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Les passagers du vent…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 Octobre 2018, quatrième jour de brumaire dédié à la betterave. En Bretagne armoricaine, on célèbre Goueznou, saint homme qui a laissé son nom à une commune finistérienne (Gouesnou).

Comme vous le savez, si vous suivez attentivement les chroniques du cénobite, je suis assigné à résidence depuis plusieurs semaines suite à un ennui de santé. Mais bon, à quelque chose malheur est bon comme disait mon aïeule qui avait un proverbe pour chaque Couv_344648situation. Je profite donc de cette sédentarité forcée pour refaire mon retard en matière de lecture. Au rayon BD je viens d’avaler avec voracité le dernier François Bourgeon: Le sang des cerises chez Delcourt. Dans Rue de l’abreuvoir, premier tome du Sang des cerises, on retrouve Zabo, la quarantaine toujours aussi rebelle, qui se fait appeler Clara. Elle se prend d’amitié pour Klervi, une jeune bretonne venue tenter sa chance dans la capitale, quelques années après la Commune de Paris. Fidèle à l’esprit de la série, François Bourgeon mêle la grande histoire à la fiction, racontant le quotidien des « petites gens », et surtout de femmes éprises d’indépendance.

Au travers Le Sang des cerises, troisième et dernier cycle des Passagers du Vent, François BoKlerviurgeon ressuscite une époque oubliée et fait le lien avec La Petite Fille Bois-Caïman grâce à Zabo qui s’appelle désormais Clara. Dans un Paris qui vient à peine d’amnistier ses Communards et qui accompagne Vallès au Père-Lachaise, ce nouvel album est l’occasion d’un voyage sur lequel plane l’ombre de Hugo. Clara va se prendre d’amitié pour Klervi, une jeune bretonne « montée à Paris ». Une fois encore, le perfectionnisme de Bourgeon nous séduit. Tout simplement magnifique.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les Vénus de Milo Manara…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du Jazz et de la purée andouille réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 juin 2014, 27è jour de Prairial dédié à la verveine… Ce n’est pas parce que l’on aime le scat que l’on est scatophile, disait mon Chateau_Kerjeanaïeule qui savait distinguer le vrai du faux. Je dis cela car c’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’Ella Fitzgerald (15/06/1996), la reine du scat. Et en Bretagne armoricaine on fête les Vougay. D’après Albert Le Grand, Vougay était originaire d’Irlande, fut élu évêque d’Armagh, actuellement en Ulster. Il traversa la mer d’Irlande, la Manche et atteint le Cap Caval. La tradition locale le fait atterrir sur l’île Nonna, au large de la pointe de Penmarc’h. Plus tard il s’établit dans une épaisse forêt où il édifia un oratoire et une petite cellule, à l’origine de la paroisse de Saint Vougay; là où se trouve le fameux château de Kerjean encore nommé le Versailles du Léon…

Tout à fait autre chose.

Il y a eu l’expo Corto Maltese chez les Francs-Mac de la rue Cadet dont le créateur Hugo Pratt était né un 15 juin en 1927 à Rimini et puis Métal & (A suivre) chez l’épicier de Landerneau; et bien voici le génial trait de plume de Manara pour les amoureux du genre dans les quartiers chics de la capitale. La galerie parisienne Huberty-Greyne consacre une MANARA1grande rétrospective à l’auteur du Déclic, succès incontesté de la bande dessinée érotique. Une centaine d’œuvres seront présentées où la sensualité le dispute à l’élégance. Courbes vertigineuses, jambes interminables, silhouettes sculpturales et gracieuses, tour à tour insolentes ou sensibles, telles sont les héroïnes de Milo Manara. Du 20 juin au 6 septembre 2014, la galerie parisienne Huberty-Breyne consacre une grande rétrospective au maître de la bande dessinée érotique, Manara de Bergman au Caravage. L’exposition rassemble près d’une centaine d’œuvres du maestro, illustrations, dessins et planches originales, témoignages à la virtuosité indéniable de sa passion pour les femmes. L’art de Milo Manara est avant tout celui de magnifier le corps féminin.

Né en 1945 en Italie, rien ne prédisposait l’auteur à embrasser cette prestigieuse carrière dans la BD érotique, ses débuts dans le dessin découlant d’impératifs financiers pour payer ses études d’architecture. Mais sa découverte de Barbarella créée par Jean-Claude Forest fut une illumination. L’héroïne inspirée par Brigitte Bardot lui donnera définitivement le goût de l’érotisme: «Lorsque j’ai lu Barbarella, j’ai Manara 2d’emblée découvert un univers pour moi, dans la mesure de mes possibilités, pour mon travail… À ce moment-là, j’ai décidé de faire uniquement ce travail dans la vie» explique le maestro sur son site officiel. Le chef de file mondial de la BD érotique est né, s’imposant avec des œuvres comme Le Déclic ou Le Parfum de l’invisible. L’«aventure» chez Manara, influencé par le cinéma italien de son temps (Fellini, Pasolini…), sera avant tout personnelle, corporelle, érotique, et touchera un large public. Des premières péripéties de Giuseppe Bergman, parues en 1978 dans la collection [À SUIVRE] chez Casterman, en passant par le succès planétaire du Déclic et de sublimes dessins en couleurs mettant en scène ses héroïnes, c’est tout l’univers éclectique du génial Italien, que met à l’honneur la galerie Huberty-Greyne.
Les planches issues de ses prestigieuses collaborations avec Hugo Pratt (L’Été indien) et Fellini (Voyage à Tulum), côtoient ses aquarelles en grand format ayant servi pour les couvertures alternatives de l’univers Marvel pour l’album X-Women. Manara, de Bergman au Caravage, du 20 juin au 6 septembre 2014, galerie Huberty-Breyne, 91 rue saint-Honoré 75001 Paris. Allez, bon voyage, portez vous bien et à demain peut-être.

