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Bretonnitudes du père Erwan…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé, TRADITION

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Amis de la révolution permanente et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le amaryllis_4-300x277Mardi 15 Octobre 2019, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices , pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables (n’est-ce pas Thierry ?). Pour les initiés de la pataphysique, Le 15 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 10 Haha 147 St Panmuphle, huissier.

Et en Bretagne on célèbre les Konogan.

Originaire d’Irlande, il s’en fut à l’abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. Débarquant du Pays de Galles, et faisant probablement partie du groupe des compagnons de Pol, Konogan établit son monastère non loin de Landerneau, sur les bords de l’Elorn, à Beuzit-Conogan. Inutile Konogan valléede vous dire qu’il est représenté dans la vallée des saints à Carnoet. La tradition nous apprend qu’il se mit à l’école de saint Gwénolé, et c’est par Landévennec que son culte s’est propagé. Il vécut au temps de Childebert (dans la première moitié du VIe siècle). Il a une chapelle à Beuzec-Cap-Sizun (29). Cette chapelle de forme rectangulaire et qui date du 17è siècle est dédiée à  « Santez spe », Sainte Espérance en breton. Le pardon a lieu tous les ans le premier dimanche d’Août. Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. Elle a été déplacée en 1999 car précédemment elle se trouvait 50 m plus loin le long du talus. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir Barque_de_St_Conoganguérison il fallait vider la fontaine. Avec ce qu’il tombe par ici, c’était pas une mince affaire… Le bateau de pierre de saint Conogan (Bag sant Konogan en breton) est un bloc granitique gisant sur la lande. Cette roche monumentale complètement détachée du sol et ne reposant que par quelques points sur une pierre plate, évoque la proue d’un bateau; aucune signalétique n’est présente aux alentours. On «tombe dessus» au détour d’un chemin creux. C’est ainsi que je l’ai découvert en allant à la pêche du côté de la pointe de Kastel coz. Le vaisseau de pierre, en arrivant sur le rivage, aurait percuté un rocher appelé le Garreg-Toull (rocher troué en breton) que l’on voit devant la plage de Porz-Peron et aurait rebondi jusque-là, en haut de la falaise.

Allez, merci  d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Azénor, zénor et demi…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du Kouign-amann réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 12 mars 2013, 22è jour de ventôse dédié au persil. aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre Budoc. Oyez donc son histoire.

A Brest, en ces temps-là, au V° ou VI° siècle de notre ère, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – commesaint_35 (presque) toutes les princesses – blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit
même à son sujet qu’elle était  » de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme. «  Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires tout d’or et d’argent. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  » dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin « , bref, une  » femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête … « .

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de
DownloadedFilesa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à son mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement.  Even et Chunaire, hommes de peu de foi, croient tout cela. Déshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de gauche)

Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos.  Un jour enfin, en Irlande, il se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’aucuns disent que le comte de Goëllo ramène sa femme et son fils en Armorique.

Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme saint Conogan avant lui. Il retournesaint-10 ainsi en Armorique.  Il fut confié à saint Samson, évêque de Dol.  Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque saint Magloire abandonne cette charge. la chronique veut qu’il ait établi une école monastique sur l’Île Lavrec (Lavret), dans l’archipel de Bréhat dans la deuxième moitié du Ve siècle où il eut comme disciple un certain Saint Gwenolé. Il est aujourd’hui le saint patron (pour une fois qu’un patron est saint) de Ploudalmézeau, Beuzec et Porspoder. En vérité, Judual, prince de Bretagne, qui dut à saint Samson de recouvrer l’héritage de ses pères, et qui régna ensuite dans ce pays sous le nom d’Alain Ier, eut de son mariage avec Azénor, fille du comte de Léon, six fils, dont le quatrième se nommait Budoc (ou Deroch, ou encore Beuzec). Tout le reste n’est que billevesées et fantaisies, mais bon… A droite, la statue au cimetière de Trévagan.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.