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Le cénobite fait sa rentrée…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 14 septembre 2018 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix ! Ayant retrouvé l’usage quasi normal des différentes fonctions nécessaires à la vie en société (marche, préhension ,parole, équilibre…) Les représentants de l’académie de médecine m’ont enfin autorisé à quitter la charmante villégiature où ils me tenaient enfermé depuis début Août. J’ai donc rejoins mes pénates et mon ordinateur et me voici à pied d’œuvre…

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel eBrautiganlle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan.
J’en parle aujourd’hui car il est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès présumé à la suite de son suicide. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge.

Je l’ai découvert à travers la pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant un privé à Babylone (1977). Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San-Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que la pêche à la truitepoète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va s’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas. On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ».
Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du corps de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool.
N’hésitez pas, on les trouve en « poche »(pas le Magnum) et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’automne qui s’annonce.

Voila, c’est tout pour cette rentrée. Tiens, ça a réveillé en moi le pêcheur qui sommeillait, je ne dis pas que je ne vais pas aller taquiner le goujon si le temps se maintient…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 30 avril 2014, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 141 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 1807è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 55 ans, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre; mais il me fallait trouver une intro…

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Docteur SaxMassachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’«il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en Kerouacbanque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Ecoute dans le vent…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la nostalgie et du carpaccio parmesan réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 05 avril 2014, 16è jour de germinal dédié à la laitue alors que pour la pataphysique, ce jour est celui de la sortie d’A. Dürer, hermétiste. Il va sans dire que ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède et que, bien évidemment, ceci n’explique pas cela ni ne le justifie, toutes choses égales par ailleurs (formule magique). Or donc, je voulais rendre hommage à un grand poète de la beat-génération; Allen GINSBERG. ci dessous en photo en compagnie de Bob Dylan.

Né le 3 juin 1926 à Paterson (New Jersey, Etats-Unis), Allen Ginsberg est le fils d’une émigrée russe et d’un poète assez connu, Louis Ginsberg. Après de brillantes études au lycée de Paterson, il entre à l’université de Columbia, à New York. Il 63415647_prencontre alors les membres de ce qu’on allait appeler la « Beat Generation »: William Burroughs (que j’ai déjà évoqué ici) qui fréquente délinquants et drogués, un milieu dont Burroughs tirera ensuite ses premiers livres, notamment Le Festin nu; Ginsberg fait aussi la connaissance de Jack Kerouac, qui passe un an à l’université de Columbia. Ces deux amitiés ne se démentiront jamais, aboutissant même à la publication d’une correspondance entre Burroughs et Ginsberg, Les Lettres du Yage (1963).

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Au milieu des années quarante, Allen Ginsberg fait un bref passage dans la marine marchande, puis il rencontre Neal Cassady, le futur héros de deux romans majeurs de Kerouac, Sur la route et Visions de Cody. Il suit Cassady à Denver, puis tous deux rejoignent Burroughs au Texas. À New York, 63415713_pGinsberg devient le promoteur de ses amis écrivains, tout en travaillant sur un texte poétique qui allait s’intituler Howl (1956) et faire sensation en novembre 1955, lorsqu’il le lit à la Six Gallery de San Francisco; mais plutôt que de simple « lecture » il faudrait parler de performance. Cette soirée inaugura le style futur des apparitions publiques de Ginsberg et marqua la naissance d’un mouvement poétique incarné entre autres par Allen Ginsberg, Gregory Corso, Gary Snyder, Robert Duncan, Michael McClure.( Ici à gauche avec Peter Orlowsky.)
Cette lecture eut aussi pour effet d’attirer l’attention des médias sur ce qu’un journaliste appela la « Beat Generation »: un groupe de jeunes gens en colère, révoltés par les valeurs américaines, ennemis déclarés du complexe militaro-industriel, de l’impérialisme et des religions instituées, adeptes du voyage sous toutes ses formes (voyages à travers les Etats-Unis et le monde, mais aussi explorations intérieures à l’aide des drogues) désireux de créer des formes d’écriture 63416045_pinédites pour rendre compte d’expériences nouvelles.
Allen Ginsberg réussit alors à faire publier les premiers livres de Burroughs ainsi que Sur la route de Kerouac. Par ailleurs, il s’intéresse de plus en plus au bouddhisme, aux techniques de méditation orientales et en vient à considérer la poésie comme un « antique yoga ». Il voyage à Mexico, écrit Kaddish (1961), part pour Panama, rejoint Burroughs à Tanger (Maroc), traverse l’Europe, puis rentre aux Etats-Unis où il publie Miroir vide (1961), Reality Sandwiches (1963), Planet News (1968). En 1962 et 1963, il séjourne aux Indes avec son ami Peter Orlowsky. Il publie ensuite son journal de voyage sous le titre Journaux indiens (1970).

La poésie de Ginsberg est à la fois collage, prière et musique. Musique, car, comme Jack Kerouac, Allen Ginsberg a été profondément marqué par le jazz moderne et des musiciens tels que Charlie Parker ou Thelonious Monk.
La grande diversité des thèmes abordés, le désir d’englober l’intégralité de l’expérience humaine, la profonde originalité formelle de son œuvre font d’Allen Ginsberg l’un des poètes contemporains essentiels.

Allez, je vous souhaite de passer une excellente journée, portez vous bien et à demain peut-être.

The beat generation…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature noire et du lapin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 février 2013, 17è jour de Pluviôse dédié au Lichen; vous lisez le 1256è billet des « cénobites tranquilles » ce qui prouve que vous êtes encore devant votre ordinateur au lieu de vous adonner à la marche à pied, au jardinage ou à la lecture. Tiens, à ce propos…

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de 49331332_ppartager la destinée des drogués et des marginaux (un homme de goût quoi !). Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago.

 

 

 

Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

En 1944 le poète Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de DownloadedFilel’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac)

« Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant dont j’insère un petit bout de vidéo.

Allez, merci encore pour cette visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Et au milieu coule une rivière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 14 septembre 2012 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix !

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel elle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan.

J‘en parle aujourd’hui car il est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès à la suite de son
suicide présumé. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge.

Je l’ai découvert à travers La pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant Un privé à Babylone (1977).

Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San
Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que poète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va s’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas. Ici à droite on le reconnaît (chapeau blanc) en compagnie de la plupart des acteurs de la Beat génération.

On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ».

Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du corps de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool. N’hésitez pas, on les trouve en « poche » et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’automne qui s’annonce.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Tiens, ça a réveillé en moi le pêcheur qui sommeillait, je ne dis pas que je ne vais pas aller taquiner le goujon si le temps se maintient…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour !

 

C‘est donc en ce 30 avril de l’an de grâce 2011 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 600è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 

Il y a 52 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre.

 

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent.
Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.


Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez
le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Bon allez, c’est promis, pour le 1000è billet, la rédaction organisera un apéro géant dans les jardins de Keramoal (c’est une idée de ma fiancée qui assumera l’organisation) en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

ENCORE UNE HISTOIRE DE TRUITE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour !

Nous sommes le 14 septembre et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix !

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel elle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan.

J‘en parle aujourd’hui car il est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès présumé à la suite de son suicide. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge.
Je l’ai découvert à travers la pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant un privé à Babylone (1977).
Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que poète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va s’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas.
On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ».
Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du corps de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool.

N‘hésitez pas, on les trouve en « poche » et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’automne qui s’annonce.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Tiens, ça a réveillé en moi le pêcheur qui sommeillait, je ne dis pas que je ne vais pas aller taquiner le goujon si le temps se maintient…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

N° 148

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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WILLIAM BURROUGHS.

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de partager la destinée des drogués et des marginaux. Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago.

Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

En 1944 le poète Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70. 

Il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac)

« Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant dont j’insère un petit bout de vidéo.

Bon, voila, ça c’est fait et à classer dans la catégorie littérature. A ce propos, je n’ai toujours pas résolu cette histoire de classement et de catégorisation. Cela me semble pourtant à portée du blogueur moyen. Aujourd’hui je fais court car je dois profiter des rares éclaircies pour avancer dans mon jardinage.

Allez, encore merci de consacrer un peu de votre temps à visiter « les Cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.