LE PETIT CHAT EST MORT…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 30 août 2013, treizième jour de Fructidor dédié à l‘épine-vinette. C’ est un arbuste épineux qui donne de petits fruits DownloadedFilerouges brillants. Pouvant atteindre 3 m de hauteur, il pousse sur des terrains ensoleillés, dans les haies ou les talus pierreux. En France et en Europe, vous pouvez le croiser lors de randonnées en montagne, et observer de mai à juillet ses fleurs jaunes en grappe. Attention, les baies qui apparaîtront à la fin de l’été, remplies de pépins, ne sont pas comestibles tout de suite ! Elles contiennent de la berbérine, qui les rend toxiques jusqu’à leur maturité… L’Iran est le principal producteur et consommateur des baies d’épine-vinette. Tout comme en Afghanistan, ces baies séchées y sont utilisées comme condiment, notamment pour le riz traditionnel (riz aux « zereshks », son nom persan).

Tout à fait autre chose.

Je cherchais une occasion pour ajouter à notre galerie de portraits celui de Robert CRUMB. Profitant de son anniversaire (30 aout 1943), je 67770204_pvous le propose aujourd’hui. Né à Philadelphie en Pennsylvanie, Robert Crumb plonge très tôt dans la bande dessinée, entraîné (forcé, même) par son grand frère Charles. Avec le plus jeune Maxon, les trois frères s’échappent ainsi dans un monde imaginaire loin des coups de leur père, ancien marine qui voudrait en faire les durs qu’ils ne sont absolument pas et une mère dépressive. Comme on a pu le voir dans le magnifique documentaire de Terry Zwiggof, Charles en grandissant devint un reclus, hanté par des fantasmes homosexuels et pédophiles. Jamais il n’a quitté le domicile parental et il a finit par se donner la mort en 1994. Maxon était dans le film un artiste-mendiant crève la dalle un peu taré. Sans doute en partie grâce au film et à la notoriété de son frère, il serait aujourd’hui un artiste crève la dalle un peu taré mais plus un mendiant.

Mieux adapté socialement que ses frères, Robert est tout de même un intello frustré, brimé par ses camarades de classe. Il épouse « la première venue », Dana Morgan et utilise son talent pour le dessin dans une fabrique de cartes de vœux. En 1967 il prend pour la première fois 67770244_pde l’acide avec sa femme et le couple déménage à San Francisco. Crumb commence à se faire un nom dans les milieux underground avec une multitude de BD autopubliées : Zap Comix, Big Ass Comics, Snatch, Mr Natural… Ces délires dessinés sous acide, pleins de sexe, de violence et de critique sociale à double tranchant deviennent sur un malentendu un emblème de la contre-culture hippie. Crumb lui même avoue n’avoir pas alors eu conscience du côté profondément satirique de son œuvre, trop défoncé qu’il était, mais une chose est sûre : Robert Crumb déteste le rock et les hippies. Il réalise un de ses travaux les plus célèbres à l’époque, la pochette de Cheap Thrills pour Big Brother and The Holding Company, groupe de Janis Joplin, mais il n’a jamais écouté que des vieux 78 tours de blues ou de jazz dont il s’est constitué une collection de classe mondiale au fil des ans.

Au cours des années 1970 les BD de Crumb deviennent de plus en plus noires, expérimentales et paranoïaques. Les drogues montrent leur 67770314_pcôté sombre, Crumb rencontre des problèmes financiers et supporte de moins en moins les hippies et leur amour. Son personnage Fritz The Cat est le héros d’un film à succès qu’il déteste, Dana Morgan aurait cédé les droits sans son accord. Crumb se vengera en tuant Fritz dans une de ses BD. Il fait la rencontre à San Francisco d’Aline Kominsky. Il dessine notamment avec elle la série « Dirty Laundry Comics ». Il abandonne les drogues et il épouse Kominsky en 1978. Ils ont une fille Sophie en 1981. Petit à petit, entre ses BD les plus délirantes, Crumb se met en scène, un misanthrope amoureux d’une vieille Amérique fantasmée, à sa place ni dans la culture ni dans la «contre-culture » moderne.

Dans les années 1980, Crumb contribue régulièrement au magazine Weirdo. La mutation amorcée dans les années 1970 est consommée, les fantaisies infantiles, masturbatoires et de mauvais goût sont DownloadedFile-1maintenant inséparables d’un contexte, celui de Crumb, auteur respecté (mais toujours pas respectable), mythe vivant de la BD alternative. Au début des années 1990, dégoûtés des USA, Aline et Robert déménagent avec leur fille dans le Sud de la France où ils ont acquis une maison en échange de six carnets de croquis de Crumb. Robert Crumb peut maintenant vivre confortablement grâce à la reconnaissance des milieux artistiques. Ses originaux s’échangent à prix d’or, de grand musées se constituent des collections « Crumb » et il dessine régulièrement des couvertures et des illustrations intérieures pour le New Yorker.

En 2009, il publie son premier travail de longue haleine, une adaptation de la Genèse en bande-dessinée. Paru chez Denoël graphics en France, La Genèse de Crumb figurera dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2010. Sources: Bédéthèque -Fluctuat.net – (avant que le site ne soit racheté par le groupe Lagardère) Wikipédia.

Bon voila, ça s’est fait. Portez vous bien et à demain peut-être.