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LE SAR DINE A L’HUILE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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JOSEPHIN PELADAN.

Il est né un 28 mars en 1859, aujourd’hui totalement oublié, ce dandy lettré ferait un malheur sur nos plateaux de télé.(tiens, ça me fait penser à quelqu’un…)

Issu d’une famille de cultivateurs et de commerçants, Joseph-Aimé Péladan, qui se donnera plus tard le prénom de Joséphin, est le fils de Louis-Adrien Péladan, et de Joséphine Vaquier. Il manifeste un esprit indépendant qui lui vaut d’être renvoyé du lycée pour avoir traité un professeur d’athée, puis du petit séminaire de Nîmes. Il voyage beaucoup et  rencontre Léon Bloy et Paul Bourget et enthousiasme Jules Barbey d’Aurevilly qui préface son roman Le Vice suprême (1884), livre pétri de romantisme et d’occultisme, qui met en scène la lutte de forces secrètes qui s’acharnent à détruire l’humanité et prend résolument le contre-pied du naturalisme de Zola. Son originalité plaît mais son exaltation fait sourire. Jean Lorrain le surnomme « le pélican blanc ». Plus tard on l’appellera « le Mage d’Épinal », « Platon du Terrail » ou « le Sâr pédalant ». Rodolphe Salis alla jusqu’à oser un très cruel « Artaxerfesse » qui lui valut des poursuites de l’intéressé.

En 1888, Péladan est le co-fondateur avec Stanislas de Guaita de l’ Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. Parmi les membres de l’Ordre, on peut relever quelques noms passés à la posterité : Papus, F.-Ch. Barlet. Prétextant un refus de la magie opérative, il se sépare du groupe en 1891 pour fonder l’ Ordre de la Rose-Croix Catholique et esthétique du Temple et du Graal. L’année suivante, il organise le premier Salon de la Rose-Croix du 10 mars au 10 avril 1892 à la célèbre galerie parisienne Durand-Ruel. C’est un très grand succès. Soixante artistes y participent parmi lesquels nombre de peintres et sculpteurs de talent (Hodler, Khnopff, Delville, Schwabe, Bourdelle etc.) et vingt mille Parisiens dont le Tout-Paris mondain et artistique (Mallarmé, Zola, Verlaine, Gustave Moreau etc.), viennent le visiter, au son du prélude de Parsifal et des Sonneries composées par Erik Satie. Voici, à droite, copie d’une page de « Rose+Croix » organe trimestriel publié par J. Peladan en 1893.

Il ambitionnait d’extirper la laideur du monde moderne,s’opposant ainsi au matérialisme ambiant ; à ce titre, il est un porte parole du mouvement symboliste. Prônant une resacralisation de l’art et de la vie, Péladan opte délibérément pour un transfert du religieux vers l’art, dans la plus pure tradition baudelairienne. Son ton, les symboles choisis pour la Rose+Croix témoignent d’une volonté de s’opposer au trivial et inaugurent une pratique « publicitaire » que les avant-gardes exploiteront abondamment par la suite. Si Péladan utilise un ton souvent polémique ou lyrique, c’est au service de convictions sincères et d’une défense de la grandeur de l’art qu’il estime prostitué sous une IIIeme république souvent mercantile.

Il produit d’innombrables plaquettes de critique d’art, contribuant à faire connaître en France l’œuvre de Léonard de Vinci. Ses textes critiques, mêlent ouvrages parfois décevants et vraies fulgurances.

En définitive, le contexte de la fin de siècle s’éloignant, Joséphin Péladan renonce à ses outrances et vit dans la vénération de sa seconde femme; Christiane Taylor, En 1908, il reçoit le prix Charles Blanc de l’Académie française. Il meurt en 1918 presque oublié. Curieux personnage, non? Mais j’ai pensé qu’il avait sa place dans ma galerie de portraits.

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A ceux à qui cela aurait échappé, je rappelle qu’il est toujours possible de voter pour ce blog, colonne de droite, en haut. La pédagogie étant l’art de la répétition, je sais que vous me pardonnerez cette insistance qui, je vous l’accorde, devra bien cesser. Allez, en tous cas c’est sympa d’être passé et de vous être arrêté un instant. Vous êtes toujours les bienvenus sur « Les cénobites tranquilles » billet d’humeur et d’humour. A demain…Peut-être.