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Quand le ciel bas et lourd…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 Septembre, seizième jour de Fructidor, dédié au citron. Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à L’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans. Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Cent cinquante ans après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. En 1857, Les Fleurs du Mal jette baudelairel’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs. Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités dans son ouvrage. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard. Baudelaire mourra 82 ans avant l’annulation de son jugement.

Pour commémorer cela, il pleut sur Brest… Les fleurs du mal; ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier (sur ce tableau d’Albert Gautier, Baudelaire et des amis au café). Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa baudelaire au cafémodernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » On y voit le portrait d’un dirigeant de TF1 vendant à Coca Cola du temps de cerveau disponible. Si je ne devais retenir qu’une citation de cet immense poète, ce serait celle-ci: «Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables.»

Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand le ciel bas et lourd…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Nous sommes le Mercredi 09 mars 2016, 19è jour de ventôse dédié au cerfeuil. C’était hier le jour du Mouron, mais… Il y a des jours comme ça… Des jours où cela ne sourie pas, des jours tristes comme l’exorde d’une oraison funèbre de Bossuet ou un discours de Christine Boutin. Des jours où le pont de Recouvrance vous tend les bras… Il y a des grève généralejours comme ça où l’inspiration vous fait défaut. La muse ne s’amuse pas. L’angoisse de la page blanche… Le trou, le vide absolu, le néant abyssal, le rien ultime, l’apocalypse du blogueur, le stress de l’écrivaillon, le spleen du rimailleur… Il reste encore à jouer avec les mots, folâtrer avec les maux, faire rimer les syllabes, s’entrechoquer les terminaisons, se rire du dérisoire, pour, en définitive, écrire pour ne rien dire. Il reste encore cette merveilleuse langue française, écornée, diminuée, internetalisée, SMSisée, Iphonée, en un mot, malmenée.

Il reste encore la chanson des mots qui s’entrecroisent, tout chauds sortis du four de l’imagination comme du bon pain croustillant. Et cet indicible plaisir à les voir danser sur l’écran dans une sarabande virtuelle, cette gavotte de l’improbable scandée par des sonneurs aveugles. Matilin an Dal, grand biniouer devant l’éternel faisait se trémousser les noces bigoudènes sans jamais avoir voyagé plus loin que pont-l’abbé; il a sa statue à Plozévet. Aujourd’hui, les DJ (dead GI !) s’acoustiquent à coup de décibels dans les boites branchées de beaudelaireCroatie ou de Ibiza. Leurs statues sont disques d’or et leurs postérités toutes relatives. Leurs victoire de la musique sont dorées à la poudre de Perlinpinpin. Serions nous de cette espèce de dinosaures littéraires, appelée à disparaître dans les poubelles de l’histoire, cataclysmée par le « progrès », météorisée par la révolution des nouvelles technologies ? Que nenni, pas question de se laisser aller, on va se battre. Je dis cela au moment où mes pensées vont toutes vers une amie qui m’est très chère et à qui les aléas de la vie ont décidé de demander des comptes. Gast ! Erwan de keramoal, tu fais dans l’morose. Allez, petit cadeau à propos de spleen.

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris…

Vous l’aviez reconnu bien sur, sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à demain peut-être.

Spleen toi même…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Nous sommes le lundi 19 janvier 2015, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest… Et qui mieux que Baudelaire aurait pu illustrer cette fleur du malpériode au cœur de l’hiver, de la mort. Les fleurs du mal. Ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier. Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa modernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » On y voit le portrait d’un dirigeant de TF1 vendant à Coca Cola du temps de cerveau disponible. Ainsi dans Spleen

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Pluviôse, irrité contre la ville entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.

Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;les-fleurs-du-mal-de-charles-baudelaire-illustrees-par-la-peinture-symboliste-et-decadente
L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d’un fantôme frileux.

Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
Cependant qu’en un jeu plein de sales parfums,

Héritage fatal d’une vieille hydropique,
Le beau valet de cœur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Clin d’oeil à l’oeillet…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

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Amis de la prosopopée* et de la polenta réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 04 juin 2014 qui correspond au 16è jour de prairial, dédié à l’œillet. L’œillet rouge est un des symboles du mouvement ouvrier. La tradition viendrait du 1er mai 1890, où pour répondre à l’appel de la deuxième Internationale, malgré l’interdiction de manifester, les militants fille oeilletdécident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d’Allemagne, ce symbole était très utilisé en RDA, entre autres par les organisations de jeunesse. Regardez ce tableau de Mary Cassat « femme à l’œillet rouge », elle est considérée comme la première peintre impressionniste de l’histoire. Au Portugal, l’œillet était également le signe de ralliement des militaires opposés à la dictature de Salazar, terminée par la révolution des œillets en 1974.

*Ah oui, la prosopopée: figure de style qui consiste à faire parler un mort, un objet, une abstraction… J’aime beaucoup celle-ci de Charles Baudelaire:

Je suis la pipe d’un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur. 

Mais le 4 juin marque aussi l’anniversaire de la mort d’un maître du saxophone que j’ai eu le bonheur d’entendre jouer en live au caveau de la huchette dans le quartier St Michel à caveau huchetteParis. Steve Lacy est un saxophoniste et un compositeur de jazz. De son vrai nom Steven Norman Lackritz, Steve Lacy est né à New York le 23 juillet 1934 et il est mort à Boston le 4 juin 2004. Steve Lacy est, de mon point de vue, parmi les plus grands joueurs de saxophone soprano avec Bechet et Coltrane. Il a débuté par le jazz traditionnel qu’on nommait le Dixieland, avant de s’engager dans le free jazz avec Cecil Taylor. C’est avec lui qu’il découvre une grande source d’inspiration : Thelonious Monk.

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A lui seul il mériterait plusieurs billets mais bon, nous sommes en début de semaine et j’use de mon droit à la paresse. Contentons nous d’apprécier ce morceau. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

SPLEEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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SPLEEN TOI MEME !

Il y a des jours comme ça…Des jours où cela ne sourie pas, des jours tristes comme un discours de Bernadette Malgorn, des jours où le pont de Recouvrance vous tend les bras…

Il y a des jours comme ça où l’inspiration vous fait défaut. La muse ne s’amuse pas. L’angoisse de la page blanche…Le trou, le vide absolu, le néant abyssal, le rien ultime, l’apocalypse du blogueur, le stress de l’écrivaillon, le spleen du rimailleur…

Il reste encore à jouer avec les mots, folâtrer avec les maux, faire rimer les syllabes, s’entrechoquer les terminaisons, se rire du dérisoire, pour, en définitive, écrire pour ne rien dire.

Il reste encore cette merveilleuse langue française, écornée, diminuée, internetalisée, smsisée, Iphonée, en un mot, malmenée.

Il reste encore la chanson des mots qui s’entrecroisent, tout chauds sortis du four de l’imagination comme du bon pain croustillant. Et cet indicible plaisir à les voir danser sur l’écran dans une sarabande virtuelle, cette gavotte de l’improbable scandée par des sonneurs aveugles. Matilin an Dal, grand biniouer devant l’éternel faisait se trémousser les noces bigoudènes sans jamais avoir voyagé plus loin que pont-l’abbé; il a sa statue à Plozévet. Aujourd’hui, les DJ (dead GI !) s’acoustiquent à coup de décibels dans les boites branchées de Croatie ou de d’Ibiza. Leurs statues sont disques d’or et leurs postérités toutes relatives. Leurs victoire de la musique sont dorées à la poudre de Perlinpinpin.

Serions nous de cette espèce de dinosaures littéraires, appelée à disparaître dans les poubelles de l’histoire, cataclysmée par le « progrès », météorisée par la révolution des nouvelles technologies ?

Que nenni, pas question de se laisser aller, on va se battre. Je dis cela au moment où mes pensées vont toutes vers une amie qui m’est très chère et à qui les aléas de la vie ont décidé de demander des comptes. Gast ! Erwan de keramoal, tu fais dans l’morose.

Allez, petit cadeau à propos de spleen.


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris…


Vous l’aviez reconnu bien sur, sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff…

Allez, c’est promis, je recommencerais plus. Merci encore de vos visites, portez vous bien et, ah, j’oubliais, votre blog préféré se prend quelques jours de vacance, alors pendant quelques jours peut-être…Carnet de voyage.