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Les singes à cul nu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 10 mars 2013, 20è jour de ventôse dédié au cordeau.

Rendons hommage à un des grands bonhomme du début du XXè siècle qui aurait 93 ans aujourd’hui: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.

À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en 54461608_pfera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur 54461631_partistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis Satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

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Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache coeur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ».

Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que 54462395_pj’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à droite, une photo de l’époque.

 

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours.