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Dansons la Carmagnole…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le vendredi 18 septembre 2015 et, pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis commecalendrier celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétablit le 1er janvier 1806.

A propos de République, je me souviens (comme disait Pérec) de promenades sur le marché de Barbès marquées par les parfums exotiques. A l’époque je m’étais promis de me renseigner sur l’origine de ce nom. L’occasion m’en ait donnée aujourd’hui, je vous en fais Barbès droiteprofiter. Armand Barbès, Sigismond Auguste, républicain farouche, éternel opposant à la Monarchie de Juillet, restera dans l’Histoire, comme l’homme de deux journées : Surnommé par ses admirateurs, le conspirateur hors-pair et le Bayard de la démocratie, Barbès est aujourd’hui, le paradigme du « révolutionnaire romantique » type du dix-neuvième siècle, courageux, généreux et démocrate véritable. Ce futur « fléau de l’establishement » (Marx) naît dans une famille bourgeoise de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, le 18 septembre 1809. À 20 ans, Armand, à la fibre républicaine, aussi forte que précoce et d’un physique imposant, a été choisi pour mener le bataillon local de la garde nationale pendant la révolution de 1830.
En 1834, son adhésion à la Société des Droits de l’Homme vaut à Barbès sa première arrestation. Libéré, début 1835, il sert d’avocat aux 164 prévenus républicains mis en accusation pour l’insurrection de 1834 ; en juillet 1835, il aidera vingt huit d’entre eux à s’évader de Sainte-Pélagie, la prison parisienne « réservée aux politiques ».

Le 10 mars 1836, Barbès et Blanqui sont arrêtés par la police, en train de charger des cartouches dans l’appartement qu’ils partageaient à Paris. Barbès prépare l’insurrection du 12 mai 1839 avec Blanqui et Martin Bernard.  (Photo de droite: Blanqui) Ainsi, pour des raisons qui parfois se rejoignent (le sacrifice de leur liberté consenti par les deux hommes) ou diffèrent au niveau des doctrines et des caractères, ces Blanquideux grandes figures appartiennent en effet au Panthéon républicain où ils bénéficient tous deux d’une réputation de révolutionnaires intransigeants, jamais entamée par les inévitables compromis nécessités par l’exercice du pouvoir. Revenu à Paris en 1838, il se joint à Blanqui pour former une autre société secrète, la Société des Saisons. En 1839, cette Société, beaucoup plus prolétarienne compte environ neuf cents membres et le 12 mai, elle se sent assez forte pour tenter un coup d’état à Paris. Quatre cents insurgés parviennent à occuper brièvement l’Assemblée, l’Hôtel de ville et le Palais de Justice, mais le nombre et les armes leur font défaut. Cet échec amène le divorce Barbès – Blanqui, ce qui nuira profondément à l’extrême gauche lors de la révolution de 1848, mais également plus tard. En mars 1848 l’hostilité entre Barbès et Blanqui éclate au grand jour avec la publication par le journaliste Taschereau d’un prétendu document (tiré des dossiers de police…) et qui prouverait que Blanqui avait trahi ses camarades conspirateurs en 1839. Un bon nombre d’historiens, jugent maintenant hautement probable que ce document soit un faux diffusé par le gouvernement pour déstabiliser Blanqui.
Libéré de prison en 1848, Barbès semble s’être mis à la disposition des révolutionnaires modérés; cherchant constamment à contrecarrer Blanqui. Conseillé par Lamartine, il forme le club de la Révolution pour f4.highrescontrer la Centrale républicaine insurrectionnelle de Blanqui, prudemment renommée: Société Républicaine Centrale. Il connaîtra donc toutes les geôles. Celles de Louis-Philippe (de 1836 à 1837, de 1839 à 1848), de la Seconde République et du Second Empire (de 1848 à 1854). 1848, sera le ‘dernier baroud’ pour « le conspirateur hors pair. » Condamné à la prison à vie en 1849, Barbès fut libéré par Napoléon III en 1854. Mais, il ne revint jamais en France, se retirant dans un exil volontaire à la Haye, où il mourut le 26 juin 1870, quelques semaines avant que la République ne succède au second empire, événement qui l’aurait, sans aucun doute, réjouit au delà de tout (Bernard Martin, correspondance).

