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Le prix du passage…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 08 juillet 2016, 20è jour de Messidor, dédié au parc…
En Bretagne, certains célèbrent Saint TEI, bon ben, c’est pas une obligation non plus. On sait peu de choses de son histoire si ce n’est qu’il vécut au VI ème siècle et qu’il fût disciple de St Guénolé fondateur de l’abbaye de Landevennec. Francisé sous la forme de St They, il est connu en Grande-Bretagne, dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il carte_villard_4586_stthey-300x193a donné son nom à Lothey, (formé du breton Lok: « lieu consacré » et de They), près de Chateaulin (29). La forme primitive de son nom est Dei, la prononciation bretonne a fait muter le D en T. Il s’écrit encore: Dey, Tei, Tey, Thei.  Des chapelles portent son nom a Saint-Segal, Riec, Plouhinec, Poullan, ainsi qu’une chapelle qui lui est directement consacrée non loin de la pointe du Raz. Entre la baie des Trépassés et la pointe du Van, la chapelle de Saint-They, la plus vaste des chapelles de Cléden, surplombe le raz de Sein au bord de la falaise. Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1914. Elle fut construite au XVIIe siècle à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne qui tombait en ruine.

Autrefois, quatre pardons avaient lieu à Saint-They : le dimanche qui suivait la fête de Saint Roch, le dimanche qui précédait la fête de Saint Mathieu, le second dimanche de mai et le grand pardon, le premier dimanche de juillet. A ce dernier se rendait tout le Cap-Sizun mais également certains du pays bigouden, de Quimper et d’au-delà car la réputation du saint s’étendait à toute la Cornouaille. La procession de l’île de SEIN débarquait au Vorlen, celle de Cleden se rendait à sa fontaine-2-300x225rencontre le long de la falaise et, après accolade  croix, elles revenaient de concert à la chapelle. La nuit de veille de pardon, la foule campait autour de la chapelle, sur la lande nue et l’on découvre encore parfois des liard tournois, à l’effigie de Louis XIII, témoins de ces temps aujourd’hui révolus. Un peu en retrait se trouve la fontaine de dévotion, certainement ancien lieu d’un culte druidique. Ces points d’eau dans la lande sont exceptionnels et on raconte que « les eaux des puits sont purifiées par la lune, lorsqu’elles ont été empoisonnées par le soleil » (Guide de 117 fontaines sacrées de Bretagne, de Daniel Spoerri, aux éditions Jean-Michel Place). Désormais ne subsiste qu’un seul pardon à Saint-They, celui-ci se déroule le 1er dimanche de juillet et l’on entend le coassement des grenouilles de bénitier: Un couplet d’un vieux cantique à St They, exprime à la fois la crainte de voir la chapelle engloutie dans les flots de la baie des Trépassés et le souhait de la voir tenir contre les éléments qui la menacent, telle une figure de proue sur l’étrave de la Pointe du Van.

« Ra jomo pell c’hoaz en e za
Ar chapelig var ribl ar mor
Ma c’hello sant They divar e zor
welet ar bageier o treiza… »

On prétend que la cloche de la chapelle St-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger, de se mettre sous la protection du saint. Un jour, la flotte du roi de France était poursuivie par une flotte ennemie, anglaise à tous les coups. La cloche se mit à tinter. L’amiral de France répondit à cet appel et dirigea ses vaisseaux dans la Baie des Trépassés, au pied de la falaise sur laquelle est érigée la chapelle. traverser-le-Styx-300x230L’ennemi voulut les y suivre, mais un courant contraire prit ses navires et les entraîna dans le Raz où plusieurs frappèrent les écueils, les autres furent dispersés au large. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice d’Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet; au treizour, pas à mon aïeule… De là vient dit-on, le fait que les marins portaient souvent un anneau d’or à l’oreille. Il s’agissait d’être en mesure de payer le passeur le cas échéant.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

EVID AN ANAON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour !


Nous
voici le 2 novembre, dans le calendrier Républicain c’est le jour de
la Mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau,
on dit que les Chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 2 miz du, c’est an anaon.

En
Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux
trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin
de côte entre pointe du Van et du Raz, c’est la baie des trépassés,
bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages.

Dans
la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment particulier où le
temps et l’espace, le monde visible et invisible communiquent. Ce
jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et
ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au delà. Le
Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et
même inviter des humains à y entrer.

Pour
les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du
temps, un point de rupture.

Le
cérémonial de Samain vise aussi à honorer les Ancêtres et à
établir un contact avec les disparus, considérés comme source de
conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la
période obscure qui s’annonce, il nous faudra une lumière qui
éclaire nos pas. C’est pourquoi, à cette période où la Porte est
ouverte, nous pouvons solliciter d’être guidés par des Âmes
supérieures.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest –
Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part
ailleurs. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué
cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez.

Le
terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par
clan, et représente l’une des vingt-et-une petites unités
territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez
se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle
regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni
de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est
présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre
revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte
alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur
distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains
bénits, de nèfles et de pommes est remis au clergé (y-a pas de
petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la
frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par
tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent
connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes
celtiques.

Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne
coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce
culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine
a vite fait de récupérer tous ces signes et de de les intégrer
dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait en murmurant evid an anaon.

Voila pour ce clin d’oeil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.