléchit petite scarabée, cette révolte là n’est pas la notre. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.