Sacré bonhomme qui méritait largement qu’on lui fasse une petite place dans notre galerie de portraits. Ayez une pensée pour lui quand vous ferez votre marché… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Blanqui qui …

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’épanaphore* et de la rôtisserie française réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 01 février 2015, treizième jour de Pluviôse, dédié au Laurier-sauce. Je me suis laissé dire que la pythie de Delphes mâchait des feuilles de laurier préalablement à ses divinations. Je ne sais pas si elle a vu le coup venir pour Syriza… Chez les Grecs et les Romains APOLLON-LE-DIEU-SOLAIRE-ET-SA-COURONNE-DE-LAURIERanciens, l’usage était établi de couronner de laurier les poètes et les vainqueurs. En effet, Arum maculatum était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie blanche. Au Moyen-Âge, on couronnait de laurier les savants distingués dans les universités. Dans les écoles de médecine, la couronne dont on entourait la tête des jeunes docteurs était faite de rameaux feuillés de laurier avec des baies, d’où le nom « baccalauréat » (bacca laurea : baie de laurier) donné encore de nos jours en France au diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires.

*exemple: le fameux « Ni dieu, ni maître » cher à ce vieux Blanqui est une épanaphore; à ne pas confondre avec l’anaphore remis au goût du jour par François Hollande. Tiens, Blanquià ce propos: A tout seigneur, tout honneur, débutons le mois en ayant une pensée pour Louis Auguste Blanqui dit « l’enfermé » à cause des nombreuses années de sa vie passées en prison (près de 37 ans). Il était né en février 1805 dans les Alpes-Maritimes et mourut à Paris en 1881, un 1er janvier. Toute sa vie fut consacrée à l’émancipation de l’homme, et de la femme, contre toutes les discriminations, pour le suffrage universel (un homme-une voix) contre le travail des enfants… On dit que ses obsèques furent suivies par cent mille personnes qui écoutèrent Louise Michel lui rendre un dernier hommage. Il est enterré au Père-Lachaise.

Début mars 1871, il est arrêté une fois encore et emmené à Morlaix. Là il sera enfermé au château du taureau. C’est le début de la Commune de Paris et plus tard, Karl Marx dira de lui que ce fut le chef qui manquât à cette insurrection. Thiers refusa toujours de céder à la demande des communards funéraillesd’échanger tous les otages détenus par la Commune contre le seul Blanqui. Il déclara que rendre Blanqui à Paris équivalait à le renforcer d’un corps d’armée.  Pourtant Blanqui n’était pas marxiste, loin s’en faut, il ne croit pas au rôle prépondérant de la classe ouvrière ni au mouvement des masses.

Pour les blanquistes, le renversement de l’ordre bourgeois et la révolution sont des fins qui se suffisent à elles-mêmes, du moins dans un premier temps. A la fin de sa vie il développa des thèses plus métaphysiques, notamment dans son ouvrage l’éternité par les astres en 1872. Carbonaro depuis 1824, au Dalou_-_Tombeau_de_Blanqui_-_CPsein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors se succédèrent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements. Il fut aussi membre de la société des amis du peuple. En 1879, il est élu député de Bordeaux mais son élection est invalidée. Un an après, il fonde le journal « ni Dieu ni maître ». Ah quelle belle idée que celle de l’anarchisme ! A-t-elle disparue ? Peut-être pas…

Bon, c’est pas tout, je dois faire le tour des jardins de Keramoal pour constater les dégâts laissés par le coup de tabac des deux derniers jours. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.