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Grand frère et petit père (du peuple)

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Samedi 21 janvier 2017 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Non pas que l’atmosphère nécessite un quelconque rafraichissement, le mercure est toujours en dessous du zéro fatidique…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommeLenine-haranguant-189x300s ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Big brother is watching you…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’Utopie réjouissante et des sciences occultes réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 juin 2016, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie, éminente blogueuse culinaire, qui s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour le lui souhaiter le meilleur possible. Pour visiter sa cuisine, c’est par ICI.

Je vous propose un petit texte très intéressant de Serge Carfantan, docteur agrégé de philosophie. Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours sur le cynisme politique, dans lequel il s’inspire notamment des œuvres d’Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, et de Gunther Anders, l’Obsolescence de l’homme. Retrouvez Serge Carfantan sur son blog.platon
«Le livre de Huxley Le Meilleur des Mondes est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les ingrédients du roman sont aujourd’hui effectivement réunis pour que le scénario soit… en passe d’être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarné par le personnage cynique d’Huxley, cela donnerait quoi ? Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter…

… Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser… En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

aldous-huxley
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu…Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.»   [Serge Carfantan]

Toute ressemblance avec notre actualité n’est hélas pas fortuite. Allez, néanmoins, portez vous bien et à demain peut-